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EAN : 9782330143800
300 pages
Éditeur : Actes Sud (06/01/2021)
3.41/5   22 notes
Résumé :
Les froides vacances de février vident Paris. Lazare sait-il seulement que l'absence de sa femme, Béatrice, en visite chez ses parents rocherais, cache un virage plus radical dans sa vie? Cet homme ordinaire a apprivoisé ses désillusions sans toutefois complètement renoncer à un peu de grandeur. Dans cette solitude qui ressemble d'abord à une permission, bientôt propice aux constats les plus glaçants de la lucidité, le voilà qui trouve un chemin vers la mer. Une ver... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
candlemas
  28 mars 2021
Sébastien Lapaque ne manque pas d'humour, en intitulant son livre comme s'il s'agissait d'un feel-good de plus. En réalité, et c'est ce qui m'a plu chez cet auteur, Sébastien Lapaque est un penseur acerbe et désenchanté redoutable sur notre monde d'aujourd'hui. Dès les premières pages, le lecteur découvre l' "immonde", ou en prend conscience. Ayant vécu moi-même une période difficile au moment où je lisais le livre, je me suis trouvé en phase avec cette charge sans concession contre les travers de notre société. En outre, Sébastien Lapaque use d'une plume élégante, recherchée, bien loin du feel-good indigeste, dans un roman structuré, implacable dans l'évolution que l'auteur nous invite à suivre : le héros, dégoûté par cet immonde qui le cerne, se cherche, tourne en rond, perd le goût des choses, avant d'enfin trouver sa voie dans son cercle d'amis et dans la religion.
Pour autant, je n'ai pas aimé ce livre, et je n'ai pas du tout été convaincu par la démarche militante de son auteur. Peut-être pour les mêmes raisons que je n'ai pas aimé Céline et passablement Mauriac, avec lesquels S. Lapaque me semble avoir quelques affinités.
Son héros vieille France décalé, professeur drapé dans son intellectualisme fuyant, qui escamote ses histoires d'amour et se laisse conduire par les théories conservatrices et religieuses traditionalistes de ses collègues devenus amis m'a fait froid dans le dos. En effet ce qu'il nomme amitié se résume à une sorte d'admiration béate, qui lui permet de se reconstruire égoîstement face au vide béant de sa vie passée. Mais l'ouverture aux autres, la réelle compassion pour l'humain en général, l'énergie personnelle et la force de vie intérieure brute, non intellectualisée, jamais n'affleure. Quant au sens religieux et au support de la foi, il apparaît tout à coup par défaut, inexpliqué, plaqué, comme le mystère de Domremy, ou comme l'évidence qui n'a pas à se justifier subie parfois par les catéchumènes.
Bref, après un début de lecture assez prometteur, car on ne peut enlever à l'auteur ni son intelligence, ni son style, ni son sens critique affuté, je me suis ensuite vu contraint à une lecture à sens unique, dans la construction implacable et sans surprise du récit, comme dans le dogmatique fermé de la transformation intellectuelle du héros, qui d'ailleurs en fin de roman ne semble rien changer concrètement à son quotidien désenchanté du début.
En conclusion, merci S. Lapaque, pour cette si belle citation, qui nous rapproche : "Ce qui manque dans notre monde, c'est la nécessité de l'amitié telle qu'on la découvre chez Rabelais, Shakespeare, Montaigne ". Mais malheureusement "Ce monde est tellement beau" n'éveille nullement en moi ce sentiment d'amitié si bellement évoqué par Montaigne : « Au demeurant, ce que nous appelons ordinairement amis et amitiez, ce ne sont qu'accoinctances et familiaritez nouees par quelque occasion ou commodité, par le moyen de laquelle nos âmes s'entretiennent. En l'amitié dequoy je parle, elles se meslent et confondent l'une en l'autre, d'un meslange si universel, qu'elles effacent, et ne retrouvent plus la cousture qui les a joinctes. Si on me presse de dire pourquoy je l'aymoys, je sens que cela ne se peut exprimer, qu'en respondant : Par ce que c'estoit luy, par ce que c'estoit moy. »
Nous sommes donc passés à côté l'un de l'autre, soit que vous vous soyez fourvoyé sur le sens de l'amitié par excès d'intellectualisme et la volonté d'écrire un roman à thèse, soit que le contexte personnel difficile que j'ai vécu en lisant votre roman m'ait rendu aveugle à cette si belle émotion que je n'ai absolumet pas trouvée en vous lisant.
Quoiqu'il en soit, je remercie Babelio pour cette nouvelle opération Masse Critique, et pour cette rencontre avec Sébastien Lapaque -agréable ou pas, une rencontre par le livre est toujours un enrichissement-, ainsi que les Editions Acte Sud, pour leur confiance et leur patience vis à vis de cette modeste critique. le livre est visuellement très beau, agréable à lire, et j'ai beaucoup apprécié le petit mot personnel , très classe, joint à l'envoi du livre par cette dynamique maison d'édition.
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hcdahlem
  25 mai 2021
Combattre toujours la laideur de l'Immonde
Sébastien Lapaque a trouvé auprès des amis et d'une voisine qui s'intéresse aux moineaux la recette pour regarder le monde différemment. Alors même que son couple part à vau-l'eau, il va trouver des raisons de s'enthousiasmer.
La vie de Lazare va basculer un jour de février. Béatrice, avec laquelle il partage sa vie depuis une quinzaine d'années, est partie quelques jours chez ses parents à La Rochelle. Seul, il regarde sa vie et le monde et comprend combien les valeurs sont faussées, combien nous vivons dans un Immonde. «Un monde qui n'en est plus un, un monde dont le visage est une absence de visage.»
En revenant de «ses emplettes» avec des oeufs et des herbes pour préparer une belle omelette, il va croiser sa voisine et lui proposer de partager son repas. Mais Lucie va décliner l'invitation. Comme il va le raconter à son ami et confident Walter, ce n'est que le lendemain qu'ils feront plus ample connaissance. Qu'elle le suivra chez lui et s'endormira sur son canapé, non sans lui avoir révélé sa passion pour les moineaux, une espèce animale qui meurt en silence.
À la suite de ce premier échange, il va tomber dans «l'obsession amoureuse», même si ses camarades de poker, spécialistes des libellules ukrainiennes et des présentatrices de télévision lui ont bien expliqué combien ka chose était risquée.
À la question de Béatrice – Et maintenant? – il ne voit guère qu'une réponse, la séparation. Même s'il ne veut pas en prendre l'initiative. Car les années de vie commune semblent avoir figé une relation que ni la conseillère conjugale, ni l'acupuncture, ni même la procréation médicalement assistée n'ont pu empêcher de sombrer. Il faut dire que le travail de sape des beaux-parents aura été constant et payant.
Désormais, son nouvel horizon s'appelle Lucie. Converser avec elle lui permet de découvrir un autre monde, mais aussi de développer sa théorie de l'Immonde. «En rompant tout lien avec la réalité, l'univers sans regard qui s'était substitué à celui de la nature imposait aux individus de vivre sous le régime de la meute. Créé par l'artifice du commerce et du capitalisme, il se définissait par la rencontre de la technique, du collectif et de l'abstrait. Cette doublure qui enserrait la réalité pour la rendre inaccessible, c'était l'Immonde.»
Sébastien Lapaque passe alors ses journées au crible de sa théorie. du football aux crises politiques, de l'éducation à la religion en passant par les questions environnementales, sans oublier l'amour, il nous propose une vision du monde différente. Ce monde est aussi tellement beau avec la musique de Bach, avec une partie de rugby épique, avec un livre de Shakespeare, un verre de romanée-conti et de nouveaux amis et même avec une promenade entre les tombes du cimetière Montparnasse avec Lucie. Cette femme qui a entraîné Lazare dans une lumière qu'il ne connaissait pas et qui, avec des accents à la Bernanos, a le pouvoir d'entrainer le lecteur vers la beauté.
«Othello, les oiseaux, son ton, son rire frais comme un ruisseau de printemps, son refus des assignations à résidence, son âme blottie en elle comme un petit enfant contre le sein de sa mère. J'ignorais ce qu'elle attendait de la vie, mais je savais ce qu'elle avait fait de moi.»

Lien : https://collectiondelivres.w..
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rosulien
  26 janvier 2021
J'ai lu une longue interview de Sébastien Lapaque dans une revue littéraire
C'est un écrivain érudit. Pour ce livre, ses références sont La Divine Comédie et L'Odyssée d'Homère
Il a mis six ans à l'écrire
L'histoire est celle d'un homme ordinaire ,Lazare,qui subit une vie sans aspérités.Une vie triste dans un environnement morne et désabusé
Une vie que beaucoup de nos contemporains subissent au quotidien sans grand espoir de changement.
Au bout du compte , un vie pour pas grand chose
La force du livre , sa richesse, c'est la transformation progressive de ce quidam qui va petit à petit s'élever vers la beauté du monde , à travers une vision différente de l'environnement et aussi à travers un cheminement spirituel vers la joie
Mon roman est du côté de la joie du bleu de Chartres écrit Lapaque
A l'inverse du récit de Dante , Lazare, va s'élever progressivement pour trouver la lumière : beauté et spiritualité
Ce qui surprend , c'est que , dans ce monde sombre et finissant, Lazare ne va voir que la beauté, ce qui explique le titre magnifique
Il n'y a pas de mauvais personnages .Au contraire, il révèle la part d'humanité chez tout être humain
C'est un livre très abouti, travaillé avec beaucoup de références culturelles , un vrai travail d'écrivain
Il évite bien des clichés.Lazare n'est jamais seul, par exemple
A titre personnel, je ne me suis pas senti en phase avec le personnage de Lazare car je n'ai pas du tout le même ressenti terne et pessimiste du monde actuel et j'ai l'impression de trouver un peu de beauté chaque jour
Dans un monde qui se voudrait grisaille ,malheur ou apocalypse,Sébastien Lapaque apporte une vision lumineuse du monde qui fait du bien
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Tatooa
  02 février 2021
Le seul livre que j'ai coché lors de la dernière opération Masse Critique de Babelio.
Arrivée en fin de journée, il était encore dans la liste, et le titre m'a plu. Et c'est tout. (Oui, depuis quelques temps, j'ai une certaine attirance pour les surprises, que jusqu'à il y a peu je détestais... muarf !).
Bref, merci à Babelio et aux éditions Acte Sud !
Bon, ce livre tombe pas mal dans mes "préoccupations du moment", pour tout dire... Je suis en plein cheminement et il me rejoint sur ce plan.
Mais en fait, cela ne va pas beaucoup plus loin. Je suis assez mitigée au final.
Le fond, le sujet du roman me plait, forcément. Mais très franchement, j'ai eu du mal avec le style, et les choix narratifs de l'auteur. Cela ne regarde que moi, bien sûr, mais je vais m'expliquer.
En fait de poésie, seuls quelques tous petits passages sont réellement "inspirés" à mon sens (notamment les deux premières pages, magnifiques). Quasiment tout le reste est beaucoup, mais alors BEAUCOUP trop intellectualisé à mon goût.
Il y a trop de passages didactiques qui se veulent "instructifs", le ton est tellement professoral que ça en devient indigeste. Sur la musique, sur les oiseaux, le jardinage, et je sais plus, mais il y en a trop...
Après l'envolée lyrique des premières pages, on redescend sur terre. Et quelle redescente. Lazare a une révélation. Nous ne vivons dans le monde, mais dans l'Immonde (c'est plutôt bien trouvé, ça). Mais que c'est long !
De mon côté, j'ai dépassé ce stade du constat sur "l'Immonde", et il est trop long, trop répétitif, à mon goût. Jusqu'à la page 184, je me suis ennuyée.
Ensuite, à partir de la "conversion" de Denis, mon intérêt s'est trouvé réveillé.
Mais ma progression dans le livre a quand même été compliquée. On comprend bien que Lazare a besoin des autres pour se trouver. Mais tout se situe au niveau de la pensée, et du mental, dans ce bouquin. Même si par moments fugaces ça parle de ressentis.
Ces autres qui entrent dans sa vie sont tous de magnifiques "parleurs". Ah ça oui c'est bien dit. Il n'y en a pas un qui soit quelqu'un de simple au sens "pas forcément intelligent". Même les taiseux, quand ils parlent, sont d'une intelligence et d'une précision surnaturelle.
Même le rapport à la nature, avec Xavier, devient un exercice de style sur le pourquoi du comment de cette relation à la nature. On dirait que pour l'auteur, avoir un cheminement spirituel est infaisable si on n'est pas un dictionnaire ambulant. Connaître tous les noms des oiseaux et leurs chants, connaître la musique classique et les compositeurs, connaitre les noms de plantes, des arbres, des animaux.
La seule chose qu'il admette ne pas connaître, c'est la bible.
Mais, le souci, c'est que tout ce dont il parle n'a rien à voir avec ça !!! J'irais même jusqu'à dire qu'on s'en fout royalement ! le cheminement spirituel n'a rien à voir avec la connaissance intellectuelle et mentale. Cela peut servir mais est non nécessaire.
Et quand il admet ne pas connaître la bible, c'est pour mieux faire passer son prosélytisme. Car on ne peut nier que ce livre fait du prosélytisme pour "la tradition", le culte traditionnel catholique, essentiellement.
Du coup, je comprends ceux qui le trouvent "trop catho", c'est en effet l'impression qu'il donne, dire le contraire est une aberration. Et j'en suis désolée, mais RARES sont les prêtres qui donnent au culte la profondeur que Lazare trouve dans la messe et la communion A CHAQUE FOIS qu'il fout les pieds dans une église. ça, c'est du pipeau, car rares sont les prêtres qui ont réellement vécu un véritable parcours et cheminement spirituel, leur vécu reste au niveau des études théologiques et de l'intellect, pour une grande majorité d'entre eux. Il y a loin de la croyance à la foi, et peu ont la foi...
Enfin, j'ai un problème avec la progression du héros. Car tout cela est extrêmement rapide, et linéaire, en plus. Il a une révélation de l'Immonde, il a plusieurs maîtres successifs, et paf, c'est l'illumination, il voit tout en rose. Ben désolée, mais c'est pas aussi facile...
En conclusion, ce qui m'aura le plus manqué dans ce livre, c'est l'émotion. C'est trop mental, trop clinique, tout ça. J'ai pas vraiment ressenti d'émotions, je ne suis pas arrivée à me mettre à la place du héros. Qui parmi nous est aussi bien entouré, a autant d'amis éveillés ? Vous ? Ben vous avez de la chance, moi j'en ai...
Un. Ce qui est déjà pas mal, je vous l'accorde !
3, en tout, si je compte mes deux amies proches qui acceptent d'écouter mes délires avec indulgence, lol.
Bref, c'est carrément surréaliste, un parcours aussi brodé de facilité, en ce bas monde. le mien en tous les cas ne l'est pas, facile. Et justement, le trop intello, ça me gonfle.
En quelques mots, je préfère quelqu'un qui va me parler de son ressenti et de son émotion face à un ciel étoilé ou une belle musique, plutôt que quelqu'un qui va me citer par coeur les étoiles et les constellations ou savoir le nom du morceau et son auteur... J'ai pas besoin de ça... L'intelligence "du savoir" extérieur ne m'impressionne pas, il suffit d'une bonne mémoire et d'un minimum de capacité réflexive pour "savoir". L'intelligence du coeur, elle, me bouleverse davantage.
Et ça fait toute la différence entre l'auteur de ce livre, et moi... Je pense même que c'est le message qu'il voulait faire passer, mais qu'en ce qui me concerne, il n'est pas passé, parce qu'il a trop voulu étaler une culture inutile pour ce propos...
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Henri-l-oiseleur
  19 janvier 2021
Pour nous, lecteurs prisonniers du bagne matérialiste, privés d'espérance, de passé et d'avenir, la lecture de ce roman de Sébastien Lapaque risque d'être difficile, à cause des malentendus et des contresens que nous risquons de commettre. C'est le récit à la première personne d'une libération intellectuelle et spirituelle du héros, qui passe par les trois temps théologiques, l'enfer d'avant la Loi émancipatrice (de Moïse), dans le monde Immonde, le temps de la Loi incarné par un personnage juif qui revient à ses sources, et le temps de la grâce, le temps chrétien, l'enracinement des hommes au ciel et sur terre. Structuré comme La Divine Comédie, le roman nous conduit vers une sorte de fin heureuse.
On risque donc de se tromper en lisant ce livre. Déjà, le titre laisse attendre une espèce de "roman doudou", de livre coach, et les fautes de langue et de style qu'on y trouve montrent que le romancier ne s'est pas entièrement dégagé de la langue de notre époque, celle de "l'Immonde". Heureusement pour eux, les habitués de cette sous-littérature ne poursuivront pas la lecture, et trouveront le roman "trop catho" ("trop catho" est le commentaire d'un Babeliote sur les Pensées de Pascal).
Un autre piège, inverse, attend le lecteur sensible aux auteurs antimodernes, aux dénonciateurs du règne de l'argent, de la machine et des bons sentiments. Souvent, avec les écrivains qu'il affectionne, ce lecteur prend tout son plaisir littéraire aux outrages faits au monde tel qu'il est, l'Immonde du roman. Cette attitude de constante révolte, de constant dégoût, nourrie aux essais de Philippe Muray et incarnée aujourd'hui par Michel Houellebecq, Patrice Jean, Bruno Lafourcade, nous place dans une relation de haine envers le monde, aussi stérile que le conformisme idiot des progressistes. Lazare, le héros de Sébastien Lapaque, découvrant que notre monde est proprement l'Immonde, ne reste pas prisonnier de cette révélation, il ne se plaît pas à le haïr ni à l'accabler d'imprécations. Il va au-delà, entraîné par la grâce divine vers une seconde révélation, celle de la beauté du monde créé par Dieu, préservé et cultivé par certains hommes, non encore assassiné par les manieurs d'argent, le tourisme et les forces de progrès. Ce personnage semble toutefois se convertir au christianisme, à la vie, à la fraternité et à l'ordre chrétiens, plus qu'au Christ lui-même, peu présent, un peu évanescent dans le livre.
C'est là que le bât blesse. On sait bien que l'Enfer de Dante est un poème plus intéressant que son Paradis. Il faut un génie poétique et littéraire hors pair pour rendre la Grâce, la beauté et le bonheur attirants en littérature, surtout quand on s'adresse à des lecteurs privés d'espérance, sceptiques et cyniques. Il n'est pas certain que le talent de Sébastien Lapaque suffise. Son roman contient de belles intuitions et de belles pages, des scènes lumineuses de Paris, de la Bretagne, de la forêt et de la ville pleines d'oiseaux, mais souffre aussi de lourds défauts : le récit à la première personne empêche tout jeu et toute distance critiques du narrateur et du personnage ; de longs passages à thèse maladroitement insérés dans le récit, développent les idées de l'auteur ; les scories linguistiques et stylistiques de la langue immonde encombrent sa prose ; enfin il n'est pas suffisamment armé contre les clichés de l'Immonde, ses abstractions moderneuses, ses "paysages absolus" et autres niaiseries. Sébastien Lapaque rappelle le second Huysmans, celui des romans de la conversion : devenu catholique, ayant l'ambition de participer au renouveau de l'art chrétien, il est resté marqué par les tares littéraires et idéologiques de son ancien maître Zola. Il n'a pas converti sa langue et son art, et cela se voit. Sébastien Lapaque est encore trop peu inactuel.
Malgré toutes ces réserves, "Ce monde est tellement beau" est un beau livre, imparfait, maladroit mais intéressant : un essai d'art chrétien. On lira avec beaucoup de profit l'interview que Sébastien Lapaque a accordée à Jacques de Guillebon et Jérôme Besnard, du magazine L'Incorrect de janvier 2021. Sans la recommandation de ce journal, je n'aurais jamais ouvert ce livre au titre alarmant.
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critiques presse (5)
Actualitte   05 mai 2021
C'est un roman sur la camaraderie qui élargit le cœur, qui chevauche les idées heureuses et les profonds chagrins, où l'auteur transcende la mélancolie et l'acuité du diagnostic pour nous offrir une épiphanie tendre et lumineuse.
Lire la critique sur le site : Actualitte
SudOuestPresse   19 mars 2021
Le récit d'une renaissance, celle de Lazare, professeur de 40 ans, désespéré par la noirceur du monde.
Lire la critique sur le site : SudOuestPresse
LeMonde   05 février 2021
Entre l’atrocité du réel et sa splendeur, le narrateur du nouveau roman de l’écrivain choisit le second. Une magnifique renaissance.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeFigaro   15 janvier 2021
L'écrivain raconte l'histoire de la conversion d'un professeur de lycée désespéré par la noirceur du monde.

Lire la critique sur le site : LeFigaro
LaCroix   15 janvier 2021
Sébastien Lapaque imagine l'histoire d'une lente conversion, avec un personnage s'ouvrant à la beauté, à la nature et à la fraternité, sur un chemin de foi qui sera celui d'une conquête.

Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   25 mai 2021
Les yeux de Lucie dans les miens, mes yeux pris par les siens. Contre mon gré l'attrait de tes beaux yeux: il existait en français un vers qui disait cela quelque part. Le regard de l’un était devenu celui de l'autre. Désormais, c'était moi qui regardais. Je ne pouvais pas mentir ou me mentir. Au secret du monde et de la vie, j'avais longtemps été inattentif. Lucie m'avait entraîné dans une lumière que je ne connaissais pas. Othello, les oiseaux, son ton, son rire frais comme un ruisseau de printemps, son refus des assignations à résidence, son âme blottie en elle comme un petit enfant contre le sein de sa mère. J’ignorais ce qu’elle attendait de la vie, mais je savais ce qu’elle avait fait de moi. p. 314
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fanfanouche24fanfanouche24   07 janvier 2021
Ce monde est tellement beau. Il y a dans l'air cette froidure piquante, aiguë comme l'espérance, qui laisse deviner que tout peut toujours être réinventé (...)
tout passe, hélas, et nous passons sans ralentir. J'ai heureusement appris à glisser un carnet dans ma poche, à prendre des notes et à capter les détails. Beauté mon beau souci, a dit un poète. Ce monde n'est pas seulement beau dans les choses visibles. Il est beau dans celles qui sont invisibles. après bien des rebuffades, de longues années de sotte indifférence et d'ignorance fort peu docte, j'ai appris à l'aimer au-delà de l'image. j'ai découvert sa beauté dans l'enfance, dans la vieillesse, dans la musique, dans l'humilité, dans le secret, dans la présence et dans l'attente. J'ai compris que ce monde était beau dans la douleur et dans le deuil, beau dans le passage du temps et dans les adieux sans espoir de retour. Tellement beau. (p. 12)
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   17 janvier 2021
- Je l'ai raccompagnée. Dans l'escalier, elle m'a dit : "J'ai soif." J'avais bien une bouteille de gin dans un placard. Je lui ai répondu : "Venez chez moi."
- Tu la vouvoies ?
- A cet instant, je la vouvoyais encore.
- A cause de la jupe ?
- Je t'ai dit qu'elle ne portait pas de jupe.
- Oui, mais c'est la jupe qui t'avait impressionné, la veille.
- Peut-être. La jupe et beaucoup d'autres choses. Sa façon de s'exprimer, en parlant lentement et en cherchant ses mots, sans jamais employer le tout-venant du langage liquide d'aujourd'hui : bonnes vibrations, expériences inédites, énergies positives, envies nouvelles, droit d'être heureuse ...
- J'imagine qu'elle ne t'a pas parlé non plus de stratégies de contenu ?
- Ni même d'impacter quoi que ce soit.
- Tu crois qu'elle s'intéresse aux astuces pour bien vivre sa ville ?
- Non, ce n'est pas vraiment son style. Elle appartient à un autre temps, pas tout à fait celui d'hier ni celui de demain. Elle est d'époque, comme on dit. Lorsqu'elle est entrée chez moi, je l'ai regardée et je l'ai trouvée très belle.
p.44
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fanfanouche24fanfanouche24   23 avril 2021
A quoi nous servent les lourds soucis

On était samedi. L'hiver avait pris fin depuis huit jours. Quelle étrange saison de ma vie, l'année de mes quarante ans. (...) Au moment où le monde extérieur semblait me devenir hostile, au moment où l'Immonde me révélait son vrai visage, c'est-à-dire son absence de visage, des énergies nouvelles surgissaient moi. C'était l'heure où les amarres se rompent d'une existence longtemps retenue à quai et naît le désir d'une autre vie (...) l'heure de me purger du passé. Je ne rougissais plus de poursuivre un temps plus beau, un monde meilleur. (p. 155)
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rosulienrosulien   26 janvier 2021
Béatrice n’avait pas daigné répondre à mon dernier message. J’aurais peut-être dû lui écrire tout simplement : “Embrasse-moi.” Mais le temps passe et tout doucement la magie de certains mots s’efface. On n’ose plus prononcer ceux avec lesquels tout pourrait recommencer. L’indifférence installe son mur de glace. Il devient chaque jour plus épais, plus lourd et plus large. On cherche en vain la dynamite pour le faire exploser.
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Videos de Sébastien Lapaque (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sébastien Lapaque
Le Chemin des estives : récit Charles Wright Éditions Flammarion Collection Littérature française
Ce monde est tellement beau Sébastien Lapaque Éditions Actes Sud Collection Domaine français
Les Murs Blancs Léa Domenach Hugo Domenach Éditions Grasset Collection Littérature française
Être père avec saint Joseph : petit guide de l'aventurier des temps postmodernes Fabrice Hadjadj Éditions Magnificat
Le Courage de la nuance Jean Birnbaum Éditions du Seuil
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