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ISBN : 226600820X
Éditeur : Pocket (02/03/1995)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 87 notes)
Résumé :
Lorsque, en 1876, Robert Louis Stevenson rencontre Mrs. Osborne, une Américaine de trente-cinq ans, séparée de son mari et mère de deux enfants, c'est le coup de foudre immédiat.

Cette jeune femme joyeuse, sauvage, qui a derrière elle le passé rude et mouvementé d'une pionnière de l'Ouest, incarne aux yeux du jeune Écossais un nouvel idéal féminin. Entre ces deux êtres passionnés naît un amour extraordinaire, qui défiera les conventions et les fronti... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Levant
  30 août 2017
Une façon d'approcher un personnage célèbre consiste à faire la connaissance de ceux qui ont partagé sa vie. C'est ce que nous propose Alexandra Lapierre avec cette biographie romancée de la femme de l'auteur de L'île au trésor : Fanny Stevenson. Un ouvrage particulièrement fouillé et documenté. Il faut dire que la correspondance entretenue par les époux Stevenson avec leurs familles respectives et leur entourage, baignant souvent dans les milieux artistique et littéraire, a été particulièrement abondante.
Alexandra Lapierre en tire un ouvrage absolument captivant sur ce que fut la vie de cette femme hors du commun. Elle voua une dévotion passionnée à l'égard de Robert Louis Stevenson. Elle a été tout sauf une pâle figurante dans la vie de celui qu'elle avait épousé après avoir arraché le divorce à son premier mari, ce qui dans l'Amérique puritaine du 19ème siècle était déjà une prouesse en soi. Fanny Stevenson a véritablement sacrifié sa vie à celui envers qui elle nourrissait un amour démesuré, au point de se rendre jalouse de sa propre fille lorsque cette dernière empiétait sur le rôle de première lectrice des oeuvres de Stevenson.
La posture favorite de Fanny Stevenson était de se ranger du côté du plus faible. Épouser Robert Louis Stevenson restait dans cette droite ligne si l'on considère sa santé particulièrement fragile. Au point que cet aspect a commandé toute leur vie. Il leur a fait parcourir le monde à la recherche d'un climat favorable à l'apaisement des hémorragies pulmonaires dont souffrait cet homme. Optimiste de nature, il ne s'en plaignait pourtant jamais.
Stevenson terminera sa vie et sera enterré aux îles Samoa, au sommet du mont Vaea. Fanny qui n'avait émis la moindre objection à s'isoler au milieu du Pacifique, quand c'était pour son mieux aller, l'y rejoindra 20 ans plus tard. Ils avaient tous deux gagné la vénération des populations autochtones en soutenant leur combat contre la colonisation.
On ne lirait que trois pages de cette passionnante biographie romancée fort volumineuse, ce serait la lettre que Fanny Stevenson a adressée à celui qui était un de ses points d'ancrage, l'avocat Rearden, pour lui apprendre la mort de son fils, le petit Hervey (page 181 - éditions Pocket). Ce texte, à lui seul, fait comprendre combien cette femme ne vivait que pour les autres, pour les plus faibles et son exceptionnelle dignité dans le chagrin.
La vie de Fanny Stevenson a été particulièrement riche en aventures et en amour dédié aux autres. Elle est tout sauf ennuyeuse au lecteur. Alexandra Lapierre sait nous faire admirer et aimer ce personnage hors du commun, le réhabiliter aussi, même si c'est par solidarité féminine, quand d'aucuns ont pu le dénigrer. Dans ce couple singulier qu'ils ont formé tous deux, tirant souvent le diable par la queue, elle a vécu, tel que le sous-titre l'auteur, entre passion et liberté.
Magnifique ouvrage.
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sabine59
  21 avril 2016
Cette biographie se lit comme un roman car la vie de Fanny Stevenson est un roman !
Quelle femme ! Par certains côtés, sa passion pour les hommes de sa vie l'entraînant très loin, son courage d'assumer ses choix, sa force m'ont fait penser à Milena, la muse de Kafka.Mais elle est plus mystérieuse, plus vibrante encore.
Ses aventures à travers tous les pays, à une époque où ce n'était pas évident de se déplacer ainsi, surtout pour une femme, m'ont fascinée.Je n'aurais jamais osé suivre le même parcours qu'elle, semé d'embûches, la conduisant parfois jusqu'aux limites de la raison.Elle semble toujours renaître d'elle-même, après toutes les épreuves, telle un phénix.Quelle formidable énergie !
Certains côtés de sa personnalité peuvent néanmoins agacer: sa possessivité, ses sautes d'humeur, sa sécheresse aussi parfois.Mais on ne peut que l'admirer.
On apprend par ailleurs à connaître, à travers sa vie avec lui, l'auteur de " Docteur Jekill and Mister Hyde" et de " L'île au trésor": Robert Stevenson, homme malade, aventurier, dont elle retardera la mort et qu'elle vénérera.
Bravo à Alexandra Lapierre, qui a su, avec vivacité et sensibilité, nous restituer une vie hors du commun, une vie de femme libre et passionnée.
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anlixelle
  05 octobre 2015
Fanny STEVENSON, c'est d'abord une grande fresque historique qui retrace avec exactitude des univers aujourd'hui disparus : des mines d'or du Nevada aux galeries de peinture impressionnistes, des salons londoniens aux îles du Pacifique. Cette biographie d'une femme qui a vécu cent vies, nous brosse, dans une prose superbe, à la fois l'histoire d'une héroïne romantique et d' un Pygmalion femme. Voici donc un livre qui, vous l'aurez compris, pour le prix d'un en contient dix.
Elle a onze ans de plus que lui, elle est pauvre, déjà mariée et mère de deux enfants avec qui elle est fusionnelle, il est totalement inconnu, déshérité et très malade. Pourtant, une incroyable alchimie prendra vie entre ces deux êtres uniques, et leur symbiose se réalisera non seulement dans l'expression artistique, mais également dans l'Aventure avec un grand A. Avec cet homme elle partagera tout, le soutiendra, et le devancera même parfois.
Sa passion pour le travail de Louis, sa dévotion à la santé fragile de Louis les mèneront d'un continent à l'autre, à la découverte d'un autre peuple.
Cette longue (mais jamais ennuyante) saga, qui nous parle de passions, des arts, d'amitié mais aussi d'amours filial et conjugal commence en 1864 pour se terminer vers 1915.
J'ai adoré le style d'Alexandra LAPIERRE qui nous offre là les portraits d'une audacieuse, volontaire et ingénieuse et d'un homme de nature optimiste et profondément humaniste, qu'on ne peut qu'aimer. Tout au long du livre, elle cite les propres écrits des antagonistes pour donner de la puissance à son récit, car pour peindre cet amour unique, l'auteur s'est appuyée sur des autobiographies, sur des récits d'époque et de très nombreux témoignages, qu'elle cite en fin d'ouvrage.
En dépit de la pauvreté et de la maladie, au-delà des distances et du temps qui séparent, ce livre c'est donc l'histoire d'une oeuvre littéraire mais aussi de la VIE telle qu'on devrait avoir le courage de la vivre, en tant que femme, parfois.
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maylibel
  22 juillet 2012
Biographie d'une femme du XIXe siècle au destin assez exceptionnel : née dans l'Indiana, Fanny Vandegrift épousa un charmeur, Sam Osbourne, dont elle divorça après pas moins d'une vingtaine d'années de mariage et trois enfants pour épouser le (pas encore) célèbre auteur Robert Louis Stevenson
Cette biographie est très intéressante à plusieurs titres : elle permet non seulement de découvrir le destin peu commun de Fanny Stevenson, fidèle compagne du célèbre auteur dont elle a beaucoup relu les oeuvres, mais donne aussi envie de se plonger dans les ouvrages publiés par son mari, nous offrant juste assez de détails pour nous mettre en appétit. Par ailleurs, ce texte, bien que romancé, a l'avantage d'être extrêmement documenté : il est donc tout aussi intéressant de se plonger dans ses annexes et dans sa liste de sources bibliographiques, où l'auteure prend le temps de justifier ses choix d'écriture. Bref, un texte à découvrir, notamment par tout amateur des oeuvres de Robert Louis Stevenson, qui en apprendra plus sur cet auteur trop souvent réduit à ses oeuvres « pour enfants » comme L'île au trésor.
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nathalie_MarketMarcel
  29 novembre 2014
Passons sur le style de l'auteur : Alexandra Lapierre admire sans réserve son héroïne et ne dissimule ni sa naïveté, ni son enthousiasme, ni ses impressions personnelles ressenties sur les lieux… Cela m'a fait sourire, mais j'en connais que ça a fatigué.
L'intéressant, c'est la vie de Fanny Osborne, connue comme madame Stevenson. Mais avant de rencontrer ce jeune Écossais très maigre, très malade et très prometteur, elle a connue toute l'existence des pionnières, traversant les États Unis en chariot, en train, en diligence, maîtrisant la carabine et habituée à parler aux Indiens. Elle évolue ensuite dans le milieu bohème et artiste de Paris, avant de se vouer à son grand génie fragile. C'est simple, sans elle Stevenson serait mort 10 ans plus tôt et n'aurait pas écrit grand-chose. C'est un roman d'aventure et d'amour, une histoire des États Unis et de Samoa tout à la fois.
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
CarosandCarosand   26 octobre 2016
- Pour l'examen de fin d'année, je vous demande de me dessiner, telle que vous l'imaginez, la main droite de la Vénus de Milo. A vos fusains !
Belle, avec les autres jeunes gens, se rua sans réfléchir sur sa feuille. Fanny demeura seule, plantée au pied de la statue. Les yeux brillants, la bouche entrouverte, elle semblait plongée dans un intense bonheur physique.
- Elle vous plaît ? murmura Virgil Williams avec une pointe d'humour.
- Oui, répondit-elle sans le regarder, comme si elle craignait de se laisser distraire de son plaisir. La lumière, le mouvement, la matière... c'est comme si je ne les avais jamais vus. Pas vous ?
Il sourit de sa naïveté. Mrs Osbourne figurait parmi ses étudiants les plus âgés et les plus doués. Sa totale inculture le ravissait. A la lettre, elle ne savait rien. Une terre vierge où s'exprimait à grands coups d'émotions l'ivresse de la beauté. L'élève idéal pour un professeur : la virginité des sens, couplée avec la maturité.
Sans idée. Sans image. Sans référence. Le trouble de Fanny n'en était que plus brutal et plus profond. Williams n'avait qu'à jeter un coup d'oeil sur ses dessins. A chaque exercice, c'était la même pureté de trait, la même audace dans la couleur. Quelque chose de maladroit et de puissant qui rendait sa copie immédiatement reconnaissable. La joie devant un idéal esthétique que cette femme parvenait à exprimer sans le comprendre - n'était-ce pas précisément cela, l'art ? se demandait-il quelquefois.
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CarosandCarosand   25 octobre 2016
Le 10 mai 1869, soit trois semaines avant le voyage de Fanny, les rails reliant l'Est à l'Ouest des Etats-Unis se sont rejoints à mi-chemin dans les montagnes du Nebraska. Un fil court désormais de l'Atlantique au Pacifique. Le Transcontinental existe ! Une oeuvre de titans, six années de duels financiers, d'accidents, de meurtres, plus d'un million d'hommes au travail, dont près de dix mille reposent six pieds sous terre. Deux cents arrêts, une trentaine de changements de train, dix jours de voyage.
A l'arrivée, Fanny garde à jamais imprimée dans sa conscience l'image d'une nature vierge et folle. Le pressentiment d'une civilisation en voie de création. La révélation d'une monde. L'extase d'une force illimitée. La sienne.
Fanny ou l'Amérique.
Six ans plus tard, Robert Louis Stevenson ne s'y trompera pas. A peine aura-t-il rencontré Mrs Osbourne au coeur de la vieille Europe qu'il la décrira à ses amis comme l'incarnation d'un nouvel idéal féminin : "The American Girl". C'est de la liberté, c'est de la sauvagerie des grandes plaines qu'il sera tombé amoureux.
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CarosandCarosand   19 octobre 2016
Déjà le plâtre s'écaillait, les mauvaises herbes poussaient dans les fissures. La tombe, soulevée par les lianes, recouverte par le lierre, allait disparaître.
- Fais une prière, Belle.
Sans rien trouver en elle pour cet oncle à peine entrevu, la petite joignit les mains et garda quelque temps la tête baissée. En se redressant, elle eut la surprise de remarquer sur le visage de sa mère de grosses larmes qui coulaient. C'était la première fois que Belle voyait Fanny pleurer.
Elle pleurait de pitié, de regret sur son compagnon de jeu, son premier flirt. Elle pleurait sur Sam qui avait enterré ici, seul, cet ami tant aimé. Elle pleurait sur sa sœur Jo dont cette tombe brisait l'existence. Elle pleurait sur leur jeunesse.
En se mariant, Fanny n'était pas sortie de l'enfance. Elle n'avait pas grandi en mettant Belle au monde, ni même en se séparant de son père sous le château d'eau de la gare d'Indianapolis. Son enfance, elle y renonçait maintenant. Elle le savait.
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CarosandCarosand   05 janvier 2017
Les légendes des îles hantent désormais leur imagination. La beauté des indigènes, la gentillesse de leur accueil excitent l'admiration de Fanny ; le destin de la Polynésie captive la curiosité de Louis. Quel rôle joue l'homme blanc dans l'évolution de ces races qui ont prospéré durant des siècles, pour disparaître peu à peu depuis cinquante ans ? Que penser de l'attitude des missionnaires qui piétinent les civilisations anciennes, brûlent les idoles et les objets sacrés, interdisent la nudité, prohibent les costumes et les danses traditionnels, pour inculquer à ces peuplades l'idée du péché et le sentiment du mal ? Comment décrire la faune des traders, ces trafiquants qui font le commerce du coprah, la chair de noix de coco dont l'Occident extrait l'huile, qui vendent des armes et de l'alcool aux indigènes, qui ne pensent qu'à s'enrichir, tout en abattant le mur entre les deux mondes ?
Cinquante ans avant que de telles idées soient à la mode, Mrs R.L.S. vitupère contre les hérésies du colonialisme. Louis s'enflamme et s'interroge.
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CarosandCarosand   25 octobre 2016
A huit heures, quatre heures, minuit, lanterne et casse-croûte à la main, les mineurs de Virginia City s'entassaient par deux ou trois sur des cabines à claire-voie qui les descendaient à la verticale pendant près d'un kilomètre. Interminable.
Vapeurs. Gaz. Suffocations. Avec la profondeur, la chaleur augmentait. Si, par mégarde, leurs coudes touchaient la paroi du puits : brûlure au troisième degré.
Au dernier niveau, le thermomètre indiquait + 65°. L'enfer. Ils allaient devoir y survivre huit heures. Au bout de trente minutes dans cette fournaise, le coeur lâchait. Ils prenaient donc une pause toutes les demi-heures et se précipitaient dans la "chambre froide" où fondaient pour eux de gigantesques pains de glace. Contre les blocs, ils se frottaient. Ils se roulaient dans les glaçons, les léchaient, les suçaient et, pour finir, vidaient les bacs dans leurs fonds de culotte. On prévoyait cinquante kilos de glace par homme et par jour. Deux chambres froides par galerie. Mais un mineur s'évanouissait toujours quelque part... S'il perdait conscience sur le monte-charge qui le ramenait à la surface, il plongeait dans le vide.
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