AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2266121081
Éditeur : Pocket (03/10/2002)

Note moyenne : 4.18/5 (sur 146 notes)
Résumé :

On leur avait promis "un avenir éclatant". C'était ce qu'annonçait le slogan publicitaire d'Union Carlite, société de produits chimiques implantée dans trente-huit pays du monde.

Là, à Bhopal en Inde, la société américaine avait construit de gigantesques cuves contenant une molécule toxique, l'isocyanate de méthyle, qui devait servir à fabriquer à bas prix un pesticide pour sauver les récoltes des ravages occasionnés par les insectes.
... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
legoergosum
  06 mars 2016
Quel dommage de lire ce livre à la manière d'un roman d'aventures, aventures exotiques qui plus est. Car ce que raconte ce livre est la pire catastrophe industrielle de tous les temps, bien pire que Seveso, en 1976, et loin devant l'explosion de l'usine AZF à Toulouse, en 2001...
Voici comment les Nadar, modeste famille de Mudilapa, dans l'Inde profonde, leur fille Padmini , qui sera un des personnages récurrents du livre, vont se retrouver dans la tourmente du terrible nuage de Bhopal.
La famille Nadar peine à survivre, et voici qu'un précieux cadeau arrive : Indira Gandhi, désireuse de soulager la famine de son peuple, offre à ces petits paysans un lopin de terre, et , bien sûr ... une vache. Mais le sort s'acharne sur ces petits paysans. Le bétail meurt et les cultures sont ravagées par des insectes, ce qui annule tout espoir de récolte.
Les Nadar choisissent l'exil et parviennent dans la province de Madhya Pradesh, où ils s'installent dans un bidonville , espérant que le père de famille trouvera un emploi dans la construction d'une nouvelle ligne de chemin de fer, à Bhopal précisément, dans la belle cité de la Bégum dont les richesses contrastent avec la précarité de la plupart de ses habitants.
Mais la bonne fée, en l'occurrence la multinationale Union Carbide , veille : Bhopal est le lieu choisi pour fabriquer le pesticide miracle qui détruira les prédateurs des récoltes nécessaires à la survie d'un pays surpeuplé et affamé. Certes, certains ingénieurs sont sceptiques quant à l'implantation de l'usine : en cas de fuite de substances hautement toxiques, et si le vent dominant est de la partie, ce sont les habitants de l'Orya basti, où vivent les Nadar (et d'autres personnages hauts en couleurs, choisis par les auteurs), qui sont menacés.
Dans un premier temps, l'usine de Carbide connaît la prospérité, fournissant du travail à la main d'oeuvre locale, puis sa production est arrêtée, car la demande en pesticides diminue. Un semblant de maintenance est assuré, car les produits toxiques sont toujours présents dans les circuits et la menace de fuite est réelle, mais probablement sous-estimée, voire oubliée. C'est ainsi que, dans la nuit du 3 décembre 1984, par suite de négligences et d'un concours de circonstances funeste, un nuage de gaz toxique se répand sur le quartier de l'Orya basti et ses environs.
Les pathologies observées sont terribles : brûlures, étouffement, cécité, et pour la plupart de ces malheureux, la mort dans d'atroces souffrances.
Dominique Lapierre et Javier Moro nous font vivre , avec une documentation très précise et , me semble-t-il , une certaine impartialité, les prémices et le déroulement , puis les conséquences, difficiles à établir, puisque des victimes de Bhopal continuent , encore aujourd'hui, à mourir des suites de cette catastrophe, de ce dramatique épisode d'une ère industrielle qui a du mal à se positionner face aux exigences écologiques.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          144
Elusor
  17 novembre 2018
À lire absolument, pour voir se dérouler sous nos yeux, scrupuleusement documentée par les auteurs, l'histoire annoncée de la catastrophe enclenchée par la somme de l'arrogance des scientifiques et des capitalistes, qui croyaient pouvoir maîtriser des molécules au pouvoir de destruction inouï.
Le Sevin, pesticide miracle, avait comme composante le MIC, Isocyanate de méthyle, un gaz instable qui devait être gardé à une température de 0 degré et en tout temps protégé de toute contamination, à défaut de quoi il pouvait s'emballer, expandre, faire exploser son réservoir et se répandre dans l'air en se transformant, notamment, en cyanure gazeux. Devinez la suite, lorsque la belle usine de Sevin bâtie par Union Carbide à Bhopal en Inde s'est avérée non rentable, toutes les mesures de sécurité furent abandonnées et l'inévitable arriva. Des dizaines de milliers d'Indiens de Bhopal moururent de manière atroce ou survécurent de manière atroce au nuage délétère de cyanure qui traversa leur ville une nuit de décembre 1984. Évidemment, les plus pauvres furent les plus nombreux à être exposés. Un fait qui me fascine, c'est que la Union Carbide avait le même procédé à son usine américaine en Virginie de l'ouest, et stockait des quantités encore bien plus grandes de MIC, sans que les habitants à proximité aient l'information que cette odeur de chou bouilli typique du MIC représentait un danger si grand.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
bdelhausse
  19 juillet 2019
Au risque de choquer, je me risquerai à comparer Bhopal au 11 Septembre... OK, on ne peut pas comparer. Bien sûr, le terrorisme est une abomination. Et Bhopal n'est pas le fruit de fous de dieu... c'est le résultat du fous du capitalisme débridé, de la loi du profit immédiat, du risque négligé.
Dominique Lapierre a eu son heure de gloire avec la Cité de la Joie, dont on a tiré un film, très kleenex, avec Patrick Swayze au mieux de sa forme.
Ici, Dominique Lapierre prend son bâton de pèlerin et nous raconte l'histoire d'une catastrophe annoncée. Nous suivons une famille pauvre qui pense avoir trouvé l'eldorado en s'installant dans un bidonville à deux pas d'une fantastique usine de l'Union Carbide. Cette multinationale, leader en biochimie, va produire un insecticide qui est supposé régler tous les problèmes de l'Inde, géant démographique qui n'arrive pas à décoller sur le plan économique et enchaîne les famines.
Dominique Lapierre fait un récit froid et rationnel la plupart du temps. On ne peut pas lui en vouloir de nous tirer quelques larmes (de colère, principalement, dans mon cas). Il fait la part des choses et nous raconte pas à pas l'origine d'une des pires catastrophes industrielles, lorsque l'usine à l'arrêt va libérer un nuage mortel (d'acide cyanhydrique, si mes souvenirs sont bons).
Entre l'Union Carbide qui ne révélera jamais quel produit est fabriqué dans l'usine (ni sa formule chimique même au plus fort de l'intoxication) et les officiels indiens corrompus, on a aussi les ingénieurs incompétents, mal formés, les dirigeants qui ne sont pas à leur place, les décideurs publics ou privés qui ne mesurent pas l'ampleur du problème, les courageux qui se défilent, les inconscients qui sauveront des vies au péril de la leur...
Il faut lire ce livre. Il faut l'intégrer. le digérer. Et se dire que c'est encore possible. Songeons à l'écroulement de cette manufacture textile au Bengladesh (où des enfants travaillaient pour des firmes de haute couture européennes). le récit de Dominique Lapierre est celui de la folie des hommes, de l'inconscience, de la dilution des responsabilités, de la fuite en avant d'une industrie non contrôlée (ou plutôt où les contrôleurs sont aussi parties prenantes dans le processus, juges et parties...). Union Carbide a fait faillite suite à cette catastrophe (il y a une sorte de justice...). le récit étant écrit en 2001, Dominique Lapierre aurait pu ajouter bien des infos, car les séquelles sont encore bien là. Les malformations se transmettent. L'Inde est toujours corrompue. Les responsables de cette catastrophe ne seront jamais inquiétés. Les victimes jamais indemnisées. L'hôpital qui a fini par être construit pour soigner des survivants (victimes d'insuffisances respiratoires et d'autres maux) est situé à l'autre bout de Bhopal, et les moyens de transport ne permettent pas de s'y rendre à moindre coût.
Mentionnons que Dominique Lapierre et Javier Moro ont cédé une partie des droits d'auteur pour financer des actions humanitaires à Bhopal. Un grand monsieur, ce Dominique Lapierre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          66
Folfaerie
  13 mars 2010
En décembre 1984, une fuite de gaz à l'usine de pesticides d'Union Carbide a provoqué la mort de 15 à 30000 personnes - sur plusieurs années - qui avaient inhalé ces vapeurs toxiques. Outre les décès immédiats, 4000 personnes, un nombre beaucoup plus important, et indéterminé, de gens sont décédés des suites de cet accident industriel. En compensation, Union Carbide, aujourd'hui possédée par Dow Chemical Co, avait payé 470 millions de dollars en 1989.
Dominique Lapierre a mené l'enquête sur ce tragique accident industriel qui s'est transformé en cauchemar. On ne sort pas indemne d'une telle lecture, d'abord à cause de l'ampleur de la catastrophe (les descriptions des effets du poison sur la population font froid dans le dos, et l'hécatombe s'est poursuivie bien après que le nuage toxique se soit dissipé) mais surtout à cause de la logique et du mécanisme qui ont abouti au drame. Une fois encore, les grandes multinationales ignorent et bafouent les droits des plus pauvres, et de la nature, au nom du sacro-saint fric que peuvent générer de tels produits chimiques (ici le sevin).
Dix ans après la catastrophe, une étude de Greenpeace démontrait la contamination préoccupante des eaux souterraines dans les environs du site. Et pied de nez du destin, une action en justice relative au fait que des milliers de gens ont bu de l'eau polluée après la catastrophe de Bhopal (Inde) de 1984 a été réouverte, lundi 3 novembre 2008 par une cour d'appel américaine du nord-est des Etats-Unis, d'après l'agence de presse Reuters.

J'ai beaucoup aimé l'écriture de l'auteur qui allie force et sensibilité. En fait, ça se lit vraiment comme un thriller. On suit plus particulièrement certains personnages, le suspense monte avant la catastrophe (car il y a eu des signes avant-coureurs, soigneusement ignorés), la scène de la gare est à ce titre vraiment saisissante.
La société Indienne a pris modèle sur les Anglais. Croulant sous une bureaucratie rigide, les bonnes volontés, médecins compris, qui vont essayer de faire face à la catastrophe et d'aider les survivants, vont se heurter à un grand nombre de difficultés. Pendant que certains chanceux boivent du thé et jouent au criket, d'autres n'ont pas de quoi manger et encore moins l'accès aux médicaments. Si le bilan fut si élevé, ce fut aussi en partie à cause de ce système et cette administration défaillants et peu adaptés au pays.
Le propos même du livre déborde d'ailleurs de la catastrophe de Carbide. Dans les dernières pages, on assiste à l'arrivée des représentants d'un nouveau géant qui s'apprête à écrabouiller sous son talon le peuple Indien : Monsanto et ses graines miracles qui résistent aux insectes et aux maladies. Et vive le capitalisme, non ?
Lien : http://lectures-au-coin-du-f..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
Atasi
  06 mars 2014
Ce livre est le fruit de nombreuses recherches entrepris par les auteurs. Avant le passage où nous ai conté la catastrophe, ils nous font à la fois découvrir l'entreprise Carbide, ce qui a fait leur succès, les recherches scientifiques, leurs différents domaines d'activité, les dirigeants ... et le Sevin, le puissant insecticide qui devait révolutionner le Monde. On nous explique pourquoi l'Inde a été choisi pour fabriquer le Sevin, les négociations, le choix du site avec comme voisin un bidonville, sa construction, les embauches, les heures de gloire, et l'abandon car l'usine n'était pas rentable car la vente de Sevin n'atteignait pas les objectifs prévus à cause de la sécheresse. Peu à peu l'usine devient fantôme où les règles de sécurité était un vague souvenir ...
De l'autre côté, les auteurs nous font découvrir des personnages notamment vivant dans l'Orya Basti, un des 3 villages du bidonville. Leurs malheurs, leurs combats de tous les jours, l'entraide, la débrouille, l'usurier... Des personnages souvent très attachants et qui donnent à ce livre un côté humain et vivant. Au fur et à mesure des pages on découvre d'autres personnes qui apporteront une aide pour les blessés et les morts la nuit de la catastrophe.
Je pense que ce livre devrait être lu par un très grand nombre de personnes, certes la catastrophe datent s'il y a 30 ans mais nous ne sommes jamais à l'abri même si soit disant les règles de sécurité sont draconiennes. Et lire ce livre est aussi un hommage rendu aux victimes : décédées, mutilées, ... Sur des générations entières. Et de plus, que justice n'a jamais été rendu.

L'écriture de ce récit allie force et sensibilité, on suit des personnages comme dans un roman, tout en ayant un aperçu sur Carbide. Les auteurs permettent au lecteur de mettre sur certains noms des visages, on découvre en milieu de livre des photos : introduction sur les insectes ravageurs de cultures, Carbide, Bhopal et son histoire, l'usine de Bhopal et les ingénieurs, le bidonville et quelques personnes que l'on apprend à connaître dans le récit et la tragédie.

Lien : http://atasi.over-blog.com/2..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
ValCarValCar   14 décembre 2016
Il est exactement deux heures de l'après-midi à l'horloge de la place des Epices ce lundi 3 décembre quand s'élève dans le ciel de Bhopal la fumée du premier bûcher réduisant en cendres ceux auxquels la "belle usine" de Carbide avait promis d'apporter bonheur et prospérité. Soufflant maintenant du sud, la brise chasse les derniers effluves de gaz mortel pour les remplacer par une odeur encore plus horrible. L'odeur de la chair grillée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          61
AtasiAtasi   06 mars 2014
"Tu baisses la tête, tu l'écraser, tu supportes tout, lui avait-on dit. Tu rengaines tes rancœurs contre l'usine qui empoisonne ton puits, l'usurier qui te saignes, les spéculateurs qui font monter le prix du riz, les gosses de tes voisins qui t'empêchent de dormir en crachant leurs poumons toute la nuit, les partis politiques qui te sucent et se foutent de toi, les patrons qui te refusent du boulot, l'astrologue qui te demande cent roupies pour te dire si ta fille va se marier. Tu acceptes la boue, la merde, la puanteur, la chaleur, les moustiques, les rats, la faim. Et puis, un jour, bang ! Tu trouves un prétexte et l'occasion t'est donnée de crier, de casser, de cogner. C'est plus fort que toi : tu fonces!"
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
ElythiaElythia   23 septembre 2011
"Dans un récit haletant, Dominique Lapierre et Javier Moro nous livrent le résultat d'une enquête qu'ils ont menée pendant trois ans sur ce drame... Cette tragédie n'était plus qu'un vague souvenir. Avec ce livre, elle revêt le plus poignant des visages humains." Jean-Marc Bastière, Le Figaro Magazine
Commenter  J’apprécie          20
ValCarValCar   14 décembre 2016
Dans l'extrême détresse, il n'y a plus de distinction de religion, de caste, d'origine. Très vite, pourtant, le sordide côtoie le sublime. Alors que Rajiv Gandhi vient d'annoncer à la radio que toutes les familles seront indemnisés pour la perte d'un des leurs, on commence à se disputer les cadavres.
Commenter  J’apprécie          20
fabbahiafabbahia   10 avril 2016
Après tout c'est le sort des ingénieurs chimistes de côtoyer leur vie durant des produits dangereux. Il faut apprendre à la respecter, et surtout les connaître et savoir les manipuler. Si vous faites une erreur, il y a peu de chance qu'ils vous pardonnent.
Commenter  J’apprécie          20
Videos de Dominique Lapierre (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dominique Lapierre
Vidéo de Dominique Lapierre
>Autres problèmes et services sociaux>Sécurité publique>Produits matériaux dangereux (13)
autres livres classés : indeVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

La littérature indienne : etes-vous intouchable ?

Quel est le nom de l'ancienne propriétaire de la maison qu'occupe le couple dans "Loin de Chandigarh" de Tarun Tejpal ?

Fizz
Karine
Catherine
Angela

10 questions
80 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature indienne , indeCréer un quiz sur ce livre
.. ..