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EAN : 9782266107532
639 pages
Pocket (18/09/2000)
4.26/5   848 notes
Résumé :
Un prêtre catholique français, un jeune médecin américain, une infirmière et un tireur de pousse-pousse indien se rencontrent sous les cataractes de la mousson.
Ils s'installent dans l'hallucinant décor d'un quartier de Calcutta pour soigner, aider, sauver. Condamnés à être des héros, ils vont se battre, lutter, vaincre. Au milieu des inondations, des rats, des scorpions, des eunuques, des dieux, des fêtes et des soixante-dix mille "lumières du monde" qui peu... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (77) Voir plus Ajouter une critique
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Eric76
  30 décembre 2017
Comment parler d'un tel livre sans paraître outrecuidant, sans s'émouvoir ou se révolter à bon compte ? de ce formidable roman-témoignage, je ne retiendrai que la fantastique leçon d'espoir donnée par ces paysans ruinés et affamés partis rejoindre le mirage de Calcutta. Je ne retiendrai que la leçon de vitalité, de joie et de dignité que nous donnent ces va-nu-pieds, ces crève-la-faim, ces miséreux qui pataugent dans la boue, les ordures, et dorment avec les rats. L'Ogresse Calcutta a beau les dépouiller de tout, elle ne réussit pas à les avilir totalement, ni à briser cet optimisme, cette soif d'espérance qui les fait rayonner même dans les pires moments de leur existence. Ils vivent en enfer, mais ils croient toujours en leurs Dieux, leurs sourires sont toujours aussi chaleureux, et leur foi en l'avenir toujours aussi intact.
Ce livre fut écrit en 1985. Depuis, bien des choses ont changé en Inde où la pauvreté à beaucoup reculé. Mais cette rage de survivre, d'avancer pas à pas qui animent tous les personnages de ce roman est étrangère au temps. Voilà pourquoi ce livre nous parle encore aujourd'hui.
Je ne suis pas prêt d'oublier le missionnaire Paul Lambert, un sain qui se dévoue corps et âmes pour aider ces laissés-pour-compte, ces oubliés échoués dans cette ville inhumaine. La reconnaissance et l'amour qu'il recevra d'eux en retour dépassera de loin toutes les souffrances qu'il a endurées. Je n'oublierai pas non plus Hasari Pal, tireur de rickshaws, homme-cheval qui se tue à la tâche en parcourant en tous sens les rues bondées, redoutables, nauséabondes de Calcutta afin de nourrir sa famille et lui trouver un toit, même s'il se trouve dans le plus pouilleux des bidonvilles.
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Dixie39
  19 janvier 2017
Il en est des livres comme des gens : certains rendez-vous sont mille fois reportés et le plaisir de la rencontre, quand enfin elle se réalise, n'en est que plus vif, plus fort. Ce fut le cas pour la Cité de la joie de Dominique Lapierre. J'avais adoré le film. Et maintenant, ce livre que je n'ai pas su lâcher jusqu'au dernier mot...
Tout le monde connaît plus ou moins l'histoire, beaucoup l'ont lue et appréciée, certains pourraient penser que ce n'est plus d'actualité, que «c'est daté » et alors à quoi bon se replonger dans ce slum de Calcutta dont on a l'impression qu'on en a tant (trop) dit.
"Cette ville est une ogresse. Elle fabrique des gens dont le seul but est de te dépouiller."
L'Inde fait parler d'elle en ce moment, et pas forcément en bien. Et pourtant, en refermant ce livre, ce n'est pas la pitié, le dégoût ou la tristesse qui vous soulève le coeur, mais un surprenant émerveillement devant ce désir fou de vivre et une certaine incompréhension aussi : comment avoir et garder autant la foi devant tant d'abjections, d'horreurs et d'injustices ?
"Vous êtes la lumière du monde", leitmotiv qui aide à tenir debout ou imposture qui maintient à genoux ? C'est facile de dire cela pour moi, à l'abri et au chaud dans ma petite vie de privilégiée, avec la panse pleine sans le souci de la remplir le lendemain...
Ce qu'on lit là, dans les 3/4 de ce livre, c'est un enfer. Là-bas, on survit au milieu d'un océan de puanteur, de douleur et de mort. On (se) tue pour gagner quelques roupies et espérer au moins faire un repas par jour. On vend ses os, ses yeux, la prunelle de ses yeux (foetus ou nouveau né). On vole. On trime. Qu'importe. On vit. On donne. On aime et on aide au centuple…
« Tout ce qui n'est pas donné est perdu » dit le proverbe indien. On ne perd rien, à la Cité de la Joie. On s'accroche et on vit. Mais avec tant de hargne, de joie, de peur, d'amour, de douleur, de foi et autant de larmes, de sourires et de sang, qu'on ne peut qu'être admirative face à cette volonté de vivre effrénée, cette force vive dont je ne sais si nous, occidentaux, en serions aussi capables…
"Ce peuple de flagellés, d'humiliés, d'affamés, d'écrasés est vraiment indestructible. Son goût de la vie, son pouvoir d'espérance, sa volonté de se tenir debout le feront triompher de toutes les malédictions de son karma".
Et au milieu de tout cela, il y a quoi ?
- Un prêtre venu vivre sa foi au milieu de la lie de l'humanité, "à cause de ce "J'ai soif !" crié par le Christ. Afin de dire la faim et la soif de justice des hommes d'ici qui montaient chaque jour sur la Croix, et qui savaient regarder en face cette mort que nous, en Occident, nous ne savions plus affronter sans désespoir".
- Un paysan sans terre venu à Calcutta avec "l'espoir d'y trouver de quoi vivre un jour de plus. Car dans une métropole de cette importance, il y avait toujours quelques miettes à ramasser. Alors que dans un village grillé par la sécheresse ou inondé par la mousson, même les miettes n'existaient plus."
- des touristes (vous et moi) descendus des autocars pour "se faire tirer le portrait avec nous. Les rickshaws de Calcutta en colère, cela valait bien les tigres blancs du zoo d'Ali-pore, non ?"
- des aborigènes chassés de leurs forêts en flammes, arrivés là poussés par la chance de trouver un abri. "Ce jour-là, l'Inde avait subi une nouvelle défaite : un slum intégrait un homme qui était l'Homme par excellence, l'Homme primitif, l'Homme libre".
- la fleur de la Cité de la Joie : "Elle n'avait rien appris, mais elle savait tout. Par intuition, par amitié, par amour".
- un américain qui se retrouve sans comprendre avec un nourrisson dans les bras : "Prends-le ! gémit-elle. Emmène-le dans ton pays ! Sauve-le".
- un médecin en mission humanitaire qui ne rêve plus que d'une seule chose : "Dormir ! Dormir quinze, vingt heures de suite. Sur du ciment, avec des rats, des scolopendres, des scorpions, n'importe-où, mais dormir !"
- des lépreux dont le corps part en lambeaux, mais dont le coeur exulte : "Ces hommes et ces femmes étaient la Vie. La vie en majuscules. La vie qui palpite, qui tourbillonne, qui frissonne, qui frémit, la vie qui vibre comme elle vibrait partout ailleurs dans cette ville bénie de Calcutta".
- un auteur qui a trouvé plus que des héros de roman et qui a fait de sa vie, un combat pour tous les parias du monde (les lépreux, les malades du sida et tant d'autres...)
"Restaient les vivants".
Alors, me direz-vous : "Une goutte d'eau dans l'océan des besoins, mais une goutte d'eau qui aurait manqué à l'océan si elle n'avait pas été là". - Mère Teresa -
Lien : http://page39.eklablog.com/l..
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anlixelle
  08 janvier 2017
Adolescente, j'ai eu ma période « Dominique Lapierre », découvrant peu à peu le monde qui m'entourait grâce à ses ouvrages documentés et (plutôt) faciles à lire.
La Cité de la Joie, roman paru en 1985 en fait partie. Un film s'en suivit quelques années après (1992), sans trahir l'esprit de l'auteur, mais ne permettant pas vraiment de faire sentir les sentiments dont se saisissent les personnages principaux.
Entre roman et témoignage, ce texte nous livre le quotidien des déshérités des Calcutta, et d'une poignée d'entre eux qui leur vouent leur vie pour faire face à leur terrible quotidien.
L'ambiance très humaine (chrétienne pour certains, médicale pour d'autres), empathique et détachée de la part de ceux qui AIDENT se fait bien sentir, grâce l'écriture descriptive de Dominique Lapierre, l'ancien journaliste.
Le personnage central, Paul Lambert, prêtre français, est inspiré de la figure de deux religieux travaillant dans les bidonvilles de Calcutta : le père François Laborde et Gaston Grandjean, missionnaire suisse, qui a changé son nom en Gaston Dayanand en adoptant la nationalité indienne en 1992.
Merveilleux message de tolérance, de vie, d'amour, et de non renonciation, La cité de la joie montre aussi comment les ponts s'établissent entre les différentes religions qui se côtoient dans ce bidonville de Calcutta.
A ce jour le livre a été traduit en trente et une langues et son tirage dépasse les quarante millions d'exemplaires.
Dominique Lapierre a créé une fondation internationale pour scolariser les enfants et ouvrir des dispensaires, entre autres.


Lien : http://justelire.fr/la-cite-..
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MELANYA
  17 novembre 2022
Un livre lu, il y a pas mal de temps de cela « La cité de la joie » de Dominique Lapierre, un livre bouleversant.
C'est à présent que j'ai envie de conseiller cet ouvrage à ceux qui ne restent pas insensibles à la misère de certains pays.
C'est souvent dans ces pays qui souffrent que les peuples savent rester simples et apprécier les petits bonheurs de tous les jours sans rechercher l'exceptionnel.
Je ne vais certainement pas raconter l'histoire en détail mais ce que je peux dire, c'est qu'une fois entamé, il m'était impossible de m'arrêter.
Une scène décrivant la période de mousson m'avait particulièrement marquée.
Les problèmes de mémoire ont parfois du bon : je pourrai relire ce livre en l'appréciant comme au premier jour. 40 millions de lecteurs et 31 éditions internationales : il n'y a pas de fumée sans feu.
Pour ceux que cela intéresse, un film a été tourné à partir du livre avec comme principal acteur Patrick Swayze. 🎬
On ne présente plus Dominique Lapierre qui nous offre des livres d'une grande profondeur et pleins de sens.
Les sujets sont variés : ici donc l'Inde, mais aussi Paris, Jérusalem, la Russie etc.
A découvrir assurément.
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jeunejane
  19 février 2015
Roman lu il y une quinzaine d'années et vu au cinéma.
Très poignant la vie dans les bidonvilles en Inde et la personnalité du jeune médecin.
L'évènement qui m'a le plus marqué, c'est quand le papa vend un organe pour payer les noces de sa fille.
Deuxième point et non le moindre, c'est le sourire et la gaieté chez ces personnes privées de beaucoup d'éléments de bien-être de base.
C'est une leçon de vie pour moi.
Le livre fait mieux ressentir l'ambiance et l'humanité que le film.
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Citations et extraits (84) Voir plus Ajouter une citation
MELANYAMELANYA   17 novembre 2022
L'hospitalité de ces inconnus réchauffa le cœur du paysan. Sa famille serait en sécurité en leur compagnie, le temps qu'il trouve un travail.
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MELANYAMELANYA   17 novembre 2022
Vivaient aussi au foyer du paysan son père, Prodip, un homme sec et buriné, le visage barré d'une fine moustache grise ; sa mère, Nalini, une vieille femme voûtée et ridée comme une noix ; ses deux frères cadets, leurs épouses et leurs enfants, soit en tout seize personnes.
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MELANYAMELANYA   17 novembre 2022
Sans dévoiler une parcelle de leur nudité, les femmes parvenaient à se laver entièrement, depuis leurs longs cheveux jusqu'à la plante des pieds, sans oublier leur sari.
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MELANYAMELANYA   17 novembre 2022
Des gens qui avaient passé à dix ou douze dans un réduit infesté de rats et de vermine renaissaient à la lumière comme au premier matin du monde.
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MELANYAMELANYA   17 novembre 2022
Hasari Pal, trente-deux ans, n'était pourtant qu'un paysan, l'un des quelque cinq cents millions d'habitants de l'Inde de ces années-là qui demandaient leur subsistance à la déesse Terre.
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Videos de Dominique Lapierre (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dominique Lapierre
L'émission complète : https://www.web-tv-culture.com/emission/alexandra-lapierre-belle-greene-52639.html
Fille du journaliste et romancier Dominique Lapierre à qui l'on doit notamment « Paris brûle-t-il » ou « La cité de la joie », Alexandra Lapierre a grandi au milieu des livres. Après ses études à la Sorbonne, elle file aux Etats-Unis où elle ambitionne de travailler dans le milieu du cinéma. Finalement, l'écriture la rattrape et son premier titre, « La lionne du boulevard », publié en 1984, préfigure ce qui fera son succès, raconter la grande Histoire à travers ses personnages et par une écriture romanesque.
Depuis, l'ambition d'Alexandra Lapierre est la même, elle s'empare d'un personnage oublié de l'Histoire dont le destin, pourtant, a un moment, a fait changer le monde. Par la qualité de son écriture et la pertinence de ses recherches, elle est devenue incontournable.
Certes, elle a parfois évoqué des personnages masculins. Mais on se souvient surtout d'Artemisia qui, au début du XVIIème siècle en Italie avait le don de la peinture. Hélas pour elle, étant femme, on attribua ses toiles à Caravage. Evoquons aussi Dona Isabel Berreto qui, un siècle plus tôt, sillonna les mers du monde étant la première et seule femme de la flotte espagnole. Avec ce livre, « Je te vois reine des quatre parties du monde », elle fut plusieurs fois primée.
Dans une époque plus récente, Alexandra Lapierre a rappelé les destins croisés de Nancy et Maud Cunard, mère et fille vivant de la fortune de la compagnie maritime éponyme et se livrèrent une rivalité à mort racontée dans « Avec toute ma colère »
Si je cite volontairement ces livres, c'est bien parce que les femmes oubliées de l'Histoire sont au coeur du travail d'Alexandra Lapierre. Elle en fait encore la preuve avec ce nouveau titre, « Belle Greene ».
Dans l'Amérique puritaine du début du XXème siècle, cette jeune femme dénote. Venue de nulle part, elle parvient à intégrer les milieux artistiques new-yorkais, devenant la bibliothécaire attitrée de la fameuse Morgan library, sanctuaire dans lequel le milliardaire JP Morgan entassent ses acquisitions faites en Europe entre tableaux des maitres de la Renaissance et livres anciens.
Ces deux êtres que tout oppose vont devenir inséparables et ayant la confiance totale de son big chef, la sémillante Belle va dépenser des millions de dollars pour constituer l'une des plus belles collections d'art privée encore visible aujourd'hui.
Mais l'autre facette de Belle Greene, c'est aussi le secret de sa naissance. Issue d'un métissage, la peau de Belle est pratiquement blanche et dans l'Amérique ségrégationniste, mentir sur ses origines sera le seul moyen de se construire un avenir. Jamais Belle da Costa Greene ne révèlera qu'elle est noire, sacrifiant au passage sa vie personnelle et amoureuse.
Le parcours de Belle Greene est passionnant et sous la plume romanesque d'Alexandra Lapierre, il devient une fabuleuse aventure dans laquelle le lecteur embarque avec jubilation. Ouvrez le livre d'Alexandra Lapierre, vous ne pourrez plus le lâcher avant la dernière page. Et quelle femme ! Quel destin !
« Belle Greene » d'Alexandra Lapierre est publié chez Flammarion.
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