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ISBN : 2021283704
Éditeur : Seuil (27/08/2015)

Note moyenne : 2.77/5 (sur 30 notes)
Résumé :
"Dans ma famille, on se tuait de mère en fille. Mais c’est fini. Il y a longtemps déjà, je me suis promis qu’accidents et suicides devaient s’arrêter avec moi. Ou plutôt, avant moi.

Sauve qui peut la vie ! J'aime cette expression. C'est le titre d’un film de Jean-Luc Godard de 1980. Mais lui, il avait mis des parenthèses à (la vie), comme une précision, une correction de trajectoire. Le sauve-qui-peut, c’est la débandade, la déroute. Le sauve qui peut... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  27 décembre 2015
Nicole Lapierre, socio-anthropologue, revient sur son histoire et celle de sa famille, dans son intimité, sur sa carrière et quelques sujets qui lui tiennent à coeur. Elle se remémore notamment la mort de sa grand-mère, morte brûlée à la suite d'une explosion de gaz dans son appartement, l'exil de son père, polonais et juif, le suicide de sa sœur en 1982 ainsi que celui de sa mère en 1990, puis évoque ses convictions, ses doutes et ses espoirs.
Fille d'un juif immigré, elle part de sa propre histoire pour aborder des sujets qui touchent tout un chacun et tendre vers une réflexion plus large, notamment l'exil ou le suicide. Elle ne s'apitoie pas, bien au contraire. Ses blessures et son passé parfois tragique, elle tentera d'en tirer profit. Elle parie sur une certaine embellie.
Cette autobiographie, fort documentée, citant souvent le poète Saint-John Perse ou le philosophe Jankélevitch, relate avec sincérité ces vies passées, ces petits bonheurs et ces petits malheurs, cette volonté farouche de vivre. Nicole Lapierre nous livre un récit profondément humain, écrit de manière intelligente, et rend ainsi hommage aux siens.
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michfred
  02 janvier 2016
Nicole Lapierre, directrice de recherche au CNRS, entreprend ici un exercice difficile: associer le récit autobiographique, souvent tragique, d'une famille juive polonaise, immigrée en France dans les années 30 , sa culture philosophique et sociologique de chercheuse et d'intellectuelle, et même la poésie lumineuse de Saint-John Perse... pour élaborer une réflexion philosophique résolument constructive, combative et volontairement optimiste - une sorte de viatique "pour résister au mauvais temps présent".
On a d'abord le sentiment qu'on vagabonde un peu. On navigue à vue entre des expériences intimes et des raisonnements à visée plus générale. On passe du thème du suicide "familial", à celui de la judéité : l'exil - choisi , les persécutions -subies ; on parcourt les étapes "mémorielles" de cette judéité: cachée, oubliée, revendiquée, victimisée, officialisée, encombrante....
L'auteure mesure son propre discours philosophique - ses précédents livres - et celui de ses maîtres à penser (Arendt, Morin, Durkheim, etc..) à l'aune de ces expériences intimes, souvent douloureuses .
Lentement , mais très sûrement, un chemin se trace, du plomb aux plumes, de la chute mélancolique à la résilience dynamique, de la position de repli victimaire à l'ouverture combative vers des solidarités nouvelles.
L'immigré,( l'ancien et le nouveau) est la figure de cet homme nouveau, fraternel et solidaire, au regard dépaysé, décalé et critique mais à la volonté intense de s'intégrer, d'apprendre, de comprendre, de rebondir.
Dépassant la posture victimaire qui le fige sur son passé et le ferme sur lui-même. S'ouvrant aux problématiques angoissantes du temps présent avec la force et la richesse que donnent les épreuves de l'exil, les difficultés de l'intégration, les tiraillements de la culture et de la langue...
"Mémoire partagée et main tendue d'un même mouvement" pour "refuser le plomb et l'ombre"...
Un très beau livre,un essai convaincant. Un chemin personnel et universel, une quête exigeante et optimiste. Dont il faudrait faire son miel de toute urgence.
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de
  30 octobre 2015
« le sauve qui peut la vie, c'est la ligne de fuite, l'échappée parfois belle ».
L'auteure parle, entre autres, de parier sur l'embellie, d'appétence au bonheur, d'optimisme de la volonté. « J'aimerais que ce livre, écrit sur fond de drames passés, collectifs et privés, soit une lecture revigorante, une sorte de fortifiant pour résister au mauvais temps présent ».
Quelques remarques au gré de perceptions très subjectives.
Histoires, mémoires, passés et lectures au présent, souvenirs et reconstructions, regards lucides sur des mondes disparus, celles et ceux qui font famille, la chambre partagée « Quatre-vingts centimètres de distance pour huit ans d'écart, c'était trop peu », projections et interrogations « Car des rêves comme des cauchemars de ma mère, j'ignore presque tout », des noms, enfances et adolescences…
Je souligne les belles pages autour du suicide, personnelles ou distanciées par l'analyse, « En désespoir de cause »… « Il restera toujours une part d'énigme », ne pas faire violence à la personne qui n'a plus voix au chapitre, la/le suicidé-e un humain, respecter leur échappée…
Le lexique yiddish très limité, les lectures, « Cette génération-là, la mienne, protégée du passé, arrivait comme une promesse », les constellations imaginaires, « Dans ma famille, il y a des semelles de plomb, qui entraînent par le fond, et des ornements de plumes qui frémissent au vent ».
Famille dans la tourmente, Lodz, les migrations, des plumassiers, la mémoire et le réel, la seconde guerre mondiale, les frontières du Moi violées, les « Juifs de Kippour », les noms, les assignations intolérables, l'incorporation des bonnes manières jusqu'à l'intolérance…
J'ai apprécié particulèrement les paragraphes sur l'émigration, le saut complet dans l'inconnu, « le Silence de la mémoire », la recomposition de mondes chaleureux « idéalisé dans une géographie affective », les liens perdus, les processus de discrimination, le stigmate « Il désigne, décrit, définit. Ce n'est pas seulement un signe, c'est un signal et un signalement ».
Mais aussi, « l'héroïsme des immigrés », ces « aventureux des temps modernes », les terres promises recherchées, les pays de droit sans persécution, les brillants attraits de la modernité espérée, le divers et le semblable, « S'en tenir aux différences justifie l'indifférence », un comparatisme ambitieux, la double fragilité économique et administrative, les oublis, le mépris et l'ostracisme, la « fidélité d'une mémoire en alerte », les expériences vives, faire cause commune, « ils ont beaucoup à nous apprendre », les accents, échos d'une langue dans une autre…
La mémoire et ses aléas, nous ne sommes pas des automates ventriloques de l'histoire ou des conditions sociales, le « combat juif pour la mémoire », le talmudisme révolutionnaire, « nous n'avons pas appris à durer », l'autonomie du sujet, les relais des « transmissions défaillantes », le coté plume et le coté plomb, « la résistance et la vitalité », les justes réflexions autour de la transformation d'un « génocide » particulier en « étalon du mal absolu », les affinités des combats d'émancipation, la commune humanité, les actions pour faire valoir ses droits, la compassion qui s'égare dans l'émotion et l'inaction…
Il n'y a rien d'inexorable dans l'histoire, pas d'hérédité du malheur, mais bien des héritages à assumer… « Voire même, ériger sur fond de fêlures et de mélancolies, une morale de la solidarité et de l'engagement », la part de liberté envers et contre tou-te-s.
Un livre plein d'échos, de l'urgence de l'heure, d'un « passé plein d'à-présent »…
« Mieux vaut apprendre du souvenir pour rebondir, résister et créer de nouvelles solidarités »
Lien : https://entreleslignesentrel..
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Demsette
  05 juin 2016
Nicole LAPIERRE reprend dans son livre son histoire et son héritage familial, issu de l'Histoire des immigrés juifs arrivés en France au début du siècle dernier. Elle y aborde l'arrivée de son père avec son amour et sa dévotion pour la France, sa terre d'adoption.
Elle retrace également les drames de la guerre, de la famille, personnels et communs qui sont liés à de telles trajectoires de vie.
Elle fait un lien entre les disparitions des hommes, et surtout des femmes, de sa famille et son amour de la vie, sa curiosité pour ce qui constitue la vie.
Dans le livre, Nicole LAPIERRE fait des allers-retours entre son histoire et l'Histoire.
Sauve qui peut la vie aborde l'histoire de vie sous de nombreuses coutures : l'identité, l'immigration, la filiation, etc.
Si l'on pouvait s'attendre, à travers la quatrième de couverture, à une biographie voire à une autobiographie, une introspection de la famille et des secrets de familles ; on est plutôt dans un essai sociologique. Ceci peut s'entendre en lien avec les intérêts professionnels de l'auteur.
Ce qui traverse l'ouvrage est très intéressant mais l'aspect familial et biographique se perd dans la généralisation proposée par l'apport d'éléments historiques et issus des recherches précédentes de l'auteure.
« Je relie les sujets qui m'animent au legs paternel ». Nicole LAPIERRE propose donc un essai sur la place prise et offerte à l'étranger dans une société selon son origine, son histoire, l'Histoire, les circonstances et les conditions de son arrivée.
On pourrait parler de biographie documentaire : on part d'une histoire pour en étudier les traits et les conséquences en creusant dans les faits de la société et de l'Histoire.
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antibouille
  24 janvier 2016
Nicole Lapierre, Directrice de recherches au CNRS, nous livre un essai, plein d'érudition mais aussi de confessions très personnelles, qui mérite bien son Prix Médicis. Les révélations sur l'histoire de sa famille de juifs polonais réfugiés, souligne parfaitement combien ces familles doivent leur salut à leur solidarité, leur religion, leur histoire mais aussi à une formidable envie d'apprendre...les pages sur les suicides de sa grand-mère, de sa mère et de sa soeur nous interpellent très directement sur nos propres sentiments face au suicide.Son approche sociologique et politique des émigrés nous interrogent fortement sur le traitement actuel de ce terrible problème humain. Un très bel "Essai" qui nous donne matière à infléchir ou conforter notre point de vue...« S'en tenir aux différences justifie l'indifférence ."
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critiques presse (1)
Telerama   16 septembre 2015
Un livre inclassable et d'une admirable vitalité.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
ninamarijoninamarijo   21 décembre 2018
Et côté plume, alors ? Il semble que là tout est dynamique et gai, léger sans être frivole, fragile et pourtant solide et résistant. Entre parure et écriture, de l'Egypte ancienne aux civilisations mėso-américaines, de l'éventail de l'élégance à l'attribut de l'écrivain, les plumes séduisent les hommes, comme elles émerveillent les enfants. Elles sont associées au souffle et à la grâce, à la pensée et au rêve, à l'imaginaire aérien et à cette "poétique des ailes" dont parlait Bachelard. Les poètes en effet connaissent mieux que personne les songes de L'air.
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michfredmichfred   02 janvier 2016
Quelque chose en moi s'insurge contre le fait d'analyser un suicide, de lui trouver une cause, et plus encore une seule. car il me semble que c'est faire violence à la personne qui a décidé de mettre fin à sa vie. Une violence d'autant plus grande qu'elle n'a plus voix au chapitre. C'est oublier la complexité de son histoire et nier cette part de liberté dans ce qui demeure un choix, fût-il sous très forte contrainte.
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michfredmichfred   02 janvier 2016
Dans ce triste jeu de la distinction et du rejet, des parvenus tellement arrivés (ou pas assez assurés de l'être, peut-être) rivalisent parfois avec les établis, en se faisant les propagandistes zélés de la xénophobie et du racisme. On a beau savoir que l'origine, l'expérience, l'histoire n'immunisent guère contre de telles dérives, cela a néanmoins quelque chose de particulièrement désolant. Ils n'ont donc rien appris? Comment ont-ils pu si vite oublier les épreuves et la vaillance de leurs aînés?
Je plaide au contraire pour la fidélité d'une mémoire en alerte;
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michfredmichfred   02 janvier 2016
La promotion étouffante de la figure de la victime dans nos sociétés confine celle-ci dans une identité de souffrance en lui déniant toute initiative. Et l'extension du règne de la compassion qui l'accompagne incite à panser les plaies du monde plutôt qu'à affronter les inégalités qui le fracturent.
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dede   30 octobre 2015
Dans ma famille, il y a des semelles de plomb, qui entraînent par le fond, et des ornements de plumes qui frémissent au vent
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Videos de Nicole Lapierre (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nicole Lapierre
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