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Javier Moro (Collaborateur)
EAN : 9782221111055
368 pages
Robert Laffont (07/05/2008)
4.17/5   214 notes
Résumé :
6 avril 1652. Une poignée de jardiniers hollandais débarquent à l'extrême pointe sud de l'Afrique. Leur mission : faire pousser des salades pour les équipages de la puissante Compagnie des Indes Orientales d'Amsterdam décimés par le scorbut. Pas l'ombre d'une ambition de conquête coloniale dans cette aventure potagère.
Mais ces hommes, et les immigrants qui les rejoignent, défient bientôt les jungles infestées de bêtes sauvages et de mouches tsé-tsé pour s'en... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
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Dominique Lapierre s'est éteint en 2022, laissant derrière lui bon nombre de best-sellers, parmi lesquels, par exemple, La Cité de la Joie et Paris brûle-t-il ? Cet ancien grand reporter à Paris Match, tombé amoureux de l'Inde, s'était engagé dans la création de nombreuses associations en faveur des enfants et des déshérités de Calcutta, leur reversant la moitié de tous ses droits d'auteur. En 2008, il publiait Un arc-en-ciel dans la nuit, un récit charpenté par un immense travail de documentation et de nombreuses rencontres et interviews préalables, retraçant l'histoire de l'apartheid.


Cette politique de « développement séparé », en fonction de critères raciaux, des populations d'Afrique du Sud, prit forme en 1948 et perdura jusqu'en 1991. Elle est un produit de l'Histoire remontant au XVIIe siècle, quand, envoyés à l'extrême pointe de l'Afrique pour ravitailler en salades et ainsi préserver du scorbut les équipages des navires de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, les colons hollandais, allemands et français finirent par faire souche dans la région en développant leur propre identité nationale. Bâti sur des convictions religieuses, exacerbé par les épreuves et par la guerre des Boers contre l'impérialisme britannique, entretenu enfin par la peur de se dissoudre dans la masse des peuples noirs, le nationalisme afrikaner devint une sorte de « religion civile » prônant la suprématie de droit divin de la minorité blanche sur les ethnies alentour. Dans les années trente et quarante, de nombreux afrikaners trouvèrent un écho à leur théorie dans le national-socialisme et le nazisme. Leur idéologie donna naissance à des lois rigides faisant des noirs des étrangers sur leur propre terre. Déportées sur guère plus que le dixième le plus pauvre du territoire, les immenses populations noires furent regroupées dans de misérables ghettos, privées de tout droit, à la merci de persécutions dont le récit décrit l'ampleur inouïe.


Désormais bien conscient des racines profondes du mal, l'on découvre ensuite dans ces pages la réalité concrète de ces plus de quatre décennies de ségrégation institutionnelle, à mesure qu'aux acteurs historiques essentiels la narration vient mêler des protagonistes ordinaires, dans un récit vivant dont bien des aspects, tous véridiques mais méconnus, provoquent la sidération. Pendant toutes ces années, des figures se détachent, incarnant l'espoir : Nelson Mandela bien sûr, à qui ce livre rend un hommage sincère, mais aussi le chirurgien cardiaque Christiaan Barnard qui choqua tant de ses compatriotes par ces transplantations de coeurs sans considération de races, ou encore la doctoresse blanche Helen Lieberman, appelée la Mère Teresa sud-africaine. le livre s'achève en 1994, lorsqu'après vingt-sept années d'emprisonnement dans d'atroces conditions, puis quatre ans de négociation avec le gouvernement en faveur de la réconciliation, Mandela, tout frais prix Nobel de la paix, devient le premier président noir d'Afrique du Sud, désormais démocratie multiethnique dite « arc-en-ciel ». L'Afrique du Sud post-apartheid est alors encore une page blanche, très chiffonnée par son lourd passé…


Récit romancé au minimum pour donner chair et vie aux faits historiques, cet ouvrage riche de révélations sur les réalités méconnues de l'apartheid est aussi le reflet d'un homme, voyageur, conteur et philanthrope, qui passa sa vie à révéler l'injustice et à essayer de la combattre. Une lecture édifiante, à prolonger, peut-être, par les deux tomes de L'Alliance de James A. Michener.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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Qui sont les Boers, les Afrikaners ?
Ces mots que nous avons tous entendus et que nous sommes tous capables de situer dans une Afrique du Sud parfois bien mystérieuse, que désignent-ils ? Les réponses sont dans ce livre, très documenté, avec de nombreuses autres informations.
C'est donc à l'histoire de l'Afrique du Sud depuis 1650 que nous nous attaquons. Et c'est indispensable pour comprendre l'actualité de ces dernières années.

En 1650 les Hollandais, très présents sur les mers du globe, se rendent compte que la longueur des voyages comme le manque de légumes et de protéines, provoquent sur leurs bateaux de nombreux cas de décès liés au scorbut.
Pour palier ce phénomène, ils vont installer des relais au niveau du « Cap », chargés de fournir aux bateaux de passage, des légumes et de la viande.
A cette époque, il n'est pas question de colonisation. Mais les circonstances vont conduire certains paysans à s'installer de plus en plus à l'intérieur des terres et cela générera bien sûr des affrontements de plus en plus violents abec les populations indigènes.
Et ces « conquérants » de culture Calviniste vont en permanence chercher dans la bible les principes ou les justifications de leurs stratégies. Il sera bientôt question de peuple supérieur, de race élue, de fierté reconquise de nation purifiée… On imagine les conclusions que des esprits simples ou manipulateurs peuvent en tirer.

Tout cela va évidemment influencer l'histoire de ce pays. L'histoire s'écrit, se raconte mais ne se résume pas.
Cela semble cependant possible en suivant l'auteur et le laissant nous raconter un certain nombre de personnages célèbres :
• le Docteur Christiaan Barnard
• Nelson et Winnie Mandela (Et tous les héros oeuvrant dans l'ombre de l'Aparteid)
Desmond Tutu
• Helen Lieberman
• Frédérick de Klerk
• Etc
Avouons qu'il y a là une très belle brochette de héros générés par ce pays.

Aucun texte n'a vocation à excuser l'inexcusable mais il peut au moins éclairer, voire expliquer. Ensuite que chacun fassse fonctionner ses neurones.

Dominique Lapierre nous livre un texte magnifiquement écrit, entre reportage récit et roman, avec un rythme qui rend haletant un ouvrage historique.
Que dire de mieux que d'en conseiller vraiment la lecture.
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L'histoire moderne de l'Afrique du Sud commence vers 1650, par une décision tout à fait anodine : la Hollande, pour lutter contre le scorbut qui fait des ravages chez ses marins, décide de fonder une petite ville au Cap pour les approvisionner en viande et légumes frais. La colonie s'étend petit à petit, et attire des calvinistes européens, persuadés d'être un nouveau "peuple élu" pour les terres africaines, et les premiers conflits apparaissent entre ces immigrants et les autochtones.

Après bien des conflits et des migrations, les boers parviennent à créer deux petits états indépendants, le Transvaal et l'Etat d'Orange. Un demi-siècle plus tard, ces deux états sont conquis par l'Angleterre malgré une résistance acharnée : l'Union Sud-africaine est alors créée. le droit de vote n'est accordé qu'aux blancs et aux noirs "civilisés". Les premières discriminations apparaissent, dans le travail et dans la possession des terres.

En 1948, le parti national purifié, imprégné des idées racistes d'Hitler, parvient au pouvoir. Aussitôt, la politique de l'apartheid est mise en place, le but étant de réduire les contacts entre les blancs et les noirs au strict minimum et de promouvoir le "développement séparé" de chacune de ces catégories. Tous les habitants sont répartis suivant quatre races : blancs, métis, noirs, asiatiques. La classification des habitants se fait avec des moyens douteux, comme le test du crayon : on plante un crayon dans vos cheveux : s'il tombe, vous avez les cheveux lisses et êtes donc blanc, sinon, vous avez les cheveux crepus et êtes donc noir. Des "états ethniques" sont créés sur des terres pauvres et sans richesse pour être habitées par les non-blancs. Les lois ségrégationnistes se multiplient : relations sexuelles entre blanc et non-blanc interdites, séparation des toilettes publiques selon les races, passeports obligatoires pour les noirs, retrait de leur nationnalité sud-africaine, etc. Il faudra des manifestations pacifiques réprimées dans le sang, des sanctions internationales de plus en plus sévères envers l'Afrique du Sud, un pays au bord de la guerre civile, pour que le gouvernement renonce à sa politique et que les premières élections multiraciales aient enfin lieu en 1994.

À mi-chemin entre le roman et la chronique, ce livre nous entraîne rapidement dans l'histoire de l'Afrique du Sud : on est tout d'abord conquis par ce petit peuple tenace qui résiste tant bien que mal à toutes les agressions, on se révolte en voyant l'enchaînement des lois et des répressions qui s'accumulent, et on se réjouit de l'espoir d'une vie plus égalitaire dans le pays.
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Avec "Un arc-en-ciel dans la nuit", Dominique Lapierre retrace l'histoire de la nation sud-africaine, de l'arrivée des colons jusqu'à l'autonomie. Une formidable épopée racontée dans un style qui permet de dévorer ce récit et de s'instruire intelligemment. Bien sûr, la partie relative à l'histoire de "Madiba" (Nelson Mandela) est la plus développée car l'Homme était en soi une figure emblématique de la libération des Sud-Africains sinon une légende vivante ...
On ne reste pas insensible aux charmes de ce pays, à ses atouts, longtemps spoliés par les colons, tout comme le simulacre de démocratie, mais surtout la ségrégation raciale qui y était instaurée et dont la fin n'est pas si ancienne que çà. J'ai été ému par ce récit poignant, qui m'a permis de voyager dans ce beau pays qu'est l'Afrique du Sud mais aussi de découvrir un Nelson Mandela sous d'autres facettes.
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Un récit intéressant retraçant la colonisation et l'histoire de l'Afrique du Sud, mais surtout l'avènement de l'apartheid.
Je préfère cependant Dominique Lapierre lorsqu'il s'associe à Larry Collins pour ses récits...
On reconnait le coté très humaniste de Dominique Lapierre dans ce récit, en particulier lorsqu'il évoque l'orthophoniste Helen Lieberman ; j'ai cependant préféré, et de loin, le roman de James Michener , "L'Alliance", qui reprend l'histoire intégrale de l'Afrique du Sud, des origines à nos jours.
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
Au lieu de l’instauration d’une instance judiciaire qui jugerait les coupables comme le procès de Nuremberg l’avait fait pour les criminels nazis, l’archevêque Desmond Tutu fit une proposition extraordinaire : la création d’une commission qui offrirait le pardon de la nation à tous ceux qui accepteraient de révéler les crimes qu’ils avaient commis au nom de l’apartheid. Ce pari révolutionnaire s’appellerait « Vérité et Réconciliation ». Nelson Mandela accepta avec enthousiasme.
Plus de sept mille coupables acceptèrent de jouer le jeu et déposèrent une demande d’amnistie. Il y avait parmi eux deux anciens ministres du gouvernement de P.W. Botha et de nombreux hauts gradés de la police. Les audiences se prolongèrent pendant quatre ans. Deux mille quatre cents victimes vinrent témoigner devant leurs bourreaux au nom de leurs proches disparus. Les hallucinants témoignages permirent de découvrir comment un peuple qui affirmait avoir été choisi par Dieu pour répandre les valeurs chrétiennes sur l’Afrique avait pu sombrer dans la plus sauvage des barbaries racistes. Certaines confessions furent si insoutenables qu’elles anéantirent ceux qui les recueillirent. La tâche fut particulièrement rude pour les interprètes car ils devaient traduire les témoignages des victimes comme ceux des coupables en les exprimant à la première personne. Grâce à ce processus impitoyable, d’innombrables crimes furent élucidés, ce qui permit à de nombreuses familles de retrouver la trace de leurs disparus et de commencer un vrai travail de mémoire. Au terme de cette expérience unique, retransmise chaque jour par la télévision, aucun Sud-Africain, aucun Blanc en particulier, ne pouvait plus prétendre ignorer comment l’apartheid avait brisé et détruit des millions de vies. Mais comme le voulait Mgr Tutu, la reconnaissance publique des crimes racistes devait apporter le germe de la réconciliation. Du coup s’éloigna du paysage sud-africain le spectre d’une nouvelle guerre raciale.
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Faire quelque chose d’utile ! Dans ce ghetto où deux cent mille martyrs de la haine raciale luttent pour leur survie quotidienne, dans ce lieu où les gens apprennent à mesurer leur vie non pas en années mais en mois ou en semaines, dans ce lieu vibrant de courage et de capacité d’entraide mais rongé de tuberculose, de dysenterie, d’alcoolisme, de toutes les maladies de carence ; dans cet environnement si pollué que des milliers de malheureux n’atteignent pas l’âge de quarante ans… tout paraît à faire. Il faudrait en priorité des crèches pour les plus petits et un dispensaire ; il faudrait pouvoir distribuer du lait aux enfants souffrant de malnutrition, créer une soupe populaire pour les plus âgés ; installer des fontaines d’eau potable, multiplier les latrines. Helen le sait déjà : les urgences se comptent par dizaines. « Je suggère que l’on organise un sondage, répond-elle, pour déterminer ce que les gens d’ici veulent en toute priorité. » Les résultats arrivent trois jours plus tard. Ils sont concordants et unanimes. Les nécessités les plus pressantes des habitants de cette township ne sont pas celles qu’imaginait la jeune Blanche. Ce ne sont pas les conditions matérielles qu’ils veulent d’abord changer. La nourriture qu’ils attendent avidement n’est pas destinée aux corps chétifs de leurs enfants mais à leur esprit. Helen est stupéfaite. Les six enquêtes du sondage indiquent que la toute première revendication des emmurés de Langa est la création d’une école pour que leurs enfants apprennent à lire et à écrire.
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Le deus ex machina de cette démentielle entreprise est un cardiologue militaire à la barbe rasée court, âgé de quarante et un ans, nommé Wouter Basson. Ce n’est pas par hasard que le pouvoir l’a choisi pour mettre en œuvre et diriger le « Project Coast », un programme officiellement destiné à doter l’Afrique du Sud d’un armement chimique et biologique permettant de repousser une agression extérieure. Le jeune capitaine médecin est un spécialiste des armes non conventionnelles, en particulier celles susceptibles d’annihiler un ennemi en agissant sur ses facultés mentales. Il faudra attendre quarante ans pour qu’un procès retentissant permette aux Sud-Africains et à une opinion internationale horrifiée de découvrir en détail l’étendue de cette entreprise. On comptera pas moins de soixante-sept chefs d’inculpation, mille cinq cents pages d’attendus, deux ans et demi d’audiences devant un tribunal spécial siégeant à Pretoria – un record seulement battu au procès de Nuremberg. Le Dr. Basson sera notamment accusé d’avoir proposé à ses chefs de fabriquer des produits chimiques capables de réduire le taux de fertilité de la population de couleur. L’application d’un tel programme devait permettre aux dirigeants de l’apartheid de diminuer le nombre des Noirs vivant dans le pays. À Pretoria, ces propositions avaient reçu un accueil enthousiaste. Des crédits illimités furent octroyés à celui qu’on appellera bientôt secrètement « le Dr. Folamour sud-africain ».
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S’inspirant des méthodes utilisées par les nazis pour recenser les Juifs d’Allemagne et des pays occupés par le Reich, le Population Registration Act impose à chaque citoyen de déclarer son groupe racial auprès de la municipalité de son domicile. Pour être reconnu comme blanc, un individu doit faire la preuve que ses deux géniteurs sont blancs et qu’il est accepté comme tel dans le milieu où il vit. Au moindre doute, dans le cas par exemple où un Métis voudrait se faire passer pour un Blanc, des spécialistes interviennent. Ils interrogent proches et relations, procèdent au test du crayon, cherchent à déceler des traces de pigmentation autour des ongles et des globes oculaires. Dans un pays de peuplements si divers, déterminer à coup sûr la race d’un individu est une ambition follement téméraire. Combien de Blancs ont la mauvaise surprise de se retrouver soudain qualifiés de Métis, combien de Métis du Cap rétrogradent au rang de Métis de Malaisie – on ne compte pas moins de sept catégories de Métis selon la couleur plus ou moins sombre de la peau –, combien d’Indiens originaires du sud de l’Inde se voient tout à coup ramenés à la condition peu enviable de kaffir à cause de leur couleur très foncée ! Le bilan des commissions de classification raciale pour la première année de l’apartheid révèle que huit cents Sud-Africains ont été contraints de changer de race. Quatorze Blancs et cinquante Indiens sont devenus des Métis ; dix-sept Indiens, des Malais ; quatre Métis et un Malais, des Chinois. Quatre-vingt-neuf Noirs ont eu la chance d’être reclassifiés comme Métis, et cinq Métis la malchance de devenir des Noirs. Mais cinq cent dix-huit Métis ont touché le jackpot en faisant une entrée officielle dans la race blanche des Afrikaners.
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En échangeant Vérité contre Réconciliation, l’Afrique du Sud accomplit le miracle de sortir de l’apartheid sans le bain de sang annoncé par tous les prophètes de malheur. Une transition pacifique exemplaire conduisit le pays de la répression et de l’injustice à la démocratie, à la liberté et à l’égalité. Ce fut un exploit sans équivalent dans l’histoire des conflits entre les hommes. Et une exceptionnelle leçon d’humanité offerte à la planète entière.
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Vidéo de Dominique Lapierre
L'émission complète : https://www.web-tv-culture.com/emission/alexandra-lapierre-belle-greene-52639.html
Fille du journaliste et romancier Dominique Lapierre à qui l'on doit notamment « Paris brûle-t-il » ou « La cité de la joie », Alexandra Lapierre a grandi au milieu des livres. Après ses études à la Sorbonne, elle file aux Etats-Unis où elle ambitionne de travailler dans le milieu du cinéma. Finalement, l'écriture la rattrape et son premier titre, « La lionne du boulevard », publié en 1984, préfigure ce qui fera son succès, raconter la grande Histoire à travers ses personnages et par une écriture romanesque.
Depuis, l'ambition d'Alexandra Lapierre est la même, elle s'empare d'un personnage oublié de l'Histoire dont le destin, pourtant, a un moment, a fait changer le monde. Par la qualité de son écriture et la pertinence de ses recherches, elle est devenue incontournable.
Certes, elle a parfois évoqué des personnages masculins. Mais on se souvient surtout d'Artemisia qui, au début du XVIIème siècle en Italie avait le don de la peinture. Hélas pour elle, étant femme, on attribua ses toiles à Caravage. Evoquons aussi Dona Isabel Berreto qui, un siècle plus tôt, sillonna les mers du monde étant la première et seule femme de la flotte espagnole. Avec ce livre, « Je te vois reine des quatre parties du monde », elle fut plusieurs fois primée.
Dans une époque plus récente, Alexandra Lapierre a rappelé les destins croisés de Nancy et Maud Cunard, mère et fille vivant de la fortune de la compagnie maritime éponyme et se livrèrent une rivalité à mort racontée dans « Avec toute ma colère »
Si je cite volontairement ces livres, c'est bien parce que les femmes oubliées de l'Histoire sont au coeur du travail d'Alexandra Lapierre. Elle en fait encore la preuve avec ce nouveau titre, « Belle Greene ».
Dans l'Amérique puritaine du début du XXème siècle, cette jeune femme dénote. Venue de nulle part, elle parvient à intégrer les milieux artistiques new-yorkais, devenant la bibliothécaire attitrée de la fameuse Morgan library, sanctuaire dans lequel le milliardaire JP Morgan entassent ses acquisitions faites en Europe entre tableaux des maitres de la Renaissance et livres anciens.
Ces deux êtres que tout oppose vont devenir inséparables et ayant la confiance totale de son big chef, la sémillante Belle va dépenser des millions de dollars pour constituer l'une des plus belles collections d'art privée encore visible aujourd'hui.
Mais l'autre facette de Belle Greene, c'est aussi le secret de sa naissance. Issue d'un métissage, la peau de Belle est pratiquement blanche et dans l'Amérique ségrégationniste, mentir sur ses origines sera le seul moyen de se construire un avenir. Jamais Belle da Costa Greene ne révèlera qu'elle est noire, sacrifiant au passage sa vie personnelle et amoureuse.
Le parcours de Belle Greene est passionnant et sous la plume romanesque d'Alexandra Lapierre, il devient une fabuleuse aventure dans laquelle le lecteur embarque avec jubilation. Ouvrez le livre d'Alexandra Lapierre, vous ne pourrez plus le lâcher avant la dernière page. Et quelle femme ! Quel destin !
« Belle Greene » d'Alexandra Lapierre est publié chez Flammarion.
+ Lire la suite
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