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ISBN : 2908602431
Éditeur : Institut Synthélabo pour le progrès de la connaissance (01/09/1993)
Résumé :
La série des sept volumes des Problématiques regroupe l'enseignement prononcé par Jean Laplanche dans le cadre de l'UER des sciences humaines cliniques à l`Université Paris VII. Elle aboutit tout naturellement au volume conclusif : Nouveaux fondements pour la psychanalyse (Puf, 1987). Ce cours de l'année 1991-1992 traite de la genèse du sexuel infantile. Il remet à une place subordonnée la notion d'étayage et, par une argumentation serrée, montre que celle-ci est bo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
lanard
  22 avril 2012
Le fourvoiement biologisant de la sexualité chez Freud / Jean Laplanche. Département communication Synthélabo, 1993. 199 p. (Les Empêcheurs de penser en rond).
Il s'agit d'un cour prononcé dans le cadre du DEA de psychanalyse (Universités Paris VII, Paris X, Paris XII). L'illustration de couverture représente le détail d'un planche d'illustration de la relation de l'ascension du Mont Blanc ; Laplanche présente sa démarche en utilisant la métaphore de l'ascension d'une montagne ; le sommet à atteindre est l'inconscient pour le théoricien de la psychanalyse. P. 8 : "Car pour un penseur comme Freud, l'impasse n'est jamais une impasse, puisque le chercheur continue à être guidé par son objet majeur…".
Freud alpiniste de l'inconscient s'est fourvoyé en cherchant à étayer sa théorie de la sexualité sur des nécessités biologiques ; la position extrême de ce fourvoiement est la stadisme de Abraham qui décrit l'évolution de la libibo enfantine en stades oral, anal etc. prédéterminés par l'ontogénèse biologique de l'individu.
Le fourvoiement biologisant dans l'étayement de la sexualité (au sens très général et, au fond un peu fourre tout que ce mot à chez Freud) sur des "instincts" biologiques visant à l'autoconservation de l'individu. p. 47 est repéré de manière précise dans l'oeuvre de Freud par Laplanche qui cite un passage des Trois essais sur la théorie sexuelle (texte de 1905, mais révisé de nombreuses fois par Freud jusqu'à en changer la portée) dont j'extrais ces lignes : "Au début la satisfaction de la zone érogène était sans doute associé à la satisfaction d'un besoin alimentaire. L'activité sexuelle s'étaye tout d'abord sur un des fonctions servant à la conservation de la vie et ne s'en affranchit que plus tard." (Cette phrase fait l'objet d'une note de Laplanche : "Cette phrase, marquant a posteriori tout le passage sur le terme d'étayage, fut ajoutée en 1915").

pp. 19-22 comment Freud fit deux lectures contradictoire de mythe d'Aristophane (in Platon, le Banquet) une fois en 1905 dans Trois essais sur la théorie sexuelle (ou le mythe est rabaissé à une théorie populaire naïve que la psychanalyse vient corriger en s'y opposant) puis en 1919 dans Au delà du principe de plaisir ou le mythe est alors présenté comme précurseur de la notion de pulsion de vie (que Freud n'avait pas encore créée en 1905)
Laplanche commente cette contradiction : p. 22. "On peut dire : Freud est en contradiction avec lui-même : ce qui ne nous apporte pas grand chose, sinon de dire qu'il ne sait pas très bien ce qu'il dit, ou qu'il a oublié ce qu'il avait dit dans les Trois essais (ce qui est possible d'ailleurs). Autre point de vue : il a changé d'opinion sur la sexualité. Mais s'agirait vraiment d'un tournant à 180 degrés ! après avoir dit que la sexualité n'était pas préformée, on revient, dans "Au delà du principe de plaisir", à l'idée que tout cela était donné à l'avance et qu'on ne cherche qu'à revenir à ce qui était là depuis le départ." le point de vue de Laplanche est autre ; le principe de plaisir n'est pas la sexualité. Il n'y a pas vraiment contradiction mais il faut revenir sur la notion d'étayage pour y voir plus clair.
Laplanche à fait de cette notion d'étayage un concept central dans sa critique du biologisme freudien. le concept en lui même n'est pas Freudien ; c'est la traduction française des Trois essais qui à rendu nécessaire - aux yeux du traducteur - l'utilisation du mot. Freud n'avait pas fait de travail conceptuel sur ce mot, ou plutôt son équivalent allemand (Alehnung). Dans une traduction anglaise, due à un certain Strachey, "le mot artificiel anaclisis, ou anaclitic à tout masqué" (p. 67) ; c'est à dire que ce mot semble avoir masqué à la problématique de l'étayage dans monde anglo saxon. En fait cette notion d'étayage fait l'objet d'une longue entrée dans le dictionnaire de la psychanalyse de Laplanche et Pontalis (ouvrage de référence dans la psychanalyse française).
pp. 75-77 critique du stadisme. Ce n'est pas l'évolution physiologique de l'enfant qui prédétermine la fonction érogène des sphincter etc. mais l'attention apportée par les parents sur ces zones corporelles qui sont aussi des zones de propretés. P. 77 "l'apprentissage de la propreté est différent d'un enfant à l'autre, ne s'effectue pas en fonction de la seule maturation musculaire ni même neurologique de l'enfant, mais en fonction de ce que les parent y apportent d'attention vigilante.(…) Les zones érogènes sont donc l'objet de soins imbibés des fantasmes majeurs de l'adulte."
pp. 106-107 faiblesses du pansexualisme : "Pour le dire en un mot : si tout est sexuel, alors rien n'est sexuel. "sexuel" devient alors un mot sans conséquences."
p. 117 et suivantes, critique de la pulsion de mort : "Le fourvoiement biologisant trouve son aboutissement chez Freud dans l'opposition pulsion de vie / pulsion de mort. Rien d'étonnant que ce fourvoiement se stabilise dans le courant psychanalytique qui a pris au sérieux l'opposition - quitte à la transposer en sexualité / agressivité - je veux dire l'école de Melanie Klein."
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