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EAN : 9782226254399
327 pages
Albin Michel (29/01/2014)
3.64/5   36 notes
Résumé :
Gilles Lapouge aime à ce point les ânes et les abeilles qu'il les a choisis pour être les protagonistes de cet essai zoologique qui est aussi une promenade scientifique et littéraire enchantée. Lapouge, qu'il parle de neige, de pirates ou de géographies, plus son propos est érudit, plus il y met d'art, de fantaisie et de séduction. C'est sa manière. Tout sépare l'âne et l'abeille, animaux en apparence très lointains, sauf leur nature presque unique dans la création,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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Voilà un livre très agréable. Au toucher, il est doux comme un âne et au contenu, frêle comme une abeille. Toutefois emblématiques, l'âne et l'abeille tour à tour enrôlés, les deux, comme symboles ; l'un en vol, bourdonnant et l'autre en selle, au trot, mais à chacun son sceau, celui de l'histoire, du conte ou de la prophétie. On peut y lire chacun la sienne, s'en imprégner à sa manière ; façon guillerette ou savante en creusant des sillons, ou bien en musardant, d'époques en épopées ; s'attarder, s'attacher d'animal en animal, c'est selon. Selon que vous serez un âne ou une abeille tout en restant un obligé, un hôte, un spectateur et à chacun son appareil.
Mais ne vous offusquez pas qu'un sans-culotte porte à gauche à droite, un âne de peu aux convictions secrètes, dites impudiques ou mal pensantes, puisque vous puiserez tout le miel chez l'abeille, la bien apprise, la généreuse... Enfin !... Peut-être. Sinon, il vous restera encore le mulet...
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Les ânes et les abeilles : rien n'en commun ? Pas si sûr.
Contrairement à d'autres ces deux-là font l'amour avec d'autres espèces. L'âne avec la jument, qui engendreront le mulet, l'abeille avec les fleurs, et grâce à elle nous pourront goûter à un nombre incalculables de fruits gorgés d'amour. Quoi de plus merveilleux que de comater sous un cerisier en fleur ou un tilleul et d'entendre toutes ses redoutables travailleuses à l'ouvrage.
Dans cet ouvrage à la texture agréable Gilles Lapouge nous dévoile tous leurs secrets. C'est brillamment raconter parfois sur un ton humoristique, toujours avec un regard empreint de respect pour ces animaux.
Pourtant ça démarrait mal : Prix 30 millions d'amis et quelques lignes d'introduction de Bernard Pivot. Je partais avec un apriori négatif. Et pan sur le bec avec des concepts à deux balles le dom, c'est vraiment un super bouquin.
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« Prière pour aller au paradis des ânes » de Francis Jammes Conclut ce livre de Gilles Lapouge L'âne et l'abeille.
La lecture d'un poème de Jammes donnera à Gilles Lapouge l'idée de ce livre, comme continuité de la réflexion de Platon, cette zoologie comparative étonne de prime abord par une différence insurmontable, mais la frontière entre l'hyménoptère et le Equus asinus s'efface lentement. Comme une fable d'Ésope, cette farce de Dieu laissant ces espèces dans le pécher originel d'une sexualité luxurieuse.
De ces expériences, de ces lectures, des recherches effectuées, Gilles Lapouge structure une philosophie, une littérature, une étude complète entre l'abeille et l'âne. Coule dans ces pages Platon et de son étude entre l'abeille et l'âne, puis celle d'Aristote -abeille, pas politique, car pas de langage-et d'autres philosophes... le mythe de Virgile, la bougonie de la naissance de l'abeille, oxymore de la mort et de virginité.
La religion sera pour l'âne et l'abeille source d'histoire et de mythe.
Pindare « Mes odes sont semblables à l'abeille. Mes beaux hymnes de louange volent, comme l'abeille, d'un sujet à un autre. »
L'âne reste dans une image de moquerie et de solitude selon les histoires et proverbe- c'est un cheval raté, il lui manque une vertèbre..... Même La fontaine le considère comme un Lion fatigué... Il sera le symbole de moquerie pour les démocrates aux États-Unis.
Darwin et de l'immobilisme de l'âne « Il a été fait une fois pour toute »
Pour les abeilles, c'est une Utopie pour l'homme. Platon et de sa mécanique sociale de l'abeille, Latini, précurseur de la Boétie avec son Discours de la servitude volontaire comme l'abeille libre, dévoué à la reine s'imputant la liberté. Nietzsche en fera écho dans Ainsi parlait Zarathoustra
Saint-Simon avec sa parabole contre la bourgeoisie au pouvoir, Karl Marx aussi « L'architecte construit son ouvrage dans sa tête avant de l'exécuter », Chateaubriand de son Utopie de la monarchie tempérée, Bernard Mandeville avec son camp de concentration (La ruche), George Bataille Dieu fait bien les ruches… Je peux continuer ainsi sur les grands noms de nos penseurs passés et avenir qui aiment l'abeille comme modèle à leur idée, leur philosophie, leur politique…
Ernst Jünger dans Abeilles de verre modélise l'abeille dans un modèle supérieur à l'original « Elle se confond avec l'abeille banale » avec une automate abeille de verre crée par Zapparoni.
« Dieu est maladroit, il a raté sa création. L'homme prend le relais. Il devient le créateur... »
James Joyce trouvera l'inspiration de son périple en France avec son âne pour ses oeuvres avenir…
Nous pouvons comme Lapouge poursuivre les références que l'abeille aura pour l'homme été une bible de connaissance, de savoir, de légende, de beauté, de joie, d'amour, amoureuse vierge de la nature la façonnant de ses ébats avec ses fleurs, ses maitresses coquines, les attirants de couleur, de trace...
Le sexe sera un chapitre amusant de l'abeille à l'âne ou l'un viole la nature de sa copulation avec une autre espèce pour engendrer le mulet.
Le mulet sera la partie que j'ai apprécié le plus.
Darwin « le mulet est une bête extraordinaire, l'art a sublimé la nature »
Puis l'abeille chaste puis putain des champs, offrant ces services à une Nature de fleurs aguicheuses en chaleur…
Un livre fort riche
A consommé avec abus





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Tout, vous saurez tout sur l'âne et sur l'abeille.
Sont convoqués à la barre des témoins et à celle des experts, scientifiques, philosophes, penseurs, poètes, romanciers. Chacun contribue à ce petit chef-d'oeuvre d'érudition et d'humour.
L'âne et l'abeille, voilà des animaux aux antipodes l'un de l'autre, l'abeille ayant réalisé l'utopie d'une société parfaite, trop parfaite, choyée par l'homme, et l'âne anarchiste, individualiste, et si maltraité.
On fera aussi connaissance avec le mulet, cet animal contre nature, avec le faux bourdon ce gros pantouflard, et avec quelques autres variétés d'hyménoptères plus étranges les uns que les autres.
Sortons de la critique : à cette histoire d'âne et d'abeille, je voudrais ajouter mon grain de sel, et même deux pendant que j'y suis. Ce sera ma petite contribution à cet hommage à l'âne, car, de l'âne et de l'abeille c'est l'âne que je préfère, et j'ai l'impression que c'est aussi le cas de Gilles Lapouge.
Au cours d'un séjour à Madrid, mon ami Alejandro se pencha vers moi, et, me montrant une statue équestre de Franco qui trônait encore sur une place, me dit discrètement à l'oreille : « amigo, voilà un âne monté sur un bourrin ». Ce que je trouve aujourd'hui très méchant. Pour l'âne bien sûr, qui n'a rien, mais absolument rien, d'un caudillo.
Enfin, je me souviens de cette promenade en Haute-Loire, du côté du Chambon-sur-Lignon. Nous étions avec la Tante, quand nous avons croisé un âne, paissant paisiblement.
- Bonjour Bobdi, lui ai-je lancé !
La Tante resta un temps silencieuse, un peu surprise, comme méditant. Puis, se tournant vers moi :
- Mais, Michel, comment savez-vous qu'il s'appelle Bobdi, l'âne ?
- Allons Tante, réfléchissez : Bob Dylan, le chanteur, vous connaissez. Bob Dylan, Bobdi l'âne !
Ceci dit, soyons justes, Bob Dylan chante, il ne brait pas, même si on peut faire des réserves sur sa voix.
J'en reviens au livre : lisez Gilles Lapouge, à chaque page c'est un plaisir assuré !
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L'amour d'un jeune enfant pour un poème dédié à l'âne et aux abeilles de Francis Jammes va emmener, des années plus tard, l'adulte Gilles Lapouge à écrire ce
merveilleux livre sur ces deux êtres que tout opposent.
Avec une érudition phénoménale, l'auteur se questionne tour à tour sur les ressemblances et dissonances de l'insecte et l'animal tout doux en se plongeant dans l'histoire et la littérature de Platon à Stevenson, de Jésus à Proust....
Lecteurs laissez vous butiner et caresser par les doux mots poétiques de Monsieur Lapouge pour un voyage étonnant, philosophique et riche d'enseignements.
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critiques presse (2)
Bibliobs
26 novembre 2014
Dans «l'Âne et l'abeille», Lapouge navigue brillamment entre ces deux créatures incompatibles pour enfin parvenir à leur déceler un trait commun. Ils sont les rares animaux à frayer avec d'autres espèces, le premier avec le cheval, la seconde avec les fleurs. La nature nous offre alors le plus étonnant des duos d'amour.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LesEchos
19 février 2014
Il nous livre enfin la clef de son énigme dans un récit savoureux, aussi brillant qu'érudit.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
Gilles Lapouge évoque Francis Jammes un très beau poète . Un jour, il a mis dans un quatrain un âne et une abeille :
.
J'aime l'âne
.
J’aime l’âne si doux
marchant le long des houx.
Il prend garde aux abeilles
et bouge ses oreilles ;
et il porte les pauvres
et des sacs remplis d’orge.
Il va, près des fossés,
d’un petit pas cassé.
Mon amie le croit bête
parce qu’il est poète.
Il réfléchit toujours.
Ses yeux sont en velours.
Jeune fille au doux cœur,
tu n’as pas sa douceur [...]
Francis Jammes
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L’abeille vole de triomphe en triomphe. Il lui arrive pourtant d’essuyer de loin en loin une déconvenue. Quelques années avant que Napoléon l’élève au rang de symbole d’Empire, la République avait déjà tenté de se l’annexer. Les représentants du peuple se creusaient la tête pour choisir un emblème. L’abeille est sélectionnée. Elle a des partisans. Un député vante ses mérites...
Un autre député demande la parole. Il est probablement versé dans les sciences de la nature à moins qu’il ne soit producteur de miel. Il objecte. L’abeille risquerait de répandre de mauvais exemples. Dans la société des abeilles, explique le député, le pouvoir est absolu. Pour comble, il est exercé par une reine. Or une reine, la France en possède déjà une et elle s’apprête au surplus à lui couper le cou. L’abeille fut recalée. (p.101)
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Dans les campagnes de France, les paysans avaient remarqué que les ânes, quand ils se mettent à braire, retroussent les lèvres et montrent les dents. Ils ont l’air de rire et ils rient, en effet, en mémoire de l’Enfant Jésus. L’âne de l’étable avait été fier d’assister à la naissance du Sauveur. Son bonheur fut fou. C’est en mémoire de ce bonheur que Jésus décida de récompenser l’âne de Bethléem. Il donna à tous les descendants de cet âne le pouvoir de rire. Il faut reconnaître que ce rire est bizarre mais nous aurions tort de faire la petite bouche. Aucune autre bête ne possède pareil pouvoir.
Enfin, les musiciens, s'ils reconnaissent à la suite de Pythagore que la mélodie du braiment n'est pas une réussite, n'oublient pas que la Grèce primitive façonna ses premières flûtes avec des tibias d'âne. Cela ne plaît pas à tout le monde d'ailleurs. Ésope ronchonne. Il ne comprend pas qu'on façonne des flûtes avec les ossements d'un animal aussi bouché en musique. (p.78)
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L'âne a d'autres temps à fouetter. Le temps des hommes et le temps universel ne le concernent pas. Il vit dedans, comme tout le monde, mais il n'en fait pas une religion. Il ne se promène pas dans nos calendriers. Le chat aussi, fait semblant de partager nos heures mais, si vous regardez ses yeux, son regard absent, vous comprendrez qu’il réside ailleurs et bien loin. Il a laissé son corps sur le canapé, par courtoisie et pour donner le change, comme pièce à conviction et comme alibi, mais il est sorti silencieusement de sa peau et c’est en d’autres résidences qu’il ronronne, en d’autres compartiments du temps.
L'âne procède comme le chat. Ces parentages entre le chat et l'âne me plaisent. Parfois, je me demande si, au lieu de limiter cette fable de zoologie comparée à l'âne et à l'abeille, je n'aurais pas dû en élargir le champ et enrôler le chat dans ma troupe. Mais d'autre part, les similitudes entre le chat et l'âne sont contredites par quelques différences massives, le chat étant un sublime silence alors que l'âne est un silence tonitruant, le chat étant au surplus souple comme un chat alors que l'âne est raide comme un âne.
J'ajoute que l'âne et l'abeille me donnent déjà beaucoup de fil à retordre. Je n'ai pas eu le courage de me charger, en plus, du chat. Autant la première partie de cette fable, celle que je suis peut-être déjà en train de finir (relever les différences entre l'équidé et l'hyménoptère), fut assez confortable, autant la mission qui m'attend à présent (déceler des convergences entre l'abeille et l'âne) s'annonce escarpée. Passionnante on l'espère, mais pas commode. Ajouter le chat à cette entreprise serait épistémologiquement fondé mais philosophiquement fatigant.
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Dans ces moments d'enthousiasme, l'âne est expansif. Sa respiration fait beaucoup de bruit, après quoi il procède au chevauchement. Mais ce premier chevauchement n'est pas accompagné d'érection. L'âne y sacrifie seulement pour se dégourdir et vérifier l'état de ses mécanismes, un peu comme les sportifs se livrent, avant la vraie course, à quelques séances d'échauffement. L'ânesse a beau manifester son accord et supplier, le baudet ne copule jamais aussitôt, soit qu'il ait besoin d'un peu de comédie pour chauffer la machine avant de mettre le feu, soit qu'il souhaite augmenter le désir de l'ânesse, comme Stendhal recommande de le faire , en alternant les indices de la passion et de l'indifférence.
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Vidéo de Gilles Lapouge
Dani Legras, journaliste franco-brésilienne, nous fait le plaisir de nous parler du livre d'Adriana Brandão, "Les Brésiliens à Paris, au fil des siècles et des arrondissements"... Elle évoque pour nous le spirite Allan Kardec, la grande artiste Tarsila do Amaral, la lutte des brésiliens et des brésiliennes contre la dictature militaire ... On a envie de lire et relire ce texte en l'écoutant ! Et de l'utiliser comme la "lanterne magique" évoquée par Gilles Lapouge. Pour plus d'informations sur le livre, veuillez cliquer sur ce lien : https://editionschandeigne.fr/livre/bresiliens-a-paris/https://editionschandeigne.fr/livre/bresiliens-a-paris/
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