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EAN : 9782070204151
238 pages
Gallimard (15/06/1982)
3.48/5   24 notes
Résumé :
En 1908 paraissaient sans nom d'auteur des Poèmes par un Riche Amateur ou Œuvres Françaises de M. Barnabooth précédés d'une Introduction Biographique. C'étaient les premiers poèmes " modernistes " français, célébrant les paquebots, les trains de luxe, les palaces cosmopolites. On y retrouvait un écho de la grande poésie de Whitman.Peu à peu, Barnabooth se rapprocha de son créateur, cet autre lui-même, et Larbaud put enfin signer les Œuvres Complètes de A. O. Barnabo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
StCyr
  10 février 2021
Archibald Olson Barnabooth occupe la position, ô combien enviable - aux yeux du commun des mortels, d'homme le plus riche du monde. Pourtant... D'origine Sud-américaine, mais d'un cosmopolitisme défiant toute attache, l'homme a hérédité d'une fortune colossale, bâtie dans le commerce du guano. Pecunia non olet. Désirant se réaliser, il a tranché dans le vif pour se libérer de toutes attaches... en réalisant sa fortune, comprenez en ce débarrassant de toutes ses demeures, casinos, écuries privées, voitures, titres boursiers ... pour être libre selon lui et voyager léger. Problème : le jeune homme traverse une crise existentielle. La vie de poète dilettante, d'esthète, l'éternelle promenade de capitale en ville européenne, de boutique en magasin, de Palace en résidence éphémère, c'est amusant certes, çà étourdit un moment, mais tuer le temps çà n'est pas vivre, surtout quand tout vous est possible. Mais peut être que le problème vient de là, prendre place au festin de la vie, déjà rassasié, mais l'âme vide. Car quand on a guère de soif d'étude, d'ambition de réussite ou de doctrine comme mode d'emploi de l'existence, l'horizon peut sembler singulièrement restreint. Barnabooth a bien des velléités d'amour, mais ses conceptions en la matière, très traditionnelles, ne sont guère au goût de celles qu'il honorerait volontiers d'un mariage princier, et quant aux amitiés, transcendant les milieux, çà n'est finalement que des interludes peu satisfaisants, bien qu'il essaye de tirer une philosophie de vie des soliloques de ses connaissances.

Prenant la forme d'un journal intime, le présent récit est une manière de roman de formation. C'est un peu la vie hyperbolique de l'auteur lui-même, grand voyageur, qui n'eut guère à s'encombrer l'esprit de soucis financiers, ni à vivre des lettres. Et cependant, Valéry Larbaud est un remarquable écrivain, à la plume alerte et brillante, étant doué d'un vrai sens de la formule, du trait d'esprit, bref d'un style délectable. A la lecture du présent texte, on se dit que l'écrivain, éclipsé par ses illustres contemporains, Proust, Gide ou Valery, mériterait qu'on le sorte de l'oubli relatif dans lequel il subsiste, attendant l'hypothétique mais "fortuné" lecteur.
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Duluoz
  10 juin 2014
Pas assez riche pour l'apprécier pleinement; il-y un côté Proustien dans un "dandysme" affecté, tel celui d'un Proust qui serait allé un peu plus loin que Combrai et eut posé ses malles sur d'autres rivages que ceux de la côte Normande.
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crapahutevida
  08 juin 2017
Des pérégrinations européennes, des rencontres....
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VACHARDTUAPIED
  14 avril 2013
Agréable lecture.....
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
DuluozDuluoz   10 juin 2014
Il y a les formules grossières que tous les gens des classes moyenne achètent : respect de l'ordre social, notions morales, le Devoir. Un peu plus riches, et ils auront un peu mieux ! L'honneur, la morale des bons Pères, le Stoïcisme. Ça correspond aux bijoux que portent leurs femmes :bijouterie de province, bijouterie des grands magasins; rue de la Paix. Il y a mieux : doctrines ésotériques, la vie simple. Tolstoï, Nietzsche : les émaux et les bijoux signés. Et c'est aussi inutile que les bijoux : ils s'en parent, ils ne s'en servent pas. Toute leur vie ils portent leur formule, comme les sauvages portent leur anneau dans le nez; et ils vivent toutes leurs années, s'en même chercher sincèrement à se mettre d'accord avec leur formule.
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WilliamineWilliamine   28 juin 2018
Oh, je finirai par crier la vérité : je hais les pauvres ! les ignobles Pauvres ! les infâmes Pauvres ! les sans-le-sou, la puante Canaille ! Je les hais, et de toute la haine que peut nourrir une âme basse de paria pour les castes supérieures. M’ont-ils assez piétiné, m’ont-ils assez craché au visage, les immondes pauvres ! Comme leurs sourires m’ont percé le cœur, et comme ils savent bien me renvoyer tout de suite à mes milliards, sans me donner le temps de parler, de m’excuser un peu, de leur montrer que, malgré tout, je suis un homme comme eux. Ils me dénient tout : la faculté d’aimer, de comprendre les choses, de penser par moi-même, de posséder des amis sincères. Et le geste qu’ils ont pour dire : « Bah ! il se consolera bien avec ses billets de banque : laissons-le ! » J’aurais beau avoir le génie de Dante et la science de Pico de la Mirandole, - je serais toujours pour eux le « milliardaire américain, le jeune oisif », un niais, un grotesque sans esprit et sans talent qui achète et publie sous non nom les livres et les inventions des autres – de Messieurs les pauvres, justement. Et j’aurais beau consacrer les neufs dixièmes de mes revenus à fonder des hôpitaux et des institutions charitables, - ils m’accuseront toujours de chercher à me rendre populaire, ou simplement à faire parler de moi et de mon argent, ou bien ils diront que j’ai des « ambitions secrètes ».
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WilliamineWilliamine   28 juin 2018
Et mes richesses non plus ne me reprendront pas. La tentation est forte, pourtant. Y a t-il quelque chose au monde de plus beau que la richesse ? Elle semble matérialiser l’esprit et projeter dans la vie de la rue la splendeur intérieure de l’homme. L’automobile par exemple, belle comme une pensée, toute en transparences et en reflets : glaces, vernis, cuivres. Et les belles femmes dedans, et le chauffeur au manteau brodé d’une ganse d’or aux armes de la maison et près du chauffeur, un moustique de petite fille aux longues jambes, roulée dans de molles étoffes de couleurs fondantes. La richesse qui nous escorte partout, avec de petits soins, des attentions délicates, pas de bruit, de l’air, de la propreté, une odeur de linge frais et de cuir fin, et la marche devenue médecine, et toutes les forces naturelles à notre service : pour nous monter, pour nous porter, nous descendre, nous aider. A cela aussi j’ai renoncé : le gêne du luxe bourgeois, le souci d’un train de maison. Encore une évasion et un agrandissement. 
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WilliamineWilliamine   28 juin 2018
 La Triboun, la Triboun ! mon cher, ne me la faîtes pas à la Triboun. Osez donc avouer que toutes ces machines vous embêtent. Moi qui les apprécie peut-être un peu mieux que vous, j’en ai assez depuis longtemps : elles font dire des sottises. Non, ne me faîtes pas croire que vous aimez cette culture de manuels et de guides. Vous la portez dans la mesure où elle se porte dans le milieu où vous êtes né, voilà tout. Dans les salons de Paris vous vous pâmez sur Berlioz, Saint-Saëns et Debussy, et quand vous rentrez à Putouarey vous vous jouez du Théodore Botrel. Et vous avez raison, puisque cela vous plaît ! Et pour la littérature et la peinture, c’est la même chose. Je vois d’ici la bibliothèque de Putouarey. On a monté aux mansardes le Voltaire et le Rousseau de votre trisaïeul, et à la place de ces vieux sans-culottes démodés, s’étale la petite littérature mondaine, indécente et ennuyeuse, que votre libraire vous fait acheter. Non, mon ami, ce n’est pas pour vos goûts artistiques que j’ai plaisir à vous fréquenter. C’est pour votre fantaisie, votre bon sens, votre aplomb dans la vie et votre bonne tête française. Celui que j’aime, c’est Putouarey trousse-cotte, et Putouarey cœur-loyal. Et ne parlons pas de Ruskin ni même de Florence.
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WilliamineWilliamine   28 juin 2018
Cela n’est rien ; une invitation à laquelle on n’a pas répondu, et l’instant passe ; la peine d’avoir fait de la peine à quelqu’un qu’on n’aime pas ; l’intelligence qui voudrait pouvoir accepter davantage ; la vanité qui reparaît sous un nouveau masque ; le geste déjà fait, les paroles déjà dites ; la vieille pitié pour le sot qui affirme, qui réclame contre l’ordre établi, et qui se fâche ; les yeux de l’amour qui vous ont regardé un moment à travers les yeux de quelqu’un, et déjà ce visage se détourne ; le silence des pauvres qui meurent tous les jours pour nous ; le murmure des gens qui prient pour nous dans les couvents … Ah ! ce n’est rien que la petite méchanceté de vivre … 
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Videos de Valéry Larbaud (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Valéry Larbaud
[Rentrée littéraire 2022]
Entre 1942 et 1944, des milliers d'enfants juifs, rendus orphelins par la déportation de leurs parents, ont été séquestrés par le gouvernement de Vichy. Maintenus dans un sort indécis, leurs noms transmis aux préfectures, ils étaient à la merci des prochaines rafles.
Parmi eux, un groupe de petites filles. Mireille, Jacqueline, Henriette, Andrée, Jeanne et Rose sont menées de camps d'internement en foyers d'accueil, de Beaune-la-Rolande à Paris. Cloé Korman cherche à savoir qui étaient ces enfants, ces trois cousines de son père qu'elle aurait dû connaître si elles n'avaient été assassinées, et leurs amies.
C'est le récit des traces concrètes de Vichy dans la France d'aujourd'hui. Mais aussi celui du génie de l'enfance, du tremblement des possibles. Des formes de la révolte.
Cloé Korman est née en 1983 à Paris. Son premier roman, "Les Hommes-couleurs" (Seuil, 2010), a été récompensé par le prix du Livre Inter et le prix Valery-Larbaud. En 2013, elle a publié, toujours au Seuil, "Les Saisons de Louveplaine", puis "Midi" en 2018, et "Tu ressembles à une juive" en 2020.
Lire les premières pages : https://bit.ly/3wVw2Tu
Découvrir tous les romans de la rentrée littéraire des éditions du Seuil : https://bit.ly/3NQpKeq
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