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ISBN : 2070301575
Éditeur : Gallimard (30/11/1966)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 22 notes)
Résumé :
Et où que j'aille, dans l'univers entier, Je rencontre toujours, Hors de moi comme en moi, L'irremplissable Vide, L'inconquérable Rien.
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
vincentf
  16 avril 2012
Borborygmes et voyages exotiques, les mots de Larbaud, simples, nus et divers, se lisent avec un sourire ou un regret, pas plus, modestes évocations d'un monde en dérive et d'un homme qui s'y attache. Cendras sans aventure ou Appolinaire sans extravagance, Larbaud coule de source, photographe des petits moments et des petits êtres, une mendiante qui danse, quelque part en Espagne, un femme russe qui porte des seaux d'eau, ou un fumoir anglais qui met dans la tête une chanson de François Morel. Ne demandons rien de plus à la poésie. Ainsi, elle suffit, loin de son ordinaire prétention à dire plus qu'elle ne peut.
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frandj
  03 février 2019
Pour moi, Valéry Larbaud (1881-1957) n'était jusqu'ici qu'un nom: je ne connaissais rien de sa vie, ni de son oeuvre. Je suis tombé par hasard sur l'une de ses oeuvres et, du coup, je me suis informé à son sujet. Ce riche héritier très doué a vécu agréablement, voyageant beaucoup, avant d'être terrassé par une hémiplégie et par l'aphasie. Avant cet accident de santé, il fut un auteur et traducteur prolifique.
Le présent recueil de poèmes a été écrit sous un pseudonyme, mais A. O. Barnabooth est une sorte d'alter ego de Larbaud. J'ai découvert ces quelques poésies, très nettement influencés par le thème des voyages et de l'exotisme. Certaines m'ont bien plu. Valéry Larbaud me semble être à mi-chemin entre les poètes du XIXème siècle et ceux du XXème siècle (y compris le génial Apollinaire). Une belle découverte.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
solasubsolasub   22 janvier 2012
Ode

Prête-moi ton grand bruit, ta grande allure si douce,
Ton glissement nocturne à travers l'Europe illuminée,
Ô train de luxe ! et l'angoissante musique
Qui bruit le long de tes couloirs de cuir doré,
Tandis que derrière les portes laquées, aux loquets de cuivre lourd,
Dorment les millionnaires.
Je parcours en chantonnant tes couloirs
Et je suis ta course vers Vienne et Budapesth,
Mêlant ma voix à tes cent mille voix,
Ô Harmonika-Zug !
J'ai senti pour la première fois toute la douceur de vivre,
Dans une cabine du Nord-Express, entre Wirballen et Pskow .
On glissait à travers des prairies où des bergers,
Au pied de groupes de grands arbres pareils à des collines,
Etaient vêtus de peaux de moutons crues et sales…
(huit heures du matin en automne, et la belle cantatrice
Aux yeux violets chantait dans la cabine à côté.)
Et vous, grandes places à travers lesquelles j'ai vu passer la Sibérie et les monts du Samnium ,
La Castille âpre et sans fleurs, et la mer de Marmara sous une pluie tiède !
Prêtez-moi, ô Orient-Express, Sud-Brenner-Bahn , prêtez-moi
Vos miraculeux bruits sourds et
Vos vibrantes voix de chanterelle ;
Prêtez-moi la respiration légère et facile
Des locomotives hautes et minces, aux mouvements
Si aisés, les locomotives des rapides,
Précédant sans effort quatre wagons jaunes à lettres d'or
Dans les solitudes montagnardes de la Serbie,
Et, plus loin, à travers la Bulgarie pleine de roses…
Ah ! il faut que ces bruits et que ce mouvement
Entrent dans mes poèmes et disent
Pour moi ma vie indicible, ma vie
D’enfant qui ne veut rien savoir, sinon
Espérer éternellement des choses vagues.
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thebelljarthebelljar   02 février 2013
L'Eterna Volutta

[...]
Vous voyez en moi un homme
Que le sentiment de l'injustice sociale
Et de la misère du monde
A rendu complètement fou !
Ah ! Je suis amoureux du mal !
Je voudrais l'étreindre et m'identifier à lui ;
Je voudrais le porter dans mes bras comme le berger porte
L'agneau nouveau-né encore gluant...
Donnez-moi la vue de toutes les souffrances,
Donnez-moi le spectacle de la beauté outragée,
De toutes les actions honteuses et de toutes les pensées viles
(Je veux moi-même créer plus de douleur encore :
Je veux souffler la haine comme un bûcher).
Je veux baiser le mépris à pleines lèvres ;
Allez dire à la Honte que je meurs d'amour pour elle ;
Je veux me plonger dans l'infamie
Comme dans un lit très doux ;
Je veux faire tout ce qui est justement défendu ;
Je veux être abreuvé de dérision et de ridicule ;
Je veux être le plus ignoble des hommes.
Que le vice m'appartienne,
Que la dépravation soit mon domaine !
+ Lire la suite
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Lazlo23Lazlo23   29 juin 2017
BORBORYGMES

Borborygmes ! borborygmes !...
Grognements sourds de l’estomac et des entrailles,
Plaintes de la chair sans cesse modifiée,
Voix, chuchotements irrépressibles des organes,
Voix, la seule voix humaine qui ne mente pas,
Et qui persiste même quelque temps après la mort physiologique....

Amie, bien souvent nous nous sommes interrompus dans nos caresses
Pour écouter cette chanson de nous-mêmes ;
Qu’elle en disait long, parfois,
Tandis que nous nous efforcions de ne pas rire !
Cela montait du fond de nous,
Ridicule et impérieux,
Plus haut que tous nos serments d’amour,
Plus inattendu, plus irrémissible, plus sérieux —
Oh l’inévitable chanson de l’œsophage !...
Gloussement étouffé, bruit de carafe que l’on vide,
Phrase très longuement, infiniment, modulée ;
Voilà pourtant la chose incompréhensible
Que je ne pourrai jamais plus nier ;
Voilà pourtant la dernière parole que je dirai
Quand, tiède encore, je serai un pauvre mort « qui se vide ! »
Borborygmes ! borborygmes !...
Y en a-t-il aussi dans les organes de la pensée,
Qu’on n'entend pas, à travers l’épaisseur de la boîte crânienne ?

Du moins, voici des poèmes à leur image...
+ Lire la suite
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coco4649coco4649   22 janvier 2016
DEUX AUTRES POÈMES
LA NEIGE


Un año más und iam eccoti mit uns again
Pauvre et petit on the graves dos nossos amados édredon
E pure pionsly tapáudolos in their sleep
Dal pallio glorios das virgens und infants.
With the mind's eye ti sequo sobre l'europa estasa,
On the vas Northern pianure dormida, nitida nix,
Oder on lone Karpathian slopes donde, zapada,
Nigrorum brazilor albo disposa velo bist du.
Doch in loco nullo more te colunt els meus pensaments
Quam un Esquilino Monte, ove della nostra Roma
 Corona de platas ores,
Dum alta iaces on the fields so duss kein Wege seve,
Yel alma, d'ici détachée, su camin finds no cêo.
Bergen-op-Zoom, 29. XII. 1934

p.105


Le Jeu sur la musicalité des mots et le mélange des langues empêchent de saisir pleinement la signification du texte. Après le bercement par les sons, le poète propose à la suite sa « réduction au français ».

LA NEIGE
Réduction au français par Valéry Larbaud


Encore une année et te revoici déjà parmi nous,
Pauvre et petit, sur les tombes de nos aimés, édredon,
Et pourtant les recouvrant pieusement dans leur
 sommeil
Du pallium glorieux des vierges et des enfants.
Des yeux de la pensée je te suis sur l'Europe étendue,
Ou sur des pentes solitaires des Carpathes, où tu es,
 neige,
Des noirs sapins blancs voile de mariée.
Mais en aucun lieu mes pensers ne te vénèrent plus
Que sur le mont Esquilin où tu es de notre Rome
 Couronne d'argent,
Tandis que tu recouvres profondément les champs,
 cachant les routes,
Et que l'âme, d'ici détachée, trouve son chemin dans
 les cieux.

p.106
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coco4649coco4649   21 janvier 2016
MADAME TUSSAUD’S


Il me semble que toute la sagesse du monde
Est dans les yeux de ces bonshommes en cire.
Je voudrais être enfermé là toute une nuit,
Une nuit d’hiver, par mégarde,
Surtout dans la salle des criminels,
Des bons criminels en cire,
Faces luisantes, yeux ternes, et corps — en quoi ?
Mais, est-ce que ça leur ressemble vraiment ?
Alors pourquoi les a-t-on enfermés, électrocutés ou
 pendus,
Pendant que leur image muette reste ici ?
Avec des yeux qui ne peuvent pas dire les horreurs
 souffertes,
Mais qui rencontrent des yeux partout, sans fin, sans
 fin.
Les ferment-ils au moins la nuit ?

p.65
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Video de Valéry Larbaud (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Valéry Larbaud
Thomas B. Reverdy, L?Envers du monde_Seuil .New York, août 2003. Une chaleur suffocante. Ground Zero, le site des attentats du 11 septembre, vidé de ses décombres, n?est qu?un trou large comme un quartier. Ce n?est plus le World Trade Center depuis deux ans, et ce n?est pas encore la Tour de la Liberté, qui n?est qu?un projet d?architectes. Un non-lieu étrange, une absence dans le paysage. « le plus petit désert du monde ». Un vendredi à l?aube, on découvre le corps mutilé d?un ouvrier arabe sans identité, jeté là, dans un puits de forage. Les cendres sont prêtes à se ranimer. le commandant O?Malley, qui se charge de l?enquête, porte un costume sombre et ne transpire jamais. De Manhattan à Coney Island, il rencontre, interroge témoins et suspects. Candice, par exemple, la serveuse aux cheveux ambrés comme la bière qu?on brasse à Brooklyn. Ou Pete, l?ancien policier qui fait visiter le chantier aux touristes et qui a eu une altercation avec le mort, la semaine passée. Obèse et raciste avec ça, il ferait un bon coupable. Et puis il y a Simon, l?écrivain français de cette histoire, qui s?interroge sur l?impossible deuil de ces bouts d?existences américaines. Sans jamais lâcher le mouvement de ses personnages, Reverdy y ajoute un luxe descriptif, un sens du détail, un brio et une musicalité qui lui sont personnels. Car, on le sait, « il faudrait une vie pour raconter une vie ». Thomas B. Reverdy est né en 1974. Il s?est révélé en 2003 avec La montée des eaux, auquel ont fait suite le ciel pour mémoire (2005) et Les derniers feux (2008, prix Valéry Larbaud). Par son souffle et ses dimensions, ce grand roman sur la blessure de l?Amérique annonce une ambition nouvelle.
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