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ISBN : 2355362882
Éditeur : Carnets Nord (28/09/2018)

Note moyenne : 4.19/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Après avoir beaucoup bourlingué, Léon s'est retiré du monde à la pointe du Finistère. Un soir de tempête, on cogne à sa porte. Il ouvre en grognant c'est une jeune Asiatique, presque inanimée, qui l'appelle par son prénom.
Avec Yannie, venue de l'autre bout du monde, Léon découvre l'histoire ténébreuse d'un demi-frère expatrié dans le port d'Haiphong au Vietnam, d'une descendance, d'un cousinage, d'une autre culture pleine de personnages hauts en couleur, et... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
MarcelineBodier
  28 novembre 2018
Les embruns du fleuve rouge est avant tout un roman qui raconte une histoire, qui est écrit pour les lecteurs qui aiment qu'on leur raconte une histoire, avec des ambiances dépaysantes, des personnages, des drames, des renaissances, des péripéties. Une bonne histoire.
Mais ce n'est pas uniquement cela. C'est aussi un roman qui nous parle de ce qui se passe quand la vie nous oblige à être le porteur des symptômes d'un autre.
Au départ (on l'apprend avant la page 20), un Breton a fui la famille qu'il s'était construite au Vietnam, au bord du fleuve rouge. Pourquoi ? Avait-il une intention malveillante ? Non. Il était épris de liberté, amoureux de la mer, et nostalgique, désireux de retrouver sa terre natale. Alors il a fui. Ce faisant, il a choisi sa vie, il n'était pas malade : il n'avait pas de raisons de développer de symptômes, lui – bien au contraire. D'ailleurs, ceux qui sont restés l'ont mis sur un piédestal ; personne n'aurait pu dire qu'ils lui en ont voulu.
Seulement, ce n'est jamais si simple... derrière cette façade, ils ont fait ce qu'ils ont pu avec ce comportement qu'ils pouvaient idéaliser, mais auquel ils ne pouvaient donner aucun sens intime positif. Chacun à leur tour, ils ont porté un symptôme de ce qui n'était pourtant pas une maladie, mais une fuite, et est devenu une tragédie.
Comment l'illustrer sans dévoiler l'histoire ? Disons qu'il y a sa femme, d'abord. Sans doute a-t-elle interprété cette fuite comme un abandon et un désamour... car dans sa vie adulte, elle ne saura pas donner de sécurité affective à leur fils.
Il y a ce fils. Sans doute a-t-il intériorisé cette fuite comme de la haine... car dans sa vie adulte, il exprime à son tour cette haine de la plus cruelle des façons.
Il y a la femme de ce fils. Elle, elle n'a pas vécu cet abandon, elle ne l'a pas vu... et dans sa vie adulte, elle est justement celle qui ne verra rien.
Il y a leur fille. Elle a encore moins vécu cet abandon : elle n'était pas née... mais elle est la troisième génération. C'est toujours celle qui expie.
Et enfin, il y a le deuxième fils. Lui, il est né après la fuite, à l'autre bout du monde, et le symptôme qu'il a porté à la place de son père n'est pas pathologique : c'est la solitude. Celle de l'homme qui a largué les amarres et est passé à côté des attaches humaines, de leurs douleurs mais aussi de leurs joies. C'est pourtant de lui qu'une certaine résilience pourra venir. Mais à quel prix... découvrez-le en lisant Les embruns du fleuve rouge. C'est un très bon moment de lecture, et une nouvelle belle découverte dans le trio de la rentrée littéraire d'un éditeur qui monte, Carnets nord. Après Dans la chair des anges de Cathy Borie, qui est pour moi le coup de coeur que tout le monde sait, il me reste à découvrir Saudade d'Ursula Sila-Gasser : s'il est de la qualité des deux autres, alors je me réjouis déjà !
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Soukiang
  31 août 2018
Comme un appel d'air, comme le souffle puissant et vespéral des embruns dont le titre éponyme du livre fait allusion, cette sensation évanescente des côtes bretonnes, cet étrange personnage, Léon, un marin qui s'est retiré sur cette terre isolée et sauvage, solitaire, bourru, il prend les jours comme ils viennent jusqu'à cette rencontre improbable d'un soir, une jeune femme d'origine asiatique se présente à sa porte.
C'est le début d'une histoire qui va faire voler en éclats toutes ses certitudes ...
Le choc des cultures, l'Occcident et l'Orient, c'est le roman de tous les contrastes, à travers une histoire empreinte de poésie et de voyage au-delà des frontières, la rugosité du climat face à la douceur exotique, la brutalité devant la sensibilité délicate, la solitude de deux êtres en proie aux caprices de la vie et de ses mystères s'exprime ici avec toute la pudeur et l'intensité qui les submerge, des moments de pure poésie dont les citations d'un illustre poète en sera le fer de lance au fil des pages, comme une empreinte, un style épuré à l'extrême pour un effet instantané, le sentiment d'habiter litteralement les personnages s'exprimant à demi-mots, faisant du silence et des non-dits un échange lourd de significations et de conséquences à travers leur parcours, comment ces deux êtres aux antipodes l'un et l'autre vont-ils s'apprivoiser et se retrouver dans la voie de la sagesse et tracer leur route et surtout leur destinée ?
"Yannie, je m'appelle Yannie"
Un climat qui baigne dans la torpeur des angoisses de l'existence, cette atmosphère chargée d'électricité pour creuser dans la viscosité en exergue, l'auteure évoque le temps qui passe, cette lenteur de mouvements pour alterner des situations d'urgence, un rythme qui tend inéluctablement vers une tragédie des temps modernes, le poids du passé, l'absence de l'autre, le deuil est subtilement abordé pour donner encore plus d'ampleur, dans cet assourdissant mensonge et de la fureur humaine qui fait basculer l'existence, la volonté de s'affranchir de ces déchaînements de violence et de l'indicible, la folie des uns pour contrer la faiblesse pathétique des autres, l'envie irrépressible de bousculer les conventions pour aspirer à la liberté d'être, des séquences marquantes qui vous saisissent à la gorge, cette volonté de rendre les personnages totalement prisonnier et impuissant face au destin et à la fatalité, dans ce brouillard naît souvent la beauté de l'âme, la marque de l'empathie pour s'opposer, pour donner des pistes de rédemption des âmes qui savent que le temps joue contre elles, ces ornières qui encerclent des chemins semés d'embûches.
Un roman choral, intelligent et subtil pour saisir toutes les nuances de la vie, jamais il ne tombe dans le pathos et la facilité du propos par ce parti-pris de l'auteure d'en distiller l'essentiel, il prend aux tripes dans la couleur de toutes les émotions, une mélancolie suave plane dans l'air marin et tropical, des réflexions existentielles d'une grande richesse y sont convoquées, il tend irrémédiablement vers une quête identitaire, une mission vitale pour retrouver les racines de ses terres originelles, comme un chant du cygne, la résonance n'en est que plus forte pour suivre le périple de ses personnages à la recherche du temps perdu, à se recueillir, à puiser au fond d'eux-mêmes pour comprendre et savoir, récit initiatique pour donner un sens à l'existence, pérégrinations de tous les dangers pour retrouver la joie du bonheur, fusse-t-il éphèmère, ces précieux croisements n'ont pas de prix quand il s'agit d'un amour filial, les sources du fleuve rouge n'ont pas fini de couler sous les ponts, vers des contrées inconnues ...
Léon
Une histoire de collision et de connivence pour embarquer vers un voyage de tous les possibles, vers cette pointe qui culmine à des hauteurs vertigineuses dans la transversalité des sentiments contrariées, le poids du mensonge, le désir impérieux d'avancer, cette économie de mots prend un sens particulier pour capter les écorchures de deux être unis par des liens sacrés, par cette force d'esprit à concilier deux mondes, le parfum des effluves qui fouette le nez, le symbolisme de l'art à son apogée pour parachever la relation fusionnelle de l'être humain et de sa nature profonde, des fantômes qui dansent aux sons du crépuscule, l'abandon de soi pour le sacrifice de l'autre, dans la fragilité et le désarroi tangible, pour retrouver des prismes inhérents à son moi, à cette inconscience qui n'a de cesse de traverser les pensées de ces blessés de la vie, de ces plaies purulentes qui n'en finissent pas de rougir, jusqu'où l'amour du prochain peut-il aller pour sauver les âmes en perdition ?
Raisons d'êtres désespérés, raisons de rétablir la vérité pour trouver la paix dans l'éternité de ces embruns qui continuent inlassablement à percuter la paroi rocheuse du Finistère, une intrigue qui regorge de rebondissement pour maintenir une lecture fluide, dans la transparence des ricochets, dans la compassion des êtres isolés, dans la souffrance réprimée, dans la douleur insoutenable qui les étreint jour après jour, des perles miraculeuses peuvent jaillir du fond de l'eau du fleuve comme celui qui traverse Haiphong, cette ville du Vietnam sera-t-elle la terre promise de toutes les espérances, de tous les futurs, celle que les âmes meurtris cherchent depuis la nuit des temps ?
Un grand roman de l'amitié, ce rapprochement singulier et émouvant qui se dévoile au gré des vents et des rafales de toutes les détresses et de la déchéance humaine, cette légèreté de ton qui imprègne certains scènes rappelle que tout n'est pas que le fruit des malheurs, des doutes et des tourments, que l'équilibre et l'harmonie peuvent aussi cohabiter, que les stigmates du passé peuvent s'estomper, malgré tout, dans le sourire et la joie communicative voire contagieuse.
La délivrance de tout un chacun pourra-t-elle enfin trouver sa source du bonheur perdu, dans ces terres d'exil qui n'ont pas encore dévoiler tous ses secrets et ses mystères ?
La libération des sens, effet cathartique, une leçon d'humanité et d'espoir, la renaissance, une histoire sensible qui fait écho avec une des problématiques du monde actuel, l'afflux des migrants, la richesse et la valeur individuelle que chacun peut contribuer, le miroir contemporain d'une société en pleine mutation.
Un florilège d'émotions pures qui continuent de vous étreindre au-delà de la lecture, cette désespérance des personnages dans l'immensité des espaces et du temps, il suffit parfois d'un bouleversement imprévisible ou vous faisant immerger dans un chaos destructeur, la vie ne tient qu'à un fil, la mort, les blessures de l'âme sont indélébiles, cruelles, dans la mémoire du silence, dans la mélodie des paroles étouffées, les anges s'en reviendront.
Il appartient au lecteur de naviguer entre rêve et réalité, entre le passé et le présent, invoquer les dieux de la compassion, à saisir ce cadeau précieux qui définit l'être humain par essence, dans sa quête absolue vers un idéal, vers le bonheur des choses simples, vers l'amour et celui de son prochain.
Je termine avec cette très belle citation du livre ...
"A toutes ces choses qui vous nourissent pour la vie entière et dont vous n'avez pas conscience sur le moment. Ces tout petits riens qui sont des pépites de bonheur et que l'on consomme sans modération au lieu d'en savourer chaque seconde."
Je remercie infiniment l'auteure, Elisabeth Larbre pour cette lecture qui est arrivée à point nommé dans un moment de doute existentiel, le hasard fait bien les choses mais n'est-ce pas plutôt y voir un signe miraculeux et du destin, à l'instar de cette jeune personne qui s'apprête, un soir de grand froid, à toquer à une certaine porte ...
Je vous invite chaudement à découvrir cette pépite éditée chez Carnets Nord, Les Embruns du fleuve rouge d'Elisabeth Larbre et qui sortira officiellement le 28 septembre 2018.
Laissez-vous embarquer dans ce voyage de tous les sens afin de vous en imprégner chaque particule, de vous libérer, de retrouver toutes ces perceptions uniques qui vous appartiennent et vous feront sûrement, je l'espère comme ce fut le cas pour ma part, plonger dans votre coeur et votre esprit pour redonner un nouveau souffle, pour rebondir, pour continuer à croire de nouveau en la valeur de choses simples, précieuses et définitvement humaines.
Les Embruns du fleuve rouge de Elisabeth Larbre, un coup de coeur pour une histoire de toutes les espérances !!!
❤️ Un coup de coeur, une histoire ... divine et magique !!! ❤️
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hcdahlem
  10 octobre 2018
De la pointe bretonne à Haïphong, Élisabeth Larbre a imaginé un premier roman autour d'un secret de famille, des envies de grand large et un drame poignant. La famille le Glaouneg vous attend…
Tous les généalogistes vous le diront, les familles de marins sont particulièrement difficiles à reconstituer, surtout quand l'appel du large vous entraîne sur plusieurs continents et que la fidélité devient une notion étrangère face aux charmes exotiques. Yvon le Claouneg a pris la mer en 1946. Au sein de la légion étrangère, il part pour l'Indochine. Dans la baie d'Haïphong, il croise le regard de Rong-Sheng et décide de faire un bout de chemin avec elle. de leur union va naître Ha-Sinh qui n'aura guère le loisir de connaître son père qui n'a pu résister à l'appel du large et a abandonné sa famille.
Ha-Sinh va épouser Ru-Su. de cette union va naître Yannie. Élisabeth Larbre a choisi une scène forte pour commencer son premier roman en nous racontant l'arrivée inopinée de Yannie chez Léon le Glaouneg. Comment la belle jeune fille a-t-elle réussi à gagner le Finistère et pour quelle raison a-t-elle entrepris ce périlleux voyage? C'est ce que Léon va finir par apprendre – et le lecteur avec lui – une fois qu'il aura réussi à apprivoiser sa surprenante visiteuse et que cette dernière trouvera la force de révéler son lourd secret. Car elle est gravement malade, comme Pierrick, le médecin et ami de Léon va rapidement le comprendre.
Et alors qu'en Bretagne on tente de soigner Yannie, les événements se précipitent au Vietnam. En nous proposant des allers-retours entre les deux continents, la romancière entretient le suspense et la tension dramatique.
Deux garçons découvrent le cadavre de Ha-Sinh dans sa boutique. Il s'est tiré une balle dans la tête. Vient alors le temps des questions et des remises en cause. D'autant que l'on apprend que Yannie a laissé une lettre avant de fuir…
En Bretagne, Pierrick meurt sans avoir pu soulager Yannie, si ce n'est du poids de son secret, des abus dont elle a été la victime. Comme un lion en cage, Léon va alors se sentir obligé d'agir, de venger celle dont il ignorait l'existence quelques temps auparavant et qui occupe désormais toutes ses pensées.
Retrouvant la symbolique du yin et du yang, Élisabeth Larbre va opposer le mal et le bien, le crime et l'amour, l'orient et l'occident, la guerre et la paix, le fort et le faible… Des oppositions quelquefois déséquilibrées et à l'issue incertaine…
Au bout de ce récit chargé d'orages et de violence, de rudesse et de folie on pourra trouver l'apaisement dans les vers d'Aragon qui accompagnent Léon durant son voyage. le yeux de Yannie se confondent alors avec Les yeux d'Elsa – dont l'un des vers sert de titre à cette chronique – et nous touchent au coeur.

Lien : https://collectiondelivres.w..
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Nat_85
  20 août 2018
Lorsque " Les embruns du fleuve Rouge " accostent en terres bretonnes...
Ce roman d'Elisabeth Larbre est publié en cette rentrée littéraire 2018 aux Editions Carnets Nord.
C'est par une soirée d'orage que Yannie, une jeune vietnamienne d'une vingtaine d'année, trouble la tranquillité de Léon le Glaouneg, ce vieux loup de mer breton solitaire.
p. 12 : " - On se connaît ? lança l'homme sidéré.
-Non, pas vraiment...
-Comment ça pas vraiment ? Ça veut dire quoi pas vraiment ? On se connaît ou on n'se connaît pas ? Y'a pas de pas vraiment qui tienne ! Expliquez-vous à la fin ! rugit Léon. "
Il ne peut expliquer la raison qui va le pousser à accueillir cette jeune femme, qui semble au plus mal. Suite à un malaise, il va alors faire intervenir un vieil ami médecin. Persuadé que Yannie est en France en toute clandestinité, il lui fait promettre son silence pour ne pas lui attirer des ennuis. Mais les nouvelles ne sont pas bonnes. La jeune fille est gravement malade. Qu'a-t-elle bien pu subir et endurer ? Quelles sont les raisons de sa présence ici, en Bretagne ?
p. 53 : " Cette gamine était en âge d'être sa fille. Lui, qui n'avait jamais eu ni femme ni enfant et croyait s'en être préservé, se trouvait à son insu le protecteur de cette jeune femme à la beauté sauvage et à la fragilité désarmante. "
Sur les rives du fleuve Rouge à Haiphong, au Vietnam, Ha-Sinh, le père de Yannie, est retrouvé mort au fond de sa boutique. Il a mis fin à ses jours. Il était le fruit de l'union d'Yvon le Glaouneg, un marin breton de la légion étrangère venu au Vietnam en 1946, et de Rong-Sheng. Lorsqu'Yvon est reparti en mer, incapable de retenir cette pulsion qui fait les vrais marins, une incapacité à vivre sur la terre ferme un temps trop long, Ha-Sinh n'est encore qu'un enfant. Alors quelle part de responsabilité avait Ha-Sinh dans la fuite de Yannie, sa propre fille ? Et pourquoi sa grand-mère agit-elle de manière si étrange depuis ? Ru-Su, la mère de Yannie, assiste, impuissante, à ces tragédies depuis des décennies, comme une malédiction qui n'attend qu'à être brisée...
p. 28 : " Mais tous ces absents, chers à leurs coeurs, continuaient à emplir la maison : Yvon, Yannie, Ha-Sinh, trois noms dont l'écho ne cessait de frapper les murs de leur humble demeure et d'agiter leurs consciences... "
Yannie finit par se confier à Léon. Ce lourd secret de famille, qui les unit désormais, est à jamais indéfectible. Qui aurait cru que cette jeune fille puisse tant bouleverser la vie d'ermite de celui-ci ?
p. 56 : " Yannie avait distillé en lui plus qu'un poison, une dépendance affective et compassionnelle dont il ne parvenait plus à se défaire, et pire, dont il ne souhaitait même plus s'écarter. "
Yannie est ce lien de filiation qui unit la famille le Glaouneg aux rives du fleuve Rouge...
p. 42 : " Ils étaient pourtant du même sang et parlaient la même langue, mais était-ce suffisant pour se comprendre ? "
C'est un roman à la fois bouleversant et gorgé d'espoir. Je me suis laissée embarquer par les descriptions de cette Bretagne sauvage, si chère à mon coeur, et par l'exotisme vietnamien. Deux cultures diamétralement différentes, mais qui s'unissent au profit de l'amour et de l'amitié. Léon, tout comme son père auparavant, éprouvera au fil des événements et des révélations une attraction sans borne pour ce pays inconnu...
p. 160 : " Léon aurait voulu être des leurs... Il aimait ce pays. Il aimait ces gens. Il y avait tellement longtemps qu'il ne s'était pas senti ainsi à sa place en compagnie des hommes."
Une jolie plume à découvrir !
Lien : https://missbook85.wordpress..
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PHAM
  22 octobre 2018
Comment ne pas sentir sa curiosité éveillée lorsque le prologue raconte une inhumation secrète dans un lieu désert de Bretagne. Pourtant, ce n'est pas un crime mais une action de grâce. Comment mieux nourrir l'espérance quand le roman commence avec une porte qui s'ouvre ? Entre Yannie, jeune fille vietnamienne à bout de forces et Léon, le vieux loup de mer breton rompu à la solitude existent des liens qui se dévoilent au fil de l'histoire tandis que le lecteur navigue du coeur de la Bretagne sauvage au Vietnam grouillant de vie, de bruits et de parfums. Les embruns du fleuve rouge se mêlent à l'écume de l'océan qui fouette les côtes bretonnes. le personnage de Léon, on aimerait le connaître, Yannie, on aimerait l'entourer et la prendre dans ses bras . C'est ce que font Léon et son vieil ami médecin Pierrick et on est à l'écoute des douleurs, des chagrins, des épreuves de Yannie venue du bout du monde. Son histoire, ses peines, elle nous les livre peu à peu, par petites touches puis, plus longuement en se confiant au vieux médecin qui l'aide à porter le fardeau de son destin. Dans la maison de Léon, ce coin perdu de Bretagne, elle se sent pour la première fois à sa place. Quant à Léon, lui aussi, il trouvera sa maison, l'harmonie et la plénitude . Dans le port de Haiphong Léon rencontrera le pan manquant de son existence, des amis et le lecteur découvre que la folie peut être le résultat d'une conjoncture, d'une maltraitance, des mensonges et des no-dits. le roman s'achève sur une ouverture, un équilibre métaphorisé par un couple d'oiseaux, de spatules à tête noire, de leurs battements d'aile, de leur vol puissant et endurant.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   10 octobre 2018
Prologue
Ce temps de chien n’en finissait pas. Léon réajusta ses lunettes, enleva ses vieilles bottes, mit son ciré à capuche et sortit. La porte claqua derrière lui. C’était décidé, il irait l’enterrer à la Vieille croix d’Ar-Men, au pied du grand mimosa et face à la mer. Personne n’allait jamais là-bas. Trop venté, trop dangereux… Le ressac assourdissant qui gronde et semble jaillir de la falaise en aplomb. Ces monceaux d’eau salée qui s’abattent sur les rochers et butent avec violence contre la paroi, léchant et attachant des pans entiers de terre pierreuse avant de rejeter en hoquets moussus des vomissures meubles et brunâtres. Un décor à Vif, mais authentique et pur. Un décor à son image; pour ne pas l’abandonner. 
Personne n’en saurait rien. Personne ne l’avait vue à part, bien sûr, ce brave Pierrick qui n’était plus là…
Mieux, personne ne la connaissait. 
Mieux encore: ici, elle n’existait pas ! 
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hcdahlemhcdahlem   10 octobre 2018
– On se connaît? lança l'homme sidéré.
– Non, pas vraiment...
– Comment ça pas vraiment? Ça veut dire quoi pas vraiment? On se connaît ou on n'se connaît pas? Y'a pas de pas vraiment qui tienne! Expliquez-vous à la fin! rugit Léon.  p. 12
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hcdahlemhcdahlem   10 octobre 2018
Mais tous ces absents, chers à leurs cœurs, continuaient à emplir la maison: Yvon, Yannie, Ha-Sinh, trois noms dont l'écho ne cessait de frapper les murs de leur humble demeure et d'agiter leurs consciences... p. 28
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hcdahlemhcdahlem   10 octobre 2018
Cette gamine était en âge d'être sa fille. Lui, qui n'avait jamais eu ni femme ni enfant et croyait s'en être préservé, se trouvait à son insu le protecteur de cette jeune femme à la beauté sauvage et à la fragilité désarmante.  p. 53
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MarieJoAigueperseMarieJoAigueperse   03 novembre 2018
"Soudain, imperceptiblement, elle commença à se cogner la tête contre le sol dur et froid. Pareille à un métronome. A fréquence régulière. Le rythme ne changeait pas, mais la violence des coups augmentait." p103
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