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EAN : 9782205208153
160 pages
Dargaud (29/03/2024)
4.67/5   194 notes
Résumé :
L'apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres et de cadavres. Parmi les survivants, un père et sa fille errent sur une route, poussant un caddie rempli d'objets hétéroclites, censés les aider dans leur voyage. Sous la pluie, la neige et le froid, ils avancent vers les côtes du sud, la peur au ventre : des hordes de sauvages cannibales terrorisent ce qui reste de l'humanité. Survivront-ils à leur périple ?

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Critiques, Analyses et Avis (47) Voir plus Ajouter une critique
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Sorti en 2007, La Route de l'américain Cormac McCarthy est aujourd'hui un classique de la littérature, récompensé à juste titre par le Prix Pullitzer et déjà adapté par John Hillcoat pour le grand écran.
Cette année, c'est un autre support qui accueille la magnificence de cette oeuvre au noir : la bande-dessinée.
Pour le mettre en images, les éditions Dargaud ont confié l'affaire à l'un des plus grand dessinateurs-auteurs du domaine : Manu Larcenet.
Que trouvera-t-on cette fois sur La Route ?

Des cendres et la fin du monde
La Route raconte une histoire d'une simplicité désarmante.
Celle d'un père et de son fils en guenilles qui avancent encore et encore sur une route sans nom dans un monde mort.
L'Apocalypse a eu lieu, les feux et l'homme ont ravagé tout ce qui existe pour n'en laisser qu'un cadavre froid.
Au cours de leur périple, ils rencontreront d'autres hommes, des survivants comme eux. Certains voudront les tuer, d'autres se cacheront.
Il en existe même qui veulent manger. Tout. N'importe quoi.
En s'emparant de cette histoire en forme de mythe, comme une parabole sur l'amour et le lendemain, Manu Larcenet trouve un terrain de jeu à la hauteur de son talent.
Il dépeint ce monde glacial en gris délavé qui ne se réhausse presque jamais de véritables couleurs, ou alors affadies, vieillies, fatiguées.
Le monde n'a plus de couleur, il est un enfer gris où les cadavres s'accumulent, ou les scènes murmurent le passé, aussi terrible soit-il.
Manu Larcenet a l'art du laconique, comme McCarthy.
Sauf qu'il emploie des crayons pour le non-dire à la place de la plume.
On se trimballe de villes désossées et villages abandonnées, on regarde les morts se balancer la corde au cou et l'on s'interroge sur l'horizon, où les personnages voient parfois des choses quand nous-mêmes ne voyons rien.
Au coeur de cette avancée inlassable, l'amour d'un père en son fils, l'amour total qui détruirait le monde s'il venait à le perdre.
Il n'y aurait plus de monde sans lui.

Le gentil pour dernier refuge
Manu Larcenet montre l'horreur sous toutes ses formes, les choses qui ont transformé l'homme en monstre. Qui laisse des traces.
Des caches de nourritures semi-vivantes ou des sectes qui se traînent dans la poussière.
Deux choses hantent le récit : la mort et le bien.
La première est omniprésente, elle semble inéluctable et pourtant le Père refuse que son fils pense à la Mort. Il veut qu'il vive, par tous les moyens possibles. La Mort est le tabou de la délivrance qu'on doit enseigner mais qu'il faut éviter de regarder. Sinon, elle nous rentre dans la tête.
Comme l'horreur, comme le Mal.
Dans un monde où tout s'est écroulé, la morale n'existe plus.
En fait, elle n'a même plus aucun sens.
Sauf pour l'enfant.
« Nous sommes les gentils ? » répète-t-il à son père régulièrement ?
La réponse est oui, bien évidemment. Toute personne veut être le gentil de l'histoire. Celui qui n'est pas le vilain, le monstre.
Mais quel sens quand les notions de bien et de mal n'existent plus ?
Quand plus rien n'existe.
Comment peut-on être humain demain quand être gentil peut signifier la mort ou d'abominables tortures ?
Manu Larcenet regarde le monde en imaginant un autre possible, celui d'un enfant qui veut continuer à être gentil même si cela n'a plus de sens.
On retrouve les couleurs dans l'ancien, dans les décombres de l'avant.
Dans une canette ou un emballage encore intact.
Aussi dans les yeux de l'enfant, dans sa volonté, jusqu'au bout d'être gentil.
Le père sait pourtant le risque, lui ne peut plus se permettre.
Alors il doit préparer son fils du mieux qu'il le peut.
Comment dire à son enfant qu'il n'y a plus d'espoir nul part et que la dernière balle doit être gardé pour soi-même ?
Peut-être en lui laissant sa chance. Peut-être.
En suivant la Route. Sa Route.
Et la gentillesse pourrait sauver le monde.

Oeuvre terrible transcendée par le talent d'un Manu Larcenet au somme de son art, La Route en bande-dessinée est un crève-coeur et un tour de force complet où le trait se fond avec le drame et l'amour.
C'est immense, c'est grandiose.
C'est Larcenet.
Lien : https://justaword.fr/la-rout..
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Cet album reprend à merveille le roman de Cormac McCarthy. Une catastrophe sans précédent a eu lieu. Une sorte de nuage nucléaire a tout décimé sur son passage. Il reste quelques survivants mais il ne fait pas bon de s'en approcher. Un père et son fils tentent tout pour rester en vie et fuir ces êtres sans raison ni humanité.

Tout l'album est dans un dégradé de gris et de noir, mimétique de l'atmosphère apocalyptique dans laquelle vivent les personnages. Il y a peu de dialogues, les paysages et les actions étant suffisants à la compréhension de l'histoire. On a l'impression d'être dans Mad Max mais en plus violent, ce qui n'est pas peu dire ! On tremble pour ce père protecteur et pour ce petit qui n'a rien demandé et qui devient mature d'un coup car il faut qu'il sauve sa peau.

Du grand art !
Lien : https://promenadesculturelle..
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Il fallait un illustrateur chevronné pour s'attaquer à l'oeuvre éponyme de Cormac McCarthy, prix Pulitzer 2007, dont l'ambiance oppressante, les dialogues parcimonieux et l'empreinte sensible réussissaient à enfanter un monde postapocalyptique aussi convaincant que terrifiant. Tout reposait dans ce roman sur la relation émouvante, sincère et fragile entre un père et son fils, qui ne sont jamais nommés et qui doivent rester en constant mouvement dans un pays ravagé par un cataclysme inconnu. Ils avancent ainsi sur la route, tenaillés par la faim, terrorisés par la menace de groupes violents et cannibales, poussant un caddie rempli d'objets hétéroclites nécessaires à leur survie, recherchant la chaleur en direction du sud.

Manu Larcenet s'était déjà illustré avec l'adaptation en noir et blanc du roman de Philippe Claudel, « le rapport de Brodeck ». Ses dessins en tons binaires, sans dégradés, pouvaient paraître très bruts, mais cela collait bien à l'histoire. L'identité graphique de « La route » est tout aussi sombre mais bien plus belle et recherchée à mon sens. Illustrer le silence, le froid et la peur représente une gageure certaine que l'illustrateur relève avec brio. C'est un monde de cendres et de pluie qu'il parvient à reconstituer dans toute son oppression et sa déstructuration. le trait est nerveux, intriqué, les scories omniprésentes. Les vignettes alternent entre flou brumeux et détails méticuleux. le père et le fils, étiques et éreintés, doivent sans cesse avancer, mais ce monde est statique, figé dans une gangue de mort. Les planches sont le plus souvent monochromes mais l'usage parcimonieux de la couleur, dans un discret nuancier de bleu délavé, d'ocre sale, de jaune passé ou de mauve glacial confère aux pages des ambiances très contrastées. On retrouve la parcimonie des dialogues entre le père et son fils, cette manie linguistique de l'enfant qui accepte les plus abominables vérités et les nécessaires actions par un « alors d'accord ».

Je conclurai en écrivant qu'on ne peut qu'être d'accord avec le fait que cette bande dessinée est une affreuse réussite mettant brillamment en images le roman de McCarthy.
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Je ne vais pas faire une dissertation, il y a l'original et la bande dessinée.
Pour ceux qui ont lu "la route", pas d'hésitation, c'est une adaptation réussie. Qui mieux que LE Manu Larcenet de "Blast" était capable de rendre cette atmosphère si particulière du roman ?
Graphiquement, c'est noir avec des variantes de gris, comme la cendre qui recouvre le monde. le désespoir, la solitude qui cristallisent sur les pages de l'artiste. Oui, l'artiste.
Pour les autres, les improbables lecteurs ne connaissant pas le roman même par ouï-dire, en gros, ça y est, on l'a fait. On a laissé libre cours à notre folie. C'est fini.
Ce qui différencie ce roman de survie de la plupart de ses équivalents contemporains, c'est qu'il n'y a vraiment plus rien : la seule solution est de nous bouffer entre nous. On touche vraiment le fond, ce qu'il y a de pire dans notre espèce est ainsi révélé. Exit l'espoir, exit notre petite part d'humanité.
Une bonne mise en bouche pour ce qu'on nous prépare peut-être.
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L'évènement graphique de l'année arrive enfin en librairie ! Et quelle réussite !

Je ne voyais absolument pas comment il était possible d'adapter ce roman « monument », prix Pulitzer en 2007 (si vous ne l'avez pas encore lu vous devez absolument combler cette lacune). Jamais au grand jamais je n'ai connu une telle angoisse en lisant une histoire. J'en rêvais la nuit. Je pensais constamment à cet homme et à cet enfant, me demandant comment ils allaient se sortir de ce monde dévasté, asphyxié par les cendres et cerné de dangers. le souvenir de sa lecture est encore très vif dans ma mémoire et les sensations sont intactes.

Tout est remonté en ouvrant la version Larcenet. Immédiatement, dans les décors, dans les couleurs, on s'immerge dans l'univers post apocalyptique créé par Cormac McCarthy. L'incroyable tension du roman s'installe aussi sûrement dans la bd. On retrouve la radicalité de l'oeuvre d'origine, faite de peu de mots, de peu d'action et de beaucoup de non-dits.
Et on se prend dans le coeur la force du lien qui unit ce père et ce fils.

Alors, une fois la dernière page tournée, l'évidence est là. Larcenet était bien le seul capable de ne pas trahir tout en étant intègre à ce que l'on connaît de lui.

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critiques presse (12)
BoDoi
18 avril 2024
Qui d’autre ? Qui d’autre que Manu Larcenet pouvait adapter La Route, le chef d’oeuvre de Cormac McCarthy, avec autant de pertinence et d’intensité ? Nombreux sont les dessinateurs de talent qui auraient pu prêter leur encre noire au récit post-apocalyptique de l’écrivain américain, mais peu auraient pu lui conférer cette justesse dans les sentiments et cette rage contenue dans la narration.
Lire la critique sur le site : BoDoi
LaLibreBelgique
12 avril 2024
Manu Larcenet nous emmène au bout de l?apocalypse. Une réussite totale.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LigneClaire
12 avril 2024
Un jeu d’aplats de couleur, des visages torturés, des rencontres, La Route est à prendre absolument avec Larcenet et ses deux compagnons au destin précaire mais si humains.
Lire la critique sur le site : LigneClaire
9emeArt
12 avril 2024
Loin d’être une adaptation fidèle du roman, cet album est une belle variation autour du texte de McCarthy qui modifie les interprétations possibles du texte original par des choix radicaux. Si le livre de Manu Larcenet est une bande dessinée réussie et très impactante graphiquement, elle se prive peut-être d’une dimension qui en a fait ce chef-d’œuvre mondial mais propose autre chose de percutant.
Lire la critique sur le site : 9emeArt
SudOuestPresse
09 avril 2024
Manu Larcenet s'est emparé de « La Route », oeuvre phare de l'écrivain américain Cormac McCarthy. Une adaptation tout à la fois fidèle et extraordinairement personnelle.
Lire la critique sur le site : SudOuestPresse
LaTribuneDeGeneve
09 avril 2024
L'artiste français adapte «La route», grand roman de Cormac McCarthy, et signe une oeuvre monumentale
Lire la critique sur le site : LaTribuneDeGeneve
OuestFrance
03 avril 2024
Avec cette dernière oeuvre graphique parue ce 29 mars, l'auteur star du « Combat ordinaire » et de « Blast » atteint des sommets. Un chef d'oeuvre.
Lire la critique sur le site : OuestFrance
Syfantasy
03 avril 2024
Aucune planche n'est à jeter dans cette ambitieuse revisite de la Route, et la portée du message, pessimiste mais réaliste à la fois, frappe le lecteur avec autant de force que l'œuvre original. Majoritairement muette, cette épopée à travers les rêves brisés d'une société à la dérive se dévoile par ce qu'elle montre, par les figures burinées de nos personnages, et bien sûr par ce qu'elle dit de nous, tapis au plus profond de nos cœurs.
Lire la critique sur le site : Syfantasy
LeMonde
03 avril 2024
En adaptant le best-seller de l'Américain Cormac McCarthy, l'auteur restitue avec une précision jubilatoire la noirceur d'une Amérique postapocalyptique.
Lire la critique sur le site : LeMonde
ActuaBD
29 mars 2024
Un exercice audacieux finalement, relevé avec beaucoup d’exigence. [...] Nul doute qu’elle saura provoquer des réminiscences plus ou moins désirables à tout inconditionnel de l’œuvre de McCarthy, et un vertige profond aux néophytes du roman.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Actualitte
28 mars 2024
Un grand roman adapté par un grand bédéiste donne-t-il forcément une bande dessinée magistrale ? Impossible de généraliser, mais dans le cas de La route de Cormac McCarthy racontée en images et en bulles par Manu Larcenet, la réussite est indubitable.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LesInrocks
28 mars 2024
Déjà attiré dans le passé par la noirceur, le dessinateur français livre une version magistrale du roman postapocalyptique de Cormac McCarthy.
Lire la critique sur le site : LesInrocks
Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
Tu ne peux pas nous protéger, j'aurais du le faire avant quand il restait encore 3 balles dans le revolver eu lieu de 2. Tu sais que je le ferais. C'est ce qu'il faut faire. Tôt ou tard, ils nous rattraperont...
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Je voudrais être avec maman....Tu veux tu voudrais être mort?
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si tu manques aux petites promesses, tu manques aux grandes
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-Papa ?
- Mh?
-Il serait de quelle couleur l'océan ?
-Bleu...Un peu vert...mais surtout bleu.

p_122
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- Réfléchis à ce que tu mets dans ta tête, parce que ça y restera pour toujours.
- Il y a bien des choses qu'on oublie, non ?
- Ouais... On oublie ce dont on devrait se souvenir et on se souvient de ce qu'il faudrait oublier.
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