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ISBN : 2374910636
Éditeur : Quidam (24/08/2017)

Note moyenne : 4.42/5 (sur 65 notes)
Résumé :
"Je suis romancier. J'invente des histoires. Des intrigues. Des personnages. Et, je l'espère, une langue. Pour dire et questionner le monde, l'humain.
Il m'est arrivé une mésaventure, qui est une tuile pour le romancier qui partage ma vie: je me suis trouvé un soir parisien de novembre au mauvais endroit au mauvais moment; donc lui aussi."
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Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  08 novembre 2017
Il voulait écouter du rock et passer une soirée du tonnerre..........mais Lachésis y a décidé autrement, il va plutôt frôler la foudre se retrouvant avec une balle dans les fesses. Erwan Lacher raconte ce qu'il ne voulait pas raconter.....cette terrible nuit du 13 novembre 2015 au Bataclan,où il était présent, «mauvais endroit au mauvais moment », et s'en est sorti avec le statut de rescapé. Qu'il soit «  le seul écrivain présent ce soir-là au Bataclan », et le mot magique de « partager » , lancé par une amie va achever sa réticence. Mais bon, la tâche n'est pas facile : comment insérer la tragédie intime (1500) dans le drame national (1), comment raconter en romancier et non en chroniqueur, comment éviter l'autofiction, le voyeurisme,......bref comment en faire un objet littéraire ?
Vivre un drame pareille ne peut être raconté à chaud.....une fois que le temps a estompé le vif, peut-on le retrouver? Surtout que ce vif est vécu dans une autre dimension temporelle que celle “des trotteuses et des chronomètres, régulé de l'intérieur par émotions et sensations, instinct, animalité “. La réponse je ne la connais pas, mais Erwan lui ne se pose même pas la question, il prend carrément un autre chemin, sans chercher à reconstituer le vécu. Sans pathos, à l'aide d'artifices littéraires, jonglant avec le « tu », « je », « il », il tourne autour de la tragédie, la touche, se retire, l'observe, le remet dans son contexte au sens large, donnant la parole à toutes les personnes ( victimes, amis, terroristes....) qui y ont été directement ou indirectement mêlées ou touchées. Il nous émeut, réussissant magistralement à coucher sur papier des sentiments, des émotions et des choses indicibles reliés à cette barbarie du XXI iéme siècle, et à son propre processus de guérison psychologique et physique, intimement liées. Son regard est impartial, lucide et honnête (« Sagesse millénaire: qui sème le vent récolte la tempête »), teinté d'un zeste d'humour, attitude difficile vu son implication dans le drame.
Ce livre est en lice pour le prix littéraire « Hors concours », je lui souhaite donc beaucoup de chance. Des cinq finalistes, c'est le troisième que je lis et je dirais que déjà avec ces trois, difficile de départager......donc bon courage aux jurés ! Et un grand merci à nadiouchka.
« J'ai découvert tout cet amour. Il a fait dévier la trajectoire de la balle, n'essayez pas de me prouver le contraire. »

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jujuramp
  06 novembre 2017
Erwan Larher est écrivain.
Erwan Larher était au Bataclan en ce 13 novembre 2015.

Deux faits n'ayant rien à voir l'un avec l'autre.
Et pourtant, c'est parce qu'il est écrivain qu'il devra écrire ce livre.

Un ouvrage bouleversant. Evidemment pour les faits qu'il raconte mais surtout dans la manière dont il raconte. Sans pathos. Sans clichés. Sans tous ces hors propos nauséabonds qu'on a souvent dû subir dans les journaux, les médias, les profils Facebook, juste après les attentats de Paris. C'est un témoignage, personnel et universel. C'est un baume. Qui n'explique pas l'inacceptable. Qui ne donne pas dans la récupération. Dans le message militant ou dans le sensationnel. Mais c'est l'histoire d'un type plutôt sympa au mauvais endroit au mauvais moment. Et des conséquences que ça aura. Pour lui. Pour ceux qui l'aiment. Pour les gens en général.
C'est un hommage aux soignants, dans les hôpitaux qui ont, qui font tant.
C'est un livre qui restera.
Le livre que personne ne devrait avoir à lire mais que tout le monde se doit de lire.
Pour se souvenir qu'un soir, tout peut basculer …
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nadiouchka
  15 octobre 2017
Octobre 2017 est un mois riche en rencontres littéraires et hier soir, j'en ai eue une de plus avec Erwan Larher dans ma librairie très active pour cela. Au fait, il faudrait que je la cite un peu : c'est « L'Attrape-Mots », rue Paradis à Marseille, avec Agnès qui a mené l'interview.
D'habitude je dis, à la fin de ma critique : « Merci » à l'auteur mais cette fois je le dis au début : « Merci Erwan d'être venu nous parler de votre dernier livre : "Le Livre que je ne voulais pas écrire ». Merci de votre présence si amicale, chaleureuse, enthousiaste, pleine de drôlerie.
Il n'est pas facile d'écrire sur un sujet aussi grave.
Venons-en à ce livre que j'avais déjà lu avant cette rencontre et pour lequel, poussé par votre entourage, vous vous êtes décidé à l'écrire alors que pour vous l'idée ne vous était pas venue à l'esprit car c'était un fait divers personnel. Vous vous êtes dit que cette « mésaventure » n'était plus tellement uniquement la vôtre mais qu'elle était « collective ».
Quand vous commencez à raconter les faits, vous écrivez en page 18 : « La violence ? Elle arrive ». Mais aussi « Tu es le paradigme d'une civilisation défiée, de la liberté agressée. Tu n'as compris cette identification que très tard, même si depuis ce 13 novembre 2015, sans cesse on te demande, (puisque vous êtes écrivain) si tu vas écrire dessus.
Non. Tu vas écrire autour » (page 38).
Vous vous trouviez donc au Bataclan, ce vendredi 13 novembre 2015, au mauvais endroit, au mauvais moment et votre lecture du passage de l'achat de votre billet d'entrée a été faite de façon bien amusante. D'ailleurs, ce livre est truffé d'humour malgré l'horreur de l'événement. Et vos santiags qui d'ailleurs figurent en couverture...
Pour vous, écrire c'est « défendre la civilisation, questionner le monde ». Et votre ambition est que vos livres soient lus encore dans cinquante ans. C'est bien ce que l'on vous souhaite.
Certes vous vous en êtes sorti vivant, mais avec de nombreuses blessures (à une fesse et des séquelles qui ont duré un temps certain) et donc une hospitalisation : là aussi votre description du transport en ambulance est sacrément comique, bien que votre place ne soit pas à envier et que vous ne racontez que la vérité, aussi incroyable soit-elle.
Le récit commence par : « Tu écoutes du rock. du rock barbelé de guitares et de colère ». le rock, il en est bien question puisque ce soir-là, vous êtes allé au concert de EODM (Eagles of Death Metal) et lorsque les premières balles commencent à fuser, on pense à des pétards. Mais bien vite, des HURLEMENTS (majuscules utilisées dans le livre, on verra plus tard l'explication) s'élèvent avec des blessés et des morts qui tombent. C'est un carnage mais finalement vous êtes secouru (au bout d'un long moment) avec la peur de l'hémorragie, la peur de mourir sous les balles de Kalachnikov.
Ce roman est à plusieurs voix car vous avez incorporé des textes dans des chapitres intitulés : « Vu du dehors », des textes de proches sans nouvelles de vous car vous aviez oublié votre portable !
Vous parlez à Iblis, un terroriste (ce nom que vous lui avez attribué correspond à un djinn, mais dont la racine arabe est : désespérance), en vous demandant comment on peut arriver à vouloir se suicider.
Votre écriture alterne du « je » eu « tu », des allers-retours, mais à la fin du livre c'est le « tu » qui prédomine et là vous pensez : « délivrance ». du coup le lecteur se met à votre place. Cette écriture a été très laborieuse, avez-vous dit, mais finalement elle a été rapide puisque l'ouvrage a été publié en octobre 2017. Que dire de votre éditeur qui ne voulait pas de bas de pages et de votre façon de l'entourlouper en les incorporant dans le texte : bien joué.
De votre point de vue, vous n'êtes pas un moraliste mais un romancier. le lecteur doit avoir changé son point de vue en fermant le livre.
A signaler vos moments de lectures (demandées à l'unanimité par un nombreux public présent : vous avez fait salle comble) et vous avez choisi des passages humoristiques,. L'humour, toujours l'humour qui émane de vous. Vous avez également cité cette phrase, présente dans le texte : « Un romancier doit jouer avec le lecteur et ne doit pas se jouer des lecteurs ».
Pour vous, du moment qu'il y a de l'authenticité, peu importe ce qui est vrai ou pas. Ce qui compte c'est la justesse, la reconstitution des faits.
Que rajouter de plus sans dévoiler le reste de l'intrigue ? Un point sur la graphie : des pages presque blanches avec seulement un texte court et que vous avez joué avec la typographie, notamment avec le mot HURLEMENTS en majuscules.
Pour ma part, il faut tout de même que j'en arrive à la conclusion car autrement je raconterais le livre et je vous adresse à nouveau un grand MERCI. Merci d'avoir décidé finalement d'écrire « Le livre que je ne voulais pas écrire ». J'aurais aimé écrire encore plus sur cette soirée et sur votre livre, mais toute bonne chose a une fin.
Ç'aurait été tellement dommage de ne pas partager ces moments avec vous le rescapé du Bataclan.
A présent, il me reste à lire « Margot n'aime pas ses fesses » (encore une histoire de fesses) qui m'attend. A mon avis, je vais encore y trouver beaucoup d'humour malgré le fond de l'histoire et certainement encore des pépites.
Je voudrais juste rajouter cette petite critique : « L'horreur selon Larher. Un récit qui échappe à tous les cadres. » (Pierre Vavasseur, le Parisien et qui travaille aussi à France Inter).
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carre
  20 octobre 2017
Difficile de parler d'un livre qui vous a autant ému. Erwan LARHER était au Bataclan ce terrible soir du 13 novembre 2015 ou la folie terroriste à frapper différents lieux de Paris. Erwan a été blessé dans sa chair, a dû lutter en serrant les dents, pas les fesses (la balle était passée par là). Il raconte, plutôt il rend compte des différentes émotions qui l'on parcouru pendant ces mois de souffrance. Mais Larher lui, n'a pas envie de faire pleurer dans les chaumières. Lui ce qui l'intéresse c'est les mots, ceux qui font qu'il a quitté son métier pour devenir écrivain. Et son talent narratif transpire tout du long de ce texte jamais larmoyant, toujours tourné vers une légèreté et une sensibilité qui colle parfaitement à Larher. Son livre est magnifique, vient vous cueillir alors que Larher fait tout pour l'éviter, certaines pages sont d'une justesse et d'une puissance incroyable. D'accord avec vous Erwan, on aurait aimé que ce livre n'existe pas, mais puisqu'il est là malheureusement, autant vous le dire, j'ai rien lu de mieux cette année.
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jg69
  24 août 2017
"Tu étais au mauvais endroit au mauvais moment, tu es un miraculé pas une victime "
J'ai eu la chance de croiser Erwan Larher lors de la soirée du 9 décembre 2016 qui clôturait la session 2016 des 68 premières fois, les organisatrices avaient convié des auteurs de premiers romans mais également quelques auteurs amis dont Erwan, la soirée s'est terminée en petit comité dans un restaurant. A l'époque je ne connaissais ni l'écrivain, ni l'homme, ni le drame qu'il avait vécu.
Le 13 novembre 2015 Erwan assiste seul à un concert de rock au Bataclan, "À partir de là commence une histoire que je ne voulais pas raconter." Dans un premier temps Erwan refuse de témoigner comme rescapé du Bataclan, il résiste à la pression de son entourage qui le pousse à partager son expérience, à écrire sur cet événement puisqu'il était le seul écrivain présent ce soir-là dans la salle.
Dans une première partie écrite à la première personne, Erwan nous relate ses interrogations, son cheminement pour aboutir à ce qu'il nomme un projet B : il va écrire autour de l'évènement comme un romancier, son livre ne sera ni un récit ni un témoignage, il ambitionne d'en faire un objet littéraire en prenant la posture d'écrivain et non de victime. Il reprendra le "Je" de l'écrivain à la toute fin du texte.
Il demande à quatorze de ses proches de lui fournir un texte sur la façon dont ils ont vécu cette nuit-là. On retrouve ces écrits sous la forme de chapitres insérés régulièrement et intitulés "vu du dehors", ils ne sont pas signés mais la liste des quatorze proches figure en début de livre. On apprend ainsi que cette nuit-là, sa compagne Jeanne crée un groupe sur Facebook pour tenir leurs amis informés, elle y a inclus tous ceux qui s'inquiétaient pour Erwan sur leur mur Facebook. Sur les réseaux sociaux Erwan est devenu "l'ami du Bataclan". Tous sont restés sans nouvelles de lui de 22h à 4h du matin...Il n'avait pas pris son portable...
Erwan passe au "Tu" pour raconter l'indicible, il commence par se mettre dans la peau des terroristes, il tente de comprendre leur colère, leur désespoir. Il évoque l'attaque, les hurlements (HURLEMENTS dans son texte), la balle qu'il reçoit dans la fesse alors qu'il est protégé par un pilier puis le silence durant lequel il se répète à l'infini "Je suis Sigolène, je suis un caillou" (Son amie Sigolène Vinson a publié un roman "Le caillou" et était présente dans les locaux de Charlie le 7 janvier) en faisant le mort avec quelqu'un accroché désespérément à son mollet. Puis les gémissements autour de lui après l'assaut et enfin le calvaire de l'attente des secours.
Il parle de la panique qu'il ressent chez certains jeunes sauveteurs, des larmes dans les yeux de certains soignants, des quelques jours passés en réanimation, de l'amour et de l'amitié qui l'aident à ne pas sombrer dans la mélancolie "Le corps ne se retape pas sans amour; il faut lui donner une raison de lutter.", de l'hôpital où il réapprend à se tenir debout et à marcher "Tu as fait connaissance avec ta mort, allongé sur le sol du Bataclan; tu rencontres maintenant ta vieillesse à venir" puis, après deux semaines d'hospitalisation, de sa convalescence chez ses parents dans le sud.
Ses journées sont alors rythmées par des séances de kiné, d'ostéopathie, d'hypnothérapie pour traiter sa perte de sommeil et par la correction du manuscrit de son prochain roman qui doit paraître quelques mois plus tard, il a un besoin impérieux de corriger ce texte pour ne pas craquer, il vient d'en choisir le titre et ce sera "Marguerite n'aime pas ses fesses", ce qui ne manque pas de sel lorsqu'on pense à la localisation de ses blessures... La douleur physique est omniprésente mais l'infirmité qui l'angoisse le plus est sa perte de libido et de ses capacités érectiles "Tu aspires à être reconnu tout à la fois comme un individu aimable, un écrivain respectable et un amant notable"
Il refuse clairement d'être considéré comme un héros, pour lui ce sont les pompiers et les soignants qui sont des héros, il leur rend un vibrant hommage. Il parle des sentiments qu'il a éprouvés, de la culpabilité qu'il a ressenti de ne pas s'être comporté en héros car, comme tous, il a fait le mort. Il évoque la culpabilité de ne pas s'être raccroché aux siens par la pensée, il dit qu'il a simplement subi, qu'il a simplement attendu.
Ce récit donne bien entendu des frissons mais Erwan Larher a atteint son objectif, ce livre qu'il ne voulait pas écrire est un bel objet littéraire. Il y fait preuve d'une incroyable pudeur, d'un humour et d'une autodérision à toute épreuve, il faut dire que la localisation de sa blessure lui a donné matière à de belles tirades... La question de sa légitimité à écrire sur le Bataclan traverse son texte de part en part "La littérature n'arrête pas les balles. Par contre, elle peut empêcher un doigt de se poser sur une gâchette. Peut-être. Il faut tenter le pari"
J'ai apprécié la grande sincérité de ce récit très intime où il se met à nu sans aucun apitoiement sur lui-même sans aucun voyeurisme. J'ai aimé son idée d'avoir inclus dans son récit les témoignages de ses proches, les regrets de certains d'entre eux sont particulièrement émouvants. Il est intéressant de voir comment son entourage le perçoit.
Réfractaire à toute forme de violence, n'ayant jamais rien vécu de traumatisant avant le Bataclan, Erwan tente de trouver un sens à cet évènement. Une mise à l'épreuve? Une ouverture sur autre chose? Dans quelques passages son propos devient plus politique, cet évènement enrichit son perpétuel questionnement sur le monde.
En tout cas ce texte qu'Erwan ne voulait pas écrire et qu'il a vraiment bien fait d'écrire le rend encore plus sympathique.
La quatrième de couverture et la jaquette de ce récit avec une paire de santiags (seules chaussures qu'Erwan portent) sont particulièrement réussies. Bravo aussi à l'éditeur !


Lien : http://leslivresdejoelle.blo..
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critiques presse (2)
Actualitte   12 septembre 2017
En marge, ni roman ni récit, qu’importe. Objet de littérature, en plein dans le cœur de l’humain. À vif. Vivant.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Lexpress   11 septembre 2017
Le Livre que je ne voulais pas écrire a l'intelligence de se montrer plus grand que le sort tragique qui l'a provoqué. Il raconte les faits frontalement, sans pleurs ni plaintes.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   06 novembre 2017
Pendant des semaines, des mois, tu t’es trouvé face à elle dans une situation de désemparement aigu, soucieux de la consoler, la réconforter, la soutenir, de lui donner de l’amour en sachant que c’était inutile, que tu resterais à jamais à la surface de son chagrin, comme ces crèmes contre la sécheresse cutanée qui, nous explique-t-on en petits caractères, n’hydratent que les couches supérieures de l’épiderme.Parce que tu es à l'extérieur de son drame .......L’extrême souffrance nous renvoie à notre irréductible solitude, à notre irréfragable individualité......p.81
+ Lire la suite
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cardabellecardabelle   25 novembre 2017
Je pénètre dans la salle .
Sensations familières , plénitude immédiate : un concert de rock .
Je souris .
Je suis bien .
[ ...]
Je suis bien . Parmi les miens .
[...]
J'aime cette atmosphère .
Mes coreligionnaires et moi sommes réunis dans la même attente , prêts à communier .
Heureux .
Ils sont mes semblables , mes frères , nous sommes liés par le rock.
Bienfaisante empathie .
[...]
Complicités .
De vraies vies , de vraies personnes , avec des histoires et des espoirs , des secrets et des mesquineries , des générosités .
Amis, voisins , prof de danse de votre fille aînée , caviste du boulevard .
De vrais rires , des potes , des amoureux .
[...]
La fosse se remplit ...
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nadiouchkanadiouchka   18 octobre 2017
L’historiographe a retenu quelques culminaisons de ce début de traversée.
La première biscotte. C’est délicieux une biscotte. Tu en avais oublié le goût. Trop sous-estimée, la biscotte. La faute aux petits pains suédois ? Ainsi, les Vikings ne se seraient pas contentés de tuer l’artisanat du meuble et d’étrangler nos auteurs de polars, ils auraient aussi émietté l’industrie de la biscotte, ces Barbares ? De l’italien biscotto, cuit deux fois, le latin médiéval biscottum est attesté dès 1218 à Modène selon le Dictionnaire historique de la Langue française. Après quatre jours sans rien avaler, même pas de l’eau, tu dégustes, pétri de gratitude, la meilleure biscotte de toute ta vie. (…) Retour à des tables de petit-déjeuner où le défi consistait à beurrer la biscotte sans la briser - certains avancent qu’il suffit d’en superposer deux ; or le seul résultat de cette douteuse stratégie est de doubler le risque de casse. P.161
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BookycookyBookycooky   08 novembre 2017
Tu persistes à penser que notre vraie inclination est de nous entraider, de nous entraimer.
Quand on nous met en concurrence pour des emplois, des notes, des chronos, des partenaires sexuels, nous intériorisons la lutte, l’autre devient un adversaire; quand on instille la peur et la méfiance, l’autre devient un ennemi. p.225
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nadiouchkanadiouchka   22 octobre 2017
Le monde continue son défilement vertical, les scrupules étouffent toujours aussi peu, il faut bien vivre :
- Allô, oui, bonsoir.. hum… je suis X, rédacteur en chef de (grand média local), je vous appelle parce que… heu… bon… je sais que vous avez été blessé au Bataclan le 13 novembre… et heu… vous avez refusé de nous en parler… mais heu… je me demandais… est-ce que vous accepteriez de… enfin… de… hum… d’évoquer… les attentats de Bruxelles ?
- Le 14 avril, mon cinquième roman sera en librairie : de cela je veux bien vous parler.
- Ah… heu ??? Bon, tant pis. Merci, au revoir. P.223
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Videos de Erwan Larher (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Erwan Larher
Erwan Larher - Le livre que je ne voulais pas écrire
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