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ISBN : 2221222059
Éditeur : Robert Laffont (18/10/2018)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Au-delà du cliché du savant fou, il semble qu'il y ait un vrai problème d'équilibre mental chez les plus grands mathématiciens. Le Russe Perelman, le Français Grothendieck, l'Allemand Cantor et l'Autrichien Gödel en sont des exemples frappants. À l'issue d'une étude minutieuse, Fouad Laroui distingue trois formes de folie chez les mathématiciens, qui toutes trois lient Dieu à leur discipline : il s'agit de se mesurer à lui dans une quête de l'infini, de voir sa Face... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
RITAB
  18 octobre 2018

Dans l'imaginaire collectif, il y a cette croyance que les mathématiques pures sont la discipline qui se rapproche le plus de l'Être. Quand un mathématicien voit pour la première fois une démonstration, cela lui donne le sentiment de soulever un nouveau pan de vérité absolue et universelle, de s'approcher de Dieu.
Il porte en lui en quelque sorte la parole de Dieu.
Les mathématiques décrivent des vérités qui existent indépendamment du monde matériel, ce qui en fait une discipline à part. Fouad Laroui, dans cet essai, nous rappelle que c'est la secte religieuse des pythagoriciens qui appela ses initiés « mathématiciens », c'est-à-dire ceux qui détiennent le savoir.
Dans son introduction, l'auteur évoque l'emblématique l'histoire de « Unabomber », ce mathématicien militant écologiste qui tua 3 personnes et en blessa 23 autres. Encore en prison aujourd'hui, Ted Kaczynski, qui a fait l'objet de la chasse à l'homme la plus coûteuse de l'histoire du FBI, est un mathématicien. Il démontra un important théorème d'algèbre à seulement vingt-trois ans. Il justifia son terrorisme par ces deux assertions :
1/ le progrès technique conduit à un désastre inéluctable.
2/ Seul l'effondrement de la civilisation moderne peut empêcher le désastre.
Dans son essai, Fouad Laroui aborde un certain nombre de thèmes qui ont façonné ce lien entre les mathématiques et la philosophie au cours des siècles. La foi. Les sciences et la religion. L'infiniment petit et l'infiniment grand, dénombrable ou continu, que l'on peut se représenter ou imaginer, qui indique une direction. Et l'infini champ des connaissances qui nous entoure. le monde, l'univers. La puissance des découvertes des mathématiciens et les limites de leurs découvertes. le passage de connaissance entre les disciplines. Des mathématiques à la physique. L'instabilité du monde de la physique des systèmes dynamiques sensibles aux conditions initiales qui mène à la théorie du chaos et à l'effet papillon. La « folie » de Perelman et de Grothendieck. L'extase métaphysique.

Mais « Qu'est‑ce qu'un homme, dans l'infini ? » (Blaise Pascal, Les pensées). La folie qui guette. Et qui s'installe chez Perelman, Grothendieck, Gödel.

Mais qu'est-ce la vie sans la raison ?

C'est ce tourbillon de notions, de relations, de causes et de conséquences, de constatations, d'évènements historiques, que Fouad Laroui tente d'ordonner dans cet essai avec une approche interdisciplinaire. Il y détaille le rôle des sciences sans entrer dans des considérations scientifiques. Rassurez-vous, les formules ne sont exposées que pour mettre en avant leur valeur esthétique. Et surtout l'humain n'est jamais bien loin. A chaque chapitre. L'avancée des sciences, la religion et l'histoire de ces hommes – de « ce roseau pensant » (Blaise Pascal) qu'est l'être humain – s'entremêlent et Fouad Laroui nous raconte l'histoire de ces interactions à la manière d'un ethnologue.

Dans la première partie, l'auteur commence par un postulat : l'idée d'infini fut d'emblée associée à Dieu.
Il nous donne un aperçu des différentes approches de la notion d'infini telle qu'elle a été définie à travers les siècles ; et ce depuis les présocratiques (Parménide) en passant par Socrate, puis par Copernic avec la révolution copernicienne qui a fait placer le soleil au centre de notre univers, et le siècle des lumières où la physique a largement utilisé les notions d'infiniment petit. Il nous relate l'apport de Cantor au XIXème qui a fait de l'infini un objet d'investigation avec la théorie des ensembles et enfin s'attarde sur notre époque contemporaine avec l'infiniment vaste grâce à Einstein et aussi grâce aux différentes découvertes qui ont mis à mal le côté inébranlable du formalisme mathématique.
L'infini a donc toujours été relié à Dieu. Il a évidemment subi un certain nombre d'interprétations, de définitions, de représentations et d'utilisations à travers les siècles et s'est détaché de son identification à Dieu de façon progressive. Les prudents Euclide et Aristote avaient rejeté l'infini en acte – l'infini avec une représentation physique – tout en reconnaissant l'infini potentiel. Et au milieu de cet enchaînement de découvertes et de l'extension de la manipulation de la notion d'infini d'une discipline à l'autre – que ce soit l'infiniment petit ou l'infiniment grand – il nous explique comment la scolastique a concilié l'existence de l'infini potentiel depuis Aristote (qui rejette l'infini en acte) à l'infini actuel (qui existe réellement par opposition à l'infini potentiel).
Au milieu de tous ces mathématiciens, peut-être le trajet de Pascal est-il le plus admirable. Pascal a su garder toute sa tête tout en maniant l'infiniment petit ou l'infiniment grand. On connait tous sa contribution dans l'invention de la machine à calculer, sa contribution en géométrie. On apprend également qu'il a posé les jalons du calcul des probabilités – et encore bien d'autres –, reliant ainsi la notion de hasard à l'infini avec le calcul des probabilités.
Ce grand prosateur, qui avait la capacité incroyable de se dédoubler et de se confectionner plusieurs identités, a su naviguer à travers une quantité de disciplines. Il a parcouru le monde des connaissances scientifiques, et à chaque étape de compréhension, il a calmé ses ardeurs devant l'immensité qui se déployait devant lui. Et donc, c'est tout humblement qu'il s'est posé la question « Qu'est-ce qu'un homme dans l'infini ? ». On pourrait presque en arriver à la conclusion que Pascal a su s'extraire de sa fonction de scientifique et regarder de loin sa position comme une position toute relative dans le monde infini dans lequel il se débattait. Comme si l'aller-retour entre la concision, le formalisme mathématique, et le déploiement de sa pensée et de son âme l'avait maintenu en bonne santé mentale et physique.
Blaise Pascal ne s'est jamais posé au-dessus des vérités de ce monde parce qu‘il avait « compris » mieux que d'autres, mais il en a conclu que partout le monde s'étendait (capacité de dédoublement du prosateur qu'il était ?) dans maintes directions, et que l'homme est loin d'avoir la capacité de tout comprendre ; nul ne peut s'approcher de la vérité suprême au point de s'y confondre. Il s'est mis au milieu de cette immensité, a tracé des asymptotes vers cet infini. Et malgré toutes les découvertes qui ont hissé Pascal sur de hautes sphères jusque-là inexplorées, Pascal – dont je vous invite à écouter ici le texte sublime "Qu'est-ce qu'un homme, dans l'infini ?..." (Disproportion de l'homme, extrait des Pensées de Pascal) lu avec la très belle voix posée et grave de Nicole Garcia – n'a pu qu'arriver à la conclusion qu'il était infiniment éloigné de tout comprendre et qu'il ne pouvait pas se passer de sa foi.
Dans une deuxième partie Fouad Laroui nous explique comment la vérité mathématique s'est détachée de la vérité scientifique. Il nous raconte comment l'on a tenté de rapprocher les vérités religieuses et scientifique, notamment quand les mathématiques ont étendu leur champ d'application à la physique et à l'astronomie. Il nous raconte un épisode intéressant à travers le Faust de Christopher Marlowe (1592) qui fait référence à la notion de réinterprétation des textes religieux telle qu'introduite par Averroès. C'est cette réinterprétation dont parle Averroès qui fait converger une vérité scientifique et une vérité religieuse vers la même vérité (Galilée fera la même chose quelques siècles plus tard par la concordance du système de Copernic.) Et l'auteur constate à juste titre que l'on a perdu dans la religion musulmane cette sagesse qui vient de la scolastique et qui a pourtant navigué dans le monde occidental.
Heisenberg, contemporain des deux hommes, écrivit : « Je considère que l'ambition de dépasser les contraires, incluant une synthèse qui embrasse la compréhension rationnelle et l'expérience mystique de l'unité, est le mythos, la quête, exprimée ou inexprimée, de notre époque. »
Plus de mille ans avant Heisenberg, Farabi (philosophe musulman persan) évoquait cette synthèse : « la fin de l'homme est d'entrer dans une union de plus en plus étroite avec la raison (l'intellect actif). L'homme est prophète dès que tout voile est tombé entre lui et cet intellect. Une telle félicité ne peut s'atteindre que dans cette vie. L'homme parfait [celui qui fait l'expérience mystique de l'unité] trouve ici-bas sa récompense dans sa perfection. » (p127)
Enfin, Fouad Laroui aborde la question de la représentation physique des formulations mathématiques. Quand la logique mathématique sans confrontation au réel devient une discipline à part entière. Et il donne des exemples où des applications réelles ont été découvertes après qu'une théorie mathématique ait été établie.
Puis l'auteur repart sur cette réalité mathématique qui se dérobe en introduisant toutes les notions qui ont mis à mal le côté inébranlable des mathématiques. Il aborde les notions de stabilité par rapport aux conditions initiales, il insiste sur la consternation que provoque le théorème d'incomplétude de Gödel. le mot en soi « incomplétude » peut faire grincer tous ceux et celles qui ont pensé trouver dans les mathématiques un univers stable et rassurant. Gödel avec son théorème d'incomplétude met à mal la notion de formalisme et de démonstrations possibles à travers ce formalisme ; et il pointe ce qui reste pure énonciation, vraie, et ne peut être démontré.
Et enfin place à la folie, avec les histoires de Grothendieck qui a refusé la médaille Field ainsi que l'histoire du Russe Perlman et Gödel.
Weng, biographe de Gödel qui note : « il était fanatiquement rationnel – ce qui n'est plus du tout rationnel. » Il n'est pire folie que celle du sage, dit un proverbe. (p256)
Et donc… Est-ce que la vie est ailleurs ? Finalement quand on voit le décharnement physique de certains mathématiciens purs, n'est-il pas plus sain de se rapprocher de l'animal instinctif, le chasseur, le sensible, l'hédoniste ? Est-ce que la recherche de vérité ne dessèche pas ?

Je conclurai par ces citations qui me semblent énoncer la même chose. La même loi. Deux mille ans les séparent. Ma foi en l'universalité de cette loi me dit que de tout temps ceci restera vrai :
Aristote : « Les deux seuls mobiles de l'homme sont la vérité et l'amour »
Alexandre Grothendieck dans son avant-propos de « Récoltes et Semailles »
« Dans la Promenade et un peu partout dans Récoltes et Semailles, je parle du travail mathématique. C'est un travail que je connais bien et de première main. La plupart des choses que j'en dis sont vraies, sûrement, pour tout travail créateur, tout travail de découverte. C'est vrai tout au moins pour le travail dit "intellectuel", celui qui se fait surtout "par la tête", et en écrivant. Un tel travail est marqué par l'éclosion et par l'épanouissement d'une compréhension des choses que nous sommes en train de sonder. Mais, pour prendre un exemple au bout opposé, la passion d'amour est, elle aussi, pulsion de découverte. Elle nous ouvre à une connaissance dite "charnelle", qui elle aussi se renouvelle, s'épanouit, s'approfondit. Ces deux pulsions - celle qui anime le mathématicien au travail, disons, et celle en l'amante ou en l'amant - sont bien plus proches qu'on ne le soupçonne généralement, ou qu'on n'est disposé à se l'admettre. Je souhaite que les pages de Récoltes et Semailles puissent contribuer à te le faire sentir, dans ton travail et dans ta vie de tous les jours. »
Lien : https://lapagederita.blogspo..
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Horizon_du_plomb
  12 mars 2019
« À ceux qui lui demandent, par exemple : «  L'infini divisé par l'infini, ça donne quoi ? » , le mathématicien répond que ces mots n'ont aucun sens.
S'ils insistent, il réplique: « Eh bien, disons que ça donne la même chose que « la vérité divisée par la beauté ». On ne peut diviser que des nombres. Vérité, beauté, infini, ce ne sont pas là des nombres. »
J'avoue que j'étais un peu appréhensif avant la lecture, vu que le lien mathématiques et folie est un sujet assez rabattu (comme celui des joueurs d'échecs d'ailleurs) quand on s'y connait un peu. Ce livre offert a été une rencontre en territoires assez connus pour moi, mais néanmoins étranges et toujours fascinants, comme cette introduction qui reparle des ponts de Königsberg que j‘ai croisés récemment dans une masse critique jeunesse sur Kant. Certains appellent cela synchronicité, synergie d'un monde lié mais une vérité que personne ne peut nier est que notre cerveau est une machine à lier, corréler.
« Le calcul des probabilités est le calcul des occurrences d'un évènement particulier sur un nombre infini de cas. Ainsi, on pourrait dire qu'il faut aller à l'infini pour dompter le hasard. »
« Ensuite, il avait déclaré que la science, c'est-à-dire les résultats obtenus par l'application de la raison (al-‘aql) à l'étude de la nature, ne pouvait jamais contredire la Révélation, puisque, selon sa formule, « La vérité ne peut pas contredire la vérité. » »
Le livre est cultivé tant sur les sciences que la littérature, il s'éloigne de la rêverie philosophique par un formalisme accessible associé à un fouillis néanmoins cohérent avec l'argumentation. Il retraite du vieux thème connu: les mathématiques sont-elles le langage du monde ou la manière fondamentale dont notre cerveau le voit (et là on en revient à ce bon vieux Kant). Le livre est constitué de courts chapitres qu'on enfile comme des perles pas loin de l'abysse. Des parties sont écrites avec une taille plus petite, nous signifiant qu'elles sont plus des pensées, méditations, mais je les ai toutes lues comme si c'était le texte. Si l'auteur avait assumé son point de vue d'essai sur l'histoire des mathématiques et, en particulier, de l'infini et de sa folie, il ne les aurait pas différenciées.
« En fait, une fois un code établi (a = 1, b = 2, etc, par exemple) , on trouvera dans n'importe quel nombre-univers, par exemple π, tous les livres déjà écrits et à venir. En d'autres termes π contient de toute éternité la Bible et le Coran. Il les contenait avant même l'apparition des prophètes de l'Ancien Testament, des évangélistes ou du prophète Mahomet. »
Au final, c'est bien de Dieu (cet infini actuel) dont l'auteur parle même s'il le teinte d'un déisme pas vraiment naturaliste mais assurément post-carthésien. J'ai apprécié que l'auteur aborde quelques aspects de sa vie et tous ses points de vue sur la culture musulmane apporte un souffle revigorant face aux clichés populaires (son commentaire sur Heisenberg est éloquent).
« Dieu, il le nommait FS, « le fasciste suprême », parce qu'il garde pour lui, jalousement, les solutions élégantes aux problèmes mathématiques - au lieu de les partager avec les hommes. »
J'ai trouvé toute la partie sur les « mathématiciens fous » moins intéressante que le reste, plus spécifique. Le paradoxe, dans mon cas, c'est que j'ai plus appris avec eux et Averroès qu'avec le reste où j'avais déjà des notions, voire bien plus. Il n'y a pas de corrélation entre mathématiques et aptitudes sociales, dans un sens ou un autre, et on ne peut pas dire que tous les génies matheux sont des autistes Asperger (d'ailleurs, le terme Asperger en tant que classe est rejeté par certains spécialistes comme signifiant simplement que, chez les autistes aussi, il y a des génies avec un QI élevé). C'est un livre qui nous rappelle qu'on peut être un génie dans n'importe quel domaine et manquer, non pas de sens commun, mais simplement d'esprit critique envers soi même. Non, la science et ses idées ne corrompt pas la jeunesse. Au contraire, elle forme la nouvelle jeunesse et côtoie l'éternité.
Le seul reproche qu'on pourra faire à ce livre, c'est celui d'être trop court. Mais le rayon ne définit-il pas l'hypersphère à n dimension ? Je vous laisse faire tendre n vers l'infini avec ce rayon qui n'en demeure pas moins fondement suprême de l'objet.
« La phrase de Pascal prend là tout son sens: «  L'homme n'est qu'un roseau (…) mais c'est un roseau pensant. » »
« On se dit alors, qu'il est proprement miraculeux que le « produit le plus étonnant de la pensée mathématique », la théorie des transfinis de Cantor, ait prouvé ce que théologiens et philosophes ne faisaient que conjecturer, et il est également miraculeux que les uns et les autres se retrouvent dans la conclusion stupéfiante de ce qui reste « l'une des plus belles réalisations de l'activité humaine dans le domaine de l'intelligence pure ». »
PS: Je vous invite à voir le film sur Ramanujan « L'homme qui défiait l'infini » si vous ne l'avez pas déjà vu, il illustre pas mal de points de ce livre.
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Manel_Lenam
  31 mars 2019
Notre raison peut elle sortir indemne de la remise en question de ce qui nous semble la chose du monde la plus sûr...une citation de ce livre qui le résume bien.
Pour expliquer certaines thèses mathématiques faut faire appel plutôt à l'esprit de la philosiphie, c'est totalement absurde et impensable ! Mais avec ce livre dorénavant on peut concilier les mathématiques et la philosophie.
L'auteur prend plusieurs théorèmes pour nous montrer que plusieurs mathématiciens peuvent se contredire sur la résolution physique de l'exercice mathématique mais ne peuvent que converger sur le plan philosophiquie et mystique pour éviter la folie.
Mise encore, la spiritualité a un role à jouer et est prise comme une source de connaissance à exploiter.
Un rôle qui permet de voir le reel que la science n'a pas pu voir .
Très intéressant comment l'auteur a bien mélangé les différentes approches.

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critiques presse (1)
NonFiction   07 mars 2019
Une traversée dans l’histoire et la philosophie des mathématiques, au-delà du cliché du « savant fou » [...] Grâce à cet ouvrage, à la fois ludique, rigoureux et profond, la polyvalence des talents de Fouad Laroui permet au lecteur d’en apprendre beaucoup… tout en gardant sa raison.
Lire la critique sur le site : NonFiction
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
Horizon_du_plombHorizon_du_plomb   12 mars 2019
Avant d’atteindre la cible, la flèche doit parcourir la moitié de la distance qui sépare l’archer de ladite cible. Mais elle doit d’abord parcourir la moitié de cette moitié, et avant cela la moitié de la moitié de la moitié… ad infinitum. Elle n’atteindra donc jamais son but.
Zénon d’Élée fut le premier à introduire une sorte de « folie » liée à l’infini en s’en servant pour prouver, à l’aide de ses célèbres paradoxes (Achille et la tortue, la flèche et la cible, etc.) l’impossibilité du mouvement - conformément à la doctrine de Parménide. Le mouvement est pourtant observable tous les jours dans la vie quotidienne - mes doigts volent sur le clavier pendant que j’écris cela. Selon la tradition, Diogène le cynique se contenta de se lever et de faire quelques pas sans dire un mot pour réfuter la thèse absurde de Zénon.
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Videos de Fouad Laroui (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Fouad Laroui
Attention, une femme peut en cacher deux autres ! ? ? ? Tous les après-midi, Fatima quitte son domicile de Molenbeek pour traverser Bruxelles à pied. Entièrement vêtue de noir et couverte d?un hijab ne laissant apparaître que son visage, elle se dirige vers la porte de Flandre, franchit le canal de Bruxelles, rejoint le quartier de la Bourse. Là, elle se faufile discrètement dans un immeuble et en ressurgit quelques minutes plus tard habillée à l?occidentale, robe légère et cheveux au vent. Puis elle reprend sa marche, toujours en flânant. Par des détours sinueux, elle atteint finalement le quartier malfamé de l?Alhambra, pousse la porte d?un sex-shop, pénètre dans une cabine où dansent des strip-teaseuses et se prépare à entrer en scène. Avant de rentrer tranquillement chez elle. Depuis plusieurs semaines, cet étrange rituel, aller et retour, se répète inlassablement. Jusqu?au jour où Fawzi, un voisin inquisiteur et secrètement amoureux de Fatima, décide de la suivre pour s?assurer qu?elle est bien l?épouse idéale. Sa déconvenue est au-delà de tous ses pires cauchemars. Mais qui, de ces trois femmes, est véritablement Fatima ? Celle, pudique, qui fuit le regard des hommes sous son voile ? Celle, émancipée, qui leur sourit en caressant sa chevelure ? Ou bien celle, affolante, qui les électrise de son corps dénudé ? À cette question, Fawzi, terrassé par la jalousie, n?est pas en mesure de répondre. Pas plus que le journaliste, intrigué par leurs agissements, qui les suit à son tour dans la ville en projetant sur eux d?absurdes scénarios terroristes. Car ce mystère, c?est à Fatima, et à elle seule, de l?élucider. Ce qu?elle fera, après un coup de théâtre imprévu. Sous les apparences d?un conte philosophique teinté d?un humour féroce, Fouad Laroui suit la métamorphose d?une femme qui cherche à se définir par elle-même et non selon des préceptes religieux, des étiquettes sociologiques ou le regard avide des hommes. Sur les trois corps superposés de Fatima glissent tous les stigmates et tous les fantasmes. Ni sainte ni putain, elle est le symbole d?une liberté toujours menacée, toujours à reconquérir. Un plaidoyer féministe où Fouad Laroui affirme que nul n?est en droit d?assigner aux femmes une place déterminée, si ce n?est elles-mêmes. ? ? ? Marocain de naissance, ingénieur et économiste de formation, professeur de littérature à l?université d?Amsterdam, romancier, poète et critique littéraire, Fouad Laroui a publié entre autres, chez Julliard, Une année chez les Français (2010), L?Étrange Affaire du pantalon de Dassoukine (2012), prix Goncourt de la nouvelle, Les Tribulations du dernier Sijilmassi (2014), Grand Prix Jean-Giono, Ce vain combat que tu livres au monde (2016), et, chez Robert Laffont, de l?islamisme, une réfutation personnelle du totalitarisme religieux.
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