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ISBN : 2260021417
Éditeur : Editions Julliard (21/08/2014)

Note moyenne : 3.38/5 (sur 76 notes)
Résumé :
Adam Sijilmassi revenait d'Asie ou il avait négocié brillamment la vente de produits chimiques marocains. Alors qu'il survolait la mer d'Andaman, il se posa soudain une question dérangeante : « Que fais-je ici ? » Pourquoi était-il transporté dans les airs, à des vitesses hallucinantes, alors que son père et son grand-père, qui avaient passé leur vie dans les plaines des Doukkala, n'avaient jamais dépassé la vitesse d'un cheval au galop ? Ce fut une illumination. Il... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
gavarneur
  09 février 2017
Ce roman, ce conte philosophique, présente le point de vue d'un marocain moderne déboussolé.
Entre quatre points cardinaux :
- la philosophie des lumières, associée à la culture francophone classique et romantique dont il est imprégné
- la science et la philosophie arabe classiques
- les mouvement islamistes et l'islam obscurantiste en général
- la classe marocaine au pouvoir, plus intelligente mais autocratique et régnant par la terreur policière,
il ne pourra pas retrouver un sens à sa vie, après qu'une crise de doute profonde lui ait fait renoncer à une situation qui lui est apparue d'un seul coup comme complètement superficielle.
Si d'autres critiques ne vous ont pas tout dit, la quatrième de couverture suffira à situer la narration. Je passe donc illico à mes propres impressions [insérer ici le commentaire modeste de rigueur]. le début m'a un peu ennuyé : des crises existentielles, j'en ai lu d'autres, et un léger humour cynique perçait sans me réveiller vraiment. Un épisode conjugal (dans le livre, pas chez moi) a failli me dégoûter de continuer : il me tirait des sourires, mais quand c'est trop gros je ne suis pas satisfait de mes appréciations. Et puis ça s'est arrangé assez vite, la crise d'identité prenait de l'épaisseur et de la finesse tout à la fois (vous suivez?) ; l'humour commençait à me plaire. Aux alentours de la page soixante est venue une comparaison mal à propos, lourdingue (vous pourriez y croire, à un débat parlementaire entre deux parties d'un seul cerveau?), et pourtant j'ai commencé à trouver le bouquin formidable. C'est que le malheureux Adam, marocain jusqu'au fond de l'âme, a aussi exactement la même culture que moi dans l'autre moitié de son cerveau. Les citations qu'il n'arrive pas à refouler, je les connais par coeur. Quel plaisir de se souvenir que la francophonie n'est pas limitée à tel pays ou tel continent, et que la langue apporte avec elle un peu partout les merveilleuses pages dont elle est l'outil. Et c'est bien mené.
Dans la suite, Fouad Laroui désosse avec verve les mécaniques des forces opposées qui exercent leur pouvoir (politique et religieux) au Maroc, et j'ai pris quelques bonnes leçons. Sur le passé proche, mais aussi plus ancien : sur la période où la science et la philosophie étaient plus développées, l'esprit des savants plus libre en Afrique du Nord qu'en Europe, par exemple. Sur les différentes tendances de l'islam et sur leur histoire, aussi. Et le récit s'humanise, avec des personnages moins caricaturaux, des discussions philosophiques astucieuses mais faciles à suivre, toujours avec un ton léger. Il me semble que j'y ai pris le même -grand - plaisir que quand j'ai découvert les contes dits philosophiques de Voltaire (ben non, je n'exagère même pas).
Tout ça pour dire : c'est pas parfait, y a à boire et à manger (y compris quelques symboles un peu pesants : deux manifs dans la même rue, avec devinez qui au milieu?), mais si c'est distrayant tout en instruisant et en donnant à penser, il ne faut pas s'en priver.
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fanfanouche24
  28 décembre 2014
Premier texte que je lis de cet auteur ; un homme saturé d'une vie « surbookée » professionnellement décide de « ralentir » et de repenser sa vie à l'aune des valeurs essentielles de son grand-père, et de son père. Ce qui n'est pas du goût de son épouse, qui ne voit que la perte de son confort , du bel appartement, d'un certain niveau de vie…auxquels elle tient avant tout !
« -Oui, Naïma, d'une certaine façon, tu as raison: j'ai compris que j'étais un idiot. Que je menais une vie idiote. Que cela n'avait aucun sens. Que je voulais ralentir.
-Ralentir ? Comme une voiture ?
- Pourquoi nous comparer avec des objets que nous avons-nous-même inventés ? Nous...je veux dire: les hommes, l'espèce humaine...nous étions sur Terre, nous existons depuis des millions d'années...avant les voitures. Je veux ralentir -comme un homme-
-N'importe quoi. ça ne veut rien dire.
-Ca veut -tout-dire ! « (p.43)
Un roman au ton persiflant, ironique, caustique, qui sous des dehors comiques pose toutes les questions primordiales sur le sens que l'on veut donner à son existence…parmi tous les sujets abordés, on peut y voir aussi une critique vive du « progrès » qui laisse tant de personnes sur le bord de la route…
« Qu'ai-je vu dans ce supermarché ?
Saïd, c'est mon père. J'ai vu mon père vaincu par la technique. Vaincu par la vitesse. le marketing.
Qu'ai-je vu dans ce supermarché ? L'arrogance du préposé. Il a compris comment fonctionne la machine (Cling !). Il sait quelque chose que tu ne sais pas. Il a un centimètre d'avance sur toi sur la grande flèche du progrès. (p.114) »
Je reprendrai sûrement cette lecture ; un détail m'a gênée dans le rythme du récit : l'abondance des digressions et parenthèses, qui reviennent de façon trop systématique ; cela n'enlève rien à la qualité du sujet et des réflexions profondes enclenchées…Je vais tenter de découvrir un autre ouvrage de cet écrivain, pour avoir une autre perspective…

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chriskorchi
  10 septembre 2014
Quelle joie de découvrir le dernier Fouad Laroui !!! J'adore cet auteur marocain qui nous parle de son pays avec tendresse dans ses romans. Je l'ai découvert avec le roman « une année chez les français » et j'ai tout de suite suivi ses écrits.
Ce livre comme les précédents ne m'a pas déçue car les ingrédients habituels étaient au rendez-vous : Maroc, humour, personnages attachants et drôles, réflexions sur la vie, sur la société, sur la famille. L'écriture est simple et légère, des petites pointes d'ironie. Ce que j'aime particulièrement c'est l'oeil acéré de l'auteur et même s'il n'épargne pas les marocains et leur société il y a beaucoup de tendresse dans ces propos.
C'est un sujet très sérieux mais traité avec légèreté qui nous invite à notre propre questionnement sur ce qui est important dans la vie et ce qui ne l'est pas.
Des les premières lignes, j'ai eu envie de suivre Adam, jeune informaticien expatrié qui décide de quitter son confort matériel et social pour un retour aux sources. Il est dans une période d'interrogations existentielles : quelle est sa place dans le monde ? Dans la société ? Au Maroc ? Dans sa famille ? Il retourne donc à Casablanca et il rencontre tout un tas de personnages très différents qui ne le comprennent absolument pas et ne soutiennent pas sa démarche qui va à contre-courant des aspirations des autres. Comment accepter de quitter son confort pour vivre simplement ? Comment préférer le mode de vie de ses racines alors qu'il a connu le mode occidental ? Rien n'est simple dans un pays où l'obscurantisme tente de prendre le pas et où l'ignorance de quelques uns est un frein au progrès.
Adam parviendra-t-il à trouver ce qu'il est venu chercher ? Je ne vous le révèlerais pas ici. Je vous conseille vivement de le lire, il peut convenir à tous lecteurs.
Une lecture plaisir parfaite pour passer un bon moment accompagné d'un verre de thé à la menthe et quelques douceurs … ou pas.
VERDICT
Je le conseille vivement car c'est une lecture des plus agréables et qui donne à réfléchir sur notre place dans le monde et dans notre monde. C'est bien écrit et joyeux.
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LeilaRe
  06 octobre 2014
Les tribulations du dernier SijilmassiFouad Laroui
Si je pouvais placer quelques mots dans ce roman, j'aurais dit ce qui suit : « Pourquoi feu grand-père citait les hadiths et le Coran, pourquoi mon père cite Ahmed Chawqi ou al Mutannabi, et moi dans tout ça, pourquoi j'ai surtout des références francophones ? »
Ben voilà, le décor est posé ! Adam Sijilmassi, ingénieur négociant pour une grande entreprise marocaine, est assommé par une épiphanie au-dessus de la mer d'Andaman à plusieurs milliers de mètres d'altitude. Il décide de faire un break dans sa vie, de retourner aux sources, ne plus courir, ne plus voyager… Ces aïeux ayant toujours vécu dans les Doukkala, eurent une vie heureuse, une quiétude à la vitesse des mules et autres équidés et pas à la vitesse des Boeing !
Au début du livre, le ton est farfelu, mais au fil des pages, on se rend compte que le sujet est plus grave. Beaucoup de philosophie, saupoudrée de citations de Ibnou Toufayl et Ibnou Rochd. Des questions existentielles qui puisent leurs réponses dans des oeuvres sorties du coffre du grand-père, oeuvres qui ont tracé une belle route pour la pensée européenne moderne, oeuvres datant d'une époque où les penseurs arabes savaient penser !
"Il est obligatoire d'étudier la philosophie et la science... Mais s'il y contradiction entre elle et la Révélation? Dans ce cas, répond Ibn Rochd, il faut interpréter le texte. Il faut accepter les résultats de l'investigation scientifique et de la réflexion rationnelle, et relire le texte, revenir aux significations premières des mots, en faire une lecture métaphorique. Il faut forcer le texte sacré à coïncider avec le réel tel que le dévoile la science. C'est la science qui prime. "
Adam, plaque tout, travail, épouse, confort casablancais, et chemine vers ses sources, vers la petite ville d'Azemmour, vers le Riad de la famille ! Qui est-il ? Que fait-il ici ? Comment faire le vide ? Comment se défaire de tous ces fragments de littérature française qui s'entrechoquent dans sa tête ? et surtout comment gérer le chaos déclenché par sa décision soudaine de tout plaquer ? Il est venu chercher le calme, et se trouve embarqué dans des intrigues à n'en plus finir, comment gérer cette descente dans le maelström ?
On ressent que Laroui regrette l'âge d'or arabe, le manque de repères culturels pour les marocains exclusivement francophones et regrette surtout que les musulmans n'aient pas pu faire évoluer l'Islam avec le temps, que le tout eut été figé comme il le fut il y a quinze siècles.
Je préfère ne pas trop en dévoiler, car ce livre vaut vraiment la peine d'être lu ! de l'humour savamment dosé, grinçant par moments, un style à la Laroui, très agréable et accessible. Seul petit bémol, j'aurais préféré que l'auteur étoffe un peu mieux/plus la fin, on a l'impression qu'elle fut rédigée à la va-vite et on reste un peu sur sa faim…

Lien : http://leeloosenlivre.blogsp..
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Stemilou
  10 octobre 2014
Changer de vie. Voilà le rêve d'Adam Sijilmassi qui pourrait être celui de tout un chacun. Adam est ingénieur à l'Officce des bitumes du Tadla, il n'a rien à envier à personne : bonne situation professionnelle et le salaire qui va avec, appartement de fonction, vacances à Marrakech, la panoplie du bon employé prometteur ; jusqu'au jour où, au dessus de la mer d'Andaman, Adam réfléchit à sa vie. Pourquoi courir ainsi, vivre à cent à l'heure ? Que fait-il dans cet avion au milieu d'hommes d'affaires comme lui tous vêtus de la même façon ? C'est une crise existentielle qui commence à faire rage à l'intérieur de lui.
Retour sur Terre, aéroport de Casablanca, il va rentrer chez lui retrouver sa femme Naïma, qui n'aime chez lui que sa situation, inculte mais déterminée, il s'en va donc lui annoncer la « bonne » nouvelle : il va démissionner de son poste et ralentir, retourner à la « vraie vie ». A partir de là les situations cocasses vont se multiplier, et la première commence à l'extérieur de l'aéroport, il compte rentrer à pieds !
Les complications ne font donc que commencer. L'épouse, croyant son mari devenu fou, appelle sa mère à la rescousse puis finit par le quitter embarquant le chat avec elle par la même occasion. Adam ouvre les yeux et se rend compte que dorénavant il n'est plus rien aux yeux des autres et après moult questionnements part sur les routes, sur les chemins et atteint son Azemmour natal et la maison familiale où un étrange culte se met en place après son arrivée. Ne sortant guère, se nourrissant peu et passant le plus clair de son temps dans les livres laissés par son grand-père il découvre la philosophie arabe et en oublie son éducation française, ses mots de grands penseurs français qui envahissaient sa tête. D'ailleurs la partie la plus intéressante est bien l'échange de point de vue entre Adam et son cousin Abdelmoula.
Descendant d'une famille renommée Les Sijilmassi et de leur fameuse baraka, Adam verra sa personne utilisée à des fins politique et religieuse, d'un côté par la police secrète du Makhzen et de l'autre par les islamiste. Un maelstrom dans lequel il finira par se perdre lui-même.
Malgré mon désir de vous en raconter davantage il me faudrait des lignes et des lignes pour vous transmettre chaque sensation, rire, étonnement. Ce récit aux allures de conte nous donne à réfléchir sur le sens de notre vie, les frivolités qui prennent tant d'espace et ce retour à l'essentiel et à nos racines qui est parfois difficile à accorder avec notre mode de vie. Quant à la place de la religion et de la philosophie dans la tête de cet ingénieur finit par lui faire perdre le sens des réalités. Des scènes cocasses frôlant parfois l'absurde donnent du plaisir à la lecture, et ce personnage attachant qu'est Adam se pose surement trop de questions au lieu de penser simplement à vivre.
C'est un beau et joyeux voyage dans ce Maroc aux multiples visages, dans ce mélange de culture qui pose tout de même la question de l'identité.

Lien : http://stemilou.over-blog.co..
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critiques presse (1)
LaPresse   13 janvier 2015
Récompensé par le prix Jean-Giono 2014, ce roman aux allures de conte philosophique est né d'une réflexion sur la vitesse.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (64) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   23 décembre 2014
Adam se rendit compte que son grand-père n'avait jamais dépassé la vitesse du cheval lancé au galop dans la plaine des Doukkala- et ce galop-là contenait en lui toute la noblesse qu'un homme peut désirer. Entre la sagesse immobile du hadj et la course altière du pur-sang s'esquissaient tous les mouvements qui peuvent nous occuper ici-bas, le temps bref d'une belle vie, sans laisser sur terre d'autre trace qu'un peu d'affection dans le coeur des hommes. (p.11)
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StemilouStemilou   10 octobre 2014
Adam regarda le majestueux spectacle du soleil couchant, dont la couleur orange, presque rougeâtre, formait un contraste violent avec le bleu sombre de la mer, au loin, à l’horizon.
Au moment où il s’apprêtait à disparaître, le disque lumineux sembla s’immobiliser quelques instants. Adam savait (lointain souvenir du cours de physique) que le soleil n’était plus là ; en fait, il était vraiment passé de l’autre côté. Pourtant, la courbure des rayons lumineux, causée par la masse de la Terre, imposait l’illusion de sa présence.
En somme, se dit dam, il est là sans être là ; comme moi
Mais moi, je vais ici advenir. Adhérer.
Rester
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LeilaReLeilaRe   06 octobre 2014
"Il est obligatoire d'étudier la philosophie et la science... Mais s'il y contradiction entre elle et la Révélation?
Dans ce cas, répond Ibn Rochd, il faut interpréter le texte. Il faut accepter les résultats de l'investigation scientifique et de la réflexion rationnelle, et relire le texte, revenir aux significations premières des mots, en faire une lecture métaphorique. Il faut forcer le texte sacré à coïncider avec le réel tel que le dévoile la science.
C'est la science qui prime. "
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gavarneurgavarneur   22 février 2017
Ce fut alors un flux de phrases où se mélangeaient le français et le dialecte marocain, avec quelques mots d'arabe classique, très recherchés, très élégants, et qui donnaient à l'ensemble beaucoup d'allure, comme une malle de grande marque, fixée sur l'impériale d'une 2CV, réussit à conférer à l'attelage un je-ne-sais-quoi qui en impose.
P232
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gavarneurgavarneur   08 février 2017
Ca me rappelle plutôt la phrase de Cocteau : "Ces événements nous dépassent, feignons d'en être les organisateurs." N'est-ce pas là l'attitude constante du Makhzen*?
p180

* forme d'Etat spécifique au Maroc, qui comprend le Palais, les courtisans, l'appareil d'Etat, les élites rurales, etc. [glossaire en fin de volume]
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