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ISBN : 2260030416
Éditeur : Julliard (01/08/2017)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 29 notes)
Résumé :
Chaque après-midi, Fatima quitte Molenbeek vêtue de noir et d'un hijab, se dirige à pied vers la Porte de Flandre, franchit le canal, se faufile discrètement dans un immeuble et en ressort habillée à l'occidentale, robe légère et cheveux au vent. Puis, toujours en flânant, elle rejoint le quartier malfamé de l'Alhambra ou Dieu sait quel démon l'attire... Depuis plusieurs semaines, cet étrange rituel se répète inlassablement. Jusqu'au jour ou Fawzi, un voisin inquisi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Marcuyttendaele
  10 février 2018
Un beau roman, bref, percutant, subtil. Fatima a l'apparence de la jeune femme musulmane engoncée dans les préceptes durs de sa religion. Elle vit à Molenbeek, dans un monde où la religion est cardinale, où les femmes sont voilées, abolies, niées dans leur féminité, où les femmes mêmes invisibles sont surveillées et reluquées par des hommes au cerveau rétréci par le fondamentalisme. Mais une fois franchie la Porte de Flandre, elle se libère, pousse jusqu'à l'extrême la liberté de la femme sur son corps, sur ses actes. Exorcisme excessif, grand écart absolu entre deux mondes et deux cultures. Elle doit passer d'un extrême à l'autre pour trouver le milieu d'elle-même et y tracer sa voie singulière. Dissociation complète et éclatement d'un être en quête d'unité et d'harmonie intime. Et elle est suivie par Fawzi, homme sans beaucoup d'intérêt, engoncé dans sa culture archaïque, pas même religieux et qui se voit épouser Fatima en la confinant, dans une vie traditionnelle, en lui confisquant toute aspiration à la liberté et à l'égalité. Il la suit, la voit, devient fou et perpètre un meurtre qu'il ne peut signer que d'un Allah Akbar. Seule signature possible, signature de désarroi, signature réflexe qui d'emblée est comprise, analysée, vantée comme un acte terroriste. Parce que nul n'essaye même de comprendre le malentendu. Mieux, cela nourrit les thèses des uns et des autres, des intellectuels professionnels qui sont parfois là plus pour étiqueter que pour comprendre. Une fois son père mort, sa mère revenue au pays, Fatima ferme la porte lourde de sa maison de Molenbeek et s'en va vers sa vie, sa vraie vie, celle d'une femme libre. Fouad LAROUI délivre un message fort, rassérénant. Un message à contre-courant d'une religiosité de plus en plus oppressante. Il signe aussi l'échec de cette cohabitation entre deux mondes qui ne connaissent pas, qui ne se comprennent pas, qui ne s'aiment pas, qui ont tout pour s'opposer. La Porte de Flandre comme symbole absolu du point de passage, entre une forme d'ombre et une possibilité de lumière. Mais une lumière qui n'est pas forcément réjouissante, où la femme peut être aussi objet, un objet pour d'autres jeux mais toujours l'objet de toutes les frustrations masculines. Sans le dire explicitement, Fouad Laroui dénonce tout à la fois l'insupportable fondamentalisme et une forme d'aveuglement occidental… Rêver d'une troisième voie, d'une voie vers la liberté et l'égalité qui est celle qui s'offre à Fatima. Elle ne reviendra jamais à Molenbeek mais elle n'oubliera jamais d'où elle vient.
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nathavh
  15 octobre 2017
Fatima est issue d'une famille marocaine vivant à Molenbeek. Son quartier a changé les dernières années, de longues robes noires recouvrent les corps, un voile cercle l'ovale des visages des femmes, c''était pas comme cela avant...
Fatima est très intelligente et cultivée, elle poursuit des études supérieures à l'université libre de Bruxelles avec brio, elle est libre mais depuis deux mois elle a décidé aussi de porter le niqab et la djellaba à la surprise de ses parents, influencée sans doute par le poids des regards dans son quartier.
Lorsqu'elle quitte son quartier, elle se métamorphose en se changeant chez sa copine en jeune fille moderne, libérée, sexy même. Elle a "mis en suspens " ses cours pour disparaître l'après-midi rue de Malines où elle devient Dany et exhibe son corps nu dans un sex-shop. Elle a dit-elle envie de se venger du regard des hommes. Elle reviendra bientôt à ses études fermant cette parenthèse.
Tout va pour le mieux si l'on peut dire mais il y a Fawtzi. Il vend des téléphones portables dans son quartier et il s'est auto proclamé son fiancé... Un jour il la prend en filature et tout basculera. Un journaliste Eddy Koekboek sera témoin de l'affaire à sa façon....
Je m'arrête ici pour ne pas gâcher votre plaisir de lecture et les rebondissements à venir.
Un sujet d'actualité, dans un quartier hypermédiatisé ; Molenbeek, on parle des "corbeaux" comme certains les appellent , toutes vêtues de noir, telle est la vision de la femme musulmane. Fatima s'étonne en effet du changement d'attitude de son père lorsqu'adolescente devenant, elle ne trouve plus la place sur les genoux de son père, plus jamais un câlin paternel...
Le poids des traditions, de la religion. La femme est la "chose" de l'homme. L'auteur avec beaucoup d'adresse démontre aussi les motivations et interprétations que l'on peut donner à certains actes; c'est facile de parler "terrorisme" et de dire qu'un acte isolé en est. Des oeillères et des préjugés empêchent souvent d'être rationnel. Il ne faut pas se fier aux apparences.
J'ai vraiment beaucoup apprécié la plume de Fouad Laroui que je découvrais ici. Elle est fluide, teintée d'humour et d'ironie, très juste et nous amène à nous poser des questions sur une société en changement guidée par des préjugés et de l'irrationnel sur un sujet brûlant.
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Sharon
  27 décembre 2017
L'action se passe dans un quartier qui a été sous les feux de l'actualité : Molenbeek. C'est là que vit, ou plutôt qu'étouffe Fatima. Brillante étudiante d'origine marocaine, elle ne rêve pas d'une autre vie, non, Fatima est d'une autre trempe. Vêtue de noir et d'un hijab, elle prépare une autre vie que celle que l'on veut lui imposer. Qui se cache derrière ce « on » ? Pas ses frères, non, qui ont déjà mis les voiles, fait leur vie ailleurs, et s'ils ne peuvent l'aider, ils ne l'entravent pas non plus. le « on », c'est d'abord le père, qui a changé quand sa fille est rentrée dans l'adolescence, alors qu'elle n'a pas changé de sentiments ou d'état d'esprit. le « on », ce sont aussi les hommes du quartier, qui se donnent le droit de surveiller les femmes et leur manière. Parmi eux, le voisin, épicier, discret rapporteur de ces faits et gestes. Et puis il y a Fawzi, personnage qui serait très drôle s'il ne représentait un archétype : celui qui se croit le garant de la pureté de son bien. Je veux parler, bien sûr, de Fatima.
Oui, elle prépare sa nouvelle vie, et joue avec les clichés liés à la femme-objet, justement. L'obsession qu'a Fawzi pour elle aura des conséquences auxquelles personne n'aurait pensé. Sans vous les dévoiler, je dirai simplement qu'elles sont à la fois tragiques et comiques, parce qu'elles montrent à quel point il est facile d'interpréter un geste, un comportement, un acte de prêter à quelqu'un des motivations qui ne sont pas vraiment les siennes. Mention spéciale pour le journaliste Eddy Koekboek. Celui-ci est tellement à la recherche du scoop, il est tellement imprégné de clichés et de préjugés (sans oublier une bonne dose de racisme et d'inculture) qu'il en est consternant. Mais il ne faut pas beaucoup d'imagination pour se dire que de tels journalistes existent.
L'insoumise de la porte de Flandres est un roman qui donne à réfléchir, pas seulement sur un sujet d'actualité, mais aussi sur des sujets de société.
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jostein
  04 février 2018
Vêtue du hijad sur une ample djellaba noire, Fatima sort du domicile familial dans un quartier de Molenbeek, elle va traverser le pont de Flandre, celui qui enjambe le canal qui sépare les Marocains des Belges, et rejoindre le centre de Bruxelles. Jeune fille cultivée, intelligente, elle est en proie à un conflit d'identité entre celle qu'on l'oblige à être et celle qu'elle se sent être. Comme plusieurs femmes en forme de poupées gigogne. Elle refuse la place de la femme soumise à un mariage programmé avec Fawzi. Pourquoi n'aurait-elle pas droit de s'asseoir en terrasse, de faire de la politique? Comme une provocation, avec ses pensées qu'elle doit taire, elle va se dénuder pour être enfin elle-même.
Ce chemin de Molenbeek à cette rue de Bruxelles où Fatima se rend en secret, nous le refaisons avec Fawzi. Il suit sa promise pour veiller sur son corps.
« Il l'enveloppe du regard pour la soustraire à celui des autres. »
Fawzi n'était pas un bon élève, il ne sait pas grand chose. Il a surtout retenu les « quelques certitudes frisant le dogme, indiscutables. Il sait que l'honneur se lave dans le sang. »
Troisième point de vue sur cette filature, celui d'Eddy, un journaliste free-lance qui perçoit le manège de Fatima et Fawzi. Déformation professionnelle, vigilance citoyenne, Eddy flaire le scoop, pourquoi pas l'attentat.
Ce regard ironique et cynique sur la différence de culture touche à son paroxysme lorsque des intellectuels débattent de l'évènement. D'un drame personnel, ils en font un plaidoyer contre Daech.
« Nous sommes tombés dans le piège de Daech, faute de ne pas connaître l'Histoire, ou plutôt de ne connaître que celle des vainqueurs. »
Un débat intéressant mais bien trop court. J'en retiendrais un dialogue de sourd d'une élite qui ne veut pas mettre les pieds à Molenbeek et qui dresse trop rapidement des généralités.
Par contre, je n'oublierai pas cette jeune femme qui se veut insoumise. C'est elle qui a le pouvoir de changer les choses. Elle est le symbole d'une femme qui ne veut pas être réduite à son corps, ce corps qu'elle doit pouvoir libérer sans aucune entrave, sans aucun risque de susciter la concupiscence.
Ce court roman est une belle image qui ouvre sur un vaste débat.
Lien : https://surlaroutedejostein...
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rotko
  22 janvier 2018
Laroui, l'insoumise de la porte de Flandres. Julliard.
Ce « roman » paru chez Julliard, aura un fort impact sur le lecteur, en raison du talent de l'auteur et du thème abordé.
Ne serait-ce pas plutôt une pièce de théâtre, distribuée en tableaux successifs, où alternent des formes et des tons différents ?
le premier tableau serait le monologue d'une Marocaine voilée, Fatima, en route vers un endroit qu'elle veut garder secret ; le second tableau introduit un deuxième personnage, Fawzi, très intéressé par Fatima, au point de la suivre et de faire parcourir au lecteur une seconde fois le premier itinéraire, dans une optique différente, élargie, mais avec des échos bien reconnaissables.
Je ne dirai rien des tableaux suivants, très visuels et très animés, pour ne pas déflorer l' histoire, elle doit rester surprenante, et elle tient parole. On aura le plaisir de rencontrer des têtes connues dont Tarik Ramadan, qui ne dépare pas dans le « défilé de têtes ».
Le monologue de Fatima, outre qu'il traduit une double identité musulmane et occidentale, au coeur de ce récit, est à couper le souffle par la cruauté du regard posé sur la société de Moelenbeek, l'ironie des situations, la pertinence des citations littéraires qui nourrit l'humour féroce et l'autodérision de la narratrice :
« Et moi qui suis-je ?
Une Belgo-Marocaine post moderne pratiquant l'autodérision ? ».
Un vrai régal.
La suite ne manque pas de piment, avec des épisodes burlesques, dramatiques ou cocasses.
Au dessert, un tableau de ces débats dont nos contemporains raffolent, avec des intellectuels en vogue, explicitement nommés et dont on reconnaît le discours sur l‘Islam, depuis une focale satirique.
Bref, on s'amuse, tout en prenant une distance cocasse sur des sujets à vif. Ce qui nourrit et approfondit la réflexion. Chacun en fera son miel.
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critiques presse (1)
LaLibreBelgique   04 septembre 2017
Dans "L’insoumise de la Porte de Flandre", Fouad Laroui dresse le portrait d’une jeune femme voilée de Molenbeek, qui passe de la pression sociale de sa communauté à un sex-shop du centre-ville.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
nathavhnathavh   15 octobre 2017
Ce n'est pas en répétant à ces hébétés qu'il y a un islam pacifique, ce n'est pas en essayant de les orienter vers le soufisme qu'on va les convaincre. Autant proposer une tasse de camomille à quelqu'un qui réclame de la vodka - si j'ose dire, vu le sujet...
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MaphilMaphil   17 novembre 2017
On n'adore Dieu que par intérêt, pour sauver sa peau (la crainte de l'enfer, l'aspiration au paradis), or la vraie dévotion serait de ne l'adorer que pour Lui, dans un déni complet de notre moi, de notre ego...
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nathavhnathavh   15 octobre 2017
L'ampleur de la trahison se révèle par bribes. La chevelure en cascade sur les épaules... Il a l'impression qu'elle marche nue (ne disait-on pas, chez lui, 'elle est sortie nue' pour exprimer 'elle est sortie en cheveux '?), il croit revivre ses rêves qui le hantent fréquemment où elle s'offre nue la nuit de noces - mais ce n'est jamais en pleine rue, et certainement pas dans celle des Poissonniers.
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cabecoucabecou   01 décembre 2017
On n' adore Dieu que par intérêt, pour sauver sa peau (la crainte de l'enfer, l'aspiration au paradis) or la vraie dévotion serait de ne l'adorer que pour Lui, dans un déni complet de notre moi, de notre ego...
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hbtthbtt   27 janvier 2018
ce n'est pas à elle qu'il en veut. Il ne l'a même pas regardée. Il se retourne, empoigne un mannequin et essaie de l'assassiner, ce qui présente quelques difficultés techniques car la pointe du couteau glisse sur l'étrange matière dont sont faites ces diablesses. Il ne réussit qu'à arracher le soutien-gorge rouge du mannequin.
Pendant quelques instants, un homme furieux brandit un soutien gorge à la pointe d'un grand couteau, rue Dansaert, sous le regard épouvanté d'une vendeuse frêle et blonde.
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Videos de Fouad Laroui (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Fouad Laroui
Attention, une femme peut en cacher deux autres ! ? ? ? Tous les après-midi, Fatima quitte son domicile de Molenbeek pour traverser Bruxelles à pied. Entièrement vêtue de noir et couverte d?un hijab ne laissant apparaître que son visage, elle se dirige vers la porte de Flandre, franchit le canal de Bruxelles, rejoint le quartier de la Bourse. Là, elle se faufile discrètement dans un immeuble et en ressurgit quelques minutes plus tard habillée à l?occidentale, robe légère et cheveux au vent. Puis elle reprend sa marche, toujours en flânant. Par des détours sinueux, elle atteint finalement le quartier malfamé de l?Alhambra, pousse la porte d?un sex-shop, pénètre dans une cabine où dansent des strip-teaseuses et se prépare à entrer en scène. Avant de rentrer tranquillement chez elle. Depuis plusieurs semaines, cet étrange rituel, aller et retour, se répète inlassablement. Jusqu?au jour où Fawzi, un voisin inquisiteur et secrètement amoureux de Fatima, décide de la suivre pour s?assurer qu?elle est bien l?épouse idéale. Sa déconvenue est au-delà de tous ses pires cauchemars. Mais qui, de ces trois femmes, est véritablement Fatima ? Celle, pudique, qui fuit le regard des hommes sous son voile ? Celle, émancipée, qui leur sourit en caressant sa chevelure ? Ou bien celle, affolante, qui les électrise de son corps dénudé ? À cette question, Fawzi, terrassé par la jalousie, n?est pas en mesure de répondre. Pas plus que le journaliste, intrigué par leurs agissements, qui les suit à son tour dans la ville en projetant sur eux d?absurdes scénarios terroristes. Car ce mystère, c?est à Fatima, et à elle seule, de l?élucider. Ce qu?elle fera, après un coup de théâtre imprévu. Sous les apparences d?un conte philosophique teinté d?un humour féroce, Fouad Laroui suit la métamorphose d?une femme qui cherche à se définir par elle-même et non selon des préceptes religieux, des étiquettes sociologiques ou le regard avide des hommes. Sur les trois corps superposés de Fatima glissent tous les stigmates et tous les fantasmes. Ni sainte ni putain, elle est le symbole d?une liberté toujours menacée, toujours à reconquérir. Un plaidoyer féministe où Fouad Laroui affirme que nul n?est en droit d?assigner aux femmes une place déterminée, si ce n?est elles-mêmes. ? ? ? Marocain de naissance, ingénieur et économiste de formation, professeur de littérature à l?université d?Amsterdam, romancier, poète et critique littéraire, Fouad Laroui a publié entre autres, chez Julliard, Une année chez les Français (2010), L?Étrange Affaire du pantalon de Dassoukine (2012), prix Goncourt de la nouvelle, Les Tribulations du dernier Sijilmassi (2014), Grand Prix Jean-Giono, Ce vain combat que tu livres au monde (2016), et, chez Robert Laffont, de l?islamisme, une réfutation personnelle du totalitarisme religieux.
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