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ISBN : 2290321656
Éditeur : J'ai Lu (10/12/2002)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 32 notes)
Résumé :
Marchant dans une rue de Casablanca, l'ingénieur Machin reçoit sur la tête un parachutiste botté, casqué et moustachu.
Emu par le désarroi du militaire, il croit bon de l'accueillir dans son appartement pour lui permettre de retrouver ses esprits. Il comprend vite son erreur quand son hôte s'installe à demeure et introduit, dans l'intimité douillette de son célibat, des amis, des cousins, des neveux et même la femme que tous ces gens lui destinent. Dans ce ro... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Missbouquin
  27 juin 2012
Marchant dans une rue de Casablanca, l'ingénieur Machin reçoit sur la tête un parachutiste botté, casqué et moustachu. Emu par le désarroi du militaire, il croit bon de l'accueillir dans son appartement pour lui permettre de retrouver ses esprits. Fatale erreur ! Car le para décide de prendre le destin de Machin en main et s'installe à demeure ...
Mon avis
C'est un roman qui semble complètement loufoque au premier abord, raconté par cet ingénieur marocain rentrant au pays après des années de formation en France. Il découvre alors un pays qu'il ne connaît pas, dont il ne partage ni la langue, ni les moeurs.
En effet, ayant fréquenté des écoles françaises dans son enfance puis étant parti en France, il revient tel un étranger et tombe dans les pièges les plus classiques de la culture marocaine.
"- Pauvre femme.
- Elle n'avait qu'à ne pas l'épouser.
- Est-ce qu'on choisit ?
- Ben, elle pouvait rester seule, non ? Individue ?
- Individu au féminin ? Mais ça n'existe pas ici. Il n'y a même pas de mot pour ça."
Le symbole de ce gouffre entre les cultures est le parachutiste lui-même qui s'installe et organise tout à la place de Machin. Il personnifie le Collectif marocain, alors que Machin tente de s'affirmer comme un Individu, ce que personne ne peut comprendre.
"Rien ne m'agace autant que le narcissisme des petites différences, cette insistance des uns et des autres à se prévaloir en bloc de qualités collectives, parfois pour mieux masquer leur indigence particulière."
En étant hors de cette société marocaine, Machin peut y porter un regard critique, s'en moquer : Je me présentai spontanément au commissariat de police. le lecteur averti mesurera par là l'ampleur de ma détresse.[...] - Qu'est-ce qui vous amène ? grogna t-il. On ne vous a pourtant pas convoqué. J'ai votre fiche. D'accord, vous lisez le Monde, mais ce n'est plus un délit depuis que Sa Majesté a décidé de démocratiser ce foutu pays."
Mais en même temps, il se rend compte que s'il n'est pas intégré à cette société, il n'est pas non plus français. C'est à l'occasion d'un passage assez drôle que l'on s'en rend compte. Machin évoque ses années dans les écoles françaises au Maroc. Il dit avoir pu apprécier la beauté de la culture française, et la littérature en particulier, mais qu'il a décroché au moment où on lui fait lire des textes en patois ou qu'on lui parle de cigales ... (l'ancienne école française !) : "Mais voilà que je découvre de plus en plus de cette "littérature de terroir" Et je m'y reconnais de moins en moins."
A l'occasion de son retour, il est donc continuellement en recherche d'identité. Et la conclusion n'est pas celle à laquelle on s'attendrait ...
Ainsi, c'est un roman qui va plus loin que ce qu'il semble être de prime abord. Au-delà de l'humour et des situations cocasses, Fouad Laroui adresse en réalité une critique acerbe aussi bien à la culture marocaine qu'à la culture française dans ce qu'elles ont d'absolu et dans leur idée de supériorité.
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zeropointu
  23 octobre 2010
Ô que j'aime cet auteur. Dans ce roman, il s'agit des déboires marocaines d'un homme (Machin l'ingénieur) qui dans les premières pages semble cultivé (et il l'est, au début du moins), et qui voit, impuissant, sa vie partir en vrille, et tous les efforts à y mettre de l'ordre, semblent anéantis par le truchement d'un sort conjugué à un parachutiste nommé Bouazza. Dit comme ça, on est tenté de croire que ce roman est une bizarrerie littéraire. Et peut être l'est il vraiment, mais pas dans le sens...
Lien : http://djbeltounes.wordpress..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
MissbouquinMissbouquin   27 juin 2012
Je me présentai spontanément au commissariat de police. le lecteur averti mesurera par là l'ampleur de ma détresse.[...] - Qu'est-ce qui vous amène ? grogna t-il. On ne vous a pourtant pas convoqué. J'ai votre fiche. D'accord, vous lisez le Monde, mais ce n'est plus un délit depuis que Sa Majesté a décidé de démocratiser ce foutu pays."
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MissbouquinMissbouquin   26 avril 2012
" Un jour, alors que je me promenais, un parachutiste s'abattit sur moi. Il ne s'excusa même pas... Ç'aurait pu tomber, c'est le cas de le dire, si n'importe qui. C'est ce qu'on appelle à proprement parler le hasard... Du moins c'est ce que je crus sur le moment... "
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MissbouquinMissbouquin   27 juin 2012
- Pauvre femme.

- Elle n'avait qu'à ne pas l'épouser.

- Est-ce qu'on choisit ?

- Ben, elle pouvait rester seule, non ? Individue ?

- Individu au féminin ? Mais ça n'existe pas ici. Il n'y a même pas de mot pour ça."
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MissbouquinMissbouquin   27 juin 2012
"Rien ne m'agace autant que le narcissisme des petites différences, cette insistance des uns et des autres à se prévaloir en bloc de qualités collectives, parfois pour mieux masquer leur indigence particulière."
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Videos de Fouad Laroui (18) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Fouad Laroui
Attention, une femme peut en cacher deux autres ! ? ? ? Tous les après-midi, Fatima quitte son domicile de Molenbeek pour traverser Bruxelles à pied. Entièrement vêtue de noir et couverte d?un hijab ne laissant apparaître que son visage, elle se dirige vers la porte de Flandre, franchit le canal de Bruxelles, rejoint le quartier de la Bourse. Là, elle se faufile discrètement dans un immeuble et en ressurgit quelques minutes plus tard habillée à l?occidentale, robe légère et cheveux au vent. Puis elle reprend sa marche, toujours en flânant. Par des détours sinueux, elle atteint finalement le quartier malfamé de l?Alhambra, pousse la porte d?un sex-shop, pénètre dans une cabine où dansent des strip-teaseuses et se prépare à entrer en scène. Avant de rentrer tranquillement chez elle. Depuis plusieurs semaines, cet étrange rituel, aller et retour, se répète inlassablement. Jusqu?au jour où Fawzi, un voisin inquisiteur et secrètement amoureux de Fatima, décide de la suivre pour s?assurer qu?elle est bien l?épouse idéale. Sa déconvenue est au-delà de tous ses pires cauchemars. Mais qui, de ces trois femmes, est véritablement Fatima ? Celle, pudique, qui fuit le regard des hommes sous son voile ? Celle, émancipée, qui leur sourit en caressant sa chevelure ? Ou bien celle, affolante, qui les électrise de son corps dénudé ? À cette question, Fawzi, terrassé par la jalousie, n?est pas en mesure de répondre. Pas plus que le journaliste, intrigué par leurs agissements, qui les suit à son tour dans la ville en projetant sur eux d?absurdes scénarios terroristes. Car ce mystère, c?est à Fatima, et à elle seule, de l?élucider. Ce qu?elle fera, après un coup de théâtre imprévu. Sous les apparences d?un conte philosophique teinté d?un humour féroce, Fouad Laroui suit la métamorphose d?une femme qui cherche à se définir par elle-même et non selon des préceptes religieux, des étiquettes sociologiques ou le regard avide des hommes. Sur les trois corps superposés de Fatima glissent tous les stigmates et tous les fantasmes. Ni sainte ni putain, elle est le symbole d?une liberté toujours menacée, toujours à reconquérir. Un plaidoyer féministe où Fouad Laroui affirme que nul n?est en droit d?assigner aux femmes une place déterminée, si ce n?est elles-mêmes. ? ? ? Marocain de naissance, ingénieur et économiste de formation, professeur de littérature à l?université d?Amsterdam, romancier, poète et critique littéraire, Fouad Laroui a publié entre autres, chez Julliard, Une année chez les Français (2010), L?Étrange Affaire du pantalon de Dassoukine (2012), prix Goncourt de la nouvelle, Les Tribulations du dernier Sijilmassi (2014), Grand Prix Jean-Giono, Ce vain combat que tu livres au monde (2016), et, chez Robert Laffont, de l?islamisme, une réfutation personnelle du totalitarisme religieux.
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