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ISBN : 2896982728
Éditeur : Le Quartanier (01/10/2016)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 100 notes)
Résumé :

Nous sommes à Montréal au début de l’hiver 2002. Le narrateur n’a pas vingt ans. Il aime Clive Barker et Lovecraft, le métal, les comic books et les romans de science-fiction des années soixante et soixante-dix que lui prête son père.

Étudiant en graphisme, il dessine depuis toujours et veut devenir bédéiste et illustrateur, comme ses idoles Moebius et Tibor Csernus. Mais depuis des mois, il évite ses amis, ment, s’endette, aspiré dans une sp... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
xst
  09 décembre 2016
Roman initiatique détaillant un moment charnière dans l'existence d'un jeune de 20 ans, monté à Montréal pour ses études. Un antihéros un peu candide en prise avec les démons du jeu et qui sent sa vie partir en quenouille.
L'histoire commence alors que le narrateur, un jeune étudiant en graphisme, vient de déménager à la cloche de bois pour éviter de payer le loyer qu'il doit à son colocataire. Il est « dans la marde » ayant englouti dans les vidéo pokers l'argent de ses économies, du loyer, celui que sa copine lui a prêté et même une avance qu'il a reçu pour faire la pochette du premier CD qu'un copain et son groupe de métal va produire. Il squatte chez un ami d'enfance, et pour essayer de se refaire, il se trouve une job de plongeur dans un restaurant huppé du Plateau, La Trattoria. le roman raconte son apprentissage et son adaptation à l'univers bien particulier des cuisines et ses tentatives pour combattre son addiction au jeu.
La magie opère dès la première ligne. D'une écriture finement ciselée, sans effets superfétatoires Stéphane Larue nous décrit avec maîtrise, la plonge, l'arrière cuisine, la drogue, l'alcool, les virées dans les bars après des shifts déments passés à la plonge, les réveils douloureux, les trucs pour éviter de succomber à la lumière stroboscopiques des machines à sous, les shows violents de métal, les amitiés, les rencontres, les occasions ratées, les illusions perdues et les catastrophes évitées de justesse, un tourbillon d'émotions. On s'attache aux personnages tous plus colorés les uns que les autres mais étonnamment criant de vérité : Mohammed le chauffeur de taxi zen, Malik le cousin bouée de sauvetage, Jess et Mari-Lou les ex petites amies, Jade qui aurait pu le devenir, Greg le truand et surtout Bébert, grande gueule cassée, soûlon au grand coeur qui prend sous son aile, le narrateur, Stéphane (oui, on soupçonne dès le début que le jeune qui fait l'histoire a beaucoup en commun avec l'auteur) naïf, qui observe et tente de s'adapter.
Un véritable coup de coeur. J'attendrai avec impatience le deuxième roman de ce jeune auteur si prometteur.
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LauraLi
  06 septembre 2018
Excellent roman qui donne un aperçu du quotidien mouvementé et de l'ambiance chaotique de la restauration. Des descriptions bien détaillées, des environnements représentatifs, des phrases courtes pour maintenir l'effet du stress subie par les personnages. On ressent presque une montée d'adrénaline à la lecture de certains passages tumultueux.
Ce livre m'a beaucoup plu pour sa thématique de la restauration. Aussi, c'est la première fois que je lisais un livre abordant le gambling.
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Holon
  05 septembre 2018

Le plongeur de Stéphane Larue est un roman culte car avec le temps cette histoire va faire son chemin Ce roman est un hommage à la musique qui est toujours présente dans cette histoire. Un petit kid qui suit des cours d'art graphique au cégep du vieux Montréal, il aime la musique métal, les bandes dessinées, Clive Barker et Lovecraft, la science-fiction des années 60 et 70. Il est addict a la loterie vidéo il s'endette emprunte à droite comme à gauche et passe son temps à mentir. Pour s'en sortir il devient plongeur au restaurant La Trattoria, tout un parcours du combattant ce travail de plonge et les personnages haut en couleur qui le côtoient sont plus grands que nature, la description du stress vécu par les employés est homérique et cela soir après soir. le kid n'a pas d'identité tout au long de l'histoire et quand le kid veut réellement régler son problème il a un nom. Un roman qui nous parle de rêves, de ces cuites mémorables et des rendez-vous manqués accompagné de la musique de Megadeth, In Flames et Iced Earth. Un roman urbain qui restera longtemps dans ma mémoire que je recommande à tous les amoureux des after-hours et de musique alternative.
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sweetie
  31 janvier 2019
Au Québec, le roman a bénéficié d'excellentes critiques et à ce titre, je l'avais inscrit dans ma PAL depuis sa sortie. Et il ne déçoit pas. Stéphane Larue décortique l'univers de la restauration et celui des dépendances qui guettent ses acteurs. À chaque coup de feu, les chefs, les sous-chefs, les assistants, les serveurs, les barmaid et les plongeurs aux horaires atypiques évoluent dans une bulle hermétique qui éclate à la fermeture du restaurant, les projetant tous alors autour d'une dernière bière fraternelle. Sauf que c'est toujours loin d'être la dernière. le plongeur, c'est le narrateur, étudiant en graphisme à l'UQAM, désespérant de s'acquitter de ses dettes de jeu, accro aux machines à sous, lorgnant sans cesse vers le Casino de Montréal et tous les bars qui se trouvent sur son chemin. L'auteur s'est investi assurément dans cette histoire et son écriture vraie contribue à nous restituer les mécanismes d'addiction au jeu et à nous rendre sympathique son anti-héros.
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Gabrielle6344a17
  11 octobre 2017
Ce premier roman de Stéphane Larue met en scène un étudiant en graphisme qui, aux prises avec un problème de jeu et donc de dettes, s'initie au monde de la restauration à Montréal. Ce roman crée une illusion de réel incontestable et fascinante en ce qui a trait, notamment, au monde de la restauration, porté par des descriptions exhaustives du milieu. Les descriptions de la plonge, de la cuisine et de la salle à manger regorgent d'abord d'une certaine hostilité, notamment par les métaphores mais aussi par la sollicitation des sens (1). Mais cet environnement chaotique deviendra assez rapidement dans le récit le seul où le protagoniste garde un contrôle, en opposition aux autres aspects de sa vie.
Ce roman propose une expérience narrative impressionnante sur le plan du vécu, probablement davantage pour les montréalais ayant travaillé dans le domaine, et ce phénomène est d'autant plus intéressant lorsqu'on l'explore sous l'angle de l'autofiction. le décor du récit devient ici au service de la réalité, celle du passé de l'auteur. Si le prologue du roman annonce clairement un retour dans le passé, ce n'est pourtant qu'à la fin qu'on a la clef de l'autofiction (2). Pourtant, l'impression de réel si marquant est renforcée dès le début du roman par une récurrence de lieux réels, voire de codes culturels, ancrés dans l'imaginaire collectif de Montréal(3). L'omniprésence de la neige crée aussi une atmosphère particulière, et familière(!), alternant entre introspection et sentiment d'engourdissement dû à l'envie de jouer ou aux soirées arrosées.
Notes:
(1) « L'amoncellement de nourriture gâchée ressemblait aux entrailles d'une bête à la chaire luisante et chiffonnée. Une odeur de désinfectant mêlée à une autre, que je n'arrivais pas à identifier, grasse et fétide, emplissait mes narines. Une hotte moins imposante que celle de la cuisine aspirait bruyamment l'air trop humide qui avait entamé depuis longtemps le plâtre du plafond. » (Stéphane Larue, « le plongeur », p. 56)
(2) Malik, le cousin du protagoniste qui est au long du roman le seul auquel il se confie, qui sera d'ailleurs celui qui lui permettra de régler ses problèmes de jeu, lui prononce « T'as besoin d'aide, Stéphane » (Stéphane Larue, « Le plongeur », p.545)
(3) Prenons par exemple l'abondance de noms de rues, de quartiers (Hochelaga, Plateau), d'établissement connus (Les foufounes électriques, le 281, le fameux, etc.)
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
LauraLiLauraLi   25 août 2018
J'ai rempli un rack d'assiettes et de tasses à café, je l'ai envoyé dans le lave-vaisselle puis j'ai commencé à récurer les poêles du mieux que je pouvais. Au bout de dix minutes de frottage et de décrassage, j'étais presque aussi trempé que si on m'avait enfermé dans un lave-auto en marche. Mes mains se ratatinaient déjà dans la gibelotte du dish pit, le bout de mes doigts était éraflé par la laine d'acier, mes bras s'enlisaient jusqu'aux coudes dans l'eau brune et graisseuse. La vapeur d'eau faisait coller sur mon visage les miettes de nourriture et les éclats d'aliments calcinés qui revolaient sous le jet du gun à plonge. Je comprenais peu à peu pourquoi Dave voulait se débarrasser de ce travail. Mais ça faisait mon affaire, de ne pas avoir le temps de penser à mes histoires. Les assiettes, les marmites et les poêles crasseuses ne cessaient de s'accumuler peu importe la vitesse à laquelle je les récurais. Tout ça m'occupait la tête. Étrangement, j'avais l'impression de reprendre le contrôle de ma vie.
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LauraLiLauraLi   28 août 2018
Délaissant de plus en plus mes travaux de cégep, j'avais joué mes loyers d'août, puis de septembre, puis d'octobre, au long d'après-midi lents et engourdis, assis devant une machine de vidéopoker, dans des tavernes quasiment vides ou des bars de danseuses, au Fun Spot sur Ontario passé Amherst, à L'Axe sur Saint-Denis au sud d'Ontario ou, quand je sortais de chez Marie-Lou vers treize heures, à la Brasserie Cherrier pas loin du Lafleur. Je buvais de la bière qui goûtait le détergent et je brûlais billet de vingt après billet de vingt, jusqu'au dernier vingt-cinq cents, à espérer qu'enfin, dans les neufs cases de l'écran, les cloches formeraient une croix er que la banque se viderait dans mes mains. Non seulement je ne gagnais presque rien, mais pendant ces trois mois-la j'avais perdu davantage que dans les mois qui avaient précédé. Je n'avais pas encore compris la formule. Plus tu joues, plus tu perds. Je jouais tous les jours.
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Alice_Alice_   14 janvier 2018
Bébert avait un visage rond et des joues charnues de bambin, mais on n'aurait pas osé les lui pincer. Son menton se perdait dans sa gorge large. Il lui manquait une dent et il remplissait sa veste de cuisinier de sa carrure trapue mais solide. Une bedaine commençait à lui pousser. Ses manches retroussées laissaient voir sur ses avant-bras épais deux ou trois tatouages inachevés. Il n'avait pas de toque comme les autres cuisiniers, il portait une casquette des Indians de Cleveland sur ses cheveux rasés à trois. Son pantalon était trop large pour lui, comme celui d'un rappeur. Il devait avoir vingt-quatre ou vingt-cinq ans à l'époque, pas plus, mais il me donnait l'impression d'être plus vieux que cela.
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michelbmichelb   14 juillet 2017
Le Saint-Laurent était noir et immense en contre-bas et chatoyait de flammes orange frémissantes et de mille lueurs fantastiques. Des décorations de Noël battaient au vent, lugubres, accrochées aux garde-fous du pont de la Concorde. J'étais calme. Je me jetais des regards fuyants dans le rétroviseur, comme pour vérifier que c'était bien moi qui me trouvais sur la banquette arrière. Le taxi roulait, solitaire, ses phares éclairaient la voie d'une lumière blafarde. L'île Notre-Dame se profilait devant. Après avoir quitté le pont, on a roulé sur une route large qui longeait un plan d'eau. À ma gauche, j'ai aperçu les lueurs de la Rive-Sud, qui dansaient dans le brouillard rampant sur le fleuve. Une limousine est passée en sens inverse comme un vaisseau languide et silencieux. Devant, au loin, une forme hérissée, ivoire, illuminait la nuit. Une chaleur apaisante s'est propagée en moi et s'est convertie en cette lente détente qui précède la montée d'adrénaline. Cette sensation ne s'émoussait jamais.
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NeneveNeneve   09 novembre 2016
La gratte éclaire de son gyrophare la façade
blanchie des immeubles. Elle avance lentement sur
Hochelaga en tassant la neige devant elle. On arrive
enfin à la dépasser et on tourne dans une petite rue mal
éclairée. Le ciel est encore bas, sombre et cotonneux. La
chaleur confortable de l’habitacle m’endort presque.
On entend la voix du répartiteur au Cb, mais à peine.
Mohammed baisse le son dès qu’on monte dans sa Sonata
noire.
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Video de Stéphane Larue (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Stéphane Larue
Laurie Bédard Ronde de nuit, Quartanier
Stéphane Larue Le plongeur, Quartanier
Anne-Renée Caillé L'embaumeur, Héliotrope
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