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Critique de lrntv


lrntv
  04 septembre 2020
Le phénomène des conversions religieuses serait augmentation dans nos sociétés - il y aurait environ 4000 conversions à l'islam par année en France par exemple. Pour tenter d'expliquer ce phénomène, le sociologue Henri Lasserre est allé à la rencontre de personnes de milieux divers s'étant converties à différentes religions, dont l'islam, le catholicisme, le protestantisme ou encore le bouddhisme. À la suite des entretiens qu'il a menés, il a mis en lumière trois types de conversions :1) les conversions d'opportunité : la personne se convertit superficiellement pour des raisons conjugales ou politiques ; 2) les conversions « de retour » ou « d'intensification » : l'individu choisit de vivre de façon beaucoup plus active une identité religieuse héritée qui lui importait moins auparavant ;; 3) les conversions dites de « ruptures » : la personne change volontairement d'affiliation religieuse, rompant ainsi avec son héritage religieux ou culturel familial. Ce dernier type de conversion serait de loin le plus intense selon l'auteur car, dans ce cas, la crise traversée est « inextricablement spirituelle et existentielle. » C'est surtout de ce troisième type de conversion dont il est question dans ce livre.

Grâce à sa recherche, Henri Lasserre a pu découvrir quatre traits communs aux différentes conversions religieuses :1) l'existence, au départ - et souvent à l'entrée de la vie adulte - d'un mal-être intense, ou d'une crise identitaire profonde chez l'individu, déclenchant une rupture avec son milieu d'origine, souvent compliqué, déstructuré, et perçu négativement ; 2) la rencontre déterminante avec un (ou plusieurs) croyant(s), offrant reconnaissance, compréhension et amour à l'individu en crise ; 3) l'existence d'une communauté accueillant, accompagnant et soutenant la personne en détresse, et lui envoyant une image plus positive d'elle-même ; 4) un travail sur soi par le nouveau converti, à l'aide de la lecture, de la méditation, de la prière, ou de l'échange en groupe, lui permettant de se « dégager des conditionnements pour accéder à sa propre vie. »

Le sociologue explique très bien que la conversion religieuse est un moyen pour la personne en crise de se reconstruire. Ce processus peut en effet « représenter une sorte de nouvelle naissance à soi, aux autres, un accès à une identité personnelle et groupale choisie. » Elle constitue ainsi un « travail de reconstruction de soi, impliquant la possibilité d'un dégagement par rapport aux diverses assignations identitaires subies, l'accès à des choix personnels, éventuellement différents de ceux des parents, et l'ouverture à de nouvelles identifications. » La conversion est aussi un moyen de trouver une nouvelle affiliation, une nouvelle famille. « Il semble y avoir ainsi constitution d'une sorte de nouvel espace familial à la fois sécurisant et étayant, où il devient possible de donner un sens à son histoire et de dépasser les blessures de celle-ci », note l'auteur. En ce sens, le phénomène de conversion, qui dans certains cas donne l'impression « d'être une sorte de substitut ou d'évitement par rapport à un travail psychothérapeutique », peut se révéler positif pour l'individu en crise. le sociologue reconnaît toutefois qu'une étude plus systématique devrait être menée pour déterminer si la conversion religieuse est toujours un facteur de résilience... Personnellement, j'ai des doutes. Et je pense qu'on peut vivre mieux sans religion. Et puis quid des individus qui se convertissent et finissent par devenir terroristes ?
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