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ISBN : 2707148490
Éditeur : La Découverte (09/11/2005)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 13 notes)
Résumé :

Pollution des rivières, embryons congelés, virus du sida, trou d'ozone, robots à capteurs... Comment comprendre ces "objets" étranges qui envahissent notre monde ? Relèvent-ils de la nature ou de la culture ?

Jusqu'ici, les choses étaient simples : aux scientifiques la gestion de la nature, aux politiques celle de la société. Mais ce traditionnel partage des tâches est impuissant à rendre compte de la prolifération des " hybrides ". D'où ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Bernacho
  29 juillet 2016
Plouf !
Avons-nous eu raison de faire le grand partage entre Nature et Cultures ? Sur quoi se base-t-il ? En quoi a-t-il permis à nos sociétés de dominer toutes les autres ? Jusqu'où est-il pertinent ? Est-il réel ?
Qu'est-ce que la modernité ? Pourquoi avons-nous l'impression qu'elle est en panne ? Pourquoi sommes-nous postmodernes (ou antimodernes) ? Avons-nous jamais été modernes ? Faut-il nous reconnaître comme non modernes ?
Comment peut-on penser le relativisme avec les autres sociétés ? Sommes-nous réellement si différents des sociétés « traditionnelles » ? L'ethnologie peut-elle nous aider à nous connaître nous-mêmes ? A quelles conditions ?
La science a-t-elle réellement désenchanté le monde ? La science et les technique ne continuent-elles toujours pas à l'enchanter ? Pourquoi avons-nous tant de mal à penser, à gérer aujourd'hui, les enjeux de notre Monde ? Quels changements conceptuels pourraient nous aider à gérer notre présent et notre avenir ?
Devrions-nous revenir à un peu de modestie ? Ou mieux, de lucidité ?
Essai éblouissant, mais ardu (pour moi), audacieux, et finalement optimiste, qui incite à tout repenser.
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Tipee
  03 novembre 2016
Ceci est un livre de référence pour l'étude anthropologique des Modernes. Mais il n'est pas du tout aisé d'accès. J'ai eu beaucoup de problèmes autour de plusieurs et surtout les sources philosophiques et scientifiques d'il y a plusieurs siècles.
Mais le principal est retenu, c'est à dire, que nature et culture ne doivent pas être systématiquement séparés. Que les deux s'interpénètrent et façonne l'autre côté.
Que l'homme occidental a séparé ces deux termes. Qu'il s'en ai servit pour assujettir le monde et le dominer. Oui oui on vient chez vous, on apporte la connaissance par que nous, nous sommes à part et nous expliquons la nature et la culture. Les deux ensembles, houla, vous êtes vraiment des primitifs. Voilà comment l'on peut exterminer les indiens, ou coloniser la planète, en donnant un statut de sous-homme.
Mais une fois que l'on a redécouvert ces sociétés, que l'on s'est intéressée à leur explication du monde, nous avons appris des choses.
Avant cet ouvrage de Bruno Latour, personne n'avait essayer de comprendre l'Europe occidentale en réunissant nature et culture. Basta les modernes, adieu les pré-modernes, au revoir les post-modernes... Nous pouvons dorénavant étudier notre partie de la planète de la même manière que ce que l'on faisait en ethnologie. On peut l'expliquer de la même façon et non nous ne sommes pas à part dans ce monde et nous ne sommes pas supérieur.
Bref un ouvrage de référence, magistral, mais qui fait du bien à lire.
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lutinielle
  21 août 2012
Décrié car bousculant pas mal les catégorisations intellectuelles, ce livre est une révolution, un coup de pied à ceux qui se croient modernes et civilisés, une bonne remise en question à l'heure du tout écologique ! Dans la lignée de Levi-Strauss et notamment Race et histoire ! A lire absolument, que vous soyez scientifiques ou non, quitte à sauter les passages trop techniques!
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
lanardlanard   18 août 2010
p. 156 L’erreur des modernes sur eux-mêmes est assez facile à comprendre une fois que l’on a rétabli la symétrie et que l’on prend en compte à la fois le travail de purification et le travail de traduction. Ils ont confondu les produits et les procédés. Ils sont cru que la production de rationalisation bureaucratique supposait des bureaucrates rationnels ; que la production de science universelle dépendait de savants universalistes ; que la production de techniques efficaces entraînait l’efficacité des ingénieurs ; que la production d’abstraction était elle-même abstraite, que celle de formalisme était elle-même formelle. Autant dire qu’une raffinerie produit du pétrole de façon raffinée, ou qu’une laiterie produit du beurre de façon laitière ! Les mots science, technique, organisation, économie, abstraction, formalisme, universalité désignent bien des effets réels que nous devons en effet respecter et dont nous devons rendre compte. Mais ils ne désignent en aucun cas les causes de ces mêmes effets. Ce sont de bons substantifs mais de mauvais adjectifs et d’exécrables adverbes. La science ne se produit pas de façon plus scientifique que la technique de manière technique, que l’organisation de manière organisée ou l’économie de manière économique. Les scientifiques de paillasse, descendants de Boyle, le savent bien, mais dès qu’ils se mettent à réfléchir à ce qu’ils font, ils prononcent les mots que les sociologues et les épistémologues, descendants de Hobbes, placent dans leur bouche.
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BernachoBernacho   22 juillet 2016
Que faire si nous ne pouvons plus avancer ni reculer ? Déplacer notre attention. Nous n’avons jamais ni avancé ni reculé. Nous avons toujours trié activement des éléments appartenant à des temps différents. Nous pouvons trier encore. C’est le tri qui fait le temps et non pas le temps qui fait le tri. Le modernisme – et ses corollaires anti- et postmodernes – n’était qu’une sélection faite par un petit nombre au nom de tous. Si nous sommes plus nombreux à récupérer la capacité de trier nous-mêmes les éléments qui font partie de notre temps, nous retrouverons la liberté de mouvement que le modernisme nous déniait, liberté qu’en fait nous n’avions jamais vraiment perdue. Nous n’émergeons pas d’un passé obscur qui confondait les natures et les cultures pour parvenir à un futur où les deux ensembles se sépareront enfin nettement grâce à la continuelle révolution du présent. Nous n’avons jamais été plongés dans un flux homogène et planétaire venu soit de l’avenir, soit du fond des âges. La modernisation n’a jamais eu lieu. Ce n’est pas une marée longtemps montante qui refluerait aujourd’hui. Il n’y a jamais eu de marée. Nous pouvons passer à autre chose, c’est-à-dire revenir aux multiples choses qui ont toujours passé de façon différente.
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TipeeTipee   03 novembre 2016
C'est cette exploration d'une transcendance sans contraire qui fait de notre monde un monde si peu moderne, avec toutes ces nonces, médiateurs, délégués, fétiches, machines, figurines, instruments, représentants, anges, lieutenants, porte-parole et chérubins. Quel monde est-ce là qui nous oblige à prendre en compte, à la fois et dans le même souffle, la nature des choses, les techniques, les sciences, les êtres de fiction, les religions petites et grandes, la politique, les juridictions, les économies et les inconscients ? Mais c'est notre monde. Il a cessé d'être moderne depuis que nous avons substitué à chacune des essences les médiateurs, les délégués, les traducteur qui leurs donnent sens. C'est pourquoi nous ne les reconnaissons pas encore. Il a pris un air ancien avec tous ces délégués, des médiateurs et des traducteurs à la maison, chez lui, dans son propre collectif. L'anthropologie s'était faite sur fonds de science, ou sur fonds de société, ou sur fonds de langage, elle alternait toujours entre l'universalisme et le relativisme culturel et nous en apprenait finalement bien peu sur "Eux" comme sur "Nous".
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TipeeTipee   02 novembre 2016
L'import-export des deux Grands Partages
"Nous, les Occidentaux, sommes absolument différents des autres", tel est le cri de victoire ou telle est la longue plainte des modernes. Le Grand Partage entre Nous, les Occidentaux, et Eux, tous les autres, depuis les mers de Chine jusqu'au Yucatan, depuis les Inuit jusqu'aux aborigènes de Tasmanie, n'a pas cessé de nous obséder. Quoi qu'ils fassent, les Occidentaux apportent l'histoire dans les coques de leurs caravelles et de leurs canonnières, dans les cylindres de leurs télescopes et les pistons de leurs seringues à vacciner. Ce fardeau de l'homme blanc, ils le portent tantôt comme une tâche exaltante, tantôt comme une tragédie, mais toujours comme un destin. Ils ne prétendent pas seulement qu'ils diffèrent des autres comme les Sioux des Algonquins, ou les Baoulés des Lapons, mais qu'ils diffèrent radicalement, absolument, au point que l'on peut mettre d'un côté l'Occidental et, de l'autre, toutes les cultures puisqu'elles ont toutes en commun d'être justement des cultures parmi d'autres. L'occident, et lui seul, ne serait pas une culture, pas seulement une culture.
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TipeeTipee   31 octobre 2016
Je n'en puis plus d'être accusé, moi et mes contemporains, d'avoir oublié l'Être, de vivre dans un bas monde vidé de toute sa substance, de tout son sacré, de tout son art, ou de devoir, afin de retrouver ces trésors, perdre le monde historique, scientifique et social dans lequel je vis. S'appliquer aux sciences, aux techniques, aux marchés, aux choses, ne nous éloigne pas plus de la différence de l'Être et des étants, que de la société, de la politique, ou du langage.
Réels comme la nature, narrés comme le discours, collectifs comme la société, essentiels comme l'Être, tels sont les quasi-objets que les modernes ont fait proliférer, tels il convient de les suivre en redevenant simplement ce que nous n'avons jamais cessé d'être, des non-modernes.
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Videos de Bruno Latour (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Bruno Latour
Retour sur le débat «Une anthropologie de la nature : face à Gaïa » .Retour sur les meilleurs moments du Mardi des Bernardins du 31 mai 2016, consacré à la relation qu?entretient l?homme à la nature. Pour (re)voir la première partie du débat, c?est par ici : https://vimeo.com/169099604 Pour l?écouter en intégralité, c?est par là : https://soundcloud.com/college-des-bernardins/une-anthropologie-de-la-nature-face-a-gaia-les-mardis-des-bernardins Avec la participation de : - Pierre-Yves Condé, professeur en science politique - Philippe Descola, professeur au Collège de France, Chaire d?anthropologie de la nature - Bruno Latour, philosophe et sociologue des sciences, professeur à Sciences Po et auteur de Face à Gaïa (La Découverte, 2015)
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