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ISBN : 223407925X
Éditeur : Stock (11/05/2016)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 26 notes)
Résumé :
Au début du siècle dernier, des universitaires parisiens prennent leurs quartiers d’été sur la presqu’île de l’Arcouest, un joli coin de Bretagne. Ils y pêchent, se baignent, naviguent en famille. Le reste de l’année, ils mènent des combats politiques et scientifiques : dreyfusisme, pacifisme, rationalisme, antifascisme…et recherche atomique. Dans le groupe de l’Arcouest, aussi surnommé « Sorbonne Plage », quatre prix Nobel – Marie Curie, Jean Perrin, Frédéric et Ir... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Fleitour
  14 décembre 2017
À la pointe de l'Arcouest on peut observer l'île de Bréhat, ce site, l'Arcouest sorte de presqu'île est d'une grande beauté, entre la rivière du Trieux et la baie de Paimpol. Les huîtres y sont particulièrement goûteuses et des académiciens y déclament parfois une louange mielleuse. C'est là que l'oncle de Boris Vian aurait pu travailler à sa bombe atomique.
Ce sont en réalité toutes les sommités de la physique quantique qui occupent garages et pavillons, demeures luxueuses donnant sur la mer et offrant l'accès aux plages.
Ces grands scientifiques nobellisés ou éminents normaliens tels que Pierre et Marie Curie, Jean Perrin, Irène et Frédéric Joliot-Curie, Henri Becquerel...se sont lancés à la conquête de la radioactivité. D'autres pays sont aussi sur les rangs, les allemands et les anglais .
La fuite des chercheurs d'Allemagne ou de Hongrie à partir de 1933 allait changer la donne.

Les États-Unis dotés ainsi des meilleurs physiciens du monde soufflaient la première place à la France, engluée par la présence Allemande, Frédéric
Joliot-Curie à la tête du CNRS, ne pouvait que tempérer ses intuitions.
Édouard Launay, avant d'introduire ce qui est sans doute l'essence du livre, l'émergence de la bombe atomique, donc un drame pour l'humanité,
restituée deux événements maritimes qui ont profondément troublés, la communauté intellectuelle de l'Arcouest, le premier étant le naufrage de la Brune et ses 74 disparus, laissant 127 orphelins.

Ce drame fut relayé largement par Anatole le Braz, page 60, "sur le dos mouvant des lames, à la Brune, ils étaient partis". Ce drame rejoint bien d'autres naufrages qui ont taché cette côte Nord de Paimpol. Ce sont ces pêcheurs d'Islande, qui ont laissé des témoignages glaçants, sur le mur des lamentations du village de Ploubazlanec, et combien de pêcheurs et combien de capitaines, ont laissé leurs noms, et le nom de leur bateau, sur le granit penché vers le nord.
Pierre loti et Anatole le Braz ont déployé des pages en l'honneur de ces hommes de Paimpol, ancrés avec leur famille sur les falaises de l'Arcouest.
Le deuxième drame a touché plus douloureusement la communauté scientifique puisque Léon Mariller et sept membres de la famille Le Braz ont fait naufrage, la Marie Thérèse a coulé à pic à marée montante.

C'est Pierre Curie recevant le prix Nobel, qui dira « Je suis de ceux qui pensent, avec Nobel, que l'Humanité tirera plus de bien que de mal des découvertes nouvelles ». et il est bien difficile en ces moments de ne pas avoir des pensées positives et idéalistes .

Tous les physiciens sont impliqués par les avancées scientifiques, ils sont même parfois enclins à déposer des brevets sur des hypothétiques bombes atomiques.

Mais cette douce utopie vire au cauchemar dans les années 40 avec l'entrée des allemands sur le sol français ;
alors que cette communauté à l'aube de la guerre avait dès 39 l'espoir
d'être la première à détenir la façon de déclencher la fission en chaîne des atomes.
Avec eux, nous aurions pu fredonner la chanson de Boris Vian :
"A mesur' que je deviens vieux
Je m'en aperçois mieux
J'ai le cerveau qui flanche".
La mise en oeuvre de la bombe atomique est ainsi la suite, de la vie paisible qui se déroulait dans ce coin de Bretagne. L'enthousiasme de cette communauté tranche avec les événements qui ont cadencé l'histoire de la bombe et de sa mise en oeuvre: de sa cruauté Albert Camus a été le premier à la dénoncer dès l'annonce de la fin de la ville d'Hiroshima.
Dans le livre de Nicolas Bouvier, l'auteur raconte que pour glaner 3 kg de sucre une mère de famille est partie en poussières calcinées à Hiroshima.

Le livre d'Édouard Launay, Sorbonne Plage nous berce d'une étrange musique, là où la famille Schueller Bettencourt a fait fortune, grâce à l'ombre solaire, là aussi la famille Curie fut emportée dans des douleurs intenses brûlées par la radioactivité.

Je regrette un peu que ce récit cède souvent à l'énoncé de toutes les personnes illustres qui se sont promenées ici ou là, ainsi sur trois pages, Édouard Launay parvient à citer 30 noms de familles illustres ! Une vraie liste de mariage.
Cet un ouvrage très bien documenté, et qui a l'immense mérite de condenser depuis les premières découvertes sur la radioactivité, la propagation à une vitesse incroyable les connaissances sur ce sujet permettant d'aboutir en 1945 à cette afreuse bombe atomique.
L'auteur a aussi eu la lucidité et l'honnêteté de rapporter cette phrase d'Albert Camus : " la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie".
Un ouvrage indispensable pour éviter de dire sur ce sujet si essentiel des idées ou des affirmations erronées.
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PetiteBalabolka
  30 septembre 2016
La première chose que j'ai faite en rentrant de la librairie avec ce livre, c'est d'ouvrir un célèbre globe virtuel en ligne et de localiser cette plage qui se présentait sous des airs parisiens mais correspondait en fait à une réalité bretonne. Je voulais l'observer sous différentes échelles, apprécier son relief que j'imaginais escarpé et sa manière de rencontrer la mer. Ce n'est qu'une fois rassasiée de ces informations géographiques que j'ai commencé la lecture de cet ouvrage qui tient d'ailleurs bien plus de l'enquête que du roman. Edouard Launet retrace ce que fut ce bout de côte bretonne coincé entre Paimpol et l'île de Bréhat pour un petit groupe d'universitaires du début du siècle, la plupart des scientifiques (physiciens, chimistes) comme en témoigne son autre surnom, "Fort la science".
Pourtant, à l'origine, on trouve un historien, Charles Seignobos, (un chemin porte d'ailleurs son nom) et un médecin, Louis Lapicque. Ils vont dénicher cette presqu'île de l'Arcouest et en faire une villégiature régulière en achetant de vastes parcelles de lande qui n'intéressaient alors pas grand monde. Autour des deux amis, qualifiés de "pères fondateurs", une petite colonie va alors rapidement se former, l'été. Dès les années 20, le gratin de la physique (Jean Perrin, bientôt suivi de sa consoeur et amie, l'impressionnante Marie Curie, déjà deux fois nobellisée à cette époque), des mathématiques (Emile Borel, reçu premier à Polytechnique, à Normale Sup et à l'agrégation, excusez du peu) et de la chimie (Victor Auger) aime à estiver ensemble sur la côte du Goëlo, prolongeant dans ce cadre vivifiant des amitiés souvent nées dans le creuset de l'Ecole normale ou de la cause dreyfusarde.
Entre excursions en mer et bains de soleil, l'élite intellectuelle sort le nez de ses travaux, de ses laboratoires souvent poussiéreux, se ressource tout en cultivant l'entre-soi. Mais tout aussi rafraichissantes qu'elles aient pu être, les aventures estivales de la "Science en goguette" n'auraient pas suffi pour justifier à elles-seules ce solide travail d'enquête. L'auteur nourrit en effet une autre ambition , comprendre comment ces universitaires brillants, animés bien sûr par la soif du progrès scientifique mais également portés par un idéalisme humaniste, convaincus de pouvoir associer le tout, ont pu contribuer, par l'émulation de leurs découvertes respectives, à l'élaboration de l'arme nucléaire.
Avec une écriture précise et soignée, Edouard Launet mène une enquête documentée, réflexive et pédagogique (nul besoin d'être spécialiste pour comprendre). J'aurais juste apprécié une petite carte, une traditionnelle, en papier, parce qu'après toute cette physique-chimie, un peu de géographie quand même...

Lien : http://leschroniquesdepetite..
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hcdahlem
  19 septembre 2016
Qu'advient-il des romans qui paraissent en mai et juin au moment du déferlement de la rentrée littéraire de septembre? Sont-ils condamnés à disparaître sous les piles des livres qui envahissent les librairies à la fin août? Il faut malheureusement répondre par l'affirmative dans la plupart des cas et, par conséquent, condamner ce roman. Pourtant, il ne mérite vraiment pas ce traitement tant il est original.
Car il y a au moins cinq niveaux de lecture possible pour ce roman, un niveau géographique, un niveau «people», un niveau historique, un niveau scientifique et un niveau sociologique.
Le niveau géographique, c'est celui qui nous fait découvrir la presqu'île de l'Arcouest, d'abord depuis la mer. le narrateur, parti de Paimpol pour rejoindre la Bretagne sud et faire escale à l'île d'Ouessant, doit diriger son voilier entre les rochers, raser le bourg de Pors-Even avant de découvrir ce coin de Bretagne qui va tant plaire aux intellectuels parisiens. À l'occasion de sorties en mer, de baignades ou de promenades, le lecteur est invité à en découvrir les recoins, mais aussi de suivre le développement économique avec la construction des maisons de villégiature et le Développement du tourisme.
On peut considérer l'historien Charles Seignobos comme l'initiateur de ce mouvement. Avec le physiologiste Louis Lapicque, il est en effet à l'origine de ce qui deviendra au fil des ans la communauté scientifique qui donne son titre à l'ouvrage. On y croisera pas moins de quatre Prix Nobel : Pierre et Marie Curie, Frédéric et Irène Joliot-Curie et Jean Perrin. Au fil des ans, il seront rejoint par Emile Borel, Pierre Auger ainsi que par quelques industriels tels que Eugène Schueller, le fondateur de l'Oréal. Quand sa fille Liliane prend des bains de mer, elle peut tester l'ambre solaire et observer ces vacanciers humanistes que la presse va finir par rassembler sous le nom générique de «Fort la science». Car s'il est bien question de vacances, notamment pour les enfants de ces scientifiques, l'endroit se prête aussi aux échanges et à l'élaboration de quelques projets communs comme, par exemple, la création d'outils de formation. Ainsi le CNRS ou du CEA doivent sans doute beaucoup à l'Arcouest.
L'engagement social, l'idée que la science doit être au services des hommes donnera lieu à des débats enflammés – notamment quand il sera question des recherches dans le domaine nucléaire – tout comme l'affaire Dreyfus en faveur duquel une majorité, sinon une unanimité, se dégage très vite.
« Il y avait là l'image la plus achevée de ce que fut le XXe siècle : idéalisme, puis violence, puis désillusion.» Quand des milliers de Japonais meurent des radiations émises par la première bombe atomique, par exemple.
La cohabitation des Bretons avec cette communauté donne aussi quelques pages savoureuses, même s'il faut bien avouer une petite déception avant de refermer ce livre: le souffle romanesque qui aurait pu accompagner cette épopée n'est qu'une petite brise qui ne parvient pas à faire gonfler les voiles d'un récit qui reste un peu encalminé dans sa très solide documentation.

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jg69
  06 juillet 2016
Un jour, en navigant sur un voilier en Bretagne, Édouard Launet découvre par hasard une avancée rocheuse entre Paimpol et l'île de Bréhat, c'est la presqu'île d'Arcouest où se trouve la maison de Liliane Bettencourt.
Il apprend qu'au début du siècle dernier, ce coin alors sauvage et sans touristes, était le refuge d'illustres chercheurs et de professeurs à la Sorbonne qui formaient "le groupe de l'Arcouest" également surnommé "Sorbonne plage". Chaque été, une quinzaine de personnes se retrouvaient à "Taschen Bihan", la maison de l'historien Seignobos, ouverte à tous.
C'était un groupe convaincu du rôle essentiel de la science dans le progrès de la société qui "avait une foi solide en un avenir radieux et penchait nettement à gauche", un groupe soudé par l'affaire Dreyfus.
Ce repaire estival de grands noms français de la physique atomique abritait une petite société élégante, unie par le goût de la science et de la réflexion politique mais aussi coincée dans ses traditions, un microcosme fermé d'aristocrates idéalistes aux idées de gauche qui avaient peu de contact avec la population locale. Peu à peu, un certain nombre d'entre eux vont s'installer dans cette presqu'île en y construisant leur propre maison.
Parmi eux, quatre prix Nobel : Marie Curie, Jean Perrin, Frédéric et Irène Joliot-Curie
Edouard Launet a mené une enquête auprès des descendants de ces familles dont certains habitent encore la région et s'est appuyé sur la biographie de Marie Curie écrite par sa fille Eve, sur les récits de la femme de Borel qui était romancière, sur des photos (la photo en couverture du livre date de 1919), sur des films muets, sur une rencontre avec la fille de Frédéric et Irène Joliot Curie...
Il nous dépeint la Bretagne du début du 20ème siècle endeuillée par les disparitions en mer de marins pêcheurs en mer d'Islande, bercée par les poèmes du poète breton Anatole le Braz.
Il évoque le contexte historique avec l'exposition universelle de 1900, la découverte des rayons X par Becquerel et de la radioactivité par les Curie, la mobilisation du groupe lors de la première guerre mondiale, les liens de Frédéric Joliot-Curie avec Schueller le père de Liliane Bettencourt, la découverte du neutron en 1932, la terrible année 1939 avec la déclaration de guerre et la découverte de la fission nucléaire en chaîne, le premier essai nucléaire en 1945 pour finir par l'apocalypse d'Hiroshima et Nagasaki ...
Tous ces savants résideront l'été dans ce coin de la Bretagne jusqu'à la deuxième guerre mondiale.
L'auteur nous montre le terrible engrenage qui a fait que ces découvertes ont, à un moment donné, échappé aux savants pour passer entre les mains des militaires avec les conséquences que l'on connait... On imagine les états d'âme des scientifiques, le poids de la responsabilité qui a pesé sur ces hommes et ces femmes, pour certains engagés dans des mouvements pacifistes, qui avaient foi dans l'homme et dans le progrès...
J'ai trouvé très documentée et passionnante cette enquête où l'on croise Albert Camus, Eistein, Oppenheimer et Tibbets, le pilote qui a largué la bombe sur Hiroshima. C'est une page d'histoire centrée sur la découverte de l'énergie atomique que nous retrace avec beaucoup de rigueur Édouard Launet .
Ce livre n'est pas du tout rébarbatif au contraire, truffé d'anecdotes le récit est très vivant. Sorbonne plage est très instructif et tient à la fois de l'essai et du roman.
Lien : http://leslivresdejoelle.blo..
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Livresselitteraire
  08 juin 2016
Avec Sorbonne Plage, Edouard Launet, journaliste scientifique, nous emmène en Bretagne et plus précisément sur l'Arcouest où chaque année se rejoignent artistes et grands scientifiques nobelisés tels que Pierre et Marie Curie, Charles Seignobos, Jean Perrin, Louis Lapicque, Anatole le Braz mais également leur descendance. Cette petite bourgade devient le théâtre, durant les quelques mois d'été, de têtes pensantes à l'apogée de leurs découvertes.
Tous ces grands noms de l'Histoire y font construire des résidences secondaires après être tombés en amour pour ce havre de paix. Ils s'y amusent en navigant, en créant des spectacles estivaux où chaque membre de cette grande famille a un rôle à jouer.
Le « groupe de l'Arcouest » ne se mêlent pas aux autres habitants à part le jeune Frédéric Joliot (gendre de Pierre et Marie Curie) qui venant d'un monde moins bourgeois se plaît à rencontrer les habitants et pêcheurs de l'île.
Humanistes socialistes, dreyfusards (voir même peu à peu communistes), tous sont convaincus que la science peut apporter à l'humanité une paix certaine, Pierre Curie dira « Je suis de ceux qui pensent, avec Nobel, que l'Humanité tirera plus de bien que de mal des découvertes nouvelles ». et il est bien dur de rentrer dans leur monde idéaliste.
Le reste de l'année, ils militent politiquement mais surtout ils travaillent avec acharnement sur les avancées scientifiques de l'uranium puis de l'atome.
Mais cette douce utopie virera au cauchemar dans les années d'après-guerre.
Ces scientifiques si brillants ne se doutaient-ils pas du danger encouru par de telles découvertes ? N'ont-ils pas été précurseurs dans le domaine de la fission atomique ? Certains d'entre eux n'avaient-ils pas auguré la catastrophe qui se profilait ?
C'est ce qu'Edouard Launet nous démontrera tout au long de ce récit très bien documenté par des témoignages ou l'étude de documents provenant parfois mêmes de ces Arcouestiens.
Comment ces physiciens ont-ils pu laisser la bombe atomique voir le jour ? La fierté d'une telle avancée sera-t-elle plus forte que le remord ?
Edouard Launet ne nous écrit pas des tartines de formules, ni de procédés physiques, juste le nécessaire pour que nous puissions comprendre cette fabuleuse et dramatique aventure à laquelle les plus grands scientifiques, physiciens et historiens ont été à l'origine.
Nous voyageons à travers des photos en noir et blanc, des souvenirs de vacances remplis d'insouciance sur cette presqu'île. L'auteur nous plante le décor de ces avancées et nous distille peu à peu les prémices de cet holocauste que la bombe atomique provoquera sur Hiroshima.
Le récit nous offre de belles lignes : la plume d'Edouard Launet se fait à la fois poétique et scientifique mais jamais le lecteur n'est noyé dans les explications. Et j'ai trouvé que c'était réellement un point fort pour cet ouvrage. On vogue entre deux époques celles des ancêtres (Pierre et Marie Curie) et celle de la relève, celle de la première guerre et celle de la seconde, entre la France et les Etats-Unis.
Quelle ironie d'apprendre que tous militaient pour la paix, tous étaient humanistes voir même anti-armes nucléaires. Tous étaient bercés d'idéalisme et pourtant leurs travaux ont servi à créer une arme de destruction massive alors qu'ils étaient conscients des dangers de telles découvertes.
Sans parler de la dernière partie où l'auteur aborde la culpabilité qui a rongé ces chercheurs et universitaires après l'explosion. Où il nous emmène au Japon pour nous retracer l'horreur vécue par les habitants d'Hiroshima. Rien n'est laissé au hasard et la douleur qui s'en dégage parvient à nous glacer le sang.
J'ai aimé l'écriture fluide, les paysages, et j'ai adoré rentrer dans l'intimité de ces physiciens, en apprendre davantage sur ses illustres personnages et sur leur vision du monde.
Merci à Babelio et aux éditions Stock qui m'ont offert une belle découverte dans le cadre de l'opération Masse Critique.
Lien : http://livresselitteraire.bl..
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critiques presse (2)
Bibliobs   04 août 2016
Grâce à sa plume d’éternel estivant, qui fait de la philo sur le sable en rêvant, Launet offre une passionnante et douloureuse méditation sur la menace technophile.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Lexpress   22 juillet 2016
Edouard Launet signe le portrait d'une bande de scientifiques surdoués, qui ont pris l'habitude de se réunir pour l'été dans le nord de la Bretagne. Une histoire vraie et passionnante.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
FleitourFleitour   18 janvier 2018
Les artisans de la bombe, acteurs conscients ou involontaires de cette entreprise,
étaient des gens de valeur,
groupe hétéroclite d'idéalistes, de juifs, de protestants, de communistes, de poètes, de rationalistes,
et animés par une profonde confiance en la science.
p 204
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hcdahlemhcdahlem   19 septembre 2016
Donc voilà : quel genre de vacanciers étaient ces universitaires et chercheurs qui entendaient associer progrès scientifique et social ? Le granit de la presqu’île garde-t-il les traces poudreuses de leurs ambitions à la manière d’une surface sensible, comme les plaques photographiques laissées par Henri Becquerel dans un tiroir lui révélèrent l’activité des sels d’uranium ? Comment fut accueillie en ces lieux la nouvelle du bombardement atomique du Japon ? Qu’est-ce que, dans le fond, cette matrice bretonne d’un des idéalismes les plus construits a à raconter sur cette issue paradoxale ? Autant que l’histoire des idées, c’est donc l’histoire intime du lieu qu’il fallait fouiller. Pas avec une rigueur d’universitaire mais en flânant car, avant tout, ces grèves et chemins forment un cocon où il fait bon nicher en écoutant le vent. Et puis nous sommes ici au bord de La Manche, chose qui, pour moi, est loin d’être mineure : comme Paul Warfield Tibbets, mais pour des raisons fort différentes, j’ai une passion pour cette mer vive et nerveuse au bord de laquelle la pensée (rare) se dissout dans l’iode et le temps dans la brume (fréquente), ou peut-être l’inverse.
J’ai, depuis, souvent navigué au large de la presqu’île atomique et je sais maintenant que la maison de Liliane Bettencourt n’en est pas la proue mais la poupe – même si, on le verra, sa famille s’est trouvée liée à ce groupe d’humanistes. Les maisons cachées dans les bois, j’en ai visité plusieurs, j’ai rencontré quelques-uns des descendants des familles pionnières, lesquelles en sont aujourd’hui à leur cinquième génération. J’ai pu constater que les rites d’hier se sont perpétués, certaines convictions aussi, en particulier le rationalisme et l’athéisme.
Mais la foi en une science émancipatrice a, elle, franchement vacillé.
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claraetlesmotsclaraetlesmots   01 juin 2016
En 1903, Pierre Curie en recevant à Stockholm le prix Nobel de physique avec sa femme avait ensuite évoqué, hommage de circonstance, les puissants explosifs inventés par Alfred Nobel qui avaient « permis aux hommes de faire des travaux admirables», tout en prenant se souligner une nouvelle fois qu‘une telle invention était aussi « un moyen terrible de destruction entre les mains des peuples vers la guerre ». La conclusion de Pierre Curie fit malgré tout d’un bel optimisme, parce que ce n'était pas le moment d'injurier l'Académie royale des sciences de Suède : « Je suis de ceux qui pensent, avec Nobel, que l'Humanité tirera plus de bien que de mal des découvertes nouvelles ».
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FleitourFleitour   17 janvier 2018
la science est au bout du compte qu'un totalitarisme comme les autres, comme les utopies politiques, comme les religions.
P 206
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EtoilesonoreEtoilesonore   22 août 2016
Trois personnes se noient en Seine, devant dix mille curieux, et voilà la capitale en rumeur, la France émue, tous les cœurs serrés aux péripéties de la noyade. Cent dix-sept marins bretons disparaissent en vue des côtes d'Islande, dans un cyclone, et c'est à peine s'il en est fait mention dans de courtes dépêches. C'est trop loin.
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Video de Edouard Launet (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Edouard Launet
Le petit livre des gros égos de Édouard Launet .Voir l'émission : http://www.web-tv-culture.com/le-petit-livre-des-gros-egos-de-edouard-launet-536.html Qu'on en commun Silvio Berlusconi, Frederic Beigbeder, Thierry Ardisson, Franz Olivier Giesbert ou Philippe Sollers ? Leur arrogance et leur ego surdimensionné ! C'est en tout le point de vue d'Edouard Launet qui se lâche dans son nouveau livre paru aux PUF « le petit livre des gros ego ». Les petits phrases assassines, des bons mots, des portraits au vitriol tous plus drôles les uns que les autres. Journaliste à Libération, Edouard Launet ne se fait pas que des amis ! « le petit livre des gros egos » aux PUF Edouard Launet est sur WTC !
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