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ISBN : 2373850516
Éditeur : Du Sonneur (20/04/2017)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Athènes. Socrate vient d'être condamné à boire la ciguë après un singulier procès. L'aube se lève sur sa dernière journée. Ses amis affluent de toute l'Attique pour faire leurs adieux au penseur. Seule la voix pleine de colère de Xanthippe - sa femme au mauvais caractère légendaire - s'élève : "Les Athéniens comprendront, les Athéniens se réveilleront ! Mais ce n'est pas demain qu'il faut les réveiller, c'est aujourd'hui." Pour tenter de réhabiliter et de sauver son... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  11 août 2017
Un moment léger , étonnant et sympathique de lecture qui m'a entraîné dans une double découverte: celle de l'auteure jamais lue, et celle d'un personnage malmené par la postérité : la soi-disante méchante femme de Socrate, réputée aussi revêche que mégère !!
Elisabeth Laureau-Daull , par ce texte, offre un visage plus subtil et plus contrasté de l'épouse de Socrate, Xanthippe, que l'on suit dans son désespoir lorsqu'elle apprend que son "Sage de mari" a été condamné à boire la cigüe, après un procès lapidaire et ignomineux.. !
Une manière ludique d'aborder un pan de l'histoire de la philosophie antique , et d'un de ses personnages de légende, SOCRATE, avec "cerise sur le gâteau" des éléments pour décrire la vie de la cité d'Athènes, ses contrastes, ses orateurs, ses tribuns, la vie quotidienne... sans omettre des détails sur la condition des femmes, leurs droits ou plus exactement "non-droits", à travers le portrait de l'épouse de Socrate, bien que ce dernier , à travers le prisme de l'auteure, lui crédite des opinions plus libérales
et ouvertes, parlant de la complémentarité de l'homme et de la femme...!
"L'enfermer ? Mais comment ? aucune porte ne ferme chez eux ! entre et sort qui veut, quand il le veut, le vieil homme est pour la liberté.
"Je ne t'ai pas demandée à ta mère pour que tu sois prisonnière, Xanthippe. Je te veux libre. Comme moi. de dire et de faire..."
Ne lui a -t-il pas répété qu'ils avaient les mêmes droits, lui et elle ? Ce qui ne l'empêche pas de remercier à haute voix elle ne sait plus quelle divinité pour n'être pas né animal, esclave...ou femelle, histoire de la provoquer." (p. 28)
Rappelons que Elisabeth Laureau-Daull a enseigné à la fois les lettres et la philosophie.... Dans un tout autre registre, je suis intriguée, et curieuse par un autre de ses ouvrages "Le syndrome de glissement"...auquel je m'intéresserai dans un délai proche ...
Un court texte au style quelque peu précieux, prodigue en détails et informations... qui rend la lecture aussi distrayante qu'instructive...Je serai désormais attentive aux écrits futurs de cette dame !...
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Fleitour
  01 novembre 2018
Ce petit livre écrit par Élisabeth Laureau-Daull, au féminisme corrosif, est le récit de la fin tragique du Grand Socrate, écrite avec beaucoup de finesse et quelques belles facéties.
« La Jument de Socrate », est la femme de Socrate, Xanthippe, littéralement la jument jaune, le personnage central de ce petit opuscule.
Ce qui intéresse Laureau-Daull, c'est l'épouse de Socrate, Xanthippe, femme colérique, déterminée à poursuivre les assassins de son mari, qu'on appelle parfois la mégère. Page 120, l'auteure nous prévient, "Ils pourront bien pour l'amadouer parfumer tous les autels de la cité avec de l'aubépine du sureau ou du safran, y brûler du bois de cèdre y saigner le plus noir de leurs béliers"...Tout cela n'y fera rien.

Revenons à Socrate, car pour lui, la messe est dite sur l'autel de l'immortalité, "se libérer par la fuite du châtiment imposé ferait de son procès un dérisoire incident, et de lui, Socrate le Grand, un petit". Page 16.
Xanthippe ne l'entend pas de la même oreille, au point de transformer ce complot, en une superbe caisse de résonance pour la cause des femmes.

Dès les premiers mots j'ai relevé cette délicieuse distinction entre Socrate et Xanthippe, page 11, « le vieil homme la voit comme si c'était la dernière fois, la femme le voit comme si c'était la première fois, c'est toujours ainsi qu'elle le voit, et cela ne s'explique pas.

Elle prendra rapidement son envol, elle pense, et "le fait savoir", c'est tout. "Depuis quand est-ce interdit ?" Lance t-elle page 81. Mais c'est sans doute envers Socrate qu'elle devient la plus cruelle, lui qui lui interdit d'apprendre à lire, car dit-il, s'il aime lire, " il se méfie de la pensée figée dans l'écriture." P 80 . N'est-ce pas une façon cynique de dire que l'homme et la femme sont complémentaires, à lui l'esprit à moi le Balai.

Page 57, Xanthippe lui réserve une salve piquante pleine d'ironie, à force de courir dans l'Agora, "après les grands principes et les bonnes définitions, le pauvre était inapte aux choses de la vie, démuni devant elle, comme l'enfant qui vient de naître. Il fallait bien qu'elle ait pour deux les pieds sur terre !"

"Tu es une fille Xanthippe, c'est mieux qu'être une chèvre, page 56," est une des très nombreuses répliques de l'auteure que l'on déguste, répliques qui émaillent ce texte, très incisif, et d'autant plus crédible, qu'elle fait face à celui qui peut apparaître comme le plus ouvert des philosophes.

 Son combat pour la justice la mènera à se confronter avec l'autorité des anciens, elle balaye à propos de justice, vertement ses détracteurs d'un "il y aurait trop à dire sur le sujet".
Petit livre à offrir à toutes celles qui se trouvent en terminale, une belle façon de clouer le bec à un professeur un peu pontifiant et mâtiné de machisme.
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Lune
  28 octobre 2018
Madame Socrate.
Xanthippe.
« La Jument blonde » , traduction littérale de son prénom.
L' « Affaire Socrate » racontée et ressentie par l'épouse dont la réputation acariâtre est arrivée jusqu'à nos jours accompagnée peut-être de préjugés et de déformations dus aux jugements de contemporains du grand Sage.
Voici qu'elle apparaît ici dans une humanité qu'il était difficile d'imaginer.
De facture aisée, la lecture nous plonge dans les affres de l'épouse aimante devant l'injustice du jugement final.
Caractère fort, intensément puissant jusqu'à l'excès, Xanthippe devient la représentation d'une revendication féminine dans une société où être femme suscite indifférence et mépris.
Le livre développe la place de la femme dans la société athénienne et le cheminement de Xanthippe dans l'univers de la pensée grâce à son mari, Socrate.
On y découvre, simplement développpée, la méthode socratique allant du questionnement à la connaissance de soi.
Le « savoir » ne suffit pas, c'est la recherche qui importe.
La puissance et la richesse de la parole sont opposées à l'écrit qui fige l'idée.
Nul n'est innocent lorsqu'il dérange et le livre le prouve dans le déroulement du procès. L'homme s'y montre dans toute sa splendeur : Comédie-Tragédie. Xanthippe se révolte contre le semblant de démocratie, « le défaut d'enquête », etc… autant de faits enclenchant une réflexion nécessaire.
Un livre qui, sous des dehors très accessibles, entraîne la pensée, ses doutes, ses interrogations et lui confère toute son actualité.
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Golanar
  18 juin 2017
Le portrait de Socrate livré dans ce récit est intéressant et sa confrontation avec sa femme Xanthippe (« jument jaune » en grec) est amusante et tient le récit en haleine. Cette confrontation met en valeur une forme d'insouciance du philosophe et cela change du sérieux toujours associé à la philosophie. En fait, cela rappelle un peu le monde de Sophie. Mine de rien, on apprend beaucoup et ces deux personnages sont attachants. On lit cette histoire en une journée si on a le temps (120 pages) et on passe un bon moment.
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miriam
  23 février 2018
Non! Socrate ne s'est pas mis à l'équitation sur ses vieux jours! La jument jaune c'et la traduction littérale du prénom, Xanthippe, de le femme de Socrate. Ce court roman (120 p.) raconte le dernier jour de la vie de Socrate, du point de vue de sa femme. On parle peu des femmes grecque de l'Antiquité confinées au gynécée. Xanthippe est citée dans le Phédon de Platon cité au début du récit. 
C'est un très joli livre, belle couverture, beau papier et des frises à la grecque séparent les paragraphes. 
J'ai lu en prenant mon temps, goûtant tous les détails de la vie d'Athènes, les coutumes, processions, les délibérations des héliastes au procès de Socrate. Vie quotidienne et mythes sont mêlés. Grande simplicité du style et aussi introduction à la philosophie.. 
Un petit livre à déguster, peut être à glisser dans une valise pour un voyage à Athènes. 

Lien : http://miriampanigel.blog.le..
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   09 août 2017
Sur l'agora, dans le coin des livres, les auvents sont relevés. Pas question pour elle de flâner devant. Et pourtant... A la différence de ceux des coiffeurs, débordant de perruques, de peignes et d'essences odoriférantes dont elle n'a que faire, les étals des "libraires" l'attirent. Elle ne sait pas lire, elle ne sait pas écrire, elle ne sait même pas épeler, mais elle éprouve du plaisir à dérouler ces papyrus qu'on lit à deux mains. Elle soupçonne, sous leur calligraphie colorée, une science d'initiés, des mystères dévoilés, des secrets révélés, et elle enrage de passer à côté. Elle voudrait tout savoir sur tout, s'informer d'autres affaires que celles de la cuisine ou du gynécée. Il lui a plus d'une fois laissé entendre que cette émancipation pouvait se faire, qu'il allait s'y employer.
"comment moi, une pauvre femme, pourrais-je être ton élève ? s'était-elle récriée. Je ne serai jamais l'égale de tes amis, ils ont l'air si savant quand je les entends..."
Il avait répondu en souriant qu'il est facile d'avoir l'air savant quand on ne parle que de ce qu'on sait.(p. 53-54)
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fanfanouche24fanfanouche24   11 août 2017
Il répond qu'on ne peut à la fois philosopher et gouverner. Et pour qu'elle le comprenne mieux, il entreprend de développer. Sa mission à lui n'est pas politique, elle est pédagogique. Ses concitoyens dorment, il doit les réveiller, il doit les mettre sur la voie du bien et du vrai.
- "On le sait, Socrate, tu le dis tout le temps !
-Pour faire de la politique, poursuit-il, il faut choisir son camp."
Or, il n'a jamais pu décider ce qui valait mieux pour une cité, tyrannie ou démocratie. Prendre le pouvoir ou le recevoir, quelle différence si on l'exerce justement ? (p. 82)
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fanfanouche24fanfanouche24   09 août 2017
L'enfermer ? Mais comment ? aucune porte ne ferme chez eux ! entre et sort qui veut, quand il le veut, le vieil homme est pour la liberté.
"Je ne t'ai pas demandée à ta mère pour que tu sois prisonnière, Xanthippe. Je te veux libre. Comme moi. De dire et de faire..."
Ne lui a -t-il pas répété qu'ils avaient les mêmes droits, lui et elle ? Ce qui ne l'empêche pas de remercier à haute voix elle ne sait plus quelle divinité pour n'être pas né animal, esclave...ou femelle, histoire de la provoquer. (p; 28)
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fanfanouche24fanfanouche24   09 août 2017
Chez Socrate, ni lambris, ni mosaïques, ni tapisseries, ni fresques. Pas d'or non plus pour rehausser le mobilier, comme chez le riche Alcibiade, ou encore chez Callias le vaniteux, dans sa villa du Pirée. Seulement des coffres en bois brut et des briques d'argile crue. Quand elle se plaint de cette simplicité et lui reproche de n'avoir pas accepté les cadeaux d'Alcibiade, il lui répond que "l'argent et la pourpre sont des ornements pour le théâtre, pas des choses nécessaires à la vie" (p.27-28)
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miriammiriam   23 février 2018
"Vengeance"! répète-t-elle tandis qu'ils quittent la prison.....

Ah les assassins n'en ont pas fini avec elle! On a bien raison de l'appeler Xanthippe la mégère. la mégère, la haine, n'est-ce pas une divinité des enfers? Chargée de persécuter le crime et venger l'innocence? Certes, elle n'est pas fille de Gaïa et d'Ouranos comme elle. Elle n'a été conçue que par Amycla qui savait tout faire et un homme qui sortait des baudroies de la mer. Elle n'a aps de serpents pour cheveux, le sang ne lui coule pas des yeux, amis elle saura poursuivre et rendre fous les coupables. ils pourront bien pour l'amadouer parfumer tous les autels de la cité avec de l'aubépine, du sureau ou du safran, y brûler du bois de cèdre, y saigner le plus noir de leurs béliers....

"que mijote cette furie? s'alarme Epigène.

Xanthippe est devenue folle, ne voyez-vous pas? dit Apollodore."
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