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Critiques sur Celle que vous croyez (165)
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Piatka
  30 mars 2016
Captivant, drôle, féroce, brillant, incisif, habile, multiple, surprenant, mais aussi réfléchi, lucide et diablement bien construit. Bref, ce roman est un bijou de narration et de réflexion à entrées multiples et héroïne déroutante.

J'avoue, il m'a été difficile de lâcher le livre une fois le récit commencé. La tension y est palpable en permanence et la succession de plusieurs « histoires dans l'histoire » maintient l'intérêt jusqu'au bout.
A l'heure de la cinquantaine, Claire Millecam ( inversion de Camille ! ) doute. Elle doute de son amant, de son pouvoir de séduction, alors elle décide de s'inventer un profil Facebook fantasmé. Plus jeune et donc plus belle…elle séduit virtuellement mais pour de bon l'ami en voulant surveiller l'amant.
L'imbroglio commence avec son cortège de faux-semblants et mensonges, et le piège ne tarde pas à se resserrer dangereusement autour de Claire, une femme déboussolée, en apparence.
Voilà pour le début de l'intrigue !

Réflexion sur le temps qui passe, vertige du sentiment amoureux, désir d'une femme qui ne veut pas renoncer à vivre tout simplement. Oui, « Celle que vous croyez » c'est bien tout cela, mais pas seulement. La plongée dans les mondes virtuels qu'ils soient connectés ou romancés est passionnante et savamment imbriquée :
« Nous inventons tous notre vie. La différence, c'est que moi, cette vie que j'invente, je la vis. »

Invention de l'auteur, réalité autobiographique si tendance ? Où se trouve la vérité ? Ce sera bien sûr celle que vous croirez, même si on ne peut éviter de se poser la question au cours du récit, car « Se faire un roman, c'est se bâtir un asile. »
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marina53
  29 février 2016
Maître de conférence, divorcée, Claire Millecam, proche de la cinquantaine, a un amant, Jo. Volage. Pour pouvoir le surveiller, elle se crée un faux profil Facebook, devient Claire Antanès, une jeune femme brune de 24 ans, passionnée de photographie et travaillant dans la mode. Elle entre alors en contact avec Chris, photographe, et ami de Jo. Elle commence à échanger avec lui. Une relation virtuelle qui s'intensifie au point que Chris tombe amoureux de la jeune femme. Elle-même finit par croire à ses mensonges...

Dans ce roman d'autofiction, Camille Laurens nous plonge dans un jeu de miroir parfaitement maîtrisé. Un roman intense dans lequel elle se pose en défenseur de la femme, passé un certain âge, du désir qui l'anime encore, de la difficulté à être désirable, met en avant la place laissée aux femmes dans ce monde d'hommes, l'injustice liée à son sexe ainsi que les relations entretenues à travers nos écrans. En trois parties distinctes, donnant la parole à Claire, puis à Marc, son psychiatre, et enfin à Camille, un écrivain, elle joue sur les faux-semblants, nous manipule et entremêle la fiction et le réel. Un roman captivant, intelligent, dense et original, servi par une écriture envoûtante.
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nameless
  17 octobre 2016
Claire est délaissée par Jo. Souffrant de cet abandon, elle crée un fake, un faux profil Facebook, harponne Chris, ami de Jo, pour tenter d'obtenir de ses nouvelles par ami virtuel commun interposé. Ca commence gentiment et banalement comme un agréable marivaudage. Claire se cache derrière sa personnalité fraîchement inventée, cool, in love with life, une jeune femme qui a la moitié de son âge, 24 au lieu de 48, la photo volée sur internet à une inconnue le prouve, mais est-il important ce mensonge inaugural puisqu'elle ne cherche pas à faire des rencontres mais à fliquer son ex ?


Mais aucun jeu de doigts sur un clavier n'est jamais totalement innocent. Claire est une femme vulnérable, psychologiquement fragile, qui vient de subir un divorce puis une rupture. Aussi, lorsque Chris se montre mailistiquement gentil avec elle, elle trouve du réconfort dans cette présence factice, et le roman sort du marivaudage pour aborder les Relations dangereuses. Elle s'abandonne dans cette romance virtuelle, la sachant condamnée par avance, la différence d'âge entre les deux protagonistes étant irrecevable puisque dans ce cas, c'est la femme qui affiche au compteur, 12 ans de plus que l'homme. Elle se coule néanmoins dans son personnage avec l'aisance d'une comédienne, improvise à partir des réactions de Chris, lui renvoie la balle, décrypte sa partition en miroir de la sienne, devient son idéal, son alter ego, son rêve de femme, lui donne la réplique sans se demander pourquoi cet homme préfère imaginer plutôt qu'étreindre. Est-ce par peur de décevoir ou d'être déçu ? Tout en sachant que ce n'est pas elle que Chris aime mais son avatar, elle tombe réciproquement amoureuse d'un homme sans le connaitre. La créature inventée par Claire échappe à sa créatrice, l'imaginaire et le réel se confondent, c'est ainsi que le roman quitte Les relations dangereuses pour flirter (conter fleurette, fleureter au Moyen-Age, c'est écrit dans le livre) avec la tragédie grecque, ce qui conduit durablement Claire dans une clinique psychiatrique.


Jeu de cache-cache, labyrinthe tapissé de miroirs ou miroir aux alouettes, histoire d'amour entre deux pseudos, Celle que vous croyez est un roman complexe, riche, torturé, perturbant, qui joue avec brio avec les mots et les maux, explore les ressorts de la manipulation dans un style concentré jusqu'à étouffer le lecteur. Il raconte surtout l'histoire d'une femme blessée qui espère l'amour tout en anticipant sa fin par crainte d'être abandonnée, qui cherche éperdument son “point de catastrophe”, animée d'”un désir du désastre”, qui lui prouvera son incapacité à être aimée. Claire est une femme-caméléon qui à force de se débattre sur une couverture écossaise, implose.


Et enfin, aparté plus terre-à-terre : après cette lecture, on comprend mieux les psychiatres quand ils parlent de “pathologies émergentes” depuis l'avènement d'internet, addictions aux jeux, usurpations d'identités, mythomanie et plus si affinités.... virtuelles...
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rabanne
  14 mars 2019
Un roman qui était dans ma pile depuis sa sortie.
C'est son adaptation récente au cinéma, avec Juliette Binoche en tête d'affiche, qui m'a motivée à le lire enfin.

Celle que vous voulez tellement être, que vous vous persuadez finalement de l'être. Celle que vous savez pertinemment ne pas être, et que vous ne serez jamais, puisque vous n'existez pas réellement... Claire et son faux profil, sa face cachée, son double maléfique, et bénéfique aussi. Claire en lutte contre les diktats de la société, le regard social impitoyable et "mortifère" envers les femmes, notamment dès qu'elles ont passé 49 ans (!). Claire et son désir, sa rage d'exister à tout prix, ses désillusions, son chagrin, sa culpabilité, son humour, sa folie douce, sa solitude...

Un récit découpé en trois grandes parties (avec trois narrateurs différents), haletant et bien construit psychologiquement.
Il s'agit d'une mise en scène dans une autre mise en scène (littérairement nommée "mise en abyme"), qui oscille sans cesse entre fiction et réalité, dans une tension palpable.
Une plume juste et acérée, qui aborde avec une extrême clairvoyance les faux-semblants et déboires de la communication virtuelle (réseaux sociaux, sites de rencontre, etc) : addiction, narcissisme, fascination, perversité, fabulation, mensonge, fantasme, désert affectif.

Mais, surtout, un récit qui raconte la fragilité d'une femme de 48 ans, son angoisse de l'abandon, sa peur de vieillir, sa quête éperdue d'amour et de reconnaissance, quitte à jouer avec le feu, quitte à en souffrir cruellement, quitte à tout perdre...
Pourvu qu'il reste le frisson, l'ivresse !!
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palamede
  10 août 2017
Claire, quarante-huit ans, professeur et divorcée ne voit que des inconvénients à être une femme. Que des injustices dans le sort réservé aux femmes au regard de celui des hommes. Surtout aux femmes vieillissantes pour qui vieillir peut signifier perdre sa capacité de séduction et être abandonnée. Une crainte tellement élevée chez certaines qu'elles sont prêtent à toutes les manipulations, comme Claire qui s'inscrit sur Facebook sous un faux profil, masquant son âge et conséquemment son physique, pour pister son amant par des échanges avec Chris, le colocataire et ami de celui-ci. Un scénario dans lequel Claire n'a malencontreusement pas prévu qu'elle s'éprenne de Chris et lui d'elle, ou plutôt de son profil - empêchant par là toute relation autre que virtuelle.

Quelques mois d'une relation virtuelle qui vont conduire la narratrice au bord de la folie. Et voilà bien le problème, imaginer sa vie plutôt que de la vivre, une possibilité offerte par internet, dans laquelle certains s'engouffrent et se perdent. Bon, mais ce n'est pas tout, l'histoire est un peu plus compliquée, car Celle que vous croyez, à la manière de D'Après une histoire vraie de Delphine de Vigan, est aussi une autofiction. Une mise en abyme efficace qui, bien qu'un peu trop tarabiscotée, manipule habilement le lecteur jusqu'au mot ultime.
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Bookycooky
  14 avril 2016
Je n'avais lu qu'un livre de Camille Laurens,"Dans ces bras-là" et n'avais pas aimé du tout...ni la prose...ni le sujet.Ici pareille, ce genre de prose que je trouve un mélange de genres ,labyrinthique ("Je faisais attention à ce que j'écrivais, je rajoutais des fautes d'orthographe (et ça m'était très difficile, vraiment, je prenais sur moi : je n'aime pas voir la langue maltraitée. La langue est le reflet de ma vie. Quand je voudrai mourir tout à fait, je me tairai)"....),n'est pas de mon goût,et le sujet,bof ça ne me dit pas grand chose.
Une certaine Claire Millecame, femme de quarante-huit ans, deux enfants, séparé du mari et un amant plus jeune qu'elle. Confiance en soi chez la Millecame, zéro, donc jouet facile pour l'amant....elle raconte à son psy , "c'était moi l'enfant". Bon déjà à quarante-huit ans c'est trop tard ou trop tôt pour retourner à l'enfance ( pourtant un trés bel âge, encore que faudrait en être consciente.....) . Quand aux rôles d'hommes, l'amant, son copain..., aux diminutifs bien choisis,Chris, Jo, font rêver à de beaux grands garçons sportifs, américains ....donc tout baigne pour eux....alors que pour ces pauvres femmes à la cinquantaine....(surtout que la notre est obsédée par son âge et la peur de perdre son pouvoir de séduction et autres,j'en passe...).
Bref, La Millecame s'engrène dans une histoire de Facebook avec un faux profil, histoire de se restaurer sa sécurité intérieure à la Mata Hari, version net,...ca va l'entraîner loin....trop loin.....C.L.nous emboîte les histoires à la manière des poupées russes, "essayant" de brouiller les pistes...
Pas vraiment été impressionnée , et sur le thème de fond,j'ai lu mieux l'année dernière (D'après une histoire vraie/ L'imposteur).

Bon...je ne vais pas m'y acharner,je pense que vous avez compris....surtout par respect pour la critique de ma copine babeliote Piatka....bravo et 5+1 étoiles à sa super critique qui m'a lancée dans ce livre à une vitesse éclaire,un livre qui ne m'attirait pas du tout ( finalement ça s'est révélée juste,mais No problem Piatka!). Laurens à beaucoup de chance d'avoir une lectrice comme elle,quand à moi vaut mieux pour C.L.que je reste chez moi avec mes Gallay,Adam,Blondel,Lafon,Ferney et autres....dans l'attente d'une nouvelle pépite.

P.s. Quelques citations ,"Nous les femmes, nous sommes toutes des boîtes de conserve. du jour au lendemain, impropres à la consommation", "Être folle ?.....C'est voir le monde comme il est.", dit la Millecame ou C.L?.....No comment.....ça ne m'étonne pas qu'elle ait fini chez les......

"Comment, pourquoi tout ce cirque ?"
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Kittiwake
  02 avril 2016
Cela commence par des confidences sur le divan. Celles d'une femme mûre, qui n'accepte pas volontiers de renoncer aux privilèges de la jeunesse, et en particulier à la séduction. Notre époque offre l'avantage de se construire des profils rêvés et aussi virtuels que sublimés. Mais la démarche de la narratrice est encore plus tordue que ça puisque le but initial avoué lorsqu'elle se crée un faux profil Facebook pour entrer en contact avec Jo, est de surveiller les agissements de son ex, Chris, avec qui il est ami. Jo, Chris, Jocrisse, ce n'est pas un hasard, si?
Sauf que Jo mord vraiment à l'hameçon et tombe raide dingue de la jeune brune sexy avec laquelle il croit échanger. de quoi péter les plombs que l'on soit grugeur ou grugé…

Rupture de narration avec la deuxième partie, qui donne la parole au psy qui recueillait les confidences de notre cyber-cougar, et qui avait dû faire l'impasse au cours de ses études sur le sujet du contre-transfert…

La construction est fort habile, car le discours discrètement délirant de la narratrice distille peu à peu les éléments d'une histoire machiavélique qui dépasse rapidement les acteurs, et les conduit à improviser des parades qui elles mêmes….. « Celui qui dit un mensonge ne prévoit point le travail qu'il entreprend ; car il faudra qu'il en invente mille autres pour soutenir le premier » dit Alexander Pope. A ce petit jeu là, rien d'étonnant que l'on soit dépassé par les événements.

La déstabilisation est un petit jeu qui semble convenir à l'auteur qui met en scène dans un troisième volet, une autre femme, qui exerce le métier d'écrivain, et anime des ateliers d'écriture dans l'établissement spécialisé qui accueille la narratrice……

Les personnages de ce drame psychologique sont ambigus à souhait, et c'est autour leurs fragilités qui s'élabore une intrigue psychologique assez envoutante.


Si l'on en croit Anatole France le mensonge  est un subterfuge qui apporte de la fantaisie aux hommes :  

« J 'aime la vérité. Je crois que l'humanité en a besoin ; mais elle a bien plus grand besoin encore du mensonge qui la flatte, la console, lui donne des espérances infinies. Sans le mensonge, elle périrait de désespoir et d'ennui ».

Et bien, quand Camille Laurens se saisit du procédé, on peut lui donner raison, car on ne s'ennuie pas une seconde sur ce court roman, bien écrit et captivant.
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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LoloKiLi
  26 avril 2016
Alors là c'est même plus une mise en abyme c'est… un kaléidoscope («Labyrinthe et kaléidoscope sont les deux images que je cultive», réflexion récurrente de Camille Laurens que l'on pourra noter au hasard de ses interventions).

Celle que vous croyez est un kaléidoscope en effet, une intrigue à entrées multiples, variation sur un même t'aime, savoureux dédale émotionnel, vertigineuse manipulation des personnages, des situations et (subséquemment) du lecteur. Une fiction originale, subtile et riche, un jeu de miroirs et d'identités qui assemble avec virtuosité les thèmes gigognes du désir, de la création littéraire, de l'ambiguïté du virtuel et de la "fictionnalisation" de soi (liste non exhaustive puisque riche la fiction j'ai dit, souviens-toi).

Un roman protéiforme donc, auquel il faut s'abandonner, se laissant manoeuvrer, manipuler, porter, libre d'interpréter ou de faire sienne une ou chacune des variations proposées, sans tomber dans l'erreur primaire de réduire cette oeuvre à un stéréotype féministe et pleurnichard.

Soit dit en passant, ami(e) babelionaute, et puisque c'est aussi le propos, n'oublie pas de rester vigilant quant aux mystifications virtuelles manifestement légion sur les réseaux sociaux. Ici même l'on évoque le cas d'une adolescente alto-séquanaise analphabète se faisant passer pour une respectable nonagénaire bibliophile originaire d'Amérique du Sud, c'est pour te dire…


Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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Bazart
  08 février 2016
Il y a trois ans, à l'occasion des assises du Roman de Lyon, je vous disais à quel point le roman Dans ces bras là, lauréat des prix Fémina et du prix Renaudot des lycéens, était un grand livre, hélas pas forcément suivi d'effets, les ouvrages écrits ensuite par Camille Laurens, que j'ai eu l'occasion de lire par la suite étant hélas plutôt anodins.

C'était avant de découvrir celle que vous croyez publié en ce début 2016 où elle prolonge l'auto fiction développée dans ces bras là, et certaines de ses thématiques, notamment celle de la condition féminine, mais en choississsant comme toile de fond les relations virtuelles, et notamment sur Facebook, un sujet qui ne peut que passionner l'habitué de la toile que je suis.

Comme pour Dans ces bras là, on devine que la dijonnaise a puisé dans son versant autobiographique pour construire ce roman aussi vertigineux que le quatrième de couverture le laisse entendre.

Roman intense, ingénieux , et toujours parfaitement maitrîsé, multipliant les surprises et les rebondissements, ce jeu de miroir proposé par l'auteur est aussi et surtout une belle reflexion sur les relations sentimentales et sur la sexualité des femmes passé un certain âge est extrêmement brillante et percutante.

En effet, dans son nouveau roman, Camille Laurens ne nous cache rien de la difficulté pour les femmes d'être désirables après la cinquantaine, et si l'image des hommes, tous ou presque goujats et pas bien finauds, s'en trouve quelque peu amochée, cet état des lieux des femmes et de leur désirs à l'approche de la cinquantaine n'en est pas moins pertinente et assez proche de la réalité.

Et la façon dont Camille Laurens entremêle le réel et la fiction, un peu comme l'a fait Delphine de Vigan avec l'épatant d'après une histoire vraie, ne peut qu'épater et laisser béat d'admiration .

Exercice délicat s'il en est pour le lecteur de démeler le vrai du faux, d'autant plus que l'irruption dans une surprenante troisème partie d'une narratrice Camille, écrivain de son état ne fait qu'ajouter au trouble de la lecture.
Reflexion inventive et jubilatoire sur les faux semblants et le dictat des apparences "Celle que vous croyez" est incontestablement un des très grands romans(?) de cette rentrée de janvier 2016..
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Ziliz
  27 juin 2016
Claire, Marc, Camille, Jo, Chris, Katia. Qui sont-ils ?
Bel imbroglio grâce au talent de l'auteur qui nous parle à travers eux de folie, d'écriture, de littérature, de relations hommes-femmes, d'amour 'virtuel', de désir, de sexe, de manipulation, de mensonge.
Et surtout de vieillissement féminin. de l'image d'une femme à la veille de la cinquantaine, de SES images, même : celles qu'elle a d'elle-même, celles qu'elle donne, celles qu'elle veut donner, celles qu'elle croit pouvoir donner via des leurres comme le net...

Plusieurs parties dans ce roman, quatre témoignages essentiellement.
J'ai été charmée par le premier récit, par la voix de Claire, pas si claire, justement. On se doute que c'est un mirage, elle ne dit pas tout, elle ré-écrit l'histoire, elle (se) ment. Qu'importe ces faiblesses et ce dont on peut la suspecter ; cette femme touche par sa vivacité, son intelligence, son humour - ses jeux de mots, ses blagounettes, sa manière d'interpeller son psy sur ses lacunes en littérature.

J'étais tellement bluffée que j'ai jailli de ma couette après 80 pages pour remercier Lolokili dont le billet m'avait intriguée et appâtée. Contente de cet enthousiasme, la brunette colombienne m'a prévenue : « Reste attentive parce que ça se complique un peu au fur et à mesure qu'on avance... »
-> Lol & ok, Lolok, bien reçu, je relâche pas, d'ailleurs j'attends demain pour continuer. Je vais soigneusement récapituler les données à mi-parcours avant d'écouter une autre version de l'histoire de Claire, celle d'un homme, du psy, puis encore une autre, et une dernière...

« Ça se complique un peu », qu'elle avait dit, Lolo ! Oh... t'es mimi, Lolo, mais plus tu lis les mots de Camille Laurens, plus c'est méli-mélo, un vrai casse-tête.
Tous ces noeuds et rebondissements sont peut-être excessifs, j'aurais aimé que l'auteur s'arrête un peu plus tôt, dans ce jeu de miroirs avec mises en abyme - effet 'Vache qui rit' en puzzle 3D, mouvant comme un kaléidoscope croisé avec un Rubik's cube.
Je me suis néanmoins régalée grâce au suspense et aux réflexions brillantes de l'auteur qui méritent souvent qu'on s'y arrête, alors qu'on a envie d'avancer très vite pour comprendre qui a fait quoi...

Le vertige est comparable à celui ressenti avec 'D'après une histoire vraie' de Delphine de Vigan - aussi bien pendant la lecture qu'une fois le livre refermé.
Il subsiste des zones d'ombre, alors comme Lolo, je me dis que je relirais volontiers tout le roman, tout de suite, d'un autre oeil, en sachant que... mais en n'étant pas sûre d'avoir bien compris si... et pour mieux en savourer les subtilités.

• De Camille Laurens, j'ai lu et beaucoup aimé 'Dans ces bras-là', à sa sortie, en 2000.
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