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EAN : 9782266311915
432 pages
Éditeur : Pocket (07/01/2021)

Note moyenne : 4.53/5 (sur 233 notes)
Résumé :
Après le succès de Et soudain, la liberté, coécrit avec Evelyne Pisier, voici le nouveau roman de Caroline Laurent. Au coeur de l'océan Indien, ce roman met à jour un drame historique méconnu. Et nous offre aussi la peinture d'un amour impossible.

Certains rendez-vous contiennent le combat d'une vie.
Septembre 2018. Pour Joséphin, l’heure de la justice a sonné. Dans ses yeux, le visage de sa mère...
Mars 1967. Marie-Pierre Ladouceur vit ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (124) Voir plus Ajouter une critique
Cancie
  13 octobre 2020
Très récemment j'ai pu voir sur France 2, un excellent documentaire intitulé : Décolonisations, du sang et des larmes qui nous rappelait qu'une société qui ne parvient pas à assumer un héritage, si encombrant et honteux soit-il, est vouée à se déchirer.
En lisant Rivage de la colère, ce magnifique roman, je n'ai eu de cesse de repenser à ce film.
Si le Royaume-Uni semble bien s'en sortir et avec une certaine humanité, en acceptant l'indépendance de l'île Maurice le 12 mars 1968 suite au référendum du 17 août 1967 où le oui l'avait emporté, une clause classée Top Secret révèle un gâchis monstrueux et un complet désintérêt pour la souffrance humaine : "l'indépendance de Maurice était conditionnée au "détachement" de l'archipel des Chagos" (l'archipel des Chagos avait été rattaché à la colonie Maurice en 1903). Un accord secret était passé entre le Royaume-Uni et les États-Unis pour louer Diego Garcia, un atoll de l'archipel des Chagos aux Américains, un projet de base navale étant en vue. Un plan en trois étapes était prévu par les Britanniques : "D'abord, encourager les départs volontaires, sans préciser aux voyageurs que le retour sur l'île leur serait interdit. Ensuite, pousser les gens à partir d'eux-mêmes en stoppant l'acheminement de vivres et de biens via les navires de ravitaillement. Enfin, face à d'éventuels récalcitrants, ne pas hésiter à employer la force".
C'est cette sombre histoire que Caroline Laurent retrace superbement.
En alternant deux récits, celui assez bref de Séraphin, le fils qui raconte le combat qu'il mène pour pouvoir revenir sur cette île, ayant pris dans cette lutte, la suite de sa mère et celui de la vie de cette dernière Marie-Pierre Ladouceur, racontant la vie sur l'île, sa rencontre avec Gabriel et les conséquences qu'ont pu avoir l'indépendance de l'île Maurice et ce fameux dossier Top Secret sur sa vie, sur leur vie et celle des autres Chagossiens.
Le récit de Marie débute en mars 1967 et se situe sur la plage de Diego Garcia, sur l'archipel des Chagos. Elle est la première à apercevoir le cargo "Sir Jules" chargé de tant de rêves : "Un royaume se déversait sur les plages de l'île. Des denrées introuvables à Diego, comme le riz, la farine, ou le sucre ... du vin, du tissu, du savon, des médicaments...." Les hommes sortent des entrepôts et elle, va aussitôt à la parcelle où les femmes écalaient les cocos pour les prévenir. Sa soeur Josette attend avec impatience l'arrivée du curé qui pourra l'unir à Christian. Et voilà que débarque un beau jeune homme, à la peau couleur "thé au lait", il arrive de Port-Louis, s'appelle Gabriel Neymorin. Il est le nouveau secrétaire de Marcel Mollinart, administrateur de l'île et qui possède la plantation de coprah. Des tonnes de ce coprah sont exportées chaque année vers Maurice et le reste du monde et Gabriel devra veiller avec lui sur sa production.
Dès les premières pages, j'ai été embarquée dans ce roman imprégné de couleurs, d'odeurs, de sentiments, de sensualité, d'exotisme. J'avais l'impression d'être moi-même sur la plage de cette île paradisiaque. Mais bien vite, dans cette vie simple et heureuse va se profiler un changement quasi imperceptible au début, qui va progressivement enfler jusqu'à ce moment où tout va basculer lorsque les derniers Chagossiens vont être convoqués sur la plage par des soldats Britanniques. Ces derniers leur demandent de rassembler quelques affaires, seulement l'essentiel, ils doivent évacuer Diego Garcia pour Maurice sur le champ.
Les regards perdus, les lamentations, l'incompréhension : le désarroi est total. Pourquoi doivent-ils quitter leur île, qui l'a décidé, quand reviendront-ils ? Autant de questions pour lesquelles aucune réponse n'est apportée
Quelle sensibilité, quelle justesse l'autrice a su rendre dans cet exode ! C'est d'une tristesse inouïe.
Que d'émotions ressenties tout au long de ce roman sur l'exil et la révolte dans lequel la fiction permet de faire connaitre à chacun ce drame historique, cette injustice incommensurable.
Grâce à ce roman historique et à travers l'épopée de Marie Ladouceur, j'ai d'abord découvert ces îles Chagos dont j'ignorais l'existence, et surtout le terrible destin qui a été réservé à ses occupants lorsqu'en 1971 ils ont dû quitter leur île et n'ont jamais pu y revenir. Une île vidée de ses habitants pour l'installation d'une base américaine.
Caroline Laurent fait revivre ces conditions de transport dans les cales du cargo, l'accueil inexistant sur l'île Maurice et l'obligation alors pour survivre de rejoindre un bidonville, sans jamais tomber dans le misérabilisme, mais en donnant à ses personnages tout le courage et la force nécessaires pour vaincre ces moments qui ne devraient jamais exister. On ne peut être que scandalisé par de tels traitements. Des faits dont les médias se sont désintéressés et dont ils ne parlent toujours pas, bien que la Cour internationale de justice de la Haye, la plus haute juridiction des Nations Unies ait jugé, en 2019, que l'administration britannique de l'archipel des Chagos, dans l'Océan Indien, ne devait plus exister plus de 50 ans après l'annexion, jugée "illégale" de l'archipel par le colonisateur britannique. Une victoire symbolique pour les Chagossiens même si l'avis n'est pas contraignant.
Merci à Caroline Laurent pour cet ouvrage au souffle puissant qui a été pour moi un véritable coup de coeur et qui a remporté le Prix Maison de la presse 2020 !

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Fandol
  09 novembre 2020
Il faut absolument lire ce livre, ce roman de Caroline Laurent, car il éclaire un drame de l'histoire récente trop peu connu, mis sous le boisseau pour servir les intérêts des puissants, ceux qui exploitent le peuple sans aucun état d'âme.
Qui connaît les îles Chagos ? J'avoue mon ignorance et je remercie celle qui m'est chère de m'avoir, cette fois encore, poussé à lire Rivage de la colère.
Perdues dans l'Océan Indien, près de l'Équateur, les îles Chagos (Diego Garcia, Peros Banhos, Salomon et d'autres atolls) dépendaient de l'île Maurice, colonie britannique depuis 1814 après avoir été françaises. Nous y avions amené des esclaves originaires de Madagascar et du Mozambique pour y exploiter la noix de coco…
Rivage de la colère débute en 1967 quand arrive un jeune Mauricien, Gabriel, qui vient seconder l'Administrateur installé à Diego Garcia. Là, Marie-Pierre Ladouceur vit heureuse dans cette nature préservée, même si elle travaille comme les autres à l'exploitation des noix de coco pour produire l'huile de coprah. Gabriel et Marie se rencontrent et s'aiment malgré leurs différences et les préjugés. Elle est déjà mère d'une petite Suzanne, tombe sous le charme du nouvel arrivant, le séduit mais les jours heureux vont bientôt se terminer subitement. En effet, un référendum permet à Maurice d'obtenir l'indépendance mais un accord secret cède l'archipel des Chagos aux Anglais qui ont un accord avec les États-Unis voulant y créer une base militaire.
Toute la population est évacuée en quelques heures, sans ménagement, embarquée dans la cale d'un cargo pour Maurice. Là-bas, ces familles laissées à l'abandon, vivent dans un bidonville. Tout cela, Caroline Laurent me l'a fait partager, vivre intensément aux côtés de Marie, de Gabriel et surtout de Joséphin, leur fils qui ira jusqu'à la Cour Internationale de la Haye pour obtenir réparation.
Mais que de souffrances ! Que de blessures ! Que de vies sacrifiées si injustement ! Toutes ces existences balayées, ces femmes et ces hommes humiliés à cause de la couleur de leur peau, spoliés, chassés sans ménagement, traités comme on traitait autrefois les esclaves.
Malgré l'arrêt de Cour de la Haye, le combat continue car aucune exécution n'est encore intervenue pour que les Chagossiens puissent revenir vivre sur leurs îles. Dans sa postface, Caroline Laurent confie ses origines mauriciennes du côté maternel et replace son roman dans le cadre historique pour que nous soyons pleinement conscients d'un drame un peu trop vite oublié.
Rivage de la colère est un roman historique déchirant, remarquablement écrit et bien construit. J'ai pleinement adhéré à cette histoire qui m'a appris une autre facette honteuse de l'histoire de l'humanité qu'il est possible encore de réparer.

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palamede
  22 décembre 2019
En 1967, les Mauriciens sont appelés aux urnes pour décider de leur indépendance après 157 ans de présence coloniale britannique. Mais si l'archipel des Chagos dépend de Maurice, il ne va pas bénéficier du même sort. L'indépendance de Maurice étant conditionnée au « détachement » de l'archipel des Chagos, les Chagos vont rester aux mains des Anglais. Dont Diego Garcia, que les Anglais ont loué aux Américains pour cinquante ans reconductibles. le but étant d'en faire une base militaire, qui plus est, vierge de tout habitants autochtones.
Le jour où Les îlois de Diego Garcia l'apprennent, ils ont une heure pour faire leurs bagages. Rassembler le peu de choses qu'ils peuvent porter (leurs chiens seront gazés avant même qu'ils aient quitté leur île). Parmi eux, Marie, une basse-classe, une fille-mère chagossienne tombée amoureuse de Gabriel, un créole mauricien bon teint qui travaille pour le gouverneur. Marie et sa famille qui, malgré cet amour, comme beaucoup de Chagossiens, vont se retrouver après une traversée éprouvante exilés à Maurice, livrés à eux-mêmes, sans espoir de retour.
Partant d'une histoire d'amour impossible, Caroline Laurent nous plonge dans le drame historique des Chagossiens — vendus aux Anglais par le gouvernement mauricien. Un drame qui dure encore. En 2000, la Haute Cour de Londres a reconnu le dépeuplement des Chagos « illégal », accordant (en théorie du moins) aux Chagossiens le droit de retrouver leurs îles sauf Diego Garcia. Droit auquel, en 2004, deux décrets de la Reine Elisabeth ont mis un terme. Par la suite des procès ont eu lieu qui leur ont donné raison, mais comme les îlois n'ont pas encore retrouvé leurs terres, ils continuent à se battre. Nul doute que dans leur juste lutte ils peuvent compter sur le beau talent de Caroline Laurent pour porter leur parole.
Caroline qui raconte que ce magnifique roman a eu pour origine une histoire que lui racontait sa mère. Celle de sa famille qui a fait partie des derniers visiteurs libres des Chagos, alors qu'ils allaient aux Seychelles où son grand-père venait d'être nommé.
« C'est une histoire que me racontait ma mère. Pas un conte pour enfants, non, une histoire vraie, qu'elle grattait de temps en temps comme une vilaine plaie. Une tragédie insulaire. Les mères connaissent les berceuses et les sortilèges. Parfois aussi, d'une lumière dans le regard, d'une fêlure dans la voix, elles se trahissent. L'enfant devine un secret. ... ce secret c'est celui d'une souffrance. D'un arrachement. Une fille ne laisse pas sa mère souffrir. Alors, elle écrit. »
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Kittiwake
  13 avril 2020
Merci à Caroline Laurent pour ce voyage vers une destination jusque-là inconnue, et qui le serait sûrement restée si je n'avais paslu ce récit. Les Iles Chaos, un petit archipel dans l'Océan indien, où vivent sereines quelques familles autochtones, dont la vie est rythmée par l'arrivée des cargos qui amènent denrées et étrangers. Marie-Pierre Ladouceur succombe rapidement au charme de Gabriel, un mauricien qui débarque sur l'île pour venir en aide à l'administrateur colonial. Et succomber veut dire donner un frère à sa fille ainée. Ils s'aiment, sans aucun doute ces deux-là, même si la « prématurité" de Joséphin, peut semer le doute.
Oui mais voilà, lorsque l'indépendance de l'Ile Maurice est décrétée, les Iles Chaos sont vendues à l'Angleterre pour en faire une base militaire. C'en est fini du paradis, c'est même l'enfer qui attend les Chagossiens, l'enfer dans les bidonvilles de Maurice où ils sont ignorés, dans ressource et sans possibilité de travailler. La ferveur et le militantisme de Marie-Pierre suffiront-ils à avoir gain de cause?
Ce récit basé sur des faits historiques est d'une part très instructif, puisque c'est l'existence même de ces îles que l'on découvre, ainsi que l'histoire de la décolonisation britannique.Mais on succombe aussi au romantisme de la liaison amoureuse de Marie-Pierre et Gabriel, parfaitement intégrée dans le récit et qui lui confère ce qu'il faut d'humanité pour être autre chose que le rapport de faits anciens, goutte d'eau dans l'océan des abjections de l'iniquité coloniale.
J'ai énormément aimé ce récit, que l'auteur nous confie avoir entendu de la bouche de sa grand-mère mauricienne, renforcé par une sérieuse documentation pour analyser ces données historiques.
Superbe
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Ptitgateau
  02 juin 2020
Premier coup de coeur de l'année, un merveilleux livre et un roman vraiment intéressant que chacun de nous devrait lire.

L'injustice est courante dans notre monde, et nous sommes souvent bien loin d'imaginer ce qui se trame par-delà les mers.

Caroline Laurent nous en confie un bel exemple. Ce récit, elle le tient de sa mère qui fut témoin de ces années terribles durant lesquelles, les habitants de Chagos, archipel perdu dans l'océan indien, plus particulièrement les gens de Diego Garcia la plus
grande de ses îles, furent chassés de leur lieu de vie, exclus de leur île où ils vivaient simplement sans argent, profitant des bienfaits de la nature et échangeant le coprah qu'ils produisaient contre des denrées.
Cette terre de leurs ancêtres, elle leur fut volée lorsque L'île Maurice, ayant obtenu son indépendance en 1968 dut céder l'archipel aux britanniques qui le louèrent aux Américains afin qu'ils y construisent une base militaire.
Les familles furent déportées à Maurice et abandonnée à leur sort, elles se logèrent dans les bidonvilles. Ce récit sous forme de roman, raconte l'histoire de Marie qui aura un enfant de Gabriel, un Mauricien employé sur Diego Garcia comme secrétaire du représentant de l'île Maurice, et de sa famille.
Avec les protagonistes, on respire, on accueille ce que Diego Garcia offre, on pleure les victimes de la colonisation, on se révolte de tant de cruauté et d'indifférence à l'égard des apatrides que deviennent les chagossiens.
On apprend beaucoup, on participe au combat des chagossiens qu'on a tenté de tromper, profitant de leur illettrisme, leur promettant des sommes importantes en dédommagement, car depuis les années 70, les chagossiens luttent pour retrouver la terre de leurs ancêtres, la retrouveront-ils un jour ?
Ce récit m'a amenée à me documenter sur ce combat inégal, et difficile. En cherchant des renseignements, on apprend qu'en 2016, les britanniques ont reconduit le bail des Etats-Unis pour vingt ans.

Toutefois l'espoir est permis : en janvier 2020, Maurice annonce la possibilité de porter plainte contre les responsables britanniques pour crime contre l'humanité, et le 25 mai 2020, une nouvelle carte publiée par l'ONU fait apparaître l'archipel comme territoire Mauricien.

J'espère que beaucoup liront ce roman, ne serait-ce que par compassion pour ces gens à que l'on a spoliés, privés de leurs identité et de leurs ancêtres.
Challenge Multi-Défis

Lien : http://1001ptitgateau.blogsp..
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critiques presse (4)
Culturebox   31 janvier 2020
Tout en finesse, Caroline Laurent nous embarque dans son roman écrit comme une fresque, et l'on suit avec avidité ses personnages attachants, et terriblement touchants, écrasés par l'Histoire, qui peu à peu vont retrouver leur dignité dans le combat. Eux qui sont pour la plupart analphabètes, reprennent vie grâce aux mots de la jeune écrivaine.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LaCroix   17 janvier 2020
Chaque vie compte sur cette terre. Ce roman le prouve, mettant en lumière, pour la première fois, l’injustice faite aux 2 000 habitants de l'archipel des Chagos. [...] Caroline Laurent tisse une intrigue amoureuse autour de la lutte de ce peuple.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LeFigaro   16 janvier 2020
Une manière efficace d’incarner l’histoire des habitants d’un «paradis perdu aux franges de l’océan, broyé un jour par les mâchoires d’un monstre».
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Culturebox   16 janvier 2020
Tout en finesse, Caroline Laurent nous embarque dans son roman écrit comme une fresque, et l'on suit avec avidité ses personnages attachants, et terriblement touchants, écrasés par l'Histoire, qui peu à peu vont retrouver leur dignité dans le combat.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (119) Voir plus Ajouter une citation
FandolFandol   26 novembre 2020
J’accuse le gouvernement anglais de nous avoir monnayés et sacrifiés sur l’autel de la guerre froide.
J’accuse le Premier ministre Harold Wilson de nous avoir rayés de la carte de notre propre pays.
J’accuse les dirigeants mauriciens de l’époque d’avoir trahi l’indépendance.
J’accuse les élites coloniales de nous avoir laissés dans l’ignorance – pas d’école, pas de livres, pas de révolte.
J’accuse l’armée américaine d’avoir fait de notre île une citadelle d’acier.
J’accuse le silence qui entoure depuis trop longtemps notre drame.
Il est temps de faire tomber les masques. (page 127)
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CancieCancie   16 octobre 2020
Elle était si chargée qu'elle ne pensa même pas à regarder une dernière fois sa maison. Si elle l'avait fait, elle aurait vu une pièce vide au parfum d'exode, la caraille encore pleine de graisse sur le plan de travail, le thé refroidi, la gazinière éteinte, l'écuelle de Mérou, le lit sur lequel, dans une existence déjà lointaine, elle avait aimé et donné la vie.
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CancieCancie   16 octobre 2020
Je me souviens des couleurs.
Le reste, vidé, oublié.
Le soleil descendait dans la mer et la mer n'était plus bleue mais orange.
Le rouge des femmes.
Le noir de la cale. Nos peaux tassées.
Le gris cendre d'un chien.
Je me souviens du vert, du beige et du kaki.
Et au milieu de tout ça, les pleurs de ma mère.
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FandolFandol   28 novembre 2020
Sur la plage, le spectacle était une désolation. Toutes les familles s’entrechoquaient, avec des paniers, des draps bourrés d’affaires à l’image de ce qu’elle avait fait elle-même, les regards perdus, hagards, les lamentations, l’incompréhension. Pourquoi les arrachait-on à leur île ? Qui avait décidé ça ? Quand reviendraient-ils ? Le désarroi était total. (pages 162-163)
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FandolFandol   04 décembre 2020
Le travail de la canne était plus fatigant que celui du coprah. Regarder devant soi. Abattre le coupe-coupe, oublier la douleur dans le bras, les ampoules aux mains, les poignets enflés, le dos en bouillie. Jeter la canne derrière soi, avancer d’un pas. Les feuilles étaient tranchantes et lui cinglaient les jambes sous sa jupe. (page 333)
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Vidéo de Caroline Laurent
[À écouter]
"Une fresque d'un souffle époustouflant"... "On passe par toutes les émotions". Ecoutez l'équipe de Laurent Petitguillaume parler du roman de Caroline Laurent dans l'émission "Le mag loisirs du week-end". bit.ly/RivageDeLaColere
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