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ISBN : 2021113353
Éditeur : Seuil (02/05/2013)

Note moyenne : 1/5 (sur 1 notes)
Résumé :
« Voici l'histoire d'un périple qui devait rester confidentiel, au même titre que toutes mes missions précédentes. Mais face à ce que j'ai découvert, le silence n'était plus une option? »Dépêché en Libye au début de l'année 2012 par un groupe d'investisseurs asiatiques, Samuel Laurent a pour mission de parcourir le pays afin d'évaluer les risques et les opportunités de cette révolution. Il découvre alors une nation à l'agonie, rongée par la violence et l'anarchie. L... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
YvesParis
  02 janvier 2014
Samuel Laurent est un personnage atypique. Ni diplomate (il ne cesse de décocher des pics au Quai d'Orsay), ni universitaire (son ouvrage est dépourvu de toute bibliographie), c'est un baroudeur qui, sur sa page Web, affirme sans vergogne « avoir fait le choix de l'aventure et de la découverte au mépris du danger et de tous les conformismes » (sic). Mandaté par un mystérieux investisseur asiatique, il débarque en Libye début 2012 pour évaluer les risques et les opportunités ouvertes par le renversement de Kadhafi.
Spontanément hostile aux discours officiels et aux silences de la presse, il y fait le constat amer de « l'échec retentissant » de la révolution libyenne et décrit « une nation en lambeaux ». Il n'a pas de mot assez dur pour condamner les choix stratégiques de Nicolas Sarkozy bien mal conseillé par Bernard-Henri Lévy. La France aurait selon Samuel Laurent été bien peu regardante dans le choix des hommes qui ont constitué le Conseil national de transition. le président du CNT Moustapha Abdel Jalil ? Un « apparatchik absolu » qui présidait la cour d'appel de Tripoli lorsque les infirmières bulgares y furent jugées. le premier ministre Mahmoud Jibril ? Un ancien conseiller du fils Kadhafi, obsédé par l'argent. Ivre du succès de la révolution, le CNT ressasse les souvenirs de sa lutte victorieuse. La France se trompe en faisant confiance à ce gouvernement qui ne jouit plus d'aucun soutien populaire et qui ne contrôle plus le pays.
Car la Libye est en voie d'islamisation. Quelques milices fanatisées telles Ansar al-Charia – accusée de l'attentat contre le consulat américain de Benghazi le 11 septembre 2012 – occultent la montée d'un sentiment anti-occidental diffus que le souvenir du soutien de la coalition occidentale à la révolution ne suffit plus à contenir. A l'instar de l'Afghanistan talibanisé, la Libye est en train de se transformer en « Sahelistan » où l'Etat central n'est plus qu'une fiction pour diplomates et où le territoire est divisé entre des brigades islamistes. Samuel Laurent préfère s'y préparer que s'en offusquer. Il souligne combien l'Islam structure l'identité du peuple libyen, plus encore qu'en Égypte ou en Tunisie. Il en conclut que l'instauration d'un gouvernement islamiste constituerait probablement la meilleure garantie de stabilité pour la Libye.
Pour étayer sa thèse, il enquête en Cyrénaïque où des milices auto-légitimés par leur participation, plus ou moins avérée, à la révolution font régner l'ordre. Leurs exactions suscitent une exaspération croissante de la population mais le manque de crédibilité du gouvernement central leur laisse la voie libre. Samuel Laurent est également allé dans le Fezzan, aux frontières du Niger et de l'Algérie, là où les Touaregs contrôlent les trafics d'armes, de drogues, de cigarettes, de faux médicaments … le Sud est devenu « une vraie passoire » où règne désormais une économie de racket. Derrière les revendications nationalistes du MNLA ou les prêches salafistes d'Ansar Dine, les Touaregs n'auraient qu'une seule obsession : l'argent !
Samuel Laurent n'est pas sorti de Libye – contrairement aux mentions de la couverture qui le laissent entendre. Mais il tire les conséquences de l'intervention française au Mali début 2013 : les jihadistes présents au Nord-Mali ont été repoussés en Libye où ils trouvent un espace de non-droit propice à leurs agissements. L'intervention décidée par Sarkozy en Libye a ouvert la boîte de Pandore ; celle décidée par Hollande au Mali ne l'a pas refermée.
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