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ISBN : 2868535909
Éditeur : Le Temps qu'il fait (19/04/2013)

Note moyenne : 4.67/5 (sur 3 notes)
Résumé :
«Il se souvient très matériellement de certains livres qui devaient compter pour lui bien au-delà de son adolescence, comme cette petite édition Nelson trouvée dans la bibliothèque du salon, en deux volumes reliés d’un cuir bleu marine dont l’odeur avait parfumé le papier et ressuscite encore aujourd’hui l’émotion de la découverte, vers quatorze ans, d’un roman qu’il se revoit lisant tard dans son lit, plein de sympathie pour le jeune héros dont le père brutal et in... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
LydiaB
  31 août 2013
Dans la lignée de ses autres livres mais avec une structure différente, Jean-Yves Laurichesse raconte avec brio des parcelles de vie, de mémoire ; moments intimes que l'on peut tous connaître – et en cela le lecteur ne peut qu'adhérer – et qu'il a très certainement connu, même si, au final, on ne sait pas si le narrateur est l'auteur (sauf si vous furetez sur son site). C'est la figure paternelle ici qui est mise en avant. Un père aimé et aimant qui, malheureusement, a disparu. Les souvenirs s'enclenchent alors sur les lieux du passé, les lieux de l'enfance qui reconstituent une trame fragile mais ô combien puissante. Comme à son habitude, l'auteur emploie un style tout en finesse et en retenue, où la pudeur est de mise. On ressort de cette lecture à la fois ébloui par l'écriture et convaincu par cette histoire qui pourrait être la nôtre.
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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Herve-Lionel
  31 août 2017
La Feuille Volante n° 1171
Les BriséesJean-Yves Laurichesse – le temps qu'il fait.
C'est à un parcours intime, sur les chemins de son enfance, « aussi invariables que ceux des chats » que nous convie le narrateur qui y revient à l'occasion des obsèques de son père. Les lieux ont changé dans ce petit chef-lieu, les rues sont devenues piétonnes et les boutiques modernes, autant dire qu'il n'en reste pas grand chose mais les visions de sa jeunesse l'assaillent comme des photos en noir et blanc, autant de moments enfuis, définitivement disparus et qui ne reviendront pas. Les échoppes qui ont résisté à la modernité sont vides mais il lui revient « le picotement acidulé de la poudre magique », les odeurs, les couleurs, les visions furtives, une version personnelle de la madeleine de Proust, des bribes de cette enfance qu'on n'oublie jamais. Je découvre petit à petit l'univers de cet auteur mais ce qui me frappe c'est à nouveau le thème de l'abandon des lieux, des appartements, par leurs occupants. J'avais déjà fait cette remarque dans son premier roman, une façon de marquer le silence, la solitude, la fuite du temps, la fragilité de cette vie dont chacun de nous n'est que l'usufruitier. L'auteur nous raconte une histoire comme s'il était le témoin de celle d'un autre, utilisant le pronom personnel « il » mais en réalité c'est la sienne qu'il confie au lecteur. Il déroule rapidement l'écheveau du souvenir et, aux soirées parfois scolairement studieuses de l'hiver répondent les longues journées de vacances, les jeux d'enfant, la découverte d'un atelier aux odorants copeaux de bois ou de la délicate odeur des foins dont ses mots plus tard se nourriront.
En réalité, ce que j'ai choisi de lire c'est son voyage au pays de l'écriture. Cela commence par la lecture de romans traditionnels où l'ancien temps succède au dépaysement du voyage et son parfum d'aventure. Elle préexiste à ce qui sera sans doute un long cheminement où les poèmes à la prosodie hésitante au début, sont un point de passage obligé. Elle s'affinera par la suite et la feuille blanche sera déjà le témoin des émotions, des émois peut-être, des échecs et des désillusions mais le solipsisme s'accorde fort bien avec le secret et mes mots seront toujours un exorcisme qui aident à supporter les vicissitudes et l'ingratitude du monde. La poésie d'enfance laissera la place à la prose, les mots appelleront les mots qu'on tressera en textes parfois aboutis, parfois jetés, parfois interrompus, qu'on rangera pour plus tard, qu'on thésaurisera comme un trésor ou qu'on oubliera. On en fera même un tapuscrit, en faisant semblant de croire que c'est déjà un pas vers l'édition, vers le succès. On se rêvera bohème et inspiré et se réveillera un peu groggy parce qu'il faut bien vivre, faire autre chose que ce qu'on avait imaginé, parce que la vie quotidienne reprend ses droits avec ses contingences et ses obligations. Puis viendront les essais qu'on jugera réussis, qui seront réalistes, poétiques ou abscons, qu'on enverra à l'éditeur qui bien entendu les refusera, la déception sera grande et avec elle naîtra le doute, pointera le découragement … Pourtant l'inspiration sera là, qui parfois puise ses mots dans une sorte de mémoire héréditaire inconnue et qui attendra qu'on accepte d'écouter son message. Si on passe outre, elle s'évanouira dans un replis du temps pour ne jamais revenir mais si on est vigilant elle offrira un legs inattendu. Puis ce sera la visite qu'on fera à un écrivain reconnu et qui sera un grand moment de sa vie, plein d'illusions et qu'on rangera dans un coin de sa mémoire. Elle sera sans lendemain parce qu'il faut que chacun fasse son chemin, à son rythme, avec son talent, ses imperfections et ses fêlures, avec sa chance aussi, si elle veut bien se manifester. On finira sans doute par se dire qu'on est passé à côté de sa vie qui est unique et qu'on ne peut refaire le chemin à l'envers ou on s'engouffrera dans une opportunité, en se disant que peut-être elle sera la dernière.
Courts chapitres d'un court roman où j'ai retrouvé avec plaisir la poésie des descriptions, le rythme de la phrase qu'on confie au papier pour qu'il en garde la mémoire, pour qu'il recréé sous les yeux du lecteur respectueux tout le charme de ce passé qui revient, qui prend corps avec des mots porteurs de vie. L'écriture est le témoin de son parcours parce que la vie l'inspire, la nourrit, la justifie, débrouille les choses dans la forêt des souvenirs. Tout cela est prêté au lecteur devenu témoin privilégié qui peut cependant passer outre. Moi j'ai choisi d'y être attentif.
© Hervé GAUTIER – Août 2017. [http://hervegautier.e-monsite.com]
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Alhice
  07 avril 2014
Un beau texte, de jolis mots pour décrire des souvenirs d'enfance qui nous parviennent tout en douceur, au fil de la mémoire.
Un retour en arrière un brin nostalgique, mais sans mélo, en lien avec un père aimé et la redécouverte du lieu de vie.
L'intérêt est somme toute relatif. Seule la qualité du récit m'a maintenue en connexion. Cependant, la grace de cet ouvrage peut plaire à de nombreux lecteurs.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   31 août 2013
Le chemin se glisse tout droit entre les fougères tendres et les fleurs de juin. Ils marchent sans parler. Le sol est souple au pied et l’on pourrait aller ainsi longtemps. Mais il cherche quelque chose à gauche au milieu des grands arbres qui dévalent. La forêt, il s’en souvient, était semée d’énormes rochers de granit comme jetés là par des géants, ou tombés du ciel dans des temps d’avant les hommes, restés plantés à mi-pente. Il en distingue quelques uns qui lui semblent de taille mesquine. Sans doute il n’a plus ses yeux d’enfant. Mais soudain il l’aperçoit bien au-dessus du chemin, à travers le rideau des troncs, vaste table posée sur de gros rochers irréguliers, ménageant en-dessous une cavité obscure. Déjà il a commencé à escalader la pente raide à travers les buissons. Elle l’attend sur le chemin, patiente. Ses pieds enfoncent dans l’humus. Il s’accroche aux branches et aux racines, le regard tendu vers les énormes pierres grises et usées qui le dominent à présent de toute leur hauteur. Au-dessus les arbres continuent à grimper vertigineusement jusqu’à une mince bande de ciel.
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Herve-LionelHerve-Lionel   31 août 2017
Souvent il fumait une pipe de tabac blond, par une habitude ancienne dont l'origine était tout à la fois sentimentale ( son père, un ami de jeunesse) et littéraire (un écrivain admiré), persistant à aimer, dans le minuscule foyer de bruyère, célébrer son culte du feu.
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Herve-LionelHerve-Lionel   30 août 2017
Les lettres noires avancent sur la page éclairées de l'intérieur, vont leur chemin obstiné dans le temps. Elles suivent les brisées de la mémoire, jusqu'à cet enfant tapi au fond de la forêt première, là où écrire a son orIgIne.
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Herve-LionelHerve-Lionel   30 août 2017
Car les chemins de l'enfance sont aussi invariables que ceux des chats.
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Herve-LionelHerve-Lionel   30 août 2017
Quand ils ressortaient à la nuit tombée, les réverbères démesuraient les ombres.
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Videos de Jean-Yves Laurichesse (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Yves Laurichesse
Un écrivain dans le monde .Pierre Schoentjes,Karin Holter,Luc Lang,Jean-Yves LaurichesseCC-BY-NC-ND 2.0Table ronde animée par Pierre Schoentjes, professeur à l?université de Gand, spécialiste de Claude Simon et de littérature contemporaine. Avec Karin Holter, professeur émérite, université d?Oslo, auteur de "Texte et réalité. Ouvertures dans les romans de Claude Simon" ; Luc Lang, écrivain ; Jean-Yves Laurichesse, universitaire et écrivain, auteur de "La bataille des odeurs : l?espace olfactif des romans de Claude Simon", éditeur scientifique de "Claude Simon géographe".
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