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Jean-Luc Steinmetz (Éditeur scientifique)
EAN : 9782253160731
446 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (15/01/2001)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 683 notes)
Résumé :
Les amples strophes des six Chants de Maldoror, sorte d'épopée de la peur, des ténèbres et du mal, sont sans doute une oeuvre inclassable. Mais redécouvert par les surréalistes au début du siècle, largement commenté dans les années 60-70, le livre est devenu un classique, en même temps que les Poésies, ensemble de maximes et de réflexions sur la littérature qui ont été réinterprétées comme un texte essentiel de poétique et de critique. Cette édition, due à Jean-luc ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
PhilippeCastellain
  02 janvier 2017
Voila sans doute le bouquin le plus délirant qu'il m'ait jamais été donné d'ouvrir. Il serait totalement vain d'essayer de le faire rentrer dans une case.
Il y a un auteur dont on ne sait pratiquement rien, mais qui visiblement était un esprit brillant et doté d'une grande culture. Et par moment on se demande s'il n'a pas décidé de se payer subtilement la tête de son lecteur.
Les Chants font intervenir un très vaste vocabulaire, des descriptions minutieuses, et des visions d'une horreur totale. Qu'est-ce qui a bien pu lui arriver pour qu'il ait des idées pareilles ? Est-ce qu'il s'est donné comme défi de faire vomir son lecteur ?
Les textes s'enchainent avec une absence si complète de logique, et sont eux-même d'un manque si absolu de signification au premier abord, que résumer le livre relève du défi. Au second abord... Et bien on ne comprend pas plus. On dirait une oeuvre de cette "folie lucide" qu'aimaient tant les psychologues de l'époque.
On mesure la qualité d'écriture de l'auteur, on perçoit son ironie. Et on le regarde avec effarement étaler ses idées sur le papier.
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Nowowak
  29 mars 2020

Peu importe ce que l'auteur a dit ou a voulu dire, seul ce qu'il suggère nous parle, nous crie des louanges, nous supplie des mondes, nous crée la passion épaisse, nous souffle nous délivre. Soyons féroces, fée rosse et enchanteurs malingres, éternels promeneurs de ces sentiers abrupts et sauvages. Plût au ciel que les poètes écrivent encore et encore, que leur poison nous rende infiniment meilleurs et nous imbibe comme l'eau le sucre. Que c'est beau quand la chimie pourfend l'horizon et sème ses pétales d'illusions ! le lecteur enhardi les ramasse, s'en fait un collier, dans ce marécage salvateur marque ses empreintes puis passe au voisin.
Hardi les gars, le voilà ressuscité lui qui était mort et enterré ! Adieu bourreaux et mauvais livres, adieu Arlequin, adieu Polichinelle, adieu tous les faux explorateurs, voilà de la bonne, de la vraie, de la came des tropiques ! Oh j'aime et j'adoraime quand les pages déferlent comme des vagues symphoniques, des fenêtres qui claquent et laissent tout jaillir : le bruit comme la fureur, la lumière comme l'ombre, l'amour comme la souffrance, le parfum de femme comme l'épice.
Nous ferons le tri à l'aube de ce grand jour, de ce fruit amer et sans danger où l'ultime chapitre agonisera sous nos yeux éperdus de marin au long cours. Peu importe la tristesse feinte ou défunte, j'aime quand sous la voile ils se culbutent, quand ils s'emberlificotent, quand ils se croisent et se décroisent, j'aime quand les mots font l'amour, crient et rugissent, tuent et assassinent, s'emmêlent, s'entremêlent, orient et occident, typhons dévastateurs, ouragans déchaînés ! J'aime quand ils se prennent et se désapprennent, quand ils se croient tout permis, quand la musique prodigue ses caresses, quand ils ont soif, quand ils ont faim, quand la passion est leur déesse, quand tout alentour est symphonie, ivresse et désir !
Poètes et vrais écrivains, ne lâchez pas du lest, ne passez aucun test, vivez de votre plume, envolez-vous sur l'amertume ! Offrez-nous la lune ! Martelez-nous vos révolutions, changez notre adresse, soyez notre déesse, explosez notre planète, effacez ces maudits clichés, ces pannes d'horizons, offrez-nous une musique d'éternité : c'est ainsi que nous aimons lire, avec la soif à jamais collée au corps, en murmurant avec vous les notes et les soupirs, jusqu'à la fin, jusqu'au dernier mot.

Lien : https://pasplushautquelebord..
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Allantvers
  10 mars 2017
La claque magistrale de mes quinze ans.
A cet âge où je me figurais découvrir le monde par la littérature, ce hurlement flamboyant de fureur et de violence qui m'a sauté au visage comme un démon délirant aurait eu de quoi me faire fuir et, de peur, refermer pour toujours l'univers des livres comme porte sur le monde.
Il n'en fut rien heureusement, et trente ans après c'est encore la beauté exaltée et vénéneuse qui me reste de ce texte unique et fou, qui compte parmi les incontournables.
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AnkouHibou
  28 mars 2020
Un livre énigmatique, fou, ahurissant... et aussi inclassable, impossible à définir.
Lu une fois il y a plusieurs années déjà, et pourtant des scènes où des tournures de phrases me restent toujours en mémoire, ineffaçables.
J'ai été marqué par deux choses : la folie de l'imagination de l'auteur, et la beauté de son écriture. Une ambiance à la fois angoissante et magnifique.
Inclassable.
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TiriNoiret
  27 mai 2018
Quelques mois d'études et réflexions sur l'oeuvre n'ont pas épuisé le sujet... Nous avions même pondu avec un ami quelque 100 pages sur le thème du cercle, du cycle et de l'ouragan, c'est dire !
Les chants sont ce qui a été écrit de plus définitif dans notre belle langue: le cri ultime de l'homme entre l'ange et la bête, l'effroyable condamnation de qui se rend compte qu'à décrire son semblable, il plonge dans un tourbillon (encore lui) indescriptible ou rien ne prendra forme, rien n'arrivera à sa fin, ne se structurera selon une pensée saine et consistante, rien de bon ne sortira sans son contraire.
Lautréamont, comme Diderot Dailleurs, a aussi touché du bout de sa plume un autre mystère de l'homo scribens à savoir que rien non plus ne s'écrira sans le lecteur. Aussi les Chants sont-ils avant tout un long dialogue avec un lecteur inéluctablement complice de la perversité décrite.
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Citations et extraits (102) Voir plus Ajouter une citation
enkidu_enkidu_   29 juillet 2014
Ô pédérastes incompréhensibles, ce n’est pas moi qui lancerai des injures à votre grande dégradation ; ce n’est pas moi qui viendrai jeter le mépris sur votre anus infundibuliforme. Il suffit que les maladies honteuses, et presque incurables, qui vous assiègent, portent avec elles leur immanquable châtiment. Législateurs d’institutions stupides, inventeurs d’une morale étroite, éloignez-vous de moi, car je suis une âme impartiale.

Et vous, jeunes adolescents ou plutôt jeunes filles, expliquez-moi comment et pourquoi (mais, tenez-vous à une convenable distance, car, moi non plus, je ne sais pas résister à mes passions) la vengeance a germé dans vos cœurs, pour avoir attaché au flanc de l’humanité une pareille couronne de blessures. Vous la faites rougir de ses fils par votre conduite (que, moi, je vénère !) ; votre prostitution, s’offrant au premier venu, exerce la logique des penseurs les plus profonds, tandis que votre sensibilité exagérée comble la mesure de la stupéfaction de la femme elle-même.

Êtes-vous d’une nature moins ou plus terrestre que celle de vos semblables ? Possédez-vous un sixième sens qui nous manque ? Ne mentez pas, et dites ce que vous pensez. Ce n’est pas une interrogation que je vous pose ; car, depuis que je fréquente en observateur la sublimité de vos intelligences grandioses, je sais à quoi m’en tenir. Soyez bénis par ma main gauche, soyez sanctifiés par ma main droite, anges protégés par mon amour universel. Je baise votre visage, je baise votre poitrine, je baise, avec mes lèvres suaves, les diverses parties de votre corps harmonieux et parfumé. Que ne m’aviez-vous dit tout de suite ce que vous étiez, cristallisations d’une beauté morale supérieure ? Il a fallu que je devinasse par moi-même les innombrables trésors de tendresse et de chasteté que recélaient les battements de votre cœur oppressé. Poitrine ornée de guirlandes de roses et de vétyver.

Il a fallu que j’entr’ouvrisse vos jambes pour vous connaître et que ma bouche se suspendît aux insignes de votre pudeur. Mais (chose importante à représenter) n’oubliez pas chaque jour de laver la peau de vos parties, avec de l’eau chaude, car, sinon, des chancres vénériens pousseraient infailliblement sur les commissures fendues de mes lèvres inassouvies. Oh ! si au lieu d’être un enfer, l’univers n’avait été qu’un céleste anus immense, regardez le geste que je fais du côté de mon bas-ventre : oui, j’aurais enfoncé ma verge, à travers son sphyncter sanglant, fracassant, par mes mouvements impétueux, les propres parois de son bassin ! Le malheur n’aurait pas alors soufflé, sur mes yeux aveuglés, des dunes entières de sable mouvant ; j’aurais découvert l’endroit souterrain où gît la vérité endormie, et les fleuves de mon sperme visqueux auraient trouvé de la sorte un océan où se précipiter !

Mais, pourquoi me surprends-je à regretter un état de choses imaginaire et qui ne recevra jamais le cachet de son accomplissement ultérieur ? Ne nous donnons pas la peine de construire de fugitives hypothèses. En attendant, que celui qui brûle de l’ardeur de partager mon lit vienne me trouver ; mais, je mets une condition rigoureuse à mon hospitalité : il faut qu’il n’ait pas plus de quinze ans. Qu’il ne croie pas de son côté que j’en ai trente ; qu’est-ce que cela y fait ? L’âge ne diminue pas l’intensité des sentiments, loin de là ; et, quoique mes cheveux soient devenus blancs comme la neige, ce n’est pas à cause de la vieillesse : c’est, au contraire, pour le motif que vous savez.

Moi, je n’aime pas les femmes ! Ni même les hermaphrodites ! Il me faut des êtres qui me ressemblent, sur le front desquels la noblesse humaine soit marquée en caractères plus tranchés et ineffaçables ! Êtes-vous certain que celles qui portent de longs cheveux, soient de la même nature que la mienne ? Je ne le crois pas, et je ne déserterai pas mon opinion. Une salive saumâtre coule de ma bouche, je ne sais pas pourquoi. Qui veut me la sucer, afin que j’en sois débarrassé ? Elle monte… elle monte toujours ! Je sais ce que c’est. J’ai remarqué que, lorsque je bois à la gorge le sang de ceux qui se couchent à côté de moi (c’est à tort que l’on me suppose vampire, puisqu’on appelle ainsi des morts qui sortent de leur tombeau ; or, moi, je suis un vivant), j’en rejette le lendemain une partie par la bouche : voilà l’explication de la salive infecte. Que voulez-vous que j’y fasse, si les organes, affaiblis par le vice, se refusent à l’accomplissement des fonctions de la nutrition ? Mais, ne révélez mes confidences à personne. Ce n’est pas pour moi que je vous dis cela ; c’est pour vous-même et les autres, afin que le prestige du secret retienne dans les limites du devoir et de la vertu ceux qui, aimantés par l’électricité de l’inconnu, seraient tentés de m’imiter.

Ayez la bonté de regarder ma bouche (pour le moment, je n’ai pas le temps d’employer une formule plus longue de politesse) ; elle vous frappe au premier abord par l’apparence de sa structure, sans mettre le serpent dans vos comparaisons ; c’est que j’en contracte le tissu jusqu’à la dernière réduction, afin de faire croire que je possède un caractère froid. Vous n’ignorez pas qu’il est diamétralement opposé. Que ne puis-je regarder à travers ces pages séraphiques le visage de celui qui me lit. S’il n’a pas dépassé la puberté, qu’il s’approche. Serre-moi contre toi, et ne crains pas de me faire du mal ; rétrécissons progressivement les liens de nos muscles. Davantage. Je sens qu’il est inutile d’insister ; l’opacité, remarquable à plus d’un titre, de cette feuille de papier, est un empêchement des plus considérables à l’opération de notre complète jonction. Moi, j’ai toujours éprouvé un caprice infâme pour la pâle jeunesse des collèges, et les enfants étiolés des manufactures ! Mes paroles ne sont pas les réminiscences d’un rêve, et j’aurai trop de souvenirs à débrouiller, si l’obligation m’était imposée de faire passer devant vos yeux les événements qui pourraient affermir de leur témoignage la véracité de ma douloureuse affirmation.

La justice humaine ne m’a pas encore surpris en flagrant délit, malgré l’incontestable habileté de ses agents. J’ai même assassiné (il n’y a pas longtemps !) un pédéraste qui ne se prêtait pas suffisamment à ma passion ; j’ai jeté son cadavre dans un puits abandonné, et l’on n’a pas de preuves décisives contre moi. Pourquoi frémissez-vous de peur, adolescent qui me lisez ? Croyez-vous que je veuille en faire autant envers vous ? Vous vous montrez souverainement injuste… Vous avez raison : méfiez-vous de moi, surtout si vous êtes beau. Mes parties offrent éternellement le spectacle lugubre de la turgescence ; nul ne peut soutenir (et combien ne s’en ont-ils pas approchés !) qu’il les a vues à l’état de tranquillité normale, pas même le décrotteur qui m’y porta un coup de couteau dans un moment de délire. L’ingrat ! Je change de vêtements deux fois par semaine, la propreté n’étant pas le principal motif de ma détermination. Si je n’agissais pas ainsi, les membres de l’humanité disparaîtraient au bout de quelques jours, dans des combats prolongés. En effet, dans quelque contrée que je me trouve, ils me harcèlent continuellement de leur présence et viennent lécher la surface de mes pieds. Mais, quelle puissance possèdent-elles donc, mes gouttes séminales, pour attirer vers elles tout ce qui respire par des nerfs olfactifs ! Ils viennent des bords des Amazones, ils traversent les vallées qu’arrose le Gange, ils abandonnent le lichen polaire, pour accomplir de longs voyages à ma recherche, et demander aux cités immobiles, si elles n’ont pas vu passer, un instant, le long de leurs remparts, celui dont le sperme sacré embaume les montagnes, les lacs, les bruyères, les forêts, les promontoires et la vastitude des mers !

Le désespoir de ne pas pouvoir me rencontrer (je me cache secrètement dans les endroits les plus inaccessibles, afin d’alimenter leur ardeur) les porte aux actes les plus regrettables. Ils se mettent trois cent mille de chaque côté, et les mugissements des canons servent de prélude à la bataille. Toutes les ailes s’ébranlent à la fois, comme un seul guerrier. Les carrés se forment et tombent aussitôt pour ne plus se relever. Les chevaux effarés s’enfuient dans toutes les directions. Les boulets labourent le sol, comme des météores implacables. Le théâtre du combat n’est plus qu’un vaste champ de carnage, quand la nuit révèle sa présence et que la lune silencieuse apparaît entre les déchirures d’un nuage. Me montrant du doigt un espace de plusieurs lieues recouvert de cadavres, le croissant vaporeux de cet astre m’ordonne de prendre un instant, comme le sujet de méditatives réflexions, les conséquences funestes qu’entraîne, après lui, l’inexplicable talisman enchanteur que la Providence m’accorda. Malheureusement que de siècles ne faudra-t-il pas encore, avant que la race humaine périsse entièrement par mon piège perfide !

C’est ainsi qu’un esprit habile, et qui ne se vante pas, emploie, pour atteindre à ses fins, les moyens mêmes qui paraîtraient d’abord y porter un invincible obstacle. Toujours mon intelligence s’élève vers cette imposante question, et vous êtes témoin vous-même qu’il ne m’est plus possible de rester dans le sujet modeste qu’au commencement j’avais le dessein de traiter. Un dernier mot… c’était une nuit d’hiver. Pendant que la bise sifflait dans les sapins, le Créateur ouvrit sa porte au milieu des ténèbres et fit entrer un pédéraste.
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UnityUnity   01 février 2013
« Hélas ! Qu’est-ce donc que le bien et le mal ! Est-ce une même chose par laquelle nous témoignons avec rage notre impuissance, et la passion d’atteindre à l’infini par les moyens même les plus insensés ? Ou bien sont-ce deux choses différentes ? Oui… que ce soit plutôt une même chose… car sinon que deviendrais-je au jour du jugement ! Adolescent, pardonne-moi ; c’est celui qui est devant ta figure noble et sacrée, qui a brisé tes os et déchiré les chairs qui pendent à différents endroits de ton corps. Est-ce un délire de ma raison malade, est-ce un instinct secret qui ne dépend pas de mes raisonnements, pareil à celui de l’aigle déchirant sa proie, qui m’a poussé à commettre ce crime ; et pourtant, autant que ma victime, je souffrais ! Adolescent, pardonne-moi. Une fois sorti de cette vie passagère, je veux que nous soyons entrelacés pendant l’éternité ; ne former qu’un seul être, ma bouche collée à ta bouche. Même, de cette manière, ma punition ne sera pas complète. Alors, tu me déchireras, sans jamais t’arrêter, avec les dents et les ongles à la fois. Je parerai mon corps de guirlandes embaumées, pour cet holocauste expiatoire ; et nous souffrirons tous les deux, moi, d’être déchiré, toi, de me déchirer… ma bouche collée à ta bouche. O adolescent, aux cheveux blonds, aux yeux si doux, feras-tu ce que je te conseille ? Malgré toi, je veux que tu le fasses, et tu rendras heureuse ma conscience. » Après avoir parlé ainsi, en même temps tu auras fait le mal à un être humain, et tu seras aimé du même être : c’est le bonheur le plus grand qu’on puisse concevoir. Plus tard, tu pourras le mettre à l’hôpital ; car le perclus ne pourra pas gagner sa vie. On t’appellera bon, et les couronnes de laurier et les médailles d’or cacheront tes pieds nus, épars sur la grande tombe, à la vieille figure. O toi dont je ne veux pas écrire le nom sur cette page qui consacre la sainteté du crime, je sais que ton pardon fut immense comme l’univers. Mais, moi, j’existe encore !
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AVAV   15 août 2012
Malheur au cachalot qui se battrait contre un pou. Il serait dévoré en un clin d'oeil, malgré sa taille. Il ne resterait pas la queue pour annoncer la nouvelle. L'éléphant se laisse caresser. Le pou, non. Je ne vous conseille pas de tenter cet essai périlleux. Gare à vous, si votre main est poilue, ou que seulement elle soit composée de chair. C'en est fait de vos doigts. Ils craqueront comme s'ils étaient à la torture. La peau disparaît par un étrange enchantement. Les poux sont incapables de commettre autant de mal que leur imagination en médite. Si vous trouvez un pou dans votre route, passez votre chemin, et ne lui léchez pas les papilles de la langue. Il vous arriverait quelque accident. Cela s'est vu. N'importe, je suis déjà content de la quantité de mal qu'il te fait, ô race humaine ; seulement, je voudrais qu'il t'en fît davantage.
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ColonelColonel   23 janvier 2011
Moi, comme les chiens, j’éprouve le besoin de l’infini… Je ne puis, je ne puis contenter ce besoin ! Je suis fils de l’homme et de la femme, d’après ce qu’on m’a dit. Ça m’étonne… je croyais être davantage ! Au reste, que m’importe d’où je viens ? [...]
Chaque matin, quand le soleil se lève pour les autres, en répandant la joie et la chaleur dans toute la nature, tandis qu’aucun de mes traits ne bouge, en regardant fixement l’espace plein de ténèbres, accroupi vers le fond de ma caverne aimée, dans un désespoir qui m’enivre comme le vin, je meurtris de mes puissantes mains ma poitrine en lambeaux. Pourtant, je sens que je ne suis pas atteint de la rage ! Pourtant, je sens que je ne suis pas le seul qui souffre ! Pourtant, je sens que je respire ! Comme un condamné qui essaie ses muscles, en réfléchissant sur leur sort, et qui va bientôt monter à l’échafaud.
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chartelchartel   08 février 2008
Race stupide et idiote ! Tu te repentiras de te conduire ainsi. C’est moi qui te le dis. Tu t’en repentiras, va ! tu t’en repentiras. Ma poésie ne consistera qu’à attaquer, par tous les moyens, l’homme, cette bête fauve, et le Créateur, qui n’aurait pas dû engendrer une pareille vermine. Les volumes s’entasserons sur les volumes, jusqu’à la fin de ma vie, et, cependant, l’on n’y verra que cette seule idée, toujours présente à ma conscience !
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Vidéo de Comte de Lautreamont
Relecture : Lautréamont (1975 / France Culture). Par Hubert Juin. Réalisation : Anne Lemaître. Diffusion sur France Culture le 27 juin 1975. Avec François Caradec, Noël Arnaud, Alain Jouffroy, Marcelin Pleynet et Philippe Sollers. Lectures par Jean Bollery et Jean Topart. Présentation des Nuits de France Culture : « On n’a jamais de preuves chez Lautréamont, on a toujours des doutes. Lautréamont, apprécié par Huysmans, Léon Bloy, Remy de Gourmont, puis par les symbolistes, plus tard par les surréalistes : lu, apprécié et reconnu. Ce que l’on sait de la vie d’Isidore Ducasse ? Le véritable miracle, c’est que Lautréamont (Isidore Ducasse) est connu, et la date importante : octobre 1885, 15 ans après la mort du poète durant le siège de Paris en 1870, il avait à peine 24 ans. Oui, octobre 1885, date essentielle, parce que cet auteur maudit - maudit par qui ? par son époque - allait être sauvé grâce à la revue “La Jeune Belgique”. »
Source : France Culture
« L’un des signes les moins douteux de cet acculement des âmes modernes à l’extrémité de tout, c’est la récente intrusion en France d’un monstre de livre, presque inconnu encore, quoique publié en Belgique depuis dix ans : “Les Chants de Maldoror”, par le comte de Lautréamont (?), œuvre tout à fait sans analogue et probablement appelée à retentir. L’auteur est mort dans un cabanon et c’est tout ce qu’on sait de lui. Il est difficile de décider si le mot monstre est ici suffisant. Cela ressemble à quelque effroyable polymorphe sous-marin qu’une tempête surprenante aurait lancé sur le rivage, après avoir saboulé le fond de l’Océan. La gueule même de l’Imprécation demeure béante et silencieuse au conspect de ce visiteur, et les sataniques litanies des “Fleurs du Mal” prennent subitement, par comparaison, comme un certain air d’anodine bondieuserie. […] Quant à la forme littéraire, il n’y en a pas. C’est de la lave liquide. C’est insensé, noir et dévorant. » Léon Bloy (in “Le Désespéré”)
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