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EAN : 9782234016354
137 pages
Éditeur : Stock (01/01/1994)
3.33/5   20 notes
Résumé :

Deux jeunes citadines rachètent une ferme dans la campagne anglaise, où elles vivent tant bien que mal. À la fin de la Première Guerre mondiale, le retour d un jeune soldat amène une intrigue où la volonté de domination tiendra une place capitale. Pour Lawrence, la séduction n'a rien d'un art ; elle renvoie à quelque chose de profondément animal en chacun de nous, au-delà des affinités amoureuses, et d'ailleurs de tout comportement sensé...
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
berni_29
  25 août 2021
Le Renard est un court roman, 137 pages exactement, de l'auteur anglais D.H. Lawrence.
L'histoire est celle de deux femmes d'origine citadine, qui se sont retirées quelque part dans la campagne anglaise pour exploiter une petite ferme, avec des poules, des canards et quelques vaches. L'auteur ne les décrit quasiment que sous leurs noms patronymiques, tel que le voisinage d'ailleurs les connaît : March et Banford. Nous sommes à l'automne 1918, hélas pour ces deux jeunes femmes, le grand rêve agricole s'étiole, la ferme vivote, l'affaire n'est pas très rentable, elles ont dû se séparer des quelques génisses qu'elles possédaient pour se consacrer uniquement à élever la volaille.
Et puis, il y a ce renard qui rôde, qui se fait de plus en plus menaçant, les nargue à la lisière du bois, dépèce désormais chaque jour une poule de la basse-cour...
Elles sont découragées.
On ne sait rien du projet qui les a amenées là, on ne sait rien vraiment de leurs relations, ce qu'il y avait avant qu'elles ne viennent ici, ce n'est pas important. On les sent unies par un amour qui les protègerait et en même temps elles sont comme sur un fil tendu où il ne suffirait pas grand-chose pour que le paysage se fissure. Elles ont besoin l'une de l'autre, c'est cela qui les tient sans doute...
Et puis un jour, Henry Grenfel, un jeune soldat de retour de la guerre débarque... Il pensait retrouver son grand-père qui était l'ancien propriétaire de la ferme, mais le vieil homme est mort depuis...
Le jeune homme est harassé et un peu dépité. Comme il est plein de douceur, les deux jeunes femmes proposent de lui offrir l'hospitalité pour quelques jours...
Voilà, le décor est planté ! À partir de cet instant, un jeu ténu va se jouer, sournois, indicible, entre les trois personnages dans une tension palpable, grandissante à chaque instant, c'est presque comme une lutte, où le désir s'insinue, tandis que le renard rôde à la lisière du texte.
L'histoire est construite sous la forme d'un vrai huis-clos.
J'ai été subjugué par la densité de sentiments et d'émotions condensés en si peu de pages, sentiments et émotions qui ne sont jamais dits à ciel ouvert, tout est sous-jacent, tu, enfoui, caché par des pulsions qui sommeillent et s'éveillent comme des braises...
C'est incroyablement sensuel, presque animal par moments. Troublant, cruel aussi.
Le désir, la jalousie, la domination, s'invitent comme une farandole dans cette narration puissante, thèmes sans doute chers à l'auteur et que j'avais déjà aperçus dans L'Amant de Lady Chatterley.
Il y a quelque chose d'animal qui rôde parmi les pages et l'auteur joue subtilement avec ce quatrième personnage qu'est le renard et qui fera basculer le récit vers l'envers du décor...
C'est bref, c'est dense, c'est percutant, c'est juste un chef d'oeuvre.
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maylibel
  24 juillet 2015
Dans la campagne anglaise, à la fin de la Première Guerre mondiale. Deux femmes tentent de vivre tant bien que mal dans la ferme qu'elles ont racheté. Un jour, un soldat arrive sur les lieux à la recherche de son grand-père.
Le Renard est un court roman (un peu plus de 130 pages) écrit par D. H. Lawrence en 1917. Un texte scandaleux et subtil, au style sobre, où l'écrivain fait montre de tout son talent. Il joue avec les métaphores et un personnage très doué pour la manipulation pour mieux critiquer la situation des femmes à cette époque : difficile, très difficile de vouloir vivre sans hommes, d'être indépendante, de tout simplement sortir de la norme. Il décrit aussi avec justesse l'illusion du bonheur. Dès les premières lignes, en filigrane, la tragédie s'amorce inexorablement.
Un roman efficace et très bien écrit.
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TousleslivresdeLouise
  29 septembre 2021
A la fin de la seconde guerre mondiale, deux jeunes femmes reprennent une petite exploitation agricole d'élevage de poulets.
Isolé dans la campagne, l'élevage subit les attaques d'un magnifique renard rusé. Malgré leurs efforts, March et Banford n'arrivent pas à se débarrasser du renard.
Un soir, un jeune soldat arrive à la ferme, car il y vivait avant la guerre avec son grand père. Comme le renard, il est beau et a un regard froid.
Le roman est court et incisif. D.H. Lawrence retranscrit l'animalité et le désir sans le côté charnel. J'ai beaucoup aimé la fin et le tout aurait encore mieux avec plus de description des pensées des deux jeunes femmes.
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boreale
  10 mai 2010

J'ai bien aimé cette courte lecture : on est pris dans cette ambiance un peu étouffante de huis clos , j'ai assisté à cette "chasse" particulière avec intérêt :-)
Un regret toutefois , le récit est à mon goût un peu déséquilibré: la première partie ( ... disons " la traque" quoi ... ) est vraiment bien décrite en revanche ensuite j'ai trouvé que tout s'enchaînait un peu vite, j'aurais aimé moins d'ellipses et davantage de précisions quant à la façon dont se sont faites les choses ( c'est mon côté "fleur-bleue-cuculapraline" qui parle là , certes, certes ).... mais bon ...
Quoi qu'il arrive j'ai très envie de découvrir d'autres écrits de cet auteur et notamment me voilà prête pour "L'amant de Lady Chatterley" , ah! ( je viens de me le commander, très motivée ! )
Par certains aspects ce livre m'a rappelé un autre roman , lu il y a quelques temps : le Puits (la suite est à lire ici : http://blabliblo.canalblog.com/archives/2010/05/10/17848333.html )
Lien : http://blabliblo.canalblog.c..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
maylibelmaylibel   24 juillet 2015
Avec sa bonne volonté, sa responsabilité, elle s’était épuisée au point qu’elle avait la sensation que la vie entière, que tout n’était qu’un horrible abîme de néant. Plus vous tendiez la main vers la fleur fatale du bonheur, qui tremble, si bleue et si jolie, dans une crevasse un tout petit peu plus loin que votre main, plus terriblement vous preniez conscience du gouffre épouvantable du précipice creusé au-dessous de vous, et dans quoi vous plongerez inévitablement, comme en un trou sans fond, si vous tendez la main davantage. Vous cueillez fleur après fleur – ça n’est jamais la fleur. La fleur elle-même… eh bien, son calice est un gouffre épouvantable, c’est le trou sans fond.
(p. 133-134)
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maylibelmaylibel   24 juillet 2015
Elle était son enfer et son paradis sur la terre.
(p. 113)
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Videos de D.H. Lawrence (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de D.H. Lawrence
Lady Chatterley de Pascale Ferran : Entretien avec Michel Ciment (2006 / France Culture). Par Michel Ciment. Réalisation : Pierrette Perrono. Photographie : Pascale Ferran • Crédits : Sipa. Le 11 novembre 2006, dans son émission “Projection privée” diffusée sur France Culture, Michel Ciment recevait la réalisatrice Pascale Ferran pour s'entretenir avec elle autour de son film “Lady Chatterley” : une adaptation cinématographique d'un roman de l'écrivain britannique D. H. Lawrence. Pascale Ferran expliquait notamment les raisons pour lesquelles elle avait choisi d'adapter la deuxième version du livre, intitulée “Lady Chatterley et l'Homme des bois”. “Lady Chatterley et l'Homme des bois” (“John Thomas and Lady Jane”) est un roman du Britannique D. H. Lawrence publié en 1927. Deuxième des trois versions du roman polémique de 1928 “L'Amant de lady Chatterley”, il s'en distingue par l'absence de scènes crues et plusieurs variations, notamment à la fin. Moins connu que la version définitive, “Lady Chatterley et l'Homme des bois” a servi pour la mini-série télévisée britannique de Ken Russell diffusée en 1993, et l’adaptation cinématographique française de Pascale Ferran sortie en 2006, où jouent Marina Hands, Jean-Louis Coulloc'h et Hippolyte Girardot.
Sources : France Culture et Wikipédia
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