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EAN : 9782916141831
80 pages
Éditeur : L'Arbre vengeur (14/04/2012)
3.97/5   19 notes
Résumé :
Si « aucun homme n’est une île », certains aspirent néanmoins à découvrir celle qui les rendra heureux. Le héros de ce récit, l’un des derniers et des plus intenses de D.H. Lawrence, a choisi de quitter le continent pour se tailler un royaume à sa mesure. Mais où trouver sa plénitude ? Comment être à soi-même un territoire fini ? Botaniste qui tente d’ordonner le chaos du monde ou maître qui organise son domaine au milieu de la mer, l’insulai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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mesrives
  11 octobre 2021
Un cabotage existentiel dans le sillage de L'homme qui aimait les îles, de D. H. Lawrence. Trois escales, trois îles, un texte qui aurait pu être l'esquisse de trois tableaux de marine, le thème et le titre s'y prêtaient.
Trois étapes, trois métamorphoses d'un projet ambitieux: créer un univers, un monde à soi, dans un espace clos par les flots. 
Espérer une renaissance dans un lieu idéal, ordonné, loin de la foule et du chaos d'une société d'après guerre bouleversée, en créant une communauté factice où les élus qui accompagnent le protagoniste, "l'insulaire", ont été choisis avec habileté.

Aborder la première île pour y faire son nid, un cocon douillet où ne peut éclore que le bonheur, puis la fuir et l'oublier.
Accoster la deuxième pour y trouver refuge, se déshabiller, défaire les mailles du filet, le trouer et s'échapper encore pour ne pas être piégé.
Enfin jeter l'ancre sur la troisième, s'arrimer à cette ultime parcelle de terre, fixer l'horizon sans que plus aucun signe de vie ne s'y dessine et peut-être enfin accueillir la plénitude, le néant ou une révélation.

Avec L'homme qui aimait les îles, nouvelle écrite en 1926, soit quatre ans avant sa mort, D.H. Lawrence semble nous dire que le bonheur ne réside ni dans un lieu idéal, parfait ou perfectible, ni dans une quête matérialiste mais dans un lieu intime, un îlot imprenable que chacun d'entre nous cache au fond de lui comme un trésor enseveli et, qui ne demande qu'à se réveiller par le biais d'une quête intérieure spirituelle voire mystique libérée de toutes entraves.
En tout cas une navigation inattendue dont les escales nous invitent à profiter de l'empreinte des saisons sur les paysages grâce à l'oeil averti de notre protagoniste, botaniste et naturaliste.
Utopie ou dystopie? il faudra suivre les rêves, les errances, les cauchemars et les désillusions de Cathcart, anti-héros plus qu'héros de cette nouvelle pour apprécier le spectacle final dont la chute offre aux lecteurs de nombreuses pistes de réflexions et interrogations. Une partition marine, sombre et lumineuse, dans les brumes celtiques où il dérive tel un bateau fantôme à la lueur d' Orion et Sirius.

La préface de Thierry Gillyboeuf nous éclaire sur la genèse de L'homme qui aimait les îles : un texte en fait nourri de la vie personnelle et privée de D. H. Lawrence avec notamment la référence à "Rananim"une des petites communautés utopiques créées par l'écrivain, des expériences décevantes qui le feront renoncer à la quête d'une île géographique réelle et d'un lieu rêvé.
Une nouvelle crépusculaire, un conte philosophique portés par une écriture sobre, lyrique et poétique. Une introduction pour découvrir peut-être une autre facette de ses talents, le récit de voyage Crépuscule sur l'Italie.
Un texte beau et émouvant à lire et à relire.
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EvlyneLeraut
  13 mai 2021
« C'était un homme qui aimait les îles »
Magistral, écume, vague, ressac, « L'homme qui aimait les îles » est une déambulation sur le sable labyrinthe. L'empreinte laissée après la pluie immanence, l'un des plus beaux livres au monde. Il est là, l'homme.Le regard en plongée vers l'horizon plénitude. Quête d'île à portée de rêve et de désir. L'intense détermination, coquillage qui ne vacille pas de par la force du vent. L'homme est attiré par l'appel d'une autre île que sa natale. Franchir le pont des doutes, nager vers l'île vierge à bâtir. Transmutation. L'homme (double de D.H. Lawrence) misanthrope, altruiste, bienfaiteur, visionnaire va rassembler l'épars. Cette île est un symbole.
« Non. Une île est un nid qui abrite un oeuf, et un seul. Cet oeuf étant l'insulaire lui-même. »
Trente-cinq ans, et une île, la possession d'un macrocosme. Tout est pur, volontaire et tenace. Les rebords sans frontières, l'invisibilité qui forge les profondeurs intrinsèques. Écho des vagues-pensées.
« Ainsi semble-t-il que même les îles aiment se tenir compagnie. » « Vous êtes dans l'autre infini. »
L'homme aime les îles et les gens. La responsabilité envers les hôtes de son île, les accueillir, leur prouver sa compassion, démontrer sa droiture, leur apprendre l'autarcie.
« Et l'insulaire n'était plus M. Untel. Pour tous les habitants de l'île, même pour vous, il était « le Maître ».
Transmettre, vivre sur l'île, l'exactitude ne vacille pas. L'homme est bon, vaillant, pragmatique. L'île porte-voix, porte-vagues et exaltation. Les saisons sont des vertus, des messages, des forces ultimes.
« le Maître n'était pas un tyran. Oh non ! C'était un Maître délicat, sensible et beau. Mais à sa façon, c'était un poète. Ils l'écoutaient chapeau à la main. »
Homme parfait, l'île est dentelle, espérance et renaissance. L'homme est flexible. Les îles paraboliques d'un cheminement intérieur. Néanmoins, les îliens ne sont pas tous magnanimes et parfois de bien mauvais compagnons. La tempête s'élève, le manteau de l'homme, du Maître s'envole dans les affres et les trahisons. L'île dénudée, rochers coupants et pain perdu. Il quitte son île, emmène dans ses poches meurtries, l'oeuf. Renouveler sur une île plus petite, la scène magnifique, avec des fidèles choisis comme compagnons. « L'homme qui aimait les îles » va chuter (peut-être) : le complexe de l'Albatros. Être piégé par ses démons intérieurs. Fuir la deuxième île telle la mauvaise herbe soufflée de rancoeur. Une double lecture s'invite subrepticement de parabole vêtue. La troisième île, mythe de Sisyphe, solitude meurtrière, la faim et la soif, les souffrances tenaces et rebelles, l'homme va-t-il mettre son genou dans le creux du sable ? S'écrouler ? L'hostilité des lieux semble un corps à corps devenu. Mirages et cauchemars, la mer encercle les errances et les perditions. Noire, gagnante, souveraine, Maîtresse devenue. L'As de pique noyé dans les turbulences. Confrontation des intériorités, la vague frappe et aveugle l'homme. Que va-t-il se passer ? La symbiose de tout entendement : Robinson Crusoé symbolique, mourir ou revivre ? Lisez ce texte sublime, d'évasion, de quête initiatique. D.H. Lawrence conte. Il n'écrit pas. Si vous faites oeuvre de silence, vous entendrez les chuchotements, les prières vertueuses, les îles chapelles et renaissantes, le Maître dire. Culte, lumineux, sablier infini, de quintessence, « L'homme qui aimait les îles » est une métaphore majestueuse. Lire face à la mer cette merveille et vous verrez comme tout change. Traduit à la perfection de l'anglais par Catherine Delavallade. Lire avec attention la préface brillante et apprenante de Thierry Gillyboeuf. Collection : L'arbuste véhément. Publié par les majeures Éditions L'Arbre Vengeur.
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MaKaM
  24 octobre 2021
Dérive insulaire.
« C'ÉTAIT UN HOMME qui aimait les îles. Il était né sur une île, mais elle ne lui convenait pas car, en dehors de lui, il y avait trop d'habitants. Il voulait une île à lui ; pas nécessairement pour y être seul, mais pour en faire son monde à lui. »
Quelles raisons profondes poussent un homme à acheter île après île , à les aimer chacune , les détester et les quitter ?
Quel plaisir de redécouvrir D.H. Lawrence à travers ce texte méconnu. Un Lawrence intime, balayé par les tourments et les désillusions, à la poursuite de ses aspirations.
Cette nouvelle en trois actes est une fable philosophique dans laquelle la nature tantôt rude et fertile devient organique.
Métaphore d'un homme à la dérive, en quête de son île intérieure absolue, fuyant sans cesse, se construisant sans cesse un nouveau monde, l'abandonnant, à la poursuite d une paix insaisissable.
Voici donc une dérive insulaire, ciselée et violente, impossible à stopper, que l'on se surprend à trouver d'une beauté implacable.
Je n'avais lu que L'amant de Lady Chatterley, cette nouvelle m'a saisie par son intensité, sa profondeur et sa réflexion philosophique. Des états d'âme en flottaison, une sensibilité, qui vont sans aucun doute m'entraîner vers la bibliographie de Lawrence pour rattraper mes lacunes sur cet auteur.
Traduit par Catherine Delavallade (anglais)
Une belle préface de Thierry Gillyboeuf dans la collection Arbuste Véhément
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Athouni
  07 février 2013
Cette nouvelle est l'une des dernières oeuvres de Lawrence (1926), une de ses préférées aussi d'après la préface. Pas de place ici pour l'optimisme : Lawrence est un misanthrope fini, ce court texte est sans appel à ce propos. Pensez donc : Un homme, Cathcart c'est son nom, achète une ile pour y créer une utopie où chacun connaitrait le bonheur. L'affaire tourne mal, le projet n'est pas économiquement viable et puis ses gens l'escroquent. Ah bravo ! Voilà ce qu'il en coûte de faire confiance en la nature humaine ! Direction donc, une île plus petite pour se consacrer à l'écriture. En passant, en matière de domesticité la voilure est drastiquement réduite. Pas suffisamment sans doute, car Cathcart engrosse une de ses gens. Pas d'amour ici, juste de la pitié. Et pour ne rien arranger, la jeune femme tombe enceinte. le petit gigot mis au monde finit d'achever la déchéance de cette seconde île. Mieux vaut rester seul. C'est chose faite sur la troisième île où Cathcart finit par haïr les moutons et son chat.
On peut ne pas adhérer à ce pessimisme noir et cette misanthropie pathologique et reconnaitre que quand même, punaise, qu'est-ce que c'est bien écrit ! le bouquin n'est pas bien gros mais il se dévore à toute vitesse, la lecture n'étant jamais arrêtée par quelque obstacle. C'est limpide, beau et quand c'est fini on regrette de ne plus en avoir à se mettre sous la dent.
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BVIALLET
  28 octobre 2012
Un homme assez riche possédait plusieurs îles qu'on suppose situées au large de l'Ecosse. Il commence par s'établir sur la plus grande. Il y dépense beaucoup d'argent pour améliorer les condition de vie des habitants. Mais quand il s'aperçoit qu'en retour il ne reçoit pas grand chose et qu'au rythme où vont les choses, il risque d'y laisser toute sa fortune, il la revend et part s'établir sur une plus petite, dans une maison plus modeste et avec le minimum de serviteurs. Il y écrit un livre de botanique, couche avec une jeune servante sans ressentir ni amour ni attirance. Quand elle lui apprend qu'elle attend un enfant, il prend la décision de s'enfuir à nouveau pour aller s'installer complètement seul sur une île encore plus petite. Y trouvera-t-il le bonheur et l'apaisement qu'il n'a pas pu trouver dans les deux premières ?
Ce texte assez court (65 pages) est une des dernières nouvelles écrites par D.H.Lawrence, écrivain connu surtout pour son chef d'oeuvre « L'amant de Lady Chatterley ». « L'homme sui aimait les îles » (plus que les hommes) relève de la fable, du conte philosophique et même de la parabole un tantinet nihiliste. Que veut nous dire Lawrence avec cet histoire d'homme qui change trois fois de cadre de vie ? Veut-il nous faire partager sa vision pessimiste de la société, l'idée selon laquelle les rapports humains sont faussés par l'intérêt, l'hypocrisie et l'envie ? L'amour lui-même n'est-il qu'un leurre, une pitoyable illusion ? Sans doute. Mais il nous semble qu'il faut aller au-delà de cette figure d'égocentrique doublé de misanthrope qui finit quasi paranoïaque fuyant la moindre présence animale et humaine pour considérer que chacune des îles correspond à une phase, à une étape de l'existence humaine. Première île : c'est celle de la socialisation, des contacts humains, de l'idéalisme, de l'activisme et d'une certaine forme d'expansion.. le temps de la jeunesse. Deuxième île : c'est celle de la réalisation, de l'accomplissement, de la matérialisation des possibles. L'homme écrit un livre et fait un enfant. le lecteur pensera immanquablement au fameux proverbe arabe : « Plante un arbre, écris un livre et fais un fils et tu auras réussi ta vie » (sans l'idée de réussite bien sûr). L'âge adulte. Troisième île : L'homme déçu de tout se replie sur lui-même, semble ne plus rien attendre de la vie et n'a plus envie de réaliser quoique ce soit. Il en est arrivé au stade de la contemplation, du renoncement, de la vieillesse et de la mort. Vue sous l'angle symbolique, cette nouvelle est un petit chef d'oeuvre même si l'on n'approuve pas le pessimisme noir qui l'inspire.
Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
ssabssab   25 mai 2012
Cependant l'île était exquise. Quand le parfum des chèvrefeuilles y flottait et que la lune étincelait sur la mer, les mécontents eux-mêmes éprouvaient une étrange nostalgie. Elle mettait au coeur un désir effréné ; peut-être était-ce la nostalgie du passé, le désir de retourner dans le mystérieux passé de l'île, dans les siècles lointains où le sang avait une pulsation différente. D'étranges vagues de passion déferlaient en vous, vous étiez en proie à des convoitises violentes, à des rêves cruels. C'était le sang, la passion, les convoitises que l'île avait connus. Rêves mystérieux, moitié rêves, moitié évocations de désirs.
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BVIALLETBVIALLET   28 octobre 2012
« Bientôt, se dit-il, tout aura disparu et, dans toutes ces régions, rien ne restera en vie ». A cette idée, il ressentait une cruelle satisfaction.
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Annette55Annette55   21 juillet 2021
«  Le sommeil est encore plus parfait quand on le partage avec un être
aimé ……. »
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celine17celine17   06 mai 2021
C'était un homme qui aimait les îles. Il était né sur une île, mais elle ne lui convenait pas car, en dehors de lui, il y avait trop d'habitants. Il voulait une île à lui; pas nécessairement pour y être seul, mais pour en faire son monde à lui.
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EvlyneLerautEvlyneLeraut   13 mai 2021
Et l'insulaire n'était plus M. Untel. pour, tous les habitants de l'île, même pour vous, il était "le Maître".
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Vidéo de D.H. Lawrence
Lady Chatterley de Pascale Ferran : Entretien avec Michel Ciment (2006 / France Culture). Par Michel Ciment. Réalisation : Pierrette Perrono. Photographie : Pascale Ferran • Crédits : Sipa. Le 11 novembre 2006, dans son émission “Projection privée” diffusée sur France Culture, Michel Ciment recevait la réalisatrice Pascale Ferran pour s'entretenir avec elle autour de son film “Lady Chatterley” : une adaptation cinématographique d'un roman de l'écrivain britannique D. H. Lawrence. Pascale Ferran expliquait notamment les raisons pour lesquelles elle avait choisi d'adapter la deuxième version du livre, intitulée “Lady Chatterley et l'Homme des bois”. “Lady Chatterley et l'Homme des bois” (“John Thomas and Lady Jane”) est un roman du Britannique D. H. Lawrence publié en 1927. Deuxième des trois versions du roman polémique de 1928 “L'Amant de lady Chatterley”, il s'en distingue par l'absence de scènes crues et plusieurs variations, notamment à la fin. Moins connu que la version définitive, “Lady Chatterley et l'Homme des bois” a servi pour la mini-série télévisée britannique de Ken Russell diffusée en 1993, et l’adaptation cinématographique française de Pascale Ferran sortie en 2006, où jouent Marina Hands, Jean-Louis Coulloc'h et Hippolyte Girardot.
Sources : France Culture et Wikipédia
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