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Régis Boyer (Traducteur)
EAN : 9782080706591
510 pages
Flammarion (31/12/1998)
3.92/5   91 notes
Résumé :
Au début du XVIIIᵉ siècle en Islande, l'envoyé du roi de Danemark vient se saisir de la vieille cloche de Thingvellir, symbole national de l'indépendance islandaise, pour en faire des canons. Dans un geste de révolte qui est celui de tout un peuple, il est assassiné par un pauvre paysan déjà condamné à mort pour le vol d'une corde.
Publiée entre 1943 et 1946, à un moment où la question de l'indépendance se posait avec une acuité particulière, La Cloche ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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viou1108_aka_voyagesaufildespages
  24 décembre 2014
Lu dans le cadre du Challenge Nobel.
Considéré comme le chef-d'oeuvre de Laxness, prix Nobel en 1955, La cloche d'Islande est aussi un monument de la littérature islandaise.
L'Islande est un Etat indépendant depuis 1944 seulement, après des siècles de domination danoise. Mais l'Islande a d'abord été libre, depuis sa découverte au 8ème siècle. Elle peut se targuer d'avoir fondé l'Althing, le premier parlement d'Europe, en 930 ap. JC, sur le site de Thingvellir. Il s'agissait à l'époque d'une assemblée annuelle des chefs de clan locaux, qui décidait des lois et rendait la justice.
Il est beaucoup question de justice et de Thingvellir dans le roman de Laxness. Ecrit aux environs de 1945, au moment où se décidait l'indépendance du pays, il se déroule au début du 18ème siècle. A cette époque, le Danemark s'est octroyé une sorte d'exclusivité sur les produits islandais. En fait d'exclusivité, il s'agit surtout d'un pillage organisé des ressources du pays (poisson, graisse de baleine,…), et de l'interdiction faite aux Islandais de commercer avec tout marchand qui ne serait pas Danois. Bref, c'est la métropole qui exploite sans vergogne sa colonie, sans même lui laisser de quoi subsister. L'Islande est dans une misère noire, famines et épidémies se succèdent. On coupe des mains pour un bout de corde volée : « Le junker suivit Ture Narvesen jusqu'à la soue à porcs. On gardait là les bêtes qui, seules de toutes les créatures, vivaient dans le bien-être et l'honneur en Islande […] Parfois, par miséricorde, les croquants obtenaient la permission de contempler ces bêtes merveilleuses à travers un grillage et ils en avaient la nausée, d'autant que ces animaux, par leur couleur, ressemblaient à des hommes nus, avec une chair de gens riches, et de plus, vous regardaient avec des yeux raisonnables de pauvres ».
C'est dans ce contexte que l'auteur nous narre les aventures et mésaventures de Jon Hreggvidsson, fermier misérable et voleur, qui aurait tué le bourreau du roi. Témoignages et accusations farfelus, procès sans queue ni tête, c'est ainsi que commence un imbroglio pseudo-juridique comme seules les sagas islandaises peuvent en produire. Parce que cette banale affaire criminelle aura en réalité des répercussions politiques pendant 20 ans, jusqu'à envisager la vente du pays à l'Empire germanique.
Mis à part le burlesque et tragi-comique Jon Hreggvidsson, deux autres personnages jouent un rôle principal dans cette épopée : Snaefrid, jeune femme surnommée la Vierge claire, ou Soleil d'Islande, fille du gouverneur qui a condamné à mort le bandit Jon Hreggvidsson. Elle est la maîtresse plus ou moins avouée d'Arnas Arnaeus, Islandais mais envoyé par le roi du Danemark pour récolter à travers le pays tous les écrits relatant les mythes et légendes anciens. Ces deux-là vont se perdre pendant des années dans les jeux troubles de la politique, dans la séduction et la manipulation, la première pour restaurer la réputation bafouée de son père, l'autre dans le but de soulager son peuple du joug danois.
C'est un peu compliqué à suivre, écrit dans un style désuet, presque médiéval (et on sait justement que la langue islandaise a peu évolué depuis ses origines), avec des dialogues parfois trop elliptiques pour qu'un non-initié comme moi s'y retrouve. On comprend pourtant très bien que Laxness veut montrer que les Islandais sont un peuple fier, irréductible, imprégné d'une tradition littéraire remontant au-delà de bien des dynasties continentales. Avec humour et ironie, il décrit aussi ses compatriotes comme bigots, ou braillards, ivrognes, ignares et, s'il n'est pas tendre avec certains simulacres de justice locale, il est autrement féroce quand il s'agit de brocarder les Danois.
Malgré les nombreuses références à la géographie locale, ce roman n'est pas qu'une histoire d'Islandais écrite par un Islandais pour les Islandais (ou les Danois). Laxness a voulu montrer au reste du monde que son pays existe et qu'il mérite le respect, notamment parce qu'il est l'un des berceaux du parlementarisme, et parce qu'il a su préserver une tradition littéraire presque millénaire.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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joedi
  11 décembre 2016
Magnifique roman très instructif sur l'Islande du XVIIIe siècle qui m'a appris beaucoup de choses comme la vie à l'époque, la façon dont la justice (ou l'injustice ?) y était rendue, la toute puissance du roi Danois ... bref, j'ai adoré cette lecture. Pour de plus amples détails, je vous invite à lire les critiques de viou1108, raton-liseur, dbacquet et Woland qui ont admirablement développé le sujet, je m'incline devant leur érudition.
Challenge Pavés - 2016-2017
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raton-liseur
  31 mai 2013
La cloche d'Islande est considéré comme le chef-d'oeuvre de Laxness, et est parfois considéré comme le livre le plus important de la littérature islandaise. Devant un tel monument (heureusement je ne savais pas tout cela avant de commencer ma lecture), il est difficile pour l'humble petite lectrice que je suis de me lancer dans l'écriture d'une note de lecture, et encore moins d'une critique.
Je connais peu de chose de l'Islande, de sa culture et de son histoire, et il est évident que cela a gêné ma lecture. le style assez direct du livre m'a déconcertée, et j'ai surtout eu beaucoup de mal à entrer dans l'histoire, je ne suis même pas sûre d'y avoir réussi.
Cette histoire, justement. Elle est centrée autour de trois personnes, qui sont présents tout au long du livre, mais qui sont le centre d'une des parties du livre. Initialement publié en 3 tomes, la cloche d'Islande retrace d'une façon très personnelle l'épopée de l'Islande sous la domination danoise des premières décennies du XVIIIème siècle. La première partie, intitulée La cloche d'Islande, commence justement avec le décrochage de cette cloche, qui marque l'entrée de l'Althing, le parlement islandais créé en 930 et symbole de l'identité et de l'histoire islandaise. Jon Hreggvidsson, paysan pauvre mais libre qui n'a pas sa langue dans sa poche, est condamné à mort mais se retrouve en exil sur les routes du Danemark. Dans la seconde partie, La vierge claire, publiée en 1944, Snaefrid prend la place du personnage principal. Sa beauté fière est celle de ses ancêtres et des fées qui longtemps peuplèrent l'île d'Islande. Enfin, dans L'incendie de Copenhague, publié en 1946, l'érudit Arnas Arnaeus prend le pas sur les autres personnages. Inspiré par la figure historique d'Arni Magnusson, c'est un savant passionné par les sagas et les grands manuscrits islandais. Il bat les campagnes pour les acheter et les protéger, mais pour ce faire, les envoie dans sa bibliothèque de Copenhague, siège du joug que subit durement le peuple islandais infantilisé et réduit à la famine.
Ce sont trois figures complexes, et je n'ai pas toujours compris les ressorts de leur personnalité, les raisons qui sous-tendent leurs décisions. C'est en particulier le cas pour Snaefrid, le personnage féminin dominant, qui s'évertue à s'humilier et à détruire sa propre vie, préférant le sublime dans la déchéance si elle ne peut avoir le sublime tout court, comme si sa beauté ne pouvait être rehaussée que par l'écrin le plus vil.
Aucun des personnages ne m'est apparu attachant, mais si j'en crois la préface de Régis Boyer, inlassable traducteur de la langue islandaise, ces trois personnages sont aussi trois faces de l'âme islandaise. Dire quelle métaphore incarne chacun de ces trois personnages serait bien trop réducteur pour que je m'y risque. Mais c'est justement là que ma connaissance limitée de l'histoire et de la culture islandaise me font dire que je n'ai pas pu apprécier ce livre à sa juste valeur. Je ne suis d'ailleurs même pas sûre que ce livre soit destiné à un autre lectorat que le lectorat islandais. Je crois pouvoir entrevoir en quoi ce livre peut parler aux Islandais, l'évocation d'une période douloureuse de leur histoire mais aussi d'une inflexible fierté et d'une liberté défendue à tout prix, l'évocation de racines profondes et indélébiles, d'une tradition d'écriture bien plus ancienne que dans le reste de l'Europe et que les pays Scandinaves ont cherché à récupérer pour leur propre compte pour construire leur propre identité nationale. Tout cela, et bien plus encore, est dans ce roman riche, mais tout cela est resté hors de ma portée.
J'ai donc eu beaucoup de mal à finir ce livre, à essayer d'en percer le sens, et ce fut une lecture peu agréable. Il me semble que d'autres livres de Laxness sont bien plus accessibles, parce que plus universels dans leur propos, même s'ils sont ancrés dans leur territoire. Je me souviens de ma lecture de Gens indépendants il y a quelques années, et du très bon moment de lecture que ce roman avait été. Si je relis un jour Laxness, j'espère trouver à nouveau un livre dans cette veine, et je chercherai alors ailleurs à comprendre les soubresauts d'une histoire complexe et probablement passionnante.
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oblo
  16 janvier 2017
Publié en pleine Seconde Guerre mondiale alors que l'Islande, à peine autonome du Danemark et bientôt officiellement indépendante, sert de base aux Etats-Unis, c'est-à-dire entre 1943 et 1946, La cloche d'Islande est non seulement le roman le plus connu de Halldor Laxness mais aussi tout à la fois un roman historique et une ode à la liberté fondamentale et inhérente aux Islandais.
La cloche d'Islande retrace les trajectoires de trois personnages représentant chacun une part de l'âme islandaise et qui, chacun à leur manière et selon, ou contre, leurs volontés, seront pris dans les tourments politiques d'une île magnifique et misérable. Magnifique, puisque les paysages décrits par Laxness rendent compte d'une nature tout à la fois hostile et poétique et qui font croire que si les dieux existent, l'Islande ne peut être que leur oeuvre. Misérable puisque l'île est dépendante du Danemark qui ne sait que faire de cette possession lointaine, peuplée de gens à la limite de l'humanité selon les Danois, où l'on se bat pour un bout de corde ou une tête de requin pourrie.
La première partie a pour personnage central Jon Hreggvidson, voleur de corde, engagé pour détacher la fameuse cloche d'Islande qui sonnait aux temps anciens pour les réunions de l'Althing (Parlement islandais où l'on traite des affaires de politique et de justice) et qui tue, ou non (jamais on ne le saura), le bourreau du roi danois. Condamné à mort par le gouverneur Eydalin, il est sauvé in extremis par le caprice de la fille de ce dernier, laquelle l'envoie ensuite au Danemark porter un gage d'amour à Arnas Arnaeus, commissaire du roi en Islande et grand collectionneur de livres. Echouant en Hollande, passant en Allemagne, Hreggvidson finit par arriver au Danemark mais Arnaeus refuse le gage d'amour, préoccupé seulement par ses livres.
La deuxième partie se focalise sur Snaefrid, la fille du gouverneur Eydalin. Mariée à un obscur junker qui joue ses biens, puis son domaine et enfin son épouse contre de l'eau-de-vie, courtisée par l'archiprêtre Sveinson, sorte d'archétype de l'austérité protestante qui refuse la vie et l'amour malgré son idéologie chrétienne, Snaefrid, surnommée le soleil de l'Islande, doit surtout faire face au dilemme que représente le retour d'Arnaeus sur l'île. Celui-ci est chargé de revoir les procès et les verdicts rendus par Eydalin, matérialisant ainsi le pouvoir du roi du Danemark sur l'île. Parmi les procès révisés, celui de Jon Hreggvidson est le seul sur lequel plane encore l'ambiguité. Cette deuxième partie montre le prix à payer pour la liberté. Pour Snaefrid, cela passe par la chute des siens et la solitude absolue.
Dans la troisième partie, Arnas Arnaeus est sollicité par les Hambourgeois pour devenir le gouverneur de l'Islande, étant entendu que les Danois souhaitent vendre l'île. Scientifique et intellectuel, Arnaeus est aussi un idéaliste qui imagine redonner son honneur à l'Islande, faisant de l'île une république pour ainsi dire indépendante, dans la lignée des anciens colons qui fondèrent là, entre l'Europe et l'Amérique (qu'ils visitèrent et colonisèrent !) un modèle politique unique, et dont le travail incessant de copistes sauvegarda à lui seul le patrimoine littéraire et mythologique scandinave.
Jon Hreggvidson, ce voleur et père indigne, cet assassin même, est au centre de la tension qui unit en même temps qu'elle atomise Snaefrid Eydalin et Arnas Arnaeus. Tension amoureuse qui unit trente ans durant deux personnages qui comptent parmi l'élite islandaise. Amour jamais satisfait, et qui pourtant dure et rapproche inexorablement les deux amants. Tension politique, aussi, qui les désunit, Arnaeus souffrant de sa position de commissaire du roi qui le place au-dessus de la mêlée politique islandaise et le conduit à bouleverser l'équilibre de la société. Tour à tour heureux messager des promesses d'amour et objet que la justice islandaise - et à travers elle, Arnas Arnaeus et Snaefrid - se déchire, Jon Hreggvidson est pourtant le seul personnage immuable - au sens : que n'atteignent pas les événements - du livre, solide fermier du Christ comme il aime à se décrire, indécrottable réciteur des rimes de Pontus, peau tannée par les coups et le rude climat.
Outre sa profondeur d'analyse, son goût pour l'histoire et l'anecdote, outre cette formidable capacité à tirer de l'histoire tragique une réflexion sur l'âme islandaise et la liberté, La cloche d'Islande est un livre qui marque par la profusion de l'écriture, son humour (quelques scènes cocasses tout de même !), sa structure aussi, très équilibrée, et dans laquelle pourtant les rythmes et les procédés changent. Laxness ajoute ainsi au conte philosophique voltairien (Hreggvidsen comme nouveau Candide dans la première partie) une dose de tragédie grecque dans laquelle les dieux d'Asgard semblent se rire de la destinée de l'île et des trois personnages centraux du livre.
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dbacquet
  23 mars 2016
« La cloche d'Islande » a tout du roman picaresque : un style vif et ironique, dans des circonstances qui relèvent autant de la tragédie que de la comédie, une intrigue foisonnante, dans un pays, l'Islande, où régnait, au début du 18ème siècle, sous la tutelle danoise, la misère et l'oppression, où vit donc un peuple qui paraît avili sans pour autant qu'il oublie ce que fut sa grandeur incarnée dans nombre de ses sagas. le roman se construit autour de trois personnages principaux.
Jon Hreggvidsson est un paysan pauvre à qui on reproche d'abord d'avoir volé un bout de corde, laquelle sert à pêcher le poisson, puis d'avoir assassiné, dans des circonstances restées obscures, le bourreau du roi qui l'avait flagellé pour ce forfait. Il se retrouve au cachot, est condamné mais échappe cependant à son exécution, se retrouve enrôlé de force, voyage à travers de nombreux pays, avec pour seul arme, son ironie, et quelques bribes de chansons qu'il entonne ici ou là.
Snaefrid, « la vierge claire », « l'elfe svelte », incarne certes la beauté et la vertu mais aussi, dans la détermination qu'elle montre à sauver son honneur à la fin du livre, tous les combats de l'Islande. Elle épouse, bien qu'elle en aime un autre, un junker que ruine sa passion pour l'eau de vie. Elle est aussi la fille d'un gouverneur qui sera déchu.
Celui qu'elle aimait était Arnas Arnaeus, un savant vivant à Copenhague, ami du roi, et qui collectionne les vieux manuscrits de l'Islande, jusque dans les chaumières les plus reculées, dont celle de Jon Hreggvidsson…
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
joedijoedi   03 décembre 2016
Un peu partout, il y avait des fermes bien bâties, avec de hautes bâtisses charpentées comme à Bessastadir, ... , et des poules dehors : ce sont des oiseaux qui crient comme des cygnes mais qui ne savent pas voler. Il y avait encore d'autres gros oiseaux qui se dandinaient devant les portes, semblables d'apparence à des cygnes mais avec le cou plus court ; ils étaient hargneux. Il considéra que c'étaient là des oiseaux de l'espèce qui, dans les poèmes anciens et dans les Rimes, sont appelés oies. Ces sales oiseaux-là s'ébouriffaient et se portaient à l'attaque des étrangers en poussant de grands cris.

début du XVIIIe siècle, un Islandais en Hollande
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mesrivesmesrives   24 novembre 2015
La porte de la maison était entrebâillée et elle vit quelques belles rixdales en deux piles côte à côte sur la table, les documents à côté. Elle sortit de la maison et s'avança dans la cour, le soleil brillait sur le Tungufljot, le vent apportait une odeur d'herbe. Un cheval roux était attaché à une pierre, inquiet d'avoir été laissé là en lieu inconnu, et quand il aperçu la femme, il tira sur son attache en lui jetant des regards de ses jeunes yeux de feu, d'un noir brillant, puis s'ébroua farouchement. Il avait son nouveau pelage de l'année, son corps luisait, son museau était doux comme la soie, c'était une svelte bête au col élancé, à la croupe splendide.
Les deux valets dormaient encore en bas de la palissade du pré clos, le bonnet tiré sur le visage, et la femme aux jambes comme des baguettes râtelait toujours le pré.
La maîtresse de maison pénétra dans le pré et les réveilla:
- Allez à la ferme chercher un coutelas et abattez-moi ce cheval qui est attaché à la pierre. Et empalez la tête sur un piquet et tournez-la dans la direction de Hjalmholt.
Les hommes sortirent de leur sommeil en se frottant les yeux. Il ne s'était pas encore trouvé depuis qu'ils vivaient en ce lieu que la maîtresse de maison leur eût assigné un travail à faire.
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joedijoedi   30 novembre 2016
Les mutilés et surtout les lépreux guettent le moment d'exposer leurs plaies, en particulier devant ceux qui ont quelque pouvoir, souvent avec une fierté provocante qui désarme aussi bien le plus courageux et rend l'homme le plus beau ridicule à ses propres yeux : Vois, voilà à ce que le Seigneur, dans sa grâce, m'a fait, voici mes mérites devant le Seigneur, disent ces créatures en demandant par là même : quels sont tes mérites, à toi ? comment le Seigneur t'estime-t-il ? ou, aussi bien : le Seigneur m'a infligé ces plaies à cause de toi.

Islande, début du XVIIIe siècle
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mesrivesmesrives   24 novembre 2015
Quand la petite vérole survint dans le pays, trente années s'étaient écoulées depuis que la dernière peste avait fait rage, et cinquante depuis l'avant- dernière.
La plupart des gens qui avaient plus de trente ans et étaient vivants portaient quelques marques de la peste précédente, certains une main ou un pied flétri, quelques uns un oeil extirpé ou quelque autre infirmité au visage ou à la tête; outre le fait que les gens étaient marqués par les maladies populaires courantes, éclopés, tors et noués par le rachitisme, remplis de nodosités ou de plaies par la lèpre, enflés par l'hyatide ou mornes et minés de phtisie. Vu la famine durable, la croissance de la population était mauvaise., si bien que qui réussissait à grandir correctement était l'objet d'un conte populaire et tenu pour égal à Gunnar de Hlidarendi et aux autres islandais d'autrefois et doué d'une force comparable à celle des nègres que les Danois emmenaient parfois avec eux sur les bateaux.
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viou1108_aka_voyagesaufildespagesviou1108_aka_voyagesaufildespages   15 décembre 2014
- "N'aie pas peur, ma bonne enfant, c'est l'amour".
Je crois que tout s'obscurcit devant mes yeux. Je ne sais comment je m'en allai de là. L'amour, c'était un des mots qu'il ne fallait pas prononcer. Chez nous, dans la maison du gouverneur, on ne mentionnait jamais des choses de cette sorte, nous ne savions pas qu'elles existaient et quand ma soeur Jorunn s'était mariée avec l'évêque de Skalholt, sept ans plus tôt, il n'était venu à l'idée de personne de mettre ce fait en rapport avec l'amour.
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