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ISBN : 2707193488
Éditeur : La Découverte (12/01/2017)

Note moyenne : 4.8/5 (sur 5 notes)
Résumé :
" Je implore toi s'il vous plaît dormir couloir. " Ces mots, Mirjet ne me les dit pas. Il les écrit en albanais sur l'ordinateur et c'est Google Traduction qui me les dit. C'est plutôt marrant d'habitude, les traductions déformées par le logiciel. Là, ce n'est pas drôle du tout. Mirjet dit avoir dix-sept ans, mais tant qu'il n'est pas reconnu mineur isolé étranger, je ne peux pas lui trouver un hébergement.
Durant un an et demi, Rozenn Le Berre a travaillé c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
pgremaud
  02 novembre 2017
Rozenn le Berre a travaillé pendant dix-huit mois, 547 jours exactement comme le dit le sous-titre de ce livre, dans une service d'accueil et d'évaluation des mineurs étrangers isolés. Avec ce récit, elle nous fait partager ce qu'elle y a vécu.
A partir d'événements vrais, elle nous raconte l'histoire fictive de Souley, un jeune garçon parti du Mali pour trouver une vie qu'il espère meilleure en France. Par petites touches, qui sont autant de moments vécus avec des jeunes, Rozenn le Berre nous fait partager ses joies, ses questions ,ses doutes. Cette expérience l'a fait grandir personnellement et humainement, mais elle a décidé de l'arrêter avant de ne plus être capable de l'assumer comme une personne en face d'autres personnes.
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keisha
  13 août 2018
Durant ces 547 jours Rozen le Berre a travaillé à Paris dans un bureau d'accueil pour 'mineurs isolés étrangers' et parle de toutes ces personnes rencontrées, des mineurs- ou pas- et c'est l'une des difficultés, puisque le parcours sera alors différent. Même si un mineur reconnu tel pourra encore galérer à la rue s'il n'y a pas encore de place d'accueil libre. Puisque trop jeune pour bénéficier du 115. On n'est pas dans un monde parfait et logique.
Un peu d'humour dans ce monde de détresse permet au lecteur de souffler un peu. L'on ne sait pas toujours ce que deviennent ces jeunes dont elle parle.
Parallèlement est conté le parcours de Souley, depuis le Mali, de longs mois avant d'arriver dans son bureau. le parcours de bien des migrants (enfin, ceux qui arrivent).
Puis à la fin un rendez-vous de bilan avec sa chef, où elle réfléchit sur le positif et le négatif de ce travail.
Un livre récent, clair, à lire absolument.
"Toc toc. de la manière de toquer à la porte du bureau, on sait déjà. On ne se trompe jamais à ce jeu là. Méthode n° 1 : coups répétés et forts, avec l'ensemble du poing : la police nous amène un jeune. Méthode n° 2 : coups secs et fermes, mais moins nombreux et moins forts que les précédents : un interprète ou un collègue. Méthode n° 3 : petits coups très discrets, avec un seul doigt, parfosi à peine perceptibles : un jeune. Qui s'excuse déjà d'être là, dirait-on."
Lien : https://enlisantenvoyageant...
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critiques presse (2)
Actualitte   09 mars 2017
Une écriture fluide et proche, sans ambages. Jamais agressive, intensément sincère et délicate. Le lecteur ne peut qu'écouter et entendre ces voix fragiles, se sentir happé, interpellé, concerné.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Actualitte   16 février 2017
Un livre essentiel, un témoignage brûlant que l’on rêverait pouvoir faire lire à tous. Mais aussi un document dont on voudrait tant qu’il se passe il y a des années et des années.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
Paulina17Paulina17   02 novembre 2017
- Et là-bas, je vais aller à l’école ?
Il me regarde droit dans les yeux et se concentre pour écouter ma réponse. Mon anglais est différent du sien. Il doit faire un effort pour essayer de tout saisir. Il plisse les yeux et avance sa tête comme une tortue.
- Oui. Ça prendra un peu de temps. Le temps que tu apprennes bien le français et que les éducateurs trouvent une école pour t’inscrire. Mais oui, le but c’est que tu ailles à l’école le plus rapidement possible.
Il hoche la tête à nouveau. Ses yeux brillent. Il y a un peu moins de peur et de machettes dedans. Et un peu plus de rêves et de stylos, je crois. J’espère.
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pgremaudpgremaud   01 novembre 2017
Je lui donne un pull et à manger. Normalement, je n'ai même pas le droit de lui offrir un vêtement, ils sont destinés aux jeunes hébergés chez nous. Pour ceux qui sont dehors, on n'a pas de budget pour du vestimentaire. Or la règle est claire : si on donne quelque chose à quelqu'un, on doit être en capacité de donner la même chose à tout le monde.
Par équité, on ne donne donc rien à personne. C'est plus simple. Mais ce n'est pas tenable. Alors, en cas d'urgence, il est toléré qu'on donne des vêtements à quelqu'un qui a froid. J'ai donc le pouvoir d'estimer qu'une personne en face de moi n'a pas assez froid pour avoir un pull. Ou qu'au contraire c'est une urgence et qu'elle mérite donc d'avoir un pull.
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pgremaudpgremaud   02 novembre 2017
Je déteste revoir les jeunes qui ont eu un refus du département. Car ils me forcent à ouvrir les yeux sur l'après. Ils m'obligent à regarder en face les destins qui se sont brisés dans les gonds de la porte que j'ai refermée sur eux. Je ne peux alors ni les oublier ni me faire croire que leur situation va peut-être s'améliorer. Je ne peux que constater que cela ne va pas très bien pour eux. Et qu'ils vendent des roses dans la nuit claire. Quand Moohamad me tend la rose et que ma main hésite à la saisir, c'st que quelque chose dans les épines de cette rose me dit :"Regarde, c'est un peu à cause de toi si j'en suis là."
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Paulina17Paulina17   02 novembre 2017
Il est arrivé avec des policiers, Robel. Maintenant que les policiers sont partis, je lui demande en anglais :
- Ça va ?
- Oui. C’est difficile, un peu.
La fêlure imprimée dans son regard me fait comprendre que ce « difficile, un peu » est un euphémisme. Un euphémisme obèse, même. À force, je commence à comprendre. Ces gamins qui prennent leur envol vers l’Europe sont les rois de l’euphémisme. À voir à quelle fréquence ils l’utilisent, j’en conclus que c’est leur figure littéraire préférée.
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Paulina17Paulina17   02 novembre 2017
Souley ne sent plus passer le sang dans sa jambe droite, écrasée sous le poids d’un Camerounais bien plus lourd que lui. Mais il ne se plaint pas et force son visage à camoufler les traits de la douleur. Il a obtenu une place au milieu du plateau arrière du pick-up, ce n’est pas si mal. Il est plus en sécurité que ceux qui sont juste au bord. Ceux-là se tiennent comme ils peuvent à des bâtons coincés à la verticale sur le rebord du plateau. Ils savent qu’ils ne doivent ni s’endormir ni s’évanouir. Ils savent que les chauffeurs ne s’arrêtent pas toujours. Chavirer par-dessus le plateau peut donc signifier mourir ici, en plein désert.
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