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EAN : 9782253126669
384 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (19/05/2010)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 79 notes)
Résumé :
Eté 1980, dans un village de Bretagne... Ils sont six copains, inséparables, rêvant à Star Wars, Goldorak et aux filles. Lors d'une partie de casse-bouteilles, ils découvrent le cadavre mutilé d'un vagabond. C'est le début d'une cascade d'évènements terrifiants, mystérieux, dont les enfants sont l'épicentre. La peur s'installe dans le village et peu à peu, la bande comprend qu'une force maléfique rôde et qu'elle cherche à les détruire. Le Mal est-il de retour ?
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
boudicca
  14 juillet 2020
Paru à l'origine en 2008 chez Intervista, « Je suis ta nuit » a fait l'objet de plusieurs rééditions, d'abord chez le livre de poche en 2010, puis chez ActuSF à l'été 2020. de Loïc le Borgne, j'avais déjà eu l'occasion de découvrir l'excellent « Hysteresis », un roman post-apo mettant en scène la vie d'une petite communauté du fin fond de la Sarthe après la fin du monde. Bien que dans un style très différent, « Je suis ta nuit » a suscité chez moi le même enthousiasme et se sera révélé un formidable coup de coeur. le roman met en scène un père qui, démuni face à la détresse de son fils suite au suicide d'une de ses amies, décide de prendre la plume pour lui raconter les terribles événements dont il a été acteur et témoin alors qu'il n'était lui-même qu'un enfant. le récit prend place en 1980, dans le petit village breton de Duaraz, où une bande de six enfants, cinq garçons et une fille, s'amusent à faire les quatre-cent coups et entendent bien profiter de leur dernière année avant leur entrée au collège. Leur insouciance ne va cependant pas tarder à voler en éclat lorsqu'une série d'événements plus étranges les uns que les autres vont venir perturber la petite vie paisible de ce village. le premier avertissement a lieu lorsque la bande tombe par hasard sur un cadavre atrocement mutilé à proximité du chemin de fer. Et puis, très vite, les bizarreries s'enchaînent, plongeant les enfants dans la terreur. Il y a par exemple ces animaux au comportement étrange et agressif qui semblent subvenir de nul part. Il y a aussi ces gens qu'ils connaissent depuis leur enfance et qui, d'un seul coup, se mettent à avoir un comportement totalement incompréhensible au point d'en devenir menaçant. Et puis il y a cette sensation de ne plus être en sécurité qui ne quitte pas Pierre, le narrateur, qui comprend instinctivement que quelque chose de terrible est en train de se passer. Pour Maël, le chef de la bande, tous ces mystères n'ont qu'un seul et même responsable : le Bonhomme Nuit, une sorte de Croque-mitaine dont la cible ne serait autre que notre héros et sa bande.
Présenté ainsi, on serait tenter de penser que le roman pourrait parfaitement convenir à un public de jeunes adolescents désireux de s'offrir un petit moment frisson. Or, contrairement à ce qui se fait d'ordinaire aujourd'hui, le fait que le héros soit un enfant de dix ans n'implique absolument pas que l'ouvrage est à destination d'un jeune public. C'est même plutôt l'inverse, dans la mesure où la gravité et la subtilité des thématiques traitées, de même que la dureté du sort réservé à certains personnages, rendent à mon sens presque impossible la lecture du roman par des enfants du même âge. Ne vous y trompez donc pas, en dépit d'une intrigue qui paraît s'inscrire dans la lignée des meilleurs « Club des cinq », le roman s'adresse bel et bien à un lectorat adulte et ne cherche à aucun moment à édulcorer les événements dramatiques dont sont victimes les protagonistes. Les nombreuses références culturelles aux jeux, films ou livres à la mode au début des années 1980 constituent un autre indice du public ciblé par le roman qui a pour principal effet de faire remonter chez le lecteur une bouffée de nostalgie à l'évocation des héros de Star Wars ou de Goldorack, des parties de billes, ou encore de ces oeuvres littéraires que la plupart d'entre nous avons pu étudier dans notre propre enfance (« Robinson Crusoé » ; « Sa majesté des mouches » ; « Le lion »…). le roman apparaît ainsi comme un vibrant hommage à l'enfance, à l'innocence qui lui est associée et à la capacité des enfants à accepter la réalité de choses qu'ils ne comprennent pas, quand des adultes se contenteraient de se mettre la tête dans le sable. Si le texte se révèle aussi prenant émotionnellement, c'est aussi et surtout parce que l'auteur s'attache à décrire la perte de cet émerveillement permanent propre à l'enfance. le deuil, le viol, la souffrance physique, le désespoir, le suicide… : autant de thématiques difficiles abordées ici par Loïc le Borgne qui ne tombe jamais dans l'écueil du sensationnaliste mais fait au contraire preuve de beaucoup de sensibilité et de poésie.
Parmi les autres qualités qui sautent aux yeux à la lecture du roman, il faut bien évidemment mentionner l'habilité de la construction narrative qui donne à ce livre des allures de page-turner. Difficile en effet de réfréner son envie de faire défiler les pages encore et encore tant le désir de savoir est grand, et la tension nerveuse des personnages contagieuse. Impossible de ne pas frissonner à la lecture des épreuves affrontées par Pierre et ses amis tant l'auteur sait s'y prendre pour faire se dresser les poils du lecteur. La nuit et ses ombres, des bruits suspects, des sensations physiques émoussées, l'horreur qui s'insinue soudainement dans les situations les plus banales et les plus rassurantes du quotidien… : tout est bon pour attiser l'angoisse, et il faut reconnaître que cela fonctionne à la perfection. L'intensité de ce sentiment de danger permanent savamment entretenu par l'auteur s'explique aussi par l'attachement profond que Loïc le Borgne parvient à faire naître à l'égard de ses protagonistes. Pierre, le narrateur, est évidemment celui dont on se sent le plus proche, et sa gentillesse, sa volonté de protéger ses proches et sa loyauté ne peuvent que nous inciter à le trouver sympathique. Il en va de même des autres membres de la bande qui, bien que pouvant paraître un peu caricaturaux au début du roman (le copain « gros-bras » et un peu simplet, la fille au centre de l'attention de tous, le petit frère encombrant…) évoluent tous de manière différente et se complexifient au fur et à mesure qu'avance l'intrigue. La disparition de certains d'entre eux n'en rend le récit que plus poignant, et permet à d'autres, plus en retrait au début de l'histoire, d'être davantage mis en avant. La conclusion est à l'image de l'ensemble de l'oeuvre, cruelle et poétique, et nous laisse avec un sentiment de profonde mélancolie.
« Je suis ta nuit » est un roman sombre et angoissant mais aussi lumineux et poétique qui met en scène le passage prématurée à l'âge adulte d'un groupe d'enfants dans lesquels chaque lecteur pourra sans aucun doute se reconnaître. Un gros coup de coeur à découvrir d'urgence !
Lien : https://lebibliocosme.fr/202..
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Dupuisalex
  03 septembre 2020
Été 80:
tant attendu des enfants,
Qui rêve des vacances d'été chaque jour derrière leur pupitre,
Celui-ci bouleversera à jamais Pierre et sa bande.
Aujourd'hui :
Marqué psychologiquement, Pierre, écrivain , nous raconte le jour où tout a changé.
Le jour où « le bonhomme nuit » leur a promis, de tous les emmener dans la noirceur de son puit.
Je suis ta nuit de Loïc le Borgne
Roman publié et réédité dernièrement chez actuSF cette été.
Roman Terreur fantastique, catégorisé plutôt pour les ados est dans la même lignée que « Ça » de stephen king. Avec beaucoup moins de sang et de cauchemar à la clef.
Il y a une bande de copain, un croque-mitaine, des morts, des disparitions,.... tout ce qui faut pour faire une bonne histoire et passer du bon temps. La lecture est facile et très accès.
Une ambiance parfois angoissante, dans une terre de légende: la Bretagne.
Bonne lecture, bon moment
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DreamBookeuse
  11 octobre 2020
Beaucoup d'entre vous l'auront peut-être lu alors que vous étiez jeunes. Une amie m'a même dit qu'elle l'avait trouvé « terrifiant » et qu'il l'avait limite « traumatisée ». Il est vrai que ce roman n'est pas forcément à mettre entre toutes les mains adolescentes, mais il peut indéniablement plaire à un très large public. Beaucoup lui reproche la ressemblance avec Ça de King, mais j'y vois plutôt un hommage, à l'image de Stranger Things qui reprend énormément de codes de ces romans d'horreur des années 80.
MON RESUME
Duaraz, en Bretagne, été 80. Ils sont six enfants : Maël, Pierre, Mélanie, Francis-Emmanuel, Sébastien et Karl. Six enfants à jouer au casse bouteille près d'un wagon abandonné et à trouver le cadavre d'un homme mutilé, sans lèvres, sans sexe et sans doigts. Pour eux c'est le début d'une longue descente aux enfers, où l'innocence de l'enfance peine à les maintenir dans la lumière alors que l'obscurité leur tend les mains. Peu à peu, des événements inexpliqués s'emparent de leur petite ville de Bretagne et entre les rires, l'école et les escapades à vélo, il leur faudra avoir le coeur bien accroché et croire. Coûte que coûte.
MON AVIS
Mais quelle belle idée ont eu les éditions ActuSF en republiant ce roman de 2010. Avec tout l'enthousiasme autour des adaptations des romans de King et le succès de la série Stranger Things, celui-ci s'inscrit de nouveau avec brio dans l'air contemporain et les frissons que les adolescents recherchent. Un livre coup de coeur dont j'ai envie de parler en long, en large et en travers. J'espère que je ne vous perdrai pas en cours de route 😉
Pour parler de ce roman, il faut sans doute commencer par planter le décor de ce petit village de Duaraz, fac similé de Betton, en Ille et Vilaine, non loin de Rennes. Une petite bourgade qui a poussé telle quelle, où tout le monde se connaît ou presque mais où il reste encore quelques lieux à explorer, des ruines à trouver, et une église telle une tour de Pise ou l'une des Tours Jumelles comme le révélera l'auteur sur son blog. Mais plus que tout c'est une petite ville bretonne, au coeur des mythes et légendes qui peuplent cette contrée que j'affectionne tant, dont la légende du Bohomme nuit, croque mitaine locale, l'équivalent du Père Fouettard. « Si tu n'es pas sage, le Bonhomme nuit viendra t'emporter ». Voilà pour le décor.
Ensuite vous prenez une petite bande d'amis d'enfance des années 80 avec Star Wars, ou Albator en arrière plan, Big Jim et Action Joe entre les mains et Patti Smith en bande sonore. Et puis des vélos, voire même un vélo rouge pour que la ressemblance avec King se fasse un peu ressentir. Une bande de potes donc, de onze ou douze ans, soudés par le nouvel arrivant, Mäel Dulac, des airs ombrageux mais l'air de savoir commander. Des enfants toujours là pour s'entraider, imaginer des univers entiers avec leurs yeux étonnés, et oscillant sans cesse entre le rire et la moquerie, les éclats et les larmes. Et puis les bêtises aussi. Les rires qu'on étouffe pendant les sermons à la messe sous les yeux irrités du prêtre, mais pas trop parce que ça fait quand même un peu d'animation. Les bouteilles qu'on casse pour s'amuser. Les baisers que l'on vole pour jouer.
Et pour finir, une ambiance étonnante, progressivement flippante, oscillant entre creepy, glauque et carrément dingue. Commencez par des cloches de Pâques noires qui larguent des trucs pas sympas derrière l'église et que le petit frère peut « voir », continuez avec un cadavre mutilé, puis des animaux devenus fous, et tout un tas d'accidents pas franchement sympas. Mâtinez tout cela d'une bonne dose de fantastique (mais en est-ce vraiment ?), d'un gros brin de folie, et saupoudrez de sang, de meurtre et de ténèbres. J'ai adoré de bout en bout. Même si c'était sombre, même si ça peut faire flipper, même si parfois c'est presque dérangeant. J'ai deviné certaines choses aussi, mais pas tout, me laissant surprendre par ce mélange de fantastique et d'horreur qui ne s'éloignait pourtant jamais vraiment du réalisme terrifiant de l'humanité
L'ensemble du roman est raconté par Pierre, qui, alors que son fils fait face à la mort d'une de ses amies, sent remonter des souvenirs sombres de son enfance. L'histoire du Bonhomme Nuit et de sa bande d'amis qui ont dû faire face à des choses horribles bien trop tôt. Alors il la raconte, avec un recul qui fait un peu du bien, on sent le rire, la joie, l'ironie alors qu'il se remémore certains moments mais aussi la terreur quand ils deviennent insoutenables. L'écriture est très bien dosée. Certain.e.s l'ont trouvé trop juvénile mais moi absolument pas, au contraire. le juste milieu que l'auteur a trouvé entre la voix de cet enfant de onze ans toujours coincé à l'intérieur de cette homme désormais mûr, est PAR-FAIT.
Le mélange des genres peut sembler brouillon si on cherche à tout prix à catégoriser, classer, lisser un roman finalement très complexe à destination des adolescents et plus encore. Je pense que c'est ce qui permet aussi à ce genre d'histoire d'avoir un impact sur son lecteur sans être traumatisante, et sans prendre non plus, les enfants pour des êtres fragiles et innocents à préserver de la noirceur du monde. Je suis ta nuit en dit un peu, des choses horribles, atroces, des choses qui ne devraient jamais arriver mais qui arrivent tout de même. Je n'en dirais pas plus, ce serait spoiler cette fin que j'ai trouvé très bien, très belle, et qui m'a fait pleurer aussi.
Que pourrais-je dire d'autre si ce n'est que c'est un coup de coeur énorme, immense, et assez surprenant ? Peut-être devrais-je préciser que ce roman n'est pas nécessairement à mettre entre toutes les mains mais quand on parle de meurtres atroces et d'horreur, je suppose qu'on le sait déjà.
EN RESUME
Je suis ta nuit est un roman époustouflant, mélangeant avec une rare élégance les genres de l'horreur et du fantastique tout en se raccrochant à un réalisme parfois terrifiant. Tout rappelle à la fois la lumière et les ténèbres de l'humanité et la façon dont les hommes s'y noient parfois, avec un merveilleux sens de la mise en scène et de la métaphore. du fantastique, de l'horreur, une bande d'amis, des vélos qui grincent et des lampes torches sabres lasers, de quoi former un coup de coeur génialissime. Ais-je oublié de dire que je le conseillais à 20000% ?
Lien : https://lesdreamdreamdunebou..
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Alinee
  28 juillet 2011
Une bande de copains d'une dizaine d'années se retrouvent poursuivis par l'horreur, incarnée par un "Bonhomme Nuit" qui s'est juré de les amener tour à tour avec lui au fin fond des ténèbres. Là où vont les "enfants pas sages".
Ce roman est totalement ce que je pourrais qualifier de "littérature passerelle". D'ailleurs, la collection dans laquelle il a été publié cible un lectorat entre 15 et 20 ans.
Au premier abord, la lecture est difficilement accrocheuse car le narrateur est un adulte racontant ses souvenirs d'enfance avec ses mots d'enfants.
Mais l'écriture est à l'image de l'histoire. En dents de scie. Une histoire qui peut paraître guillerette, contant les journées d'été de 6 gamins cherchant à tuer l'ennui mais ponctuée d'épisodes horribles, décrivant des mutilations et des morts atroces pour être vues -ou vécues- et décrites par des enfants si jeunes.
Le dénouement est de loin le plus intéressant de ce roman car les descriptifs des scènes se perdent dans une imagination plus que débordante alors que la réalité est beaucoup plus dure :
On découvre que le mal, la souffrance d'un des gamins se personnifie au travers d'une légende: celle du Bonhomme nuit. Un bonhomme Nuit cruel mais si solitaire, réclamant vengeance mais aussi compréhension. A l'image de ce petit garçon, maltraité par son père et non protégé par sa mère.
Ma lecture a été, je l'avoue, plus que laborieuse. Est-ce le fait que je n'avais pas lu de roman ado depuis quelques mois ? Bref, j'ai eu beaucoup de mal à être captivée avant d'en arriver à la grande révélation du final.
Je pense cependant qu'il plaira au public qu'il vise : les adolescents et [grands] adolescents. Je ne parle pas des jeunes adultes (dont je fais partie) car je pense que l'on reste une génération de traumatisés par Ça de Stephen King, qui a déjà été loin dans le comble de l'horreur vécue par une bande de jeunes enfants ! ;-)
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celindanae
  09 juillet 2020
La parution de Je suis ta nuit de Loïc le Borgne par les éditions ActuSF a été décalée d'avril à juin. le roman avait auparavant été édité par Intervista en 2008, puis en livre de poche en 2010. le roman était paru dans la collection 15-20 aux éditions Intervista mais il convient également aux adultes, surtout ceux ayant la nostalgie des années 80.
Le roman est raconté à la première personne par Pierre, sous forme de témoignage. En effet, Pierre se retrouve démuni face à la peine de son fils dont la meilleure amie vient de se suicider. Pour l'aider à surmonter cette épreuve, il lui raconte le drame qui a mis fin à son enfance. Au tout début des années 80, Pierre, âgé de 11 ans, mène une vie tranquille dans un petit village breton. Il accueille sereinement la fin de l'école primaire et se prépare à passer l'été avec sa fidèle bande de copains. Maël devenu le meilleur ami de Pierre, est venu agrandir la bande il y a peu de temps. Bientôt des événements étranges vont perturber le petit village. Tout commence par la découverte d'un cadavre mutilé puis les choses s'enchainent très vite, plongeant le village dans l'horreur. Tout semble tourner autour d'une vieille légende, celle du Bonhomme Nuit.
Le récit est raconté par un adulte qui se souvient de l'été de ses 11 ans, âge où on sort de l'enfance petit à petit. Tout est narré selon son point de vue et les souvenirs très vivaces qu'il en a. Cette narration rend le récit dynamique et permet de voir clairement ce que ressent Pierre. On vit l'histoire avec lui, on souffre et on a peur avec lui. On ressent également l'horreur de la situation et les difficultés des parents pour expliquer les choses à leurs enfants. L'ambiance des années 80 est également très bien rendue. Quiconque a grandi dans ces années retrouvera forcément des souvenirs familiers. Cette plongée dans les divertissements des années 80, entre Star Wars et Goldorak, sert l'histoire, elle a une part majeure dans l'intrigue. Elle apporte à la fois de la nostalgie au roman mais porte aussi l'histoire.
Une bande de gamins dans les années 80 faisant face à une créature étrange, cela semble familier et déjà vu. Cela rappelle Ça de Stephen King. le roman reprend d'ailleurs des thématiques communes comme la fin de l'enfance, le monde de l'enfance face à celui des adultes, la cruauté des adultes. Cependant, Je suis ta nuit n'est pas une pale copie du roman de Stephen King. Un des éléments marquants du livre est l'utilisation du surnaturel qui est faite par Loïc le Borgne. le roman appartient clairement au genre fantastique dans la mesure où tout est fait pour faire douter le lecteur de la réalité de ce qui est raconté. Les personnages sont enveloppés par des événements trop difficiles à gérer pour eux, ils sont pris en étau par des faits qui les dépassent, par une douleur impossible à supporter. Loïc le Borgne propose un roman sans concession, un texte particulièrement âpre et dur, où l'horreur peut prendre plusieurs formes. Ce qui est d'autant plus marquant étant donné l'âge des personnages principaux.
Le récit est marqué par un suspense macabre qui tient vraiment le lecteur en haleine jusqu'à la toute fin. La fin du roman est d'ailleurs particulièrement brillante, tout en finesse après une montée de l'horreur bien gérée. le dénouement du récit marque longtemps les esprits, met mal à l'aise, apporte son lot de questionnements sur tout ce qui a été raconté auparavant. C'est parfaitement maîtrisé. L'intrigue est très bien menée et l'écriture de l'auteur fluide et imagée, il retranscrit très bien cette ambiance si particulière. La forme du récit souligne ainsi très bien l'histoire, tout en nuance en gardant une part de noirceur importante.
Je suis ta nuit est ainsi un roman à la construction parfaitement maîtrisée sur le thème des chutes de l'illusion de l'enfance. L'ambiance des années 80 et l'amitié entre les enfants sonnent juste. On se laisse facilement happer par ce récit à la fois sombre et émouvant. Une belle réussite au dénouement marquant!
Lien : https://aupaysdescavetrolls...
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
DreamBookeuseDreamBookeuse   11 octobre 2020
Tu n’es pas encore levé, Tristan, et pour une fois ta grasse matinée ne va pas m’irriter. Je n’ai pas tout à fait terminé. Alors que les rayons du soleil filtrent entre les volets du bureau, je m’interroge encore. Tu voudras peut-être comprendre aussi. les jeunes gens aiment les réponses claires. Souviens-toi cependant de ton enfance, qui n’est pas si lointaine. En ce temps-là, la magie et le mystère nous suffisaient. « On ne saura jamais » était une réponse aussi valable qu’une autre face à l’étrangeté du monde…
Mais j’ai vieilli, et mes pensées tournent en spirales, morbides.
Le Bonhomme Nuit a t-il existé ?
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FungiLuminiFungiLumini   25 septembre 2020
Je vais écrire ces jours enfuis. Une histoire de peur et de néant, mais aussi de rires et de lumière. Les premiers n’existent pas sans les seconds, c’est une éternelle dualité. Pas de vie sans mort, pas de beauté sans horreur, pas de magie sans maléfice. Il y a toujours un moment où l’on finit par comprendre, au sortir de l’enfance ou de l’adolescence. Nous n’avons alors que deux solutions, Tristan : surmonter cette découverte ou y succomber.
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Pierre404Pierre404   22 octobre 2020
Souviens-toi cependant de ton enfance, qui n'est pas si lointaine. En ces temps-là, la magie et le mystère nous suffisaient. "On ne saura jamais" était une réponse aussi valable qu'une autre face à l'étrangeté du monde...
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DreamBookeuseDreamBookeuse   11 octobre 2020
Pendant une seconde, on s’est regardés avec des yeux ronds, notre bouteille dans une main – je tenais une canette d’Orangina, reconnaissable à son gros cul – et le caillou dans une autre.
On formait un joli demi-cercle entre le wagon et le stade, Mélanie au milieu, un peu en retrait.
Dégommer une bouteille au vol, c’était pas un truc fastoche.
En dégommer deux, c’était digne de Thierry la Fronde
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FungiLuminiFungiLumini   25 septembre 2020
Et il faisait beaucoup trop froid sous cet arbre. Et sombre. Et triste. Tout était noir. Un noir qui vous envahissait, qui pouvait vous emporter comme une lame de fond sur une plage la nuit.
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Videos de Loïc Le Borgne (7) Voir plusAjouter une vidéo
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Ghost Love : https://is.gd/fRHkqN
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