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ISBN : 2369450487
Éditeur : Editions Dialogues (15/09/2016)

Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Oui, nous pouvons être Bretons, Corses, Basques, Musulmans, Juifs de toutes les origines et de toutes les appartenances, sans cesser d'être Français. Assumons les richesses du divers, inventons une République des territoires, une République multiculturelle enfin assumée... Il est grand temps que la France réécrive son roman national en tenant compte de ce multiple, sa vraie richesse.

"De l'air, enfin ! Si longtemps que nous attendions ce "Manifeste".... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
jamiK
  28 février 2017
Le manifeste pour une France de la diversité est une défense de la diversité, du multiculturalisme, de la décentralisation, de l'ouverture d'esprit... et une attaque en règle contre les replis identitaires. Un manifeste intelligent, vu de Bretagne ou Jean-Michel le Boulanger occupe un siège au Conseil Régional.
Comme quoi, il existe des élus intelligents et sensés.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
TREMAOUEZANTREMAOUEZAN   01 novembre 2016
En juillet 1885, à la Chambre des députés, un grand débat, faisant honneur à cette République qui se cherche encore, oppose Jules Ferry et Georges Clémenceau. A Jules Ferry qui plaide pour la colonisation - "je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures" - Clémenceau répond : "Races supérieures ! Races inférieures ! C'est bientôt dit. Pour ma part j'en rabats singulièrement depuis que j'ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande, parce que le Français est d'une race inférieure à l'Allemand. Depuis ce temps, je l'avoue, j'y regarde à deux fois avant de me retourner vers un homme et vers une civilisation et de prononcer : homme ou civilisation inférieurs ! Race inférieure, les Hindous ! Avec cette grande civilisation raffinée qui se perd dans la nuit des temps ! Avec cette grande religion bouddhiste qui a quitté l'Inde pour la Chine, avec cette grande efflorescence d'art dont nous voyons encore aujourd'hui les magnifiques vestiges ! Races inférieures, les Chinois ! [...] Inférieur Confucius !..."
Il faut l'affirmer avec force aujourd'hui, foin de hiérarchie et surtout de mépris entre les cultures, entre les civilisations, entre les cultures dites savantes et les cultures populaires.
(...)
Oui, Racine et Corneille, Mozart, Bach ou Shakespeare. Mais oui aussi, oui tout autant, aux chants du peuple, aux cultures populaires, aux cultures ouvrières ou maritimes, aux cultures urbaines, au hip-hop ou au street art, aux formes émergentes. L'humanité se construit par l'apport de toutes les cultures respectueuses de la dignité des autres. Oui, alors, à Elvira, de la tribu amérindienne des Emberas, au cœur de la forêt d'Amérique centrale, qui chante les mythes, les histoires, les peurs et les rêves de son peuples, à qui J-M-G Le Clézio dédie son discours de réception du prix Nobel de littérature. Elvira donc, et Madame Bertrand, chanteuse de Canihuel, Anjela Duval, paysanne poétesse ou Andrea ar Gouilh qui nous conte le Barzaz Breiz.
(...)
Il faut dépasser les vieilles césures, refuser les hiérarchies entre les cultures, bâtir des projets qui organisent la rencontre, construire un universel concret, nourri par la relation. Au sein de cette "fabrique", l'unité et la diversité deviennent inséparables, comme en tout projet humaniste.

IV - "L'égale dignité des cultures", pp. 63 à 65.
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TREMAOUEZANTREMAOUEZAN   01 novembre 2016
Ecoutons Jean-Marie Gustave Le Clézio* : "Ce qui est certain, c'est que le monde s'est mutilé de cette moitié amérindienne lors de la conquête. On ne peut incriminer une nation en particulier. En revanche, on peut incriminer ce monde de la Renaissance qui, d'un côté, a développé des idées humanistes et, de l'autre, a institué l'esclavage, le travail forcé dans les mines, le viol des populations... Avec l'acquiescement de forces religieuses et morales de l'époque... On a raté une rencontre avec l'autre et il est possible que l'on vive aujourd'hui les conséquences de ce déséquilibre né au XVIe siècle..."
"On a raté une rencontre avec l'autre."
Les Etats-nations se sont construits autour d'un universalisme abstrait qui portait en lui le meilleur, qui portait en lui le pire. Alejo Carpentier, dans "Le Siècle des Lumières", nous rappelle que ces dernières arrivent dans les Caraïbes avec la guillotine. Les Lumières et l'école arrivent en Bretagne avec le mépris et parfois l'arrogance. Le paysan devient plouc quand baragouine Bécassine. Les Etats-nations alors guident l'humanité et apportent au monde des valeurs qui se disent universelles. A quel prix ? Sous le dogme des empires, la visée de l'universel a été le tragique vecteur d'une assimilation de l'Autre.
Il est capital, et après Camus, Edgar Morin nous y invite, comme Edouard Glissant avec d'autre mots, de rompre avec cette conception d'un universel basé sur des concepts qui en oublient les hommes. Sur des abstractions. Les penseurs du totalitarisme du XXe siècle, et en particulier les penseurs du centre de l'Europe, Hermann Broch, Robert Musil, Franz Kafka, Joseph Roth, ont su anticiper avec lucidité les conséquences désastreuses "de la croyance selon laquelle l'universalisme et la raison ne pourraient se réaliser qu'à travers une impersonnalité croissante**". Il nous semble que l'enjeu majeur du siècle à venir est là, dans ces mots formulés par ces penseurs déchirés par les drames de ce XXe siècle, qui, du nazisme aux goulags, ont érigé la nation, la raison, le progrès, le savoir, et même la vérité, en autant de certitudes, en autant de dogmes, en oubliant qu'une nation est toujours faite d'hommes et de femmes.
(...)
Ainsi, au nom des nations et des impérialismes, au nom des conquêtes et d'une conception abstraite de l'universel, tant et tant de cultures populaires, tant et tant de langues, ont été rejetées avec la suffisance des puissants.
*"Le Monde", 6 octobre 2009.
**Alexandra Laignel-Lavastine, "Esprit d'Europe", Gallimard, Folio-essais, 2010, 360 pages, page 65.

IV - "L'égale dignité des cultures", pp 59 à 61.
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jamiKjamiK   26 février 2017
Se méfier toujours des prétendues puretés, des illusions de l'authenticité, des fermetures et des essentialismes. Notre Bretagne - comme notre France - n'a aucune originelle pureté à présenter. elle est faite de rencontres et de dialogues, elle est faite de hasards et de relations.
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jamiKjamiK   28 février 2017
Ne permettons pas à la haine d'exacerber les différences et d'ériger des murs.
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Videos de Jean-Michel Le Boulanger (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Michel Le Boulanger
https://www.librairiedialogues.fr/livre/9898379-manifeste-pour-une-france-de-la-diversite-de--jean-michel-le-boulanger-editions-dialogues Version longue de la rencontre avec Jean-Michel le Boulanger, qui a eu lieu le 27 octobre 2016 à la librairie dialogues à Brest, à l'occasion de la parution du livre Manifeste pour une France de la diversité (éditions Dialogues). Entretien mené par Charles Kermarec. Réalisation : Ronan Loup.
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