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EAN : 9782844970343
254 pages
Éditeur : Liv'éditions (04/04/2006)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 38 notes)
Résumé :

Rien ne devait rapprocher ces deux êtres : Goulven, le sombre Léonard et Adèle, la belle et insouciante Trégorroise.

Et pourtant Goulven se prend d'un amour fou et maladroit pour la jeune qu'il adule sans être capable de la rendre heureuse. Une passion maladive exacerbée par le cadre étouffant d'un phare, au large d'un Cap-Sizun hostile, qui le mène à commettre un crime incroyablement cruel.

Pressentant le drame mais maint... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
andman
  18 juin 2014
Les mariages entre habitants du Léon et du Trégor, régions de Basse-Bretagne situées en bordure de la Manche, étaient naguère peu appréciés des anciens.
Ainsi, en cette seconde moitié du 19ème siècle, lorsque le pieux léonard Goulven Dénès épousa la jolie trégoroise Adèle Lézurec, l'assentiment et la bénédiction des parents du marié firent défaut.
“Tu prends femme hors de ta race ; puisses-tu n'avoir pas à t'en repentir !...” lui avait alors écrit sa mère. Les mots de cette terrible lettre reviennent à l'esprit de Goulven alors qu'il vient d'enfermer sa jeune épouse et son amant dans la pièce la plus confortable du phare de Gorlébella dont il est le gardien-chef.
Personne ne viendra sur ce minuscule îlot du raz de Sein avant quinze jours et d'ici là Adèle et Hervé se seront éteints à petit feu. Son plan machiavélique à parfaitement fonctionné, les tourtereaux sont venus de leur plein gré jusqu'à leur dernière demeure.
Insensible aux cris qui lui parviennent par intermittence, Goulven couche sur le papier sa triste histoire. Il a quelques jours devant lui pour épancher sa bile. Dans deux semaines, lorsqu'il apercevra le bateau approcher avec à son bord la relève et le ravitaillement, il montera au sommet du phare et, tel un goéland, prendra son envol...
Écrit en 1900 par le Costarmoricain Anatole le Braz, “Le Gardien du feu” est un roman aussi sombre que passionnant.
Enchanté tant par le style poétique de l'auteur que par cette tragédie en terre capiste, je vous recommande chaudement ce récit chargé d'embruns. Sa construction est originale et la psychologie des personnages savamment distillée au fil des chapitres.
Une mini croisière jusqu'à l'île de Sein, au départ du port d'Audierne, prolongerait idéalement ce petit bonheur littéraire !
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gill
  13 février 2015
J'ai arrêté ma lecture, peut-être pour reprendre mon souffle, moins d'une vingtaine de pages avant la fin de cet ouvrage.
J'ai pensé mieux parler de cette histoire si je n'en connaissais le fin mot...
Le 1er mai 1876, en plein raz de Sein, le feu de Gorlébella, plus souvent appelé le phare de la Vieille, est resté allumé toute la journée pour mystérieusement s'éteindre la nuit suivante.
Une liasse de vieux papiers est trouvée sur le banc de quart, dans la chambre de la lanterne.
Le chef gardien Goulven Dénès, avant de disparaître, a pris soin d'y consigner tout le détail des événements.
Et deux cadavres se trouvent certainement dans une des pièces du phare dans laquelle personne n'a pu encore pénétrer. Il faudra sans doute en briser la porte à coups de hache....
On connaissait Anatole le Braz pour "La légende de la mort", pour "La Bretagne à travers L Histoire" et pour ses "Vieilles histoires du pays breton".
On croyait avoir pu installer Anatole le Braz dans un genre, le cantonner à un style.
Et puis on découvre "Le gardien du feu" et ce bon vieil Anatole, ciment de la culture bretonne, orfèvre du conte et de la veillée, devient soudainement l'inventeur du thriller breton !
Car ce récit est présenté par son auteur comme le drame le plus atroce dont les tragiques annales du raz de Sein aient conservé le souvenir.
En même temps que d'être une fine analyse de caractère, solidement ancré dans son terroir, c'est un récit d'ambiance, tendu, étonnant de modernité et de suspens maîtrisé.
C'est un ballet tragique dansé par trois personnages :
- Adèle Lezurec, la plus jolie fille deTréguier,
- Hervé Louarn, un diable d'homme qui a séduit jusqu'à la bande des marmots farouches de Plogoff,
- Goulven Dénès qui, en plus d'être le narrateur du récit, est le mari bafoué...
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thedoc
  06 août 2020
Pour moi qui suis une amoureuse de la Bretagne, les récits d'Anatole le Braz sont toujours comme une immersion en terre celtique depuis mon fauteuil.
C'est une histoire entre mer et terre.
Une histoire bretonne, de cette région où la terre prend fin à la pointe du Raz, où les roches se font coupantes et l'herbe rare. Ce décor âpre et dur est à l'image des âmes qui errent sur cette lande désertique… Au loin d'un petit hameau qui accueille les familles des gardiens se dresse la haute silhouette d'un phare, celui de Gorlebella, « dans une solitude éternelle, au milieu d'une mer farouche agitée d'incessants remous et dont les sourires même, les jours de calme, ont quelque chose d'énigmatique et d'inquiétant. » Dans ce tableau isolé et venteux va se jouer l'histoire la plus vielle du monde entre une femme trop jolie et deux hommes que tout oppose.
On retrouve dans ce récit d'Anatole le Braz les thèmes chers à l'auteur breton : les passions de l'âme et, bien sûr, la Bretagne et ses multiples facettes. L'histoire tragique du gardien chef Goulven Dénès et de sa femme Adèle illustre toute la folie des hommes lorsque la passion l'emporte sur la raison, avec des personnages bien campés psychologiquement. A travers eux, on découvre également le portrait d'une Bretagne bigarrée où chaque « pays » s'oppose à son voisin. Basse et Haute Bretagne ne sont pas les mêmes, ses gens n'ont pas les mêmes us et coutumes et encore moins les mêmes caractères. Quant aux îles comme celle de Sein, on aborde pour les continentaux une terre sauvage et inhospitalière… La Bretagne n'est pas une mais multiple. Enfin, qui dit Bretagne dit légende. Avec tout son talent de conteur attaché au folklore et aux mythes, Anatole le Braz nous offre un récit aux allures parfois de fantastique où la superstition côtoie la religion et où l'Ankou n'est jamais bien loin, quitte à l'imaginer sous les traits de la funeste îlienne enveloppée dans sa cape noire et aux révélations fatales.
« Le gardien du feu » annonce dès le début la tragédie et c'est avec quelques frissons et une tension croissante que le lecteur plonge avec délice dans ce récit typique des contes bretons où la Bretagne d'autrefois, malgré ses airs menaçants, n'a jamais parue aussi belle et mystérieuse.
En plus de cette atmosphère "régionale", « Le gardien du feu » est un formidable témoignage sur le quotidien des gardiens de phare. Auprès du personnage de Goulven, nous suivons le quotidien de ces hommes qui vivaient entre terre et mer, isolés longtemps de leur famille et aux journées parfois éprouvantes. Pour les amateurs de Bretagne, sachez que le phare de Gorlebella d'Anatole le Braz est le phare de la Vieille, situé dans le raz de Sein, entre l'île du même nom et la pointe du Raz. Si vous vous y rendez après la lecture de ce récit, vous ne verrez plus le phare et la pointe de la même façon...
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ibon
  26 septembre 2019
La Bretagne, la mer et les traditions à la fin du XIXème. Les costumes, la religion, l'humilité et les embruns.
Goulven, le personnage principal, est gardien de phare sur un îlot entre Sein et la Pointe du Raz, il concentre tout ce qui faisait la Bretagne de l'armor il n'y a pas si longtemps.
Mais nous sommes loin de la Bretagne de carte postale car c'est une histoire tragique qui nous est servie par une plume des plus sensibles.
L'environnement culturel ne se traduit pas toujours par des fêtes. Les traditions, qui orientent toute la vie des habitants de ce bout du monde, deviennent parfois oppressantes.
Ce ne sont pourtant pas la mer, les vents, les tempêtes et les âmes des défunts de la baie des Trépassés qui vont perturber outre mesure le solide Goulven, gardien de phare par défaut, après avoir failli dans ses études au séminaire.
Non, ce qui le tracasse c'est la belle Adèle qu'il a rencontré dans le Trégor (du côté de Tréguier où l'on prie Saint Yves). Lui, du pays du Léon, a "enfreint la règle" qui veut que l'on n'aille pas chercher une fille dans le clocher d'à côté. Sa mère le boude pour cela.
Bien que la coiffe du Trégor sied à merveille à son visage angélique, la belle Adèle lui cause bien du souci car elle s'ennuie loin de chez ses parents (à trois journées de charrette) à broder et à subir les regards hostiles de sa voisine pas commode originaire de l'Ile de Sein.

Depuis qu'elle a suivi son mari sur la pointe du raz- chez les Capistes!- leur couple se fissure peu à peu pour les multiples raisons que vous découvrirez .
Ecrit sous la forme d'un compte-rendu, d'un gardien de phare à son supérieur, le récit se transforme en journal passionnel.
Les illustrations de Mathurin Méheut sont peut-être un plus pour un récit qui n'en avait pas besoin.
Car Anatole le Braz se montre à la pointe (du Raz).
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zabeth55
  22 juin 2014
Ah ! Cette Adèle, est-elle frivole ! C'est bien une fille du Trégor, va !
Alors que lui, Goulven, c'est le type même du Léon. Droit, profond, sincère, entier, peu expansif… un tantinet trop sérieux peut-être.
Pas facile pour eux de s'intégrer aux Capistes, méfiants, taiseux.
Et oui, la Bretagne est multiple. Chaque territoire ses caractères.
Quand Goulven est nommé gardien de phare à Gorlébella, dans le raz de Sein, leur vie va changer.
La forme de narration ajoute à la profondeur du récit.
Leur histoire est écrite dans un compte-rendu quotidien que Goulven écrit à son ingénieur pour lui raconter le drame inévitable qui va se produire et comment ils en sont arrivés là.
Car c'est un véritable drame qui se joue et qui nous est divulgué, tout en finesse.
Le style, un peu désuet, convient bien à l'époque où se déroule l'action.
Les descriptions sont parlantes. La côte sauvage de la pointe Finistère, c'est tout à fait ça.
Et que les sentiments sont bien rendus !
le fait d'être sur les lieux mêmes pendant ma lecture, conjugué au talent d'Anatole le Braz, a fait de ce roman une superbe découverte. (Merci Andman)
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
andmanandman   21 juin 2014
Je pus à notre messe de mariage, mesurer à quel point elle me possédait. Vainement, je m’efforçai de prier : je ne savais plus ; j’étais comme ces ivrognes qui recommencent toujours leur chanson au même vers et n’arrivent pas plus en sortir la trentième fois que la première.
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gillgill   14 février 2015
Il vous suffira, quand au reste, de savoir ceci.
En 1876, tout comme à présent, le personnel de Gorlébella se composait de trois hommes.
Il n'y en avait que deux qui fussent de service en même temps.
Le règlement porte, en effet, que chaque gardien, après avoir demeuré un mois au phare, a droit à un congé de quinze jours.
Tous les seconds samedis, à moins que l'état de la mer n'y mette obstacle, le bateau ravitailleur accoste au récif, débarque les provisions et prend à son bord, pour le ramener à terre, l'exilé dont c'est le tour d'être rapatrié....
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meknes56meknes56   11 août 2019
Non que la mer me dit beaucoup : le Léon n'est pas une pépinière de marins. J'étais moins fait que personne pour goûter cette existence vagabonde. Tout me déplaisait en elle, ses joies plus encore que ses dangers. Une répugnance invincible m'empêchait de m'amuser comme les camarades, aux escales dans les ports lointains. Je les accompagnais dans leurs orgies, mais j'en sortais intact.

A cause de ma réserve et parce que j'avais étudié pour la prêtrise, ils m'avaient surnommé Pater-Noster. « Tu n'auras jamais l'âme d'un matelot », me disaient-ils. Et c'était vrai. Je n'en remplissais pas moins consciencieusement mes devoirs. Il n'y a pas une seule punition sur mon livret. Mais, dans la tranquillité des quarts nocturnes, libre de me laisser aller à mes songeries, sous les étoiles, je me représentais, sur une des collines de mon pays, une maison de pierre grise dans un courtil, un filet de fumée paisible au-dessus du toit, et, dans l'ombre du logis, une jeune femme, lumineuse comme une clarté.
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zabeth55zabeth55   22 juin 2014
Le reflet du secteur vert, en passant sur elle, l’enveloppa d’une buée glauque. Elle me parut Athès en personne ; la Messaline des ondes, tout à coup surgie des gouffres du Raz pour son éternelle besogne d’incantation, de luxure et de mort !
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Nodib29Nodib29   10 février 2019
Plus loin que Gorlébella, plus loin que l'île de Sein, presque à la limite des eaux françaises, il est, sur un récif solitaire, une tour à moitié inaccessible, dernière vedette du vieux monde au large des mers du couchant. Deux de mes confrères sont condamnés à s'immobiliser là, des saisons entières, comme Siméon le Stylite sur sa colonne, bien au-delà des horizons terrestres, hors de l'humanité, hors de la vie. Prisonniers de la mer et forçats du feu, le bagne, au prix de l'existence qui leur est faite, serait doux. Je me suis trouvé naguère en compagnie de l'un d'eux que l'on rapatriait. Ce n'était plus qu'un automate, aux yeux égarés de somnambule, à la démarche hésitante et infirme de cormoran blessé. Le vide qui environne ces gens dévaste aussi leur crâne, anéantit leur cerveau. Que pourrait-il m'arriver de mieux, mon ingénieur? Délivrez un de ces malheureux et donnez-moi sa place. Nommez-moi gardien de n'importe quelle catégorie au phare de l'Ar-Men
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