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ISBN : 2844970346
Éditeur : Liv'éditions (04/04/2006)

Note moyenne : 4.18/5 (sur 30 notes)
Résumé :

Rien ne devait rapprocher ces deux êtres : Goulven, le sombre Léonard et Adèle, la belle et insouciante Trégorroise.

Et pourtant Goulven se prend d'un amour fou et maladroit pour la jeune qu'il adule sans être capable de la rendre heureuse. Une passion maladive exacerbée par le cadre étouffant d'un phare, au large d'un Cap-Sizun hostile, qui le mène à commettre un crime incroyablement cruel.

Pressentant le drame mais maint... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
andman
  18 juin 2014
Les mariages entre habitants du Léon et du Trégor, régions de Basse-Bretagne situées en bordure de la Manche, étaient naguère peu appréciés des anciens.
Ainsi, en cette seconde moitié du 19ème siècle, lorsque le pieux léonard Goulven Dénès épousa la jolie trégoroise Adèle Lézurec, l'assentiment et la bénédiction des parents du marié firent défaut.
“Tu prends femme hors de ta race ; puisses-tu n'avoir pas à t'en repentir !...” lui avait alors écrit sa mère. Les mots de cette terrible lettre reviennent à l'esprit de Goulven alors qu'il vient d'enfermer sa jeune épouse et son amant dans la pièce la plus confortable du phare de Gorlébella dont il est le gardien-chef.
Personne ne viendra sur ce minuscule îlot du raz de Sein avant quinze jours et d'ici là Adèle et Hervé se seront éteints à petit feu. Son plan machiavélique à parfaitement fonctionné, les tourtereaux sont venus de leur plein gré jusqu'à leur dernière demeure.
Insensible aux cris qui lui parviennent par intermittence, Goulven couche sur le papier sa triste histoire. Il a quelques jours devant lui pour épancher sa bile. Dans deux semaines, lorsqu'il apercevra le bateau approcher avec à son bord la relève et le ravitaillement, il montera au sommet du phare et, tel un goéland, prendra son envol...
Écrit en 1900 par le Costarmoricain Anatole le Braz, “Le Gardien du feu” est un roman aussi sombre que passionnant.
Enchanté tant par le style poétique de l'auteur que par cette tragédie en terre capiste, je vous recommande chaudement ce récit chargé d'embruns. Sa construction est originale et la psychologie des personnages savamment distillée au fil des chapitres.
Une mini croisière jusqu'à l'île de Sein, au départ du port d'Audierne, prolongerait idéalement ce petit bonheur littéraire !
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gill
  13 février 2015
J'ai arrêté ma lecture, peut-être pour reprendre mon souffle, moins d'une vingtaine de pages avant la fin de cet ouvrage.
J'ai pensé mieux parler de cette histoire si je n'en connaissais le fin mot...
Le 1er mai 1876, en plein raz de Sein, le feu de Gorlébella, plus souvent appelé le phare de la Vieille, est resté allumé toute la journée pour mystérieusement s'éteindre la nuit suivante.
Une liasse de vieux papiers est trouvée sur le banc de quart, dans la chambre de la lanterne.
Le chef gardien Goulven Dénès, avant de disparaître, a pris soin d'y consigner tout le détail des événements.
Et deux cadavres se trouvent certainement dans une des pièces du phare dans laquelle personne n'a pu encore pénétrer. Il faudra sans doute en briser la porte à coups de hache....
On connaissait Anatole le Braz pour "La légende de la mort", pour "La Bretagne à travers L Histoire" et pour ses "Vieilles histoires du pays breton".
On croyait avoir pu installer Anatole le Braz dans un genre, le cantonner à un style.
Et puis on découvre "Le gardien du feu" et ce bon vieil Anatole, ciment de la culture bretonne, orfèvre du conte et de la veillée, devient soudainement l'inventeur du thriller breton !
Car ce récit est présenté par son auteur comme le drame le plus atroce dont les tragiques annales du raz de Sein aient conservé le souvenir.
En même temps que d'être une fine analyse de caractère, solidement ancré dans son terroir, c'est un récit d'ambiance, tendu, étonnant de modernité et de suspens maîtrisé.
C'est un ballet tragique dansé par trois personnages :
- Adèle Lezurec, la plus jolie fille deTréguier,
- Hervé Louarn, un diable d'homme qui a séduit jusqu'à la bande des marmots farouches de Plogoff,
- Goulven Dénès qui, en plus d'être le narrateur du récit, est le mari bafoué...
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zabeth55
  22 juin 2014
Ah ! Cette Adèle, est-elle frivole ! C'est bien une fille du Trégor, va !
Alors que lui, Goulven, c'est le type même du Léon. Droit, profond, sincère, entier, peu expansif… un tantinet trop sérieux peut-être.
Pas facile pour eux de s'intégrer aux Capistes, méfiants, taiseux.
Et oui, la Bretagne est multiple. Chaque territoire ses caractères.
Quand Goulven est nommé gardien de phare à Gorlébella, dans le raz de Sein, leur vie va changer.
La forme de narration ajoute à la profondeur du récit.
Leur histoire est écrite dans un compte-rendu quotidien que Goulven écrit à son ingénieur pour lui raconter le drame inévitable qui va se produire et comment ils en sont arrivés là.
Car c'est un véritable drame qui se joue et qui nous est divulgué, tout en finesse.
Le style, un peu désuet, convient bien à l'époque où se déroule l'action.
Les descriptions sont parlantes. La côte sauvage de la pointe Finistère, c'est tout à fait ça.
Et que les sentiments sont bien rendus !
le fait d'être sur les lieux mêmes pendant ma lecture, conjugué au talent d'Anatole le Braz, a fait de ce roman une superbe découverte. (Merci Andman)
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alaiseblaise
  19 janvier 2012
Alors, Le Braz, un écrivain régionaliste au goût de chouchen et de crêpes bretonnes au beurre salé ? N'ayez pas peur, ce livre n'est pas écrit en breton mais en bon français, très bon français. Un thriller ? Un roman romantique ? Un roman gothique ? Que sais-je ? Nous y voilà. le pitch comme on dit à la télé qu'il ne faut surtout pas regarder. Nous sommes en 1876. Y'a Goulven Denès, le gars de l'intérieur des terres, le Léonard, le gars de Léon quoi, pas très doué pour la mer...ni pour l'amour. Faute de mieux (sa mère le verrait bien curé !), il s'engage dans la marine marchande avant de finir (oui, finir sera bien le mot de la fin !) gardien de phare. "Une haute silhouette de pierre dressée en plein Raz, dans une solitude éternelle, au milieu d'une mer farouche agitée d'incessants remous et dont les sourires même, les jours de calme, ont quelque chose d'énigmatique et d'inquiétant." le phare de Gorlébella. Et puis y'a Adèle Lézurec, la sirène au front romantique, qui chante et qui lit, Adèle la Trégorroise, la belle de mer, douée pour la vie, douée pour l'amour. Rien ne les assemble, ils ont tout pour ne pas se rencontrer et pourtant ils vont se marier, peut-être s'aimer ? Goulven est amoureux fou (oui, fou sera bien le mot de la fin !). L'Adèle de mer est-elle heureuse près de ce sombre et laborieux Goulven de terre, trop terrien ? de ce livre je ne vais rien vous cacher car vous le saurez dès la première page : Goulven va enfermer dans "son" phare sa belle aimée et son amant (celui qui prend sa relève au phare !). Enfin "soi disant" amant. A vous de juger ! Allez-vous croire sur paroles (?) un perroquet des îles et une vieille bigote superstitieuse ? Ils vont agoniser pendant treize jours. Goulven se suicidera en se jetant du haut du phare. Terrible ! Alors pourquoi lire la suite ? Et bien parce que l'auteur sait nous y conduire avec mers et merveilles. Ce roman est une tempête. Il donne le vertige ! Un coup de coeur...un coup au coeur ! Fortement recommandé ! " Lorsqu'on la contemple en toute sécurité de la chambre d'un phare ou de la maisonnette blanche d'un sémaphore, comme cela, oui, je comprends la mer. Autrement, non ! Paradis des hommes, mais enfer des femmes !...."
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sandrine57
  11 décembre 2010
Attention coup de coeur
Tout est beau dans ce très court roman qui prend la forme d'une lettre-confession;l'écriture, toute en finesse et concision, les descriptions d'hostiles terres bretonnes, la psychologie et la mentalité des personnages, les sentiments: amour, adoration, passion, désespoir, jalousie, folie. Dès les premières lignes, on a connaissance du drame et pourtant le suspense s'installe et on tourne les pages à toute vitesse pour connaitre les détails qui vont conduire au geste fou final. On ne lit pas cette histoire on la dévore.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
andmanandman   21 juin 2014
Je pus à notre messe de mariage, mesurer à quel point elle me possédait. Vainement, je m’efforçai de prier : je ne savais plus ; j’étais comme ces ivrognes qui recommencent toujours leur chanson au même vers et n’arrivent pas plus en sortir la trentième fois que la première.
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gillgill   14 février 2015
Il vous suffira, quand au reste, de savoir ceci.
En 1876, tout comme à présent, le personnel de Gorlébella se composait de trois hommes.
Il n'y en avait que deux qui fussent de service en même temps.
Le règlement porte, en effet, que chaque gardien, après avoir demeuré un mois au phare, a droit à un congé de quinze jours.
Tous les seconds samedis, à moins que l'état de la mer n'y mette obstacle, le bateau ravitailleur accoste au récif, débarque les provisions et prend à son bord, pour le ramener à terre, l'exilé dont c'est le tour d'être rapatrié....
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zabeth55zabeth55   22 juin 2014
Le reflet du secteur vert, en passant sur elle, l’enveloppa d’une buée glauque. Elle me parut Athès en personne ; la Messaline des ondes, tout à coup surgie des gouffres du Raz pour son éternelle besogne d’incantation, de luxure et de mort !
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gillgill   14 février 2015
Voilà des années que les loguiviens ou comme on dit ici, les paimpolais, accomplissent périodiquement cet exode vers les eaux de Sein, riches en homards.
Ils prennent à l'île leurs quartiers d'été, s'installent par famille chez l'habitant, qui les exploite le plus qu'il peut et les poignarderait volontiers d'une main, tandis qu'il accepte leur argent de l'autre.
Les deux populations logent sous les mêmes toits, sans jamais se mêler ni se fondre.
On cite un seul exemple de paimpolais ayant épousé une ilienne.
La parenté de la jeune femme aussitôt la répudia.
Son frère avait juré sa mort.
Elle dut fuir avec son mari, gagner sans espoir de retour, les rives du Goëlo, où elle ne tarda pas à dépérir de tristesse, de consomption, de nostalgie.
Sa dernière parole fut pour supplier l'homme à qui elle s'était donnée de ramener son cadavre au cimetière de son bourg natal....
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tonpdgtonpdg   01 juin 2015
Au fait, qu’avait-elle à chercher sur cette côte, cette rôdeuse de funeste présage, cette « chouette de la mort », comme le brigadier des douanes l’avait surnommée, qui ne se montrait guère dans le voisinage des vagues que la nuit, et seulement sur le versant septentrional de la Pointe, vers les lagunes de Laoual et les sables de la Baie des Trépassés, là où les courants, charrieurs d’épaves, balayent, ainsi qu’en un gigantesque ossuaire, les reliefs des festins du Raz : squelettes d’hommes, tronçons de mâts, carcasses démantibulées de vaisseaux…
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