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Citations sur Le Gardien du feu (17)

andman
andman   21 juin 2014
Je pus à notre messe de mariage, mesurer à quel point elle me possédait. Vainement, je m’efforçai de prier : je ne savais plus ; j’étais comme ces ivrognes qui recommencent toujours leur chanson au même vers et n’arrivent pas plus en sortir la trentième fois que la première.
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gill
gill   14 février 2015
Il vous suffira, quand au reste, de savoir ceci.
En 1876, tout comme à présent, le personnel de Gorlébella se composait de trois hommes.
Il n'y en avait que deux qui fussent de service en même temps.
Le règlement porte, en effet, que chaque gardien, après avoir demeuré un mois au phare, a droit à un congé de quinze jours.
Tous les seconds samedis, à moins que l'état de la mer n'y mette obstacle, le bateau ravitailleur accoste au récif, débarque les provisions et prend à son bord, pour le ramener à terre, l'exilé dont c'est le tour d'être rapatrié....
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zabeth55
zabeth55   22 juin 2014
Le reflet du secteur vert, en passant sur elle, l’enveloppa d’une buée glauque. Elle me parut Athès en personne ; la Messaline des ondes, tout à coup surgie des gouffres du Raz pour son éternelle besogne d’incantation, de luxure et de mort !
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meknes56
meknes56   11 août 2019
Non que la mer me dit beaucoup : le Léon n'est pas une pépinière de marins. J'étais moins fait que personne pour goûter cette existence vagabonde. Tout me déplaisait en elle, ses joies plus encore que ses dangers. Une répugnance invincible m'empêchait de m'amuser comme les camarades, aux escales dans les ports lointains. Je les accompagnais dans leurs orgies, mais j'en sortais intact.

A cause de ma réserve et parce que j'avais étudié pour la prêtrise, ils m'avaient surnommé Pater-Noster. « Tu n'auras jamais l'âme d'un matelot », me disaient-ils. Et c'était vrai. Je n'en remplissais pas moins consciencieusement mes devoirs. Il n'y a pas une seule punition sur mon livret. Mais, dans la tranquillité des quarts nocturnes, libre de me laisser aller à mes songeries, sous les étoiles, je me représentais, sur une des collines de mon pays, une maison de pierre grise dans un courtil, un filet de fumée paisible au-dessus du toit, et, dans l'ombre du logis, une jeune femme, lumineuse comme une clarté.
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tonpdg
tonpdg   01 juin 2015
Au fait, qu’avait-elle à chercher sur cette côte, cette rôdeuse de funeste présage, cette « chouette de la mort », comme le brigadier des douanes l’avait surnommée, qui ne se montrait guère dans le voisinage des vagues que la nuit, et seulement sur le versant septentrional de la Pointe, vers les lagunes de Laoual et les sables de la Baie des Trépassés, là où les courants, charrieurs d’épaves, balayent, ainsi qu’en un gigantesque ossuaire, les reliefs des festins du Raz : squelettes d’hommes, tronçons de mâts, carcasses démantibulées de vaisseaux…
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brigetoun
brigetoun   05 septembre 2011
Nous avions, depuis un bon moment, doublé les roches de l’extrême Pointe et, sur notre gauche, commençait à se développer la monstrueuse muraille de schiste des falaises, labourée d’entailles, de balafres à vif où le suintement des eaux ferrugineuses ruisselait en larmes de sang. Çà et là, des combes s’ouvraient, pareilles à des créneaux tapissés de mousses, et leurs pentes gazonnées, en dévalant quasi jusqu’à la mer, faisaient, à distance, l’effet de guirlandes vertes suspendues par places aux remparts de quelque fantastique cité de l’abîme.
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collectifpolar
collectifpolar   26 février 2020
Lorsqu'on la contemple en toute sécurité de la chambre d'un phare ou de la maisonnette blanche d'un sémaphore, comme cela, oui, je comprends la mer. Autrement, non ! Paradis des hommes, mais enfer des femmes !...
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Nodib29
Nodib29   10 février 2019
Plus loin que Gorlébella, plus loin que l'île de Sein, presque à la limite des eaux françaises, il est, sur un récif solitaire, une tour à moitié inaccessible, dernière vedette du vieux monde au large des mers du couchant. Deux de mes confrères sont condamnés à s'immobiliser là, des saisons entières, comme Siméon le Stylite sur sa colonne, bien au-delà des horizons terrestres, hors de l'humanité, hors de la vie. Prisonniers de la mer et forçats du feu, le bagne, au prix de l'existence qui leur est faite, serait doux. Je me suis trouvé naguère en compagnie de l'un d'eux que l'on rapatriait. Ce n'était plus qu'un automate, aux yeux égarés de somnambule, à la démarche hésitante et infirme de cormoran blessé. Le vide qui environne ces gens dévaste aussi leur crâne, anéantit leur cerveau. Que pourrait-il m'arriver de mieux, mon ingénieur? Délivrez un de ces malheureux et donnez-moi sa place. Nommez-moi gardien de n'importe quelle catégorie au phare de l'Ar-Men
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gill
gill   14 février 2015
Voilà des années que les loguiviens ou comme on dit ici, les paimpolais, accomplissent périodiquement cet exode vers les eaux de Sein, riches en homards.
Ils prennent à l'île leurs quartiers d'été, s'installent par famille chez l'habitant, qui les exploite le plus qu'il peut et les poignarderait volontiers d'une main, tandis qu'il accepte leur argent de l'autre.
Les deux populations logent sous les mêmes toits, sans jamais se mêler ni se fondre.
On cite un seul exemple de paimpolais ayant épousé une ilienne.
La parenté de la jeune femme aussitôt la répudia.
Son frère avait juré sa mort.
Elle dut fuir avec son mari, gagner sans espoir de retour, les rives du Goëlo, où elle ne tarda pas à dépérir de tristesse, de consomption, de nostalgie.
Sa dernière parole fut pour supplier l'homme à qui elle s'était donnée de ramener son cadavre au cimetière de son bourg natal....
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zabeth55
zabeth55   22 juin 2014
Et à mesure qu’elle allait, au lieu de diminuer, il me semblait la voir grandir, grandir étrangement et prendre des proportions surhumaines, jusqu’à offusquer tout, le ciel et la mer, ainsi qu’une forme colossale, une gigantesque figure de ténèbres. On eût dit qu’elle traînait le crépuscule sur ses talons, comme un voile immense, tissé d’ombre. Les dernières lueurs du jour qui frémissaient sur les vastes espaces gazonnés s’éteignaient derrière ses pas.
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