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Critiques sur Le Gardien du feu (17)
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andman
  18 juin 2014
Les mariages entre habitants du Léon et du Trégor, régions de Basse-Bretagne situées en bordure de la Manche, étaient naguère peu appréciés des anciens.
Ainsi, en cette seconde moitié du 19ème siècle, lorsque le pieux léonard Goulven Dénès épousa la jolie trégoroise Adèle Lézurec, l'assentiment et la bénédiction des parents du marié firent défaut.

“Tu prends femme hors de ta race ; puisses-tu n'avoir pas à t'en repentir !...” lui avait alors écrit sa mère. Les mots de cette terrible lettre reviennent à l'esprit de Goulven alors qu'il vient d'enfermer sa jeune épouse et son amant dans la pièce la plus confortable du phare de Gorlébella dont il est le gardien-chef.
Personne ne viendra sur ce minuscule îlot du raz de Sein avant quinze jours et d'ici là Adèle et Hervé se seront éteints à petit feu. Son plan machiavélique à parfaitement fonctionné, les tourtereaux sont venus de leur plein gré jusqu'à leur dernière demeure.
Insensible aux cris qui lui parviennent par intermittence, Goulven couche sur le papier sa triste histoire. Il a quelques jours devant lui pour épancher sa bile. Dans deux semaines, lorsqu'il apercevra le bateau approcher avec à son bord la relève et le ravitaillement, il montera au sommet du phare et, tel un goéland, prendra son envol...

Écrit en 1900 par le Costarmoricain Anatole le Braz, “Le Gardien du feu” est un roman aussi sombre que passionnant.
Enchanté tant par le style poétique de l'auteur que par cette tragédie en terre capiste, je vous recommande chaudement ce récit chargé d'embruns. Sa construction est originale et la psychologie des personnages savamment distillée au fil des chapitres.

Une mini croisière jusqu'à l'île de Sein, au départ du port d'Audierne, prolongerait idéalement ce petit bonheur littéraire !
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gill
  13 février 2015
J'ai arrêté ma lecture, peut-être pour reprendre mon souffle, moins d'une vingtaine de pages avant la fin de cet ouvrage.
J'ai pensé mieux parler de cette histoire si je n'en connaissais le fin mot...
Le 1er mai 1876, en plein raz de Sein, le feu de Gorlébella, plus souvent appelé le phare de la Vieille, est resté allumé toute la journée pour mystérieusement s'éteindre la nuit suivante.
Une liasse de vieux papiers est trouvée sur le banc de quart, dans la chambre de la lanterne.
Le chef gardien Goulven Dénès, avant de disparaître, a pris soin d'y consigner tout le détail des événements.
Et deux cadavres se trouvent certainement dans une des pièces du phare dans laquelle personne n'a pu encore pénétrer. Il faudra sans doute en briser la porte à coups de hache....
On connaissait Anatole le Braz pour "La légende de la mort", pour "La Bretagne à travers L Histoire" et pour ses "Vieilles histoires du pays breton".
On croyait avoir pu installer Anatole le Braz dans un genre, le cantonner à un style.
Et puis on découvre "Le gardien du feu" et ce bon vieil Anatole, ciment de la culture bretonne, orfèvre du conte et de la veillée, devient soudainement l'inventeur du thriller breton !
Car ce récit est présenté par son auteur comme le drame le plus atroce dont les tragiques annales du raz de Sein aient conservé le souvenir.
En même temps que d'être une fine analyse de caractère, solidement ancré dans son terroir, c'est un récit d'ambiance, tendu, étonnant de modernité et de suspens maîtrisé.
C'est un ballet tragique dansé par trois personnages :
- Adèle Lezurec, la plus jolie fille deTréguier,
- Hervé Louarn, un diable d'homme qui a séduit jusqu'à la bande des marmots farouches de Plogoff,
- Goulven Dénès qui, en plus d'être le narrateur du récit, est le mari bafoué...
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ibon
  26 septembre 2019
La Bretagne, la mer et les traditions à la fin du XIXème. Les costumes, la religion, l'humilité et les embruns.
Goulven, le personnage principal, est gardien de phare sur un îlot entre Sein et la Pointe du Raz, il concentre tout ce qui faisait la Bretagne de l'armor il n'y a pas si longtemps.

Mais nous sommes loin de la Bretagne de carte postale car c'est une histoire tragique qui nous est servie par une plume des plus sensibles.

L'environnement culturel ne se traduit pas toujours par des fêtes. Les traditions, qui orientent toute la vie des habitants de ce bout du monde, deviennent parfois oppressantes.
Ce ne sont pourtant pas la mer, les vents, les tempêtes et les âmes des défunts de la baie des Trépassés qui vont perturber outre mesure le solide Goulven, gardien de phare par défaut, après avoir failli dans ses études au séminaire.
Non, ce qui le tracasse c'est la belle Adèle qu'il a rencontré dans le Trégor (du côté de Tréguier où l'on prie Saint Yves). Lui, du pays du Léon, a "enfreint la règle" qui veut que l'on n'aille pas chercher une fille dans le clocher d'à côté. Sa mère le boude pour cela.

Bien que la coiffe du Trégor sied à merveille à son visage angélique, la belle Adèle lui cause bien du souci car elle s'ennuie loin de chez ses parents (à trois journées de charrette) à broder et à subir les regards hostiles de sa voisine pas commode originaire de l'Ile de Sein.

Depuis qu'elle a suivi son mari sur la pointe du raz- chez les Capistes!- leur couple se fissure peu à peu pour les multiples raisons que vous découvrirez .

Ecrit sous la forme d'un compte-rendu, d'un gardien de phare à son supérieur, le récit se transforme en journal passionnel.

Les illustrations de Mathurin Méheut sont peut-être un plus pour un récit qui n'en avait pas besoin.

Car Anatole le Braz se montre à la pointe (du Raz).
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thedoc
  06 août 2020
Pour moi qui suis une amoureuse de la Bretagne, les récits d'Anatole le Braz sont toujours comme une immersion en terre celtique depuis mon fauteuil.

C'est une histoire entre mer et terre.
Une histoire bretonne, de cette région où la terre prend fin à la pointe du Raz, où les roches se font coupantes et l'herbe rare. Ce décor âpre et dur est à l'image des âmes qui errent sur cette lande désertique… Au loin d'un petit hameau qui accueille les familles des gardiens se dresse la haute silhouette d'un phare, celui de Gorlebella, « dans une solitude éternelle, au milieu d'une mer farouche agitée d'incessants remous et dont les sourires même, les jours de calme, ont quelque chose d'énigmatique et d'inquiétant. » Dans ce tableau isolé et venteux va se jouer l'histoire la plus vielle du monde entre une femme trop jolie et deux hommes que tout oppose.

On retrouve dans ce récit d'Anatole le Braz les thèmes chers à l'auteur breton : les passions de l'âme et, bien sûr, la Bretagne et ses multiples facettes. L'histoire tragique du gardien chef Goulven Dénès et de sa femme Adèle illustre toute la folie des hommes lorsque la passion l'emporte sur la raison, avec des personnages bien campés psychologiquement. A travers eux, on découvre également le portrait d'une Bretagne bigarrée où chaque « pays » s'oppose à son voisin. Basse et Haute Bretagne ne sont pas les mêmes, ses gens n'ont pas les mêmes us et coutumes et encore moins les mêmes caractères. Quant aux îles comme celle de Sein, on aborde pour les continentaux une terre sauvage et inhospitalière… La Bretagne n'est pas une mais multiple. Enfin, qui dit Bretagne dit légende. Avec tout son talent de conteur attaché au folklore et aux mythes, Anatole le Braz nous offre un récit aux allures parfois de fantastique où la superstition côtoie la religion et où l'Ankou n'est jamais bien loin, quitte à l'imaginer sous les traits de la funeste îlienne enveloppée dans sa cape noire et aux révélations fatales.

« Le gardien du feu » annonce dès le début la tragédie et c'est avec quelques frissons et une tension croissante que le lecteur plonge avec délice dans ce récit typique des contes bretons où la Bretagne d'autrefois, malgré ses airs menaçants, n'a jamais parue aussi belle et mystérieuse.

En plus de cette atmosphère "régionale", « Le gardien du feu » est un formidable témoignage sur le quotidien des gardiens de phare. Auprès du personnage de Goulven, nous suivons le quotidien de ces hommes qui vivaient entre terre et mer, isolés longtemps de leur famille et aux journées parfois éprouvantes. Pour les amateurs de Bretagne, sachez que le phare de Gorlebella d'Anatole le Braz est le phare de la Vieille, situé dans le raz de Sein, entre l'île du même nom et la pointe du Raz. Si vous vous y rendez après la lecture de ce récit, vous ne verrez plus le phare et la pointe de la même façon...
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zabeth55
  22 juin 2014
Ah ! Cette Adèle, est-elle frivole ! C'est bien une fille du Trégor, va !
Alors que lui, Goulven, c'est le type même du Léon. Droit, profond, sincère, entier, peu expansif… un tantinet trop sérieux peut-être.
Pas facile pour eux de s'intégrer aux Capistes, méfiants, taiseux.
Et oui, la Bretagne est multiple. Chaque territoire ses caractères.
Quand Goulven est nommé gardien de phare à Gorlébella, dans le raz de Sein, leur vie va changer.
La forme de narration ajoute à la profondeur du récit.
Leur histoire est écrite dans un compte-rendu quotidien que Goulven écrit à son ingénieur pour lui raconter le drame inévitable qui va se produire et comment ils en sont arrivés là.
Car c'est un véritable drame qui se joue et qui nous est divulgué, tout en finesse.
Le style, un peu désuet, convient bien à l'époque où se déroule l'action.
Les descriptions sont parlantes. La côte sauvage de la pointe Finistère, c'est tout à fait ça.
Et que les sentiments sont bien rendus !
le fait d'être sur les lieux mêmes pendant ma lecture, conjugué au talent d'Anatole le Braz, a fait de ce roman une superbe découverte. (Merci Andman)
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Bene31
  27 août 2013
Depuis quelques années, lorsque je suis en vacances, j'essaie dans la mesure du possible de choisir un livre en rapport avec mon lieu de villégiature. Cette année, j'étais en Bretagne et mon choix s'est porté sur Anatole le Braz et son roman « le Gardien du feu ».

le gardien en question s'appelle Goulven Dénès. Il adresse à son supérieur hiérarchique le récit de ses derniers jours à son poste sur le phare de Gorlébella et ce qui l'a poussé au suicide. Ses ennuis commencèrent lorsqu'il rencontra la belle Adèle. Pourtant il fut heureux avec elle ! Jusqu'au jour où il découvrit une bien triste vérité à propos de son épouse…

J'ai littéralement été emballée par ce court roman. Je ne connaissais Anatole le Braz que de nom, ce fut une belle découverte. J'ai admiré la finesse du style, parfois un peu désuet, son pouvoir de suggestion, la construction du récit qui nous immerge dans les profondeurs de cette âme perdue.

Une histoire d'amour, d'adultère et de mort au coeur du Raz de Sein, aussi sauvage et indomptable que ses habitants.
Lien : http://bene31.canalblog.com/..
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sandrine57
  11 décembre 2010
Attention coup de coeur
Tout est beau dans ce très court roman qui prend la forme d'une lettre-confession;l'écriture, toute en finesse et concision, les descriptions d'hostiles terres bretonnes, la psychologie et la mentalité des personnages, les sentiments: amour, adoration, passion, désespoir, jalousie, folie. Dès les premières lignes, on a connaissance du drame et pourtant le suspense s'installe et on tourne les pages à toute vitesse pour connaitre les détails qui vont conduire au geste fou final. On ne lit pas cette histoire on la dévore.
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Fleitour
  06 mai 2015
Si vous tombez sur cet ouvrage n' hésitez pas prenez le , vous aller tomber de haut ,un phare , en pleine tempête de quoi vous réveiller et même de vous tenir en haleine . C'est plus noir que les déferlantes plus rugueux qu'un chouchen plus froid qu'un naufragé norvégien. On est loin de la Bretagne des syndicats d'initiative , c'est un roman noir glacé à la Fred Vargas .
Anatole le Braz nous surprend il n'est pas dans son registre habituel , il faut le déguster , saluons ce roman qui apparait à la lecture plus vrai qu'une fiction .
Et puis on n'est tous les jours en pleine tempête au large du Cap-Sizun .
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alaiseblaise
  19 janvier 2012
Alors, Le Braz, un écrivain régionaliste au goût de chouchen et de crêpes bretonnes au beurre salé ? N'ayez pas peur, ce livre n'est pas écrit en breton mais en bon français, très bon français. Un thriller ? Un roman romantique ? Un roman gothique ? Que sais-je ? Nous y voilà. le pitch comme on dit à la télé qu'il ne faut surtout pas regarder. Nous sommes en 1876. Y'a Goulven Denès, le gars de l'intérieur des terres, le Léonard, le gars de Léon quoi, pas très doué pour la mer...ni pour l'amour. Faute de mieux (sa mère le verrait bien curé !), il s'engage dans la marine marchande avant de finir (oui, finir sera bien le mot de la fin !) gardien de phare. "Une haute silhouette de pierre dressée en plein Raz, dans une solitude éternelle, au milieu d'une mer farouche agitée d'incessants remous et dont les sourires même, les jours de calme, ont quelque chose d'énigmatique et d'inquiétant." le phare de Gorlébella. Et puis y'a Adèle Lézurec, la sirène au front romantique, qui chante et qui lit, Adèle la Trégorroise, la belle de mer, douée pour la vie, douée pour l'amour. Rien ne les assemble, ils ont tout pour ne pas se rencontrer et pourtant ils vont se marier, peut-être s'aimer ? Goulven est amoureux fou (oui, fou sera bien le mot de la fin !). L'Adèle de mer est-elle heureuse près de ce sombre et laborieux Goulven de terre, trop terrien ? de ce livre je ne vais rien vous cacher car vous le saurez dès la première page : Goulven va enfermer dans "son" phare sa belle aimée et son amant (celui qui prend sa relève au phare !). Enfin "soi disant" amant. A vous de juger ! Allez-vous croire sur paroles (?) un perroquet des îles et une vieille bigote superstitieuse ? Ils vont agoniser pendant treize jours. Goulven se suicidera en se jetant du haut du phare. Terrible ! Alors pourquoi lire la suite ? Et bien parce que l'auteur sait nous y conduire avec mers et merveilles. Ce roman est une tempête. Il donne le vertige ! Un coup de coeur...un coup au coeur ! Fortement recommandé ! " Lorsqu'on la contemple en toute sécurité de la chambre d'un phare ou de la maisonnette blanche d'un sémaphore, comme cela, oui, je comprends la mer. Autrement, non ! Paradis des hommes, mais enfer des femmes !...."
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collectifpolar
  26 février 2020
Entre la pointe du Raz et l'île au Sein, le phare de Gorlébella. Trois hommes, les trois gardiens du feu, se relaient sur ce rocher, seul au milieu des flots. À Quimper, arrive un télégramme adressé à l'ingénieur chargé du service des phares : « Feu de Gorlébella, resté allumé toute la journée d'hier, éteint cette nuit. Rumeurs bizarres circulent. Prière donner instructions, si ne pouvez venir vous-même. » On trouve alors une liasse de papiers chargés d'une écriture serrée, l'ultime confession de Goulven Dénès. le gardien de phare relate les événements de sa vie qui l'ont mené à tuer l'autre gardien et sa femme, Adèle...
Un trio amoureux tragique entre deux gardiens de phare au large de l'île de Sein et de la pointe du Raz, et une belle Trégorroise.
En cette année 1876 au large des côtes de Bretagne, le phare de Gorlébella dresse sa haute silhouette de pierre en plein Raz de Sein, dans une solitude éternelle, au milieu d'une mer farouche agitée de remous incessants.
A cent cinquante pieds au-dessus des eaux les deux gardiens - prisonniers de l'Océan et forçats du feu - veillent sur la lanterne dont la flamme attire les goélands attardés et les oiseaux migrateurs qui viennent s'y fracasser.
Parfois, la tempête s'y déchaîne en trombes énormes. On dirait alors entendre des sons de cloches, une sorte de tocsin sauvage jailli des profondeurs de l'abîme.
C'est dans cette lugubre tour que va se dérouler le drame, peut-être le plus atroce dont les tragiques annales du Raz aient conservé le souvenir.
Voici cette fantastique histoire - d'amour et de mort - de Goulven, le gardien-chef du phare, et de son épouse Adèle, la plus jolie fille de Tréguier. Elle était sa femme devant Dieu, mais elle était aussi la femme d'un autre, devant le diable.
Extraordinaire aventure que celle-là, où les démons du Raz de Sein vont hurler leur colère dans la Baie des Trépassés. Pour l'infidèle et son amant, la vengeance du gardien va se révéler terrifiante. Et le destin s'accomplira dans le phare à jamais maudit de Gorlébella.
Lien : https://collectifpolar.com/
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