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ISBN : 2803671107
Éditeur : Le Lombard (23/03/2018)

Note moyenne : 3/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Mal-être, conduites à risque, contrôle de son apparence, addictions, troubles alimentaires, difficultés affectives ou sociales, rites de la virilité et de l'entre-soi... L'adolescence se révèle pour certains une épreuve difficile. Vécue avec exubérance ou discrétion, elle reste un passage obligé, même si elle est ressentie de façon différente par chaque nouvelle génération. Le sociologue et anthropologue David Le Breton, professeur à l'Université de Strasbourg, revi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Presence
  09 mai 2018
Il s'agit d'une bande dessinée de 66 pages, en couleurs. Elle est initialement parue en 2018, écrite par David le Breton, dessinée et mise en couleurs par Pochep. Elle fait partie de la collection intitulée La petite bédéthèque des savoirs, éditée par Le Lombard. Cette collection s'est fixé comme but d'explorer le champ des sciences humaines et de la non-fiction. Elle regroupe donc des bandes dessinées didactiques, associant un spécialiste à un dessinateur professionnel, en proscrivant la forme du récit de fiction. Il s'agit donc d'une entreprise de vulgarisation sous une forme qui se veut ludique.
Cette bande dessinée se présente sous une forme assez petite, 13,9cm*19,6cm. Elle s'ouvre avec un copieux avant-propos de David Vandermeulen de 10 pages, plus une page de notes. Il commence par rappeler que l'adolescence n'a pas toujours existé et qu'elle est apparu avec le modernisme. Il prend comme exemple celui des grecs anciens où n'existaient que 3 âges : enfant, jeune et adulte. S'en suit un extrait d'un ouvrage de Plutarque (Vie de Lycurgue) sur la gestion des jeunes enfants par la Cité, puis sur le rôle du père. Il cite alors un deuxième extrait de la Vie de Lycurgue (plus long) sur la prise en charge et l'éducation des enfants par la Cité de Sparte, à partir de leurs 7 ans. Il continue sur l'éducation grecque antique, avec les rites de passage : marginalisation, inversion et réintégration. Il revient ensuite à Sparte pour expliquer la relation entre l'éromène et l'éraste. Enfin il situe la naissance de la notion d'adolescence au dix-neuvième siècle, comme une forme de suite logique à Émile, ou, de l'éducation (1762) de Jean-Jacques Rousseau. En conclusion, il évoque la condition d'adulescent.
La bande dessinée se compose de 7 chapitres : (1) Adolescences contemporaines, (2) Rites d'initiation des sociétés traditionnelles, (3) Passages adolescents, (4) La question du genre, (5) Se construire un personnage, (6) Difficultés d'entrée dans la vie, (7) Devenir un homme ou une femme. L'exposé commence en évoquant l'étymologie du mot adolescent, en indiquant les facteurs personnels (condition sociale et culturelle, sexe) et en insistant sur la dimension affective. Il est question de l'élargissement de la période d'adolescence en amont et en aval, des comportements à risque et des situations inversées (quand l'adolescent doit aider ses parents, face à la technologie par exemple). Il est question des post-adolescents (adulescents) et de la maturation sociale qui n'est plus une aspiration impérieuse, de l'absence d'événement social qui serait le marqueur du passage au statut d'adulte. La société occidentale laisse l'adolescent se construire à son rythme.
Pour le coup, David Vandermeulen surprend complètement son lecteur, avec un avant-propos constitué pour près de moitié d'extraits essentiellement de Plutarque, mais aussi du géographe Strabon (-60, 20), de l'historienne Agnès Thiercé, pour finir par un extrait de la réticence (1991) de Jean-Philippe Toussaint. Même s'il est déstabilisé par cette entrée en la matière, le lecteur comprend bien que l'objet de cet avant-propos est d'établir que l'adolescence est une construction culturelle qui n'a pas existé de tout temps. Il peut s'interroger sur la pertinence du développement relatif à l'éromène et à l'éraste, présentant une relation homosexuelle institutionnalisée et passagère, entre un adulte et un adolescent. le choix de cet exemple a pour objectif de provoquer le lecteur, en décrivant une relation bravant les tabous des sociétés modernes, une relation sexuelle uniquement consentie par la force de la coutume. L'effet recherché est d'amener le lecteur a considérer la notion d'adolescence comme étant également un artefact culturel, peut-être tout aussi coercitif et discutable.
David le Breton et Pochep ont choisi de jouer le jeu de l'exposé, et de ne pas tenter d'utiliser une forme narrative classique. Il n'y a donc pas de narrateur, comme un avatar du scénariste, ou un personnage choisi pour animer chaque séquence. Le Breton a découpé son exposé en 7 chapitres. Il y a donc très peu de suites de case, ou 2 cases contiguës, qui représentent 2 moments d'une même action. Dans le même temps, le lecteur constate que scénariste et artiste ont vraiment travaillé ensemble pour que les dessins apportent des informations complémentaires, ou un point de vue différent sur l'objet des cartouches de texte. Pochep dessine de manière descriptive, avec une exagération dans les visages et les morphologies pour un effet comique. En particulier, il allonge systématiquement les bras des personnages, donnant une allure vaguement simiesque et relâchée aux adolescents, induisant une forme de moquerie visuelle, avec des individus qui donnent l'impression de ne pas savoir quoi faire. Il n'hésite pas non plus à représenter les visages couverts d'acné, les expressions bêtes et stupides, la sudation, les bagues pour redresser la dentition. Ce parti pris permet d'accentuer l'expressivité des personnages, mais les rend également systématiquement ridicules, avec souvent des postures dramatisées.
Pochep n'a pas beaucoup d'occasions pour représenter des adultes, mais ils en prennent également pour leur grade. Il utilise des couleurs assez joyeuses, évoquant une forme d'exubérance parfois associée à l'adolescence. Au fil des séquences, le lecteur peut apprécier les différentes idées visuelles pour insuffler de la variété et s'adapter au déroulement du discours. Il utilise parfois une représentation en deux dimensions, avec des traits de contours présentant de petits angles droits, comme si les personnages étaient constitués de minuscules carrés, s'inspirant du niveau de définition des premiers jeux vidéo. Il insère de temps à autres des éléments de décors directement emprunté à l'univers de Mario Bros, comme les tuyaux ou les briques. Il n'hésite pas à faire apparaître des scores et des niveaux quand le texte s'y prête. Il représente également les personnages sous forme de dessin 3D. Il utilise aussi des schémas corporels pour évoquer les changements physiologiques. le lecteur se retrouve vite entraîné par cette narration visuelle qui rend explicites et concrets des concepts évoqués dans le texte, et dont les éléments caricaturaux amènent un sourire régulier sur le visage du lecteur.
Le premier chapitre sert à rappeler des éléments sociologiques, comme l'augmentation de la durée de l'adolescence, la lente transformation du sentiment d'identité à travers des expérimentations, le paradoxe pour les adolescents de grandir alors que le mot d'ordre pour les adultes est de rester jeune, la relation de dépendance matérielle vis-à-vis de ses parents, et affective, l'absence de rite de passage à l'âge adulte, à l'exception de l'atteinte de la majorité à 18 ans. le deuxième chapitre reprend l'idée de David Vendermeulen, de montrer des exemples de rites de passage dans des sociétés traditionnelles qui ne connaissaient pas le concept d'adolescence. Ainsi l'auteur fait comprendre comment cette absence de repère de l'atteinte de l'âge adulte constitue une difficulté supplémentaire pour s'y retrouver quand on est adolescent. Dans le même temps, il rappelle que ces rites de passages reposaient souvent sur des brimades et même des violences, citant une longue liste d'exemples comprenant circoncision, subincision, excision, amputation, perforation, morsure, limage ou arrachage des dents, arrachage des cheveux, tonsure, épilation, flagellation, scarification, tatouage, excoriation, brûlure, bastonnade, etc. Ce n'était pas forcément mieux avant.
Au fil des chapitres, l'auteur aborde les thèmes attendus : recherche et construction d'une nouvelle identité, conformisme au groupe et anticonformisme vis-à-vis des codes des adultes, importance de la famille nucléaire, multiplication des premières fois, nécessité de trouver le goût de vivre, phases hautes et basses, conformisme aux stéréotypes de genre, absence de recul par rapport aux émotions. le lecteur découvre, ou redécouvre s'il est déjà un adulte, ces particularités et ces enjeux contextualisés dans la société moderne française. Il s'étonne un peu de quelques passages. En particulier, David le Breton insiste sur 3 pages sur le symbolisme des piercings et des tatouages, à la fois avec une métaphore saisissante du piercing du nombril (une manière d'afficher la coupure du cordon ombilical avec ses parents), à la fois d'une manière tellement généraliste que la remarque n'est que ça : une généralité. Par ailleurs, le lecteur peut trouver peu heureux de parler systématiquement de l'adolescent, en le qualifiant de le jeune. Cela ressemble à un mot valise permettant de ne pas avoir à rentrer dans les détails, à nuancer son propos. Cette dernière particularité devient criante lorsque David le Breton évoque des comportements comme s'appliquant à la grande majorité (pour ne pas dire la totalité) des jeunes, ou plutôt des adolescents. Il présente comme une évidence que la majorité des adolescents est victime des marques, ou que les conversations des filles s'inscrivent dans un processus mutuel de coopération, de négociation, de séduction, misant sur leur capacité de communication, là où les garçons se coupent la parole et tentent d'avoir le dernier mot à travers un style locutoire laissant moins de place à l'écoute.
Le lecteur garde à l'esprit qu'il s'agit d'un ouvrage de vulgarisation et qu'il est légitime que les auteurs prennent des raccourcis et ne rentrent pas les détails sociologiques, physiologiques ou scolaires. Mais la conjonction de généralités présentées comme des certitudes et des dessins tournant les adolescents en dérision, voire en ridicule, finissent par générer une impression étrange quant à l'objet de leur étude. le lecteur en vient à ne plus trop savoir s'il lit des évidences (il n'a qu'à se souvenir de sa propre adolescence), des observations perspicaces (un adulte s'exprimant à un adolescent, en oubliant la force des émotions, positives ou négatives, générées par les premières fois), des généralités trop grossières. En particulier, l'exposé insiste sur les désagréments liés à cet âge particulier, et ne mentionne pas la capacité des adolescents à se montrer critique, à prendre du recul sur certaines choses, à détecter quand ils sont l'objet de manipulation, par les parents, par le marketing. C'est comme si le discours se focalisait trop sur la notion d'âge bête ou les conduites à risque pour prévenir les parents, oubliant les bons côtés de cette période, à commencer par le plaisir de la découverte. En outre, la question de devenir adulte est au centre de cet âge de passage (de l'enfant à l'adulte), sans que jamais la notion ne soit explicitée.
En fonction des attentes du lecteur, ce tome peut laisser une impression étrange. Les auteurs ont su trouver une forme qui embrasse le parti ris d'exposé, sans fiction, avec des idées de mises en scène appropriées et variées. L'exposé est clairement structuré, rappelant que la notion d'adolescence est assez récente, que la problématique d'arriver à l'âge adulte souffre d'un manque de repère clair, et énonçant les caractéristiques de l'âge adolescent dont le lecteur adulte se souviendra au fur et à mesure. Dans le même temps la tonalité du discours s'avère déconcertante, comme une explication pour parents dépassés, voyant surtout les inconvénients et les risques pour un adolescent.
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Organdi
  09 avril 2018
Encore une fois la collection La Petite Bédéthèque des Savoirs nous propose un petit ouvrage de qualité. Il s'agit ici de traiter de l'adolescence, période plus ou moins courte, plus ou moins longue, mais en tout cas un vaste sujet. Ici on se contentera d'explorer ce qui la caractérise, sous son aspect sociologique. Pour ce faire, David le Breton, sociologue et anthropologue : il a déjà écrit plusieurs ouvrages sur l'adolescence, mais aussi sur la douleur, le tatouage, les conduites à risques, les émotions, et la marche (Marcher : Eloge des chemins et de la lenteur, il faut en avoir l'idée tout de même !!)… Au dessin, Pochep, issu de Fluide Glacial, dont on reconnaitra les graphismes caractéristiques.
Et toujours un avant-propos hyper pertinent et documenté de David Vandermeulen.
La question est resituée dès le début : on parle ici des adolescences contemporaines, dans les sociétés mondialisées. Un chapitre est dédié, à effet de comparaison, aux rites d'initiation des sociétés traditionnelles, où justement la longue période adolescente n'existe pas.
Relations avec les parents et les copains, image de soi, construction de la personnalité et de l'identité… les différents thèmes s'enchainent de manière fluide et logique. Une place particulière est réservée à la question du genre, plus que jamais appropriée en l'occurrence, les différences le plus souvent observées entre les garçons et les filles étant nombreuses.
Même si je n'ai pas aimé le dessin, je trouve qu'il est vraiment salutaire pour éclairer et alléger le propos sociologique. Il ajoute de l'humour et améliore vraiment la compréhension. La métaphore filée du jeu vidéo est particulièrement bien trouvée, on suit l'ado au fil de diverses épreuves et ses passages de niveau ! (Si tu n'as pas connu Super Mario, des subtilités vont t'échapper !). le titre du chapitre Se construire un personnage peut d'ailleurs se comprendre à différents degrés.
Au final on nous donne des clés pour nous permettre de mieux comprendre la psychologie adolescente, pourquoi entrer dans la vie et devenir un adulte est vécu comme étant difficile.
Une lecture enrichissante, qu'une bibliographie à la fin de l'ouvrage permet de compléter si on le souhaite. A lire.
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Corinne31
  18 avril 2019
Il y a des explications et des visions intéressantes, avec de l'humour qui permet de faire mieux passer les informations.
Je n'ai toutefois pas trop accroché sur les graphismes et j'ai trouvé que le niveau était assez complexe : plutôt pour les 4e/2nde.
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Cap0CapesDoc
  11 avril 2019
J'avais acheté cette petite BD documentaire pour le CDI pour mes collégiens. Je viens de le lire... Oups, ce n'est pas du tout destiné aux adolescents ! C'est une étude très sociologique, aux illustrations crues, les ados sont décrits comme des victimes de la société de consommation... le texte est écrit avec un vocabulaire trop complexe pour les jeunes, le dessin est, lui, parfaitement adapté à la thématique. Pour les profs, les parents d'ados.
Lien : http://capocapesdoc.over-blo..
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critiques presse (1)
Sceneario   16 mai 2018
Un ouvrage encyclopédique avec des définitions, des observations et des jugements qui laissent peu de place à l'émotion ou au droit de réponse des principaux intéressés.
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
OrgandiOrgandi   09 avril 2018
Il acquiert le droit de voter, de conduire, de se marier et d'autres droits encore.
Mais en même temps, il continue à se trouver dans une relation de dépendance matérielle vis-à-vis de ses parents, parfois même la dépendance affective se poursuit.
Le jeune n'est plus tout à fait un enfant sans être encore un homme ou une femme et il ne cesse de s'interroger à ce propos.
L'adolescence est le temps progressif de la maturation, de la construction des assises d'un sentiment d'identité plus élaboré.
Cette période est parfois si étendue dans le temps qu'il est difficile de parler de phase intermédiaire car elle implique simultanément des références culturelles propres et une sociabilité spécifique. Elle est un temps plein de l'existence et non un simple sas entre deux époques de la vie...
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PresencePresence   10 mai 2018
Les filles sont d'avantage enclines à des relations d'amitié à deux ou à trois, elles sont rarement en bande. Leurs conversations s'inscrivent dans un processus mutuel de coopération, de négociation, de séduction, misant sur leur capacité de communication, là où les garçons se coupent la parole et tentent d'avoir le dernier mot à travers un style locutoire laissant moins de place à l'écoute. Si les garçons ne cessent de se mesurer, les filles s'observent et commentent volontiers leurs apparences respectives, leurs coiffures, leurs vêtements, leurs qualités ou leurs défauts. Elles se donnent des conseils, échangent souvent leurs vêtements.
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PresencePresence   09 mai 2018
Les spots publicitaires, prenant acte du renversement des générations, montrent de petites femmes ou de petits hommes, déjà blasés, donnant avec complaisance des leçons à leurs parents ne comprenant rien à la vie. Les enfants ont cessé d'être tout à fait des enfants, de plus ne plus appelés à décider d'eux-mêmes avec une autonomie croissante, et chargés souvent d'initier leurs parents aux technologies nouvelles. De ce fait, ils sont souvent encombrés d'une responsabilité qui n'est pas la leur, renforcée par le recul de la position éducative des aînés.
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PresencePresence   10 mai 2018
Là où l'adulte confronté à des difficultés personnelles peut les relativiser et les mettre à distance, voire mêle recourir à un tiers (médecin, psychologue, etc.), afin de les surmonter, l'adolescent les prend de plein en refusant toute aide.
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PresencePresence   09 mai 2018
Mémoire incisée dans la chair, la trace cutanée marque désormais l'apparence physique des initiés : circoncision, subincision, excision, amputation, perforation, morsure, limage ou arrachage des dents, arrachage des cheveux, tonsure, épilation, flagellation, scarification, tatouage, excoriation, brûlure, bastonnade, etc.
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Vidéo de David Le Breton
Présentation de l'ouvrage "Le silence et la parole, contre les excès de la communication", Editions Eres 2017, auteurs : Philippe Breton et David le Breton
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