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Natalie Zimmermann (Autre)Lorris Murail (Autre)
ISBN : 2221011031
Éditeur : Robert Laffont (01/01/1983)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 74 notes)
Résumé :
Adieu Smiley, bonjour Charlie, la nouvelle héroïne de John le Carré. Comme on pouvait s'y attendre, elle ne répond à aucun des clichés du genre: petite actrice anglaise embarquée malgré elle dans un rôle de véritable espionne, elle est plutôt paumée et - n'était sa sensualité rayonnante - elle serait même plutôt moche... Et pourtant, elle est inoubliable.
Adieu le Cirque et bienvenue - si l'on peut dire! - au Moyen-Orient, où les valises explosent, les cœurs ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
mariecesttout
  13 février 2014
Ah, je n'avais pas pensé, mais c'est vrai, finalement, que Nikita était la même histoire que La petite fille au tambour! Qui a d'ailleurs été adapté par George Roy Hill . Film très moyen, mais avec Diane Keaton, et j'aime beaucoup Diane Keaton. Et Sami Frey! Curieux mélange.
J'aime beaucoup John le Carré. Et celui-là est peut être mon préféré. Je l'ai relu il y a quelque temps avec toujours autant de plaisir, c'est un signe!
Je pense que c'est à cause de ce personnage féminin, construit avec tellement de finesse, qui éclaire ce roman pourtant très noir.
"À la fin de l'été 1982, à l'aube d'une journée qui s'annonçait paisible dans le quartier diplomatique de Bad Godesberg, près de Bonn, en Allemagne, saute la voiture piégée de l'attaché d'ambassade israélien venu négocier des contrats d'armement. Deux autres explosions lui font écho ..."
D'emblée, on est dans l'action , un des conflits les plus passionnés de notre époque qui ne trouvera sans doute jamais de solution.
Action, réaction des services de renseignements israéliens dont le responsable dans ce roman se nomme Kurtz, le Carré et Conrad, c'est une longue histoire.
Et voici Charlie.. Charlie est une jeune femme un peu perdue, révoltée contre à peu près tout pour des raisons multiples qu'elle peine à expliquer. Comme elle peine à expliquer pourquoi elle se laisse maltraiter par une brute. Mais, avant tout, c'est une actrice. Qui attend le rôle de sa vie. Elle va l'avoir .
Ce qui fait la richesse de ce roman, c'est comme toujours chez le Carré,la complexité des situations , et ses propres sentiments ambivalents , ambivalence qu'il nous fait partager à travers ce très beau personnage féminin.
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GeorgesSmiley
  28 mars 2019
"Et ce que vous voulez savoir ensuite, Charlie, fit-il, c'est ce que vous faites là avec nous et pourquoi on vous a traînée ici en prenant tant de précautions et de façon si cavalière. Je vais vous le dire. La raison, Charlie, en est que nous voulons vous proposer un travail. Un travail d'actrice... le plus grand rôle qu'on vous ait jamais offert, le plus exigeant, le plus difficile, certainement le plus dangereux mais certainement aussi le plus important... le rôle que nous vous proposons, Charlie, combine tous vos talents, tant sur le plan humain que professionnel.»
Adieu George (Smiley), adieu la guerre froide, bonjour Charlie, petite actrice idéaliste sur laquelle tombe le rôle de sa vie sur fond de conflit israélo-palestinien et d'attentats sanglants en Europe.
« Elle se prénommait en fait Charmian, mais tout le monde l'appelait « Charlie », et parfois même « Charlie la rouge » en référence à sa couleur de cheveux et à ses positions extrémistes qui représentaient sa façon à elle de se soucier du monde et de lutter contre les injustices. »
De son talent, de la qualité du scénario et de son interprétation vont dépendre sa vie et celles de nombreuses autres personnes. Manipulations, usurpations d'identités, création de « légendes » comme on dit aujourd'hui, JLC nous emmène dans une aventure haletante et brillante où l'émotion est toujours à la hauteur de l'action. Et toujours d'actualité car, après le film de 1984 où Charlie avait les traits de Diane Keaton, la BBC a sorti l'an passé une série actuellement diffusée sur C+ et qu'il serait regrettable de regarder sans avoir lu, au préalable, ce magnifique roman.
De Mykonos, où tout débute, à Fribourg en Brisgau en passant par Londres, Beyrouth, Jérusalem et les camps d'entrainement palestiniens , mystère, émotion, psychologie, amour et suspens sont au rendez-vous dans une langue, comme toujours, aussi riche qu'évocatrice.
Epoustouflant !
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Fourvin
  30 novembre 2014
Lu il y a bien longtemps, une trentaine d'années certainement, à une époque où le contexte décrit était encore d'actualité ou très frais dans les mémoires. Et depuis longtemps aussi le projet de le relire ; le Livre de Poche m'a suivi dans tous mes déménagements depuis lors et a survécu à toutes les purges de ma bibliothèque...
Déjà lecteur séduit de le Carré, j'avais été subjugué par celui-ci. Non, seulement on y retrouvait sa pleine capacité de description clinique des situations, mais il introduisait un élément, supplémentaire, supérieur, de manipulation (la fameuse image qu'on attache à le Carré : celle de la matriochka, ces poupées russes qui s'emboîtent les unes dans les autres). Manipulation autant de Charlie, l'héroïne, que du lecteur, ce qui demeure une des formes ultimes du Roman.
Étonnant que la sensation de lecture en demeure aussi vive 30 ans plus tard. Peut-être la marque qu'il s'agit du meilleur roman de son auteur. Et curieux de savoir si ma mémoire est fidèle et si le contexte en est toujours intelligible. Une vraie envie de relecture, indubitablement.
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madameduberry
  20 novembre 2013
Terrorisme,espionnage, moyen orient, manipulation: mais pas de barbouzes à lunettes noires, la fille en bikini se rhabille dès les trentes premières pages, et il n'y a pas beaucoup de scènes en robes de soirée avec faux cils. Aucune, même.
C'est un livre qu'on ne lâche pas une fois que le cadre est posé, ce qui prend toujours un certain temps chez le Carré. le personnage masculin principal est un homme séduisant. Pour une fois un personnage féminin est traité de façon approfondie, et même, il y a une relation affective qui se développe entre les deux. Oui mais c'est une histoire d'espionnage me direz-vous. Oui, vous répondrai-je. Et même qui nous en apprend de belles sur les méthodes au Proche Orient.
Histoire du recrutement et de la formation d'une espionne, ce livre a été honteusement pompé par Luc Besson dans Nikita. Honteusement et mal.
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Holon
  20 octobre 2016
De temps a autre j'ajoute ce que j'ai lu avant que Babelio existe et ce bouquin que j'ai aimé lire en fait partie
A l'époque 1983, j'étais de gauche et j'avais un préjugé favorable envers l'Islam, la lecture de ce roman m'avais perturbé. Plus aujourd'hui, je me rends compte maintenant qu'ils n'y a pas de bons ni de méchants seulement la vision qu'on a des choses selon l'environnement et notre confort.
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
GeorgesSmileyGeorgesSmiley   24 mars 2019
Le vol de nuit Munich-Berlin constitue, pour les quelques personnes qui le connaissent, l'un des derniers grands voyages empreints de nostalgie que l'Europe offre encore. Les soixante minutes de vol nocturne au-dessus du couloir est-allemand, à bord d'un coucou branlant aux trois quarts vide de la Pan American représentent pour ceux qui ont conservé quelques souvenirs le véritable safari d'un vieil habitué qui s'abandonne à ses penchants. Votre regard plonge dans les ténèbres du territoire ennemi et vous voyez défiler vos souvenirs.
Kurtz ne faisait pas exception. Il s'était installé près du hublot et ses yeux se perdaient dans la nuit, au-delà de son propre reflet. Quelque part dans l'obscurité courait cette même voie ferrée qu'avait emprunté le train de marchandises dans son interminable voyage en provenance de l'est : quelque part se trouvait la même voie d'évitement sur laquelle le train s'était immobilisé cinq nuits et six jours, en plein coeur de l'hiver, pour laisser la place aux convois militaires, tellement plus importants, tandis que Kurt et sa mère, ainsi que cent dix-huit autres Juifs entassés dans les wagons, mangeaient de la neige et mouraient de froid. "Au prochain camp, tout ira mieux", répétait sa mère pour le rassurer, pour lui donner du courage. Quelque part dans cette obscurité, sa mère s'était ensuite rangée passivement dans les rangs qui allaient à la mort; quelque part dans ces champs, le petit Sudète qu'il était avait eu faim, avait volé et tué, s'attendant sans illusion qu'un autre monde hostile le rattrape. Kurt vit les camps d'accueil alliés, les uniformes inhabituels, le visage des enfants, aussi vieilli et creusé que l'était le sien. Un nouveau manteau, de nouvelles bottes, de nouveaux barbelés, et une nouvelle évasion, mais de chez ses libérateurs cette fois-ci. Il se revit dans les champs, se coulant des semaines durant de fermes en villages en direction du sud, balloté là où le conduisait sa ligne de fuite, vers des terres où les nuits graduellement se réchauffaient, où l'air se chargeait du parfum des fleurs, et où, pour la première fois de sa vie, il perçut le bruissement des palmiers dans le vent salin. "Ecoute-nous, pauvre petit garçon gelé, lui murmurèrent-ils. C'est le bruit que nous faisons en Israël. Vois comme la mer peut être bleue ici." Il vit le vapeur rouillé à demi dissimulé derrière la jetée et jamais ses yeux n'avaient effleuré bateau plus grand et plus beau; le pont était si noir de la foule des têtes juives qu'il déroba une calotte lorsqu'il s'embarqua et n'osa l'enlever avant que le bateau eût quitté le port. Sur le pont, de petits groupes s'étaient formés et les chefs montraient comment se servir des fusils Lee-Enfield volés. Deux jours encore le séparaient de Haïfa, mais la guerre de Kurtz venait tout juste de commencer.
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   25 mars 2019
Trouvez le gosse, expliqua Kurtz à son équipe de Jérusalem avant d'entamer son énigmatique voyage. Il y a un gosse et il y a son ombre. Trouvez le gosse, l'ombre suivra, aucun problème. Kurtz leur enfonça cette idée dans le crâne jusqu'à ce qu'ils le haïssent; il savait imposer une pression avec autant d'acharnement qu'il savait résister aux contraintes. Il téléphonait à ses hommes depuis les endroits les plus invraisemblables, à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, simplement pour leur rappeler sans cesse sa présence. Alors, vous l'avez trouvé, ce gosse ? Il alla tirer des réservistes du confort de leurs planques administratives et les renvoya, sans solde, derrière leurs anciens bureaux dans le but d'accélérer les recherches. Trouvez le gosse. Il nous indiquera le chemin. Un jour, comme ça, il lui attribua un nom de code, Yanuka, nom affectueux signifiant gosse en araméen, ou plus exactement nourrisson à demi sevré. "Attrapez-moi Yanuka et je livrerai à ces clowns toute l'organisation sur un plateau."
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   26 mars 2019
Le lendemain, l'explosion qu'il attendait mais n'était toujours pas en mesure de prévenir se produisit. Quoique épouvantable, elle servit son dessein. En Hollande, un jeune poète israélien, venu à l'université de Leyde pour y recevoir un prix, trouva la mort le matin de son vingt-cinquième anniversaire. Un colis piégé lui avait été remis à son hôtel, alors qu'il prenait son petit déjeuner. Kurtz (...) encaissa comme un vieux boxeur prend un crochet : il chancela, ferma les yeux une seconde, mais quelques heures à peine plus tard, il se tenait dans le bureau de Gavron, une pile de dossiers sous le bras et deux versions de son plan dans sa main libre.
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   26 mars 2019
"Et ce que vous voulez savoir ensuite, Charlie, fit-il, c'est ce que vous faites là avec nous et pourquoi on vous a traînée ici en prenant tant de précautions et de façon si cavalière. Je vais vous le dire. La raison, Charlie, en est que nous voulons vous proposer un travail. Un travail d'actrice... Le plus grand rôle qu'on vous ait jamais offert, le plus exigeant, le plus difficile, certainement le plus dangereux mais certainement aussi le plus important... Le rôle que nous vous proposons, Charlie, combine tous vos talents, tant sur le plan humain que professionnel. Votre esprit. Votre excellente mémoire. Votre intelligence. Votre courage. Mais aussi cette qualité supérieure dont j'ai déjà parlé : votre chaleur humaine. Nous vous avons choisie, Charlie. Nous vous avons attribué le rôle. Il y avait beaucoup de concurrents au départ, des candidats de nombreux pays. Nous avons opté pour vous et c'est pour cette raison que vous êtes ici. Parmi vos fans. Tous ceux qui sont présents dans cette pièce vous ont vu jouer, tous vous admirent. Alors mettons les choses au clair. De notre côté, il n'y a aucune hostilité. Il y a de l'affection. Il y a de l'admiration. De l'espoir. Ecoutez-nous jusqu'au bout. C'est vous que nous voulons. Nous avons besoin de vous. Et il y a là-bas des gens qui vont avoir encore plus besoin de vous que nous."
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   28 mars 2019
"Montrez-lui ses mains", ordonna Kurtz lorsqu'il eut éteint le magnétophone.
"Tant qu'il vivait dans les camps, le travail manuel lui faisait des mains calleuses", expliqua Kurtz en venant les rejoindre. "Maintenant, c'est un grand intellectuel. De l'argent, des filles, de bons repas, la vie facile. Je me trompe, mon petit gars ? Tu es un grand intellectuel, c'est bien ça ?" Sa voix n'exprimait ni cruauté ni ironie. Il aurait tout aussi bien pu s'adresser à un fils dévoyé. "Mais tu fais faire le travail par les filles à ta place, n'est-ce pas mon petit gars ? En fait, il s'est même servi de l'une d'elles comme d'une bombe", raconta-t-il à Charlie. "Il l'a mise dans l'avion avec une très belle valise. L'avion a explosé. Je suppose qu'elle n'était pas au courant. Ce n'est pas très joli, n'est-ce pas, mon petit gars ? Cela ne se fait pas avec une dame."
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Videos de John Le Carré (30) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de John Le Carré
Bande annonce de la série The Little Drummer Girl, Adaptation du roman La Petite Fille au tambour de John Le Carré.
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