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Mimi Perrin (Traducteur)Isabelle Perrin (Traducteur)
ISBN : 2020557215
Éditeur : Seuil (08/04/2005)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 351 notes)
Résumé :
Tessa Quayle, jeune et belle avocate anglaise, a été sauvagement assassinée près du lac Turkana dans le nord du Kenya. Son compagnon de voyage et amant supposé, médecin africain d'une organisation humanitaire, a disparu sans laisser de trace. Justin, l'époux de Tessa, diplomate de carrière au haut-commissariat britannique de Nairobi et jardinier amateur, se lance dans une quête solitaire à la recherche des tueurs et de leur mobile.
Sa quête l'entraîne à Londr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
darkmoon
  29 décembre 2013
Voici un thriller engagé qui nous montre les pratiques peu glorieuses des pays riches envers le continent africain. Les laboratoires pharmaceutiques soucieux de développer leurs nouveaux médicaments rapidement et à moindre frais n'hésitent pas à recourir à l'expérimentation humaine sur des populations frappées par la misère. le paradoxe est très douloureux car ces mêmes médicaments sont destinés à sauver à terme la vie d'autres gens. D'un point de vue très général un tel cynisme peu se défendre mais humainement il est insoutenable. Les gouvernements et tous leurs dignitaires ferment les yeux sur ce lucratif business allant même jusqu'à faciliter les opérations si besoin. Heureusement quelques individus courageux s'insurgent au travers d'associations humanitaires. le grand mérite de John le Carré est d'avoir porté le dilemme au sein d'un couple où Justin Quayle fera son examen de conscience de la façon la plus douloureuse qui soit après que son épouse ait été assassinée pour avoir trop fouiné dans les affaires d'un riche magnat local.
Sous des dehors de roman à suspense et engagé, John le Carré orchestre avec maestria la savante alchimie d'une histoire à l'échelle mondiale, à savoir le lobbying pharmaceutique et plus généralement la condescendance effroyable avec laquelle l'homme "civilisé" traite le "sauvage" africain, et de l'histoire personnelle de deux êtres, celle d'une histoire d'amour (manquée ?) entre un diplomate résigné et sa jeune femme aux idéaux humanitaires. de leurs instants rares d'intimité, comme volés avant que ne les rattrape la fatalité...Car c'est avant tout la psychologie des différents personnages qui fait la force du récit et entretient les ambiguïtés. le protagoniste principal, Justin, est le flegme britannique personnifié. Constamment calme et maître de lui-même, respectueux des règles de bienséance et de ses supérieurs hiérarchiques. Sa principale passion est le jardinage, prendre soin de ses plantes vertes, activité qui symbolise bien son désir de ne pas importuner autrui et de s'enfermer dans sa petite bulle de codes moraux, docilement et gentiment. Ce n'est qu'au moment où cet homme qui a passé sa vie à contrôler tous ses sentiments perd pied qu'il les extériorise enfin. Tessa, son épouse, est passionnée, engagée, c'est une idéaliste. Elle a des convictions et n'hésite pas à les faire entendre ni à agir en conséquence. Personnage fascinant, entier qui s'intéresse aux autres et rêve de justice. C'est donc le récit d'un couple dont l'avenir est sacrifié pour une cause humanitaire, où l'épouse portait la culotte et faisait des cachotteries à son mari pour le préserver. Heureusement, la mort de Madame Quayle agit comme un électrochoc sur son époux si bien élevé. Une passion évidente les unissait, le mariage était précipité mais c'est à la mort de Tessa que Justin apprend réellement à la connaître et à la comprendre. Enquête politique mais enquête humaine également et qui nous fait voyager à travers le monde en faisant un arrêt prolongé dans les magnifiques paysages du Kenya.
Un très bon roman donc, qui reflète bien le sujet et la problématique de la mondialisation, ses effets pervers et inégalitaires. Une passion pour une cause humanitaire qui se transmet au sein d'un couple, prêt à tout pour se protéger l'un l'autre. Une belle leçon d'humanité et d'amour.
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carre
  23 mars 2012
Le diplomate John Quayle débarque à Nairobi au Kenya avec sa jeune épouse Tessa, avocate. La vie de cet agent gouvernemental bascule dans l'horreur lorsque sa femme, révoltée par le sort des autochtones et militant auprès d'OGN est retrouvée violée, assassinée. Partie avec le docteur Bluhm, médecin africain très impliqué auprès de la population celui-ci a disparu. Effondré, Quayle doit néammoins prouver son innocence car la rumeur enfle disant que Tessa voyageait avec son amant. Dès lors l'homme effacé, discret va se faire violence pour faire la lumière sur l'abominable meurtre de Tessa. Et découvrir l'hypocrisie meurtrière de l'Angleterre qui cache la vérité pour protéger le lobby de l'industrie pharmaceutique. Les lecteurs coutumiers de le Carré seront surpris car ici, point de manipulation, de poker menteur, d'espions retournés, Justin est juste un homme blessé dans sa chair et son honneur, ,indigné et seul, il n'a qu'une idée, laver l'honneur de l'être aimé.
La charge de le Carré bien que fiction, fait bien évidemment penser aux scandales qui éclaboussent régulièrement les laboratoires pharmaceutiques et l'on ce dit que le réel est peut être dans ces pages.
La belle Tessa hante constamment le récit et l'on se dit que le combat pour rétablir la vérité coute que coute est une formidable preuve d'amour.
Passionnant, glaçant, captivant. le meilleur le Carré pour moi.

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Chaplum
  22 avril 2012
La découverte du cadavre de Tessa Quayle, assassinée alors qu'elle venait de passer la nuit dans un oasis dans le Nord du Kenya, avec un beau médecin belge d'origine africaine et qu'ils partaient vers le Turkana, produit des remous au Foreign Office. Il faut dire que la belle et jeune avocate était mariée à un des diplomates mais qu'elle menait de grands combats contre la pauvreté et les injustices en Afrique. Ce qui n'était pas toujours du goût des autorités britanniques. Mais alors que la Grande Bretagne veut étouffer l'affaire, Justin, le mari de Tessa veut au contraire faire la lumière sur le meurtre de sa femme qui, il le découvre, se battait contre de grands groupes pharmaceutiques.
J'ai longtemps cru que John le Carré écrivait d'ennuyeux romans d'espionnage jusqu'à ce que je voie quelques bribes du film tiré de ce roman et qui m'ont donné envie de le lire. Si ce n'est pas vraiment un roman d'espionnage, on se retrouve malgré tout plongé en plein coeur d'une intrigue où l'auteur nous montre comment humanitaire, politique, corruption, recherche médicale et quête du plus grand profit sont étroitement liés et ce au détriment des régions pauvres du monde dont la population paie encore et toujours la cupidité de ses dirigeants corrompus et des pays occidentaux. Rien de nouveau sous le soleil, cela ne fait que confirmer ce que je savais déjà de mes lectures et de mes recherches sur un sujet qui m'interpelle.
Dans ce cas-ci, la cible sont les industries pharmaceutiques qui testent des médicaments pas encore au point sur des populations du Tiers-Monde qui ne pourront pas se défendre en cas de problème. Les premiers effets secondaires indésirables se font rapidement sentir entraînant la mort de nombreuses personnes au Kenya mais ils sont occultés par la société qui compte mettre le produit sur le marché. Cependant Tessa et son ami Bluhm, le médecin belge, ne l'entendent pas de cette oreille, au risque de défier les autorités et ces multinationales sans foi ni loi. Ils le paieront de leur vie.
John le Carré signe avec La constance du jardinier un thriller passionnant et haletant qu'il est difficile de lâcher tant le lecteur a envie de découvrir ce qu'il est arrivé aux deux amis. Justin, le mari qui ignore tout de ce que faisait sa femme car sa position diplomatique empêchait Tessa de pouvoir lui confier ses recherches et découvertes. Il avait une confiance aveugle en elle et c'est pourquoi il ne supporte pas qu'elle soit salie par les ragots après sa mort. Les personnages de Justin et de Tessa sont tous les deux forts et passionnés mais chacun à leur manière. le romancier prend le temps de les développer et chaque étape nous permet d'entrevoir de nouvelles facettes de leur caractère.
Ce roman est beaucoup plus qu'un simple thriller et c'est peut-être la seule critique que j'émettrai. C'est que parfois il tire en longueur. Les narrateurs changent tout au long du récit et s'alternent. le lecteur découvre la vie du Haut Commissariat au Kenya et le rôle que les différents diplomates et donc que les politiques ont joué dans cette histoire. Mais parfois, cela regorge de détails un peu inutiles, selon moi.
Un roman passionnant que je conseille, certes pas optimiste sur l'état de notre monde, mais qui me permet de découvrir un auteur de grande qualité !
Lien : http://www.chaplum.com/la-co..
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patrick75
  12 avril 2012
Plutôt bien écrit ,avec une histoire qui peut paraître réaliste ,j'avoue que j'ai été surpris par ce livre .
Un récit qui est en fait un prétexte pour dénoncer les abus des laboratoires pharmaceutiques( même si l'auteur s'en défend en fin d'ouvrage).
Les fameux "labos" qui auraient tendance à utiliser le continent africain comme" terrain d'essai" pour leurs nouvelles molécules avant de les commercialiser en occident .
Je lirai certainement d'autres livres de john le Carre .
Désolé de ne pas l'avoir défendu mieux que cela, j'ai parfois du mal a trouver les mots, mais il méritait surement mieux .
Heureusement, certaines personnes sur le site (plus doués que moi ) l'on certainement déjà fait.
Il n'est pas possible que ce livre soit passé inaperçu .
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afleurdemots
  24 septembre 2013
Ma rencontre avec John le Carré s'est d'abord faite grâce au cinéma. Sur les conseils de notre prof d'anglais à la fac, j'ai découvert « The constant gardener », un thriller très critique sur l'industrie pharmaceutique. J'ai adoré le film alors ni une ni deux quand j'ai appris qu'il y avait à l'origine un livre (comme c'est en général le cas pour nombre de bons films) et que qui plus est, je suis tombée dessus à la médiathèque, je n'ai pas hésité une seule seconde.
Je dois avouer que je suis bien heureuse d'avoir visionné le film et d'avoir ainsi découvert les personnages et les grandes lignes de l'histoire avant de me plonger dans le livre parce que sincèrement je ne sais pas si dans le cas contraire je n'aurais pas lâcher le livre avant la fin. Non pas que ce livre se soit révélé être une déception, ce n'est pas le cas mais le début est lent. Alors bien sûr, sur le fond, l'histoire démarre d'emblée avec la mort de Tessa mais l'intrigue met du temps à se mettre en place sans compter qu'il y a beaucoup de personnages qui vont se greffer à l'histoire.
Au niveau de l'intrigue, le lecteur est d'abord dans le flou ; l'auteur livre les infos au compte-goutte à coup de flash-back et à mesure que Justin avance dans sa propre enquête. On découvre quels sont les protagonistes impliqués, leur rôle et le lien entre les différents maillons de cette chaîne. A l'image d'un puzzle, l'intrigue se dessine tandis que l'auteur, après avoir présenté toutes les pièces du jeu, remette de l'ordre dans tout ça et réponde peu à peu à toutes nos interrogations. Voilà pourquoi il faut s'accrocher, car tous les personnages, les éléments sont importants pour comprendre avec précision le déroulement des évènements. Il ne faut rien laisser passer.
L'articulation du récit est donc complexe et facilement déroutante au début. Cependant, je trouve que dans le genre, ce livre est un très bon thriller.Déjà le sujet est bon. En s'attaquant à l'industrie pharmaceutique, c'est à tout un système que l'auteur s'attaque finalement. Et il le fait, selon moi, de façon magistrale avec une intrigue qui m'a séduite et des personnages fouillés. J'ai beaucoup aimé le portrait de Tessa qui pour défendre ses convictions n'hésite pas à s'attaquer à un système intouchable allant jusqu'à mener une espèce de vie parallèle dont elle a toujours tenu Justin à l'écart afin de le protéger par amour.
Et à l'opposé, un Justin, passionné par le jardinage qui ne soupçonne rien, mène une existence bien rangée, semble ignorer toutes les magouilles qui se déroulent pourtant sous ses propres yeux et va finalement les ouvrir et prendre conscience d'une réalité terriblement cruelle. Comme l'auteur le laisse entendre à travers certaines répliques, le personnage de Justin va mûrir à mesure de sa quête de la vérité.
A travers sa critique argumentée de certaines pratiques de l'industrie pharmaceutique, John le Carré nous pousse à une grande remise en question. On ne ressort pas indifférent de cette lecture.Une fois l'intrigue en place et que les rôles se précisent, à chaque fois que je reposais le livre, j'étais presque bouleversée. C'est clairement pas le pays des bisounours que nous décrit John le Carré dans cette intrigue où derrière se dissimule un cocktail sombre alliant magouilles de l'industrie pharmaceutique, corruption, détournement d'argent, mensonges.
Ce n'est pas un coup de coeur mais ça reste un très bon livre.
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
joedijoedi   03 mars 2013
Notez bien ça, mon gars. On ne donne les denrées qu'aux femmes. Les hommes, on ne leur fait même pas confiance pour traverser la route, ces crétins, ça non ! Ils revendent notre bouillie sur les marchés ou ils en font faire de l'alcool par leurs femmes. Ils achètent des cigarettes, des armes, des filles. Les hommes sont des bons à rien. Les femmes s'occupent du foyer, les hommes font la guerre. L'Afrique entière est une lutte des sexes, mon gars. Seules les femmes accomplissent le travail de Dieu, ici. Prenez note.
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joedijoedi   25 février 2013
Voici la vie pharisaïque que nous menons. Un continent se meurt sous nos yeux et nous sommes ici, debout ou agenouillés, à boire du café devant un plateau en argent alosrs qu'au bout de la rue des enfants crèvent de faim, des malades meurent et des politiciens pourris ruinent le pays qu'ils ont manipulé pour se faire élire.
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patrick75patrick75   12 avril 2012
"Selon ce même raisonnement ,l'aide au tiers-monde n'est qu'une autre forme d'exploitation , reprend-il.
Les vrais bénéficiaires en sont les pays qui avancent l'argent à crédit ,les politiciens et officiels africains qui touchent d'énormes pots-de-vin, et les industriels et marchands d'armes occidentaux qui s'en mettent plein les poches.Les victimes sont l'homme de la rue, les déracinés,les pauvres et les indigents...et les enfants qui n'auront pas d'avenir.
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blandine5674blandine5674   06 juin 2018
- Tessa faisait une différence fondamentale entre la douleur constatée et la douleur partagée. La douleur constatée est journalistique, diplomatique, télévisuelle, finie dès qu’on éteint sa saleté de poste. Pour Tessa, ceux qui regardent la souffrance et ne font rien contre ne valaient guère mieux que ceux qui l’infligent. C’étaient les mauvais samaritains.
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blandine5674blandine5674   05 juin 2018
La mère des démocraties se révèle une fois de plus être une hypocrite et une menteuse, qui prêche la liberté et les droits de l’homme pour tous, sauf là où elle espère se faire du fric.
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