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Mimi Perrin (Traducteur)Isabelle Perrin (Traducteur)
EAN : 9782757810095
416 pages
Éditeur : Points (23/10/2008)

Note moyenne : 3.56/5 (sur 107 notes)
Résumé :
Fils naturel d'un missionnaire catholique irlandais et d'une villageoise congolaise, Bruno Salvador, alias Salvo, a gardé de son enfance africaine une passion immodérée pour les langues. Devenu interprète éminent, il est régulièrement sollicité par de grandes entreprises et des tribunaux, mais aussi par le Renseignement britannique. Envoyé sur une île perdue pour une mission d'interprétariat lors d'une conférence secrète entre des bailleurs de fonds occidentaux et d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Derfuchs
  29 octobre 2019
Le Carré s'intéresse à l'Afrique, entre La constance du jardinier et le chant de la mission il attire l'attention de son lectorat sur l'urgence de mettre un terme à la mort imminente de ce continent et notamment l'Afrique subsaharienne. Autant dire qu'il n'est pas arrivé, enfin il essaie et c'est déjà pas mal.
Salvo, interprète de son métier donne un coup de main rémunéré aux services secrets britanniques dans la traduction des langues africaines, swahili, shi et autres. Son talent lui permet de se rendre en mission, sur le terrain, pour espionner et traduire des fomentateurs d'un complot au Kivu, Congo oriental. Sous prétexte de se débarrasser de Kinshasa la capitale et de faire de la province du Kivu un état libre et autonome, une bande de gens bien intentionnés concocte un coup d'état avec main mise sur les richesses du coin et, soi-disant avec redistribution au peuple. On signe un contrat, on se tape sur le ventre, tout en sachant que le peuple, lui, non seulement n'en saura rien, mais n'aura aucune part du gâteau.
Salvo a bien compris la manoeuvre et subtilise des cassettes compromettantes qu'il ramène en Angleterre. Aidé par une infirmière congolaise il va chercher à faire échouer ledit complot. Il découvrira, alors, que le mal est bien plus profond qu'il ne le pense.
Littéraire et politique, philosophique et bien écrit, drôle malgré tout, foncièrement espionnage, ce livre ravira les fanatiques de le Carré et les amateurs de cette Afrique si riche et si pauvre en même temps. Lecture prenante et enthousiasmante. Un bon moment qui, malgré tout laisse entrevoir bien des questions sans réponse et bien loin d'en trouver...

Lien : https://www.babelio.com/livr..
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mariecesttout
  17 mars 2014
Avec, en exergue, ces mots de Joseph Conrad dans Au coeur des Ténèbres
" La conquête de la terre , qui consiste principalement à l'arracher à ceux dont le teint est différent du nôtre ou le nez légèrement plus aplati, n'est pas une fort jolie chose, lorsqu'on y regarde de trop près"
L'intrigue de ce roman de John le Carré est celle d'un projet destiné à « apporter la démocratie et le développement au Congo oriental ». Et là, vous traduisez naturellement, un projet qui vise à s'en approprier les ressources minières.
Y participent à Londres des capitalistes, un conseiller New Labour, un ancien ministre africain et un vénérable lord. Mais pour réussir, ce projet-complot nécessite sur place l'aide de nobles seigneurs locaux , tous d'ethnies différentes, mais dont le point commun est la haine respective qu'ils se témoignent.
Et, pour la traduction, il est fait appel aux services de Bruno Salvador, dit Salvo .
Qui est donc ce Salvo? Une brillante réussite de la Grande Bretagne multi culturelle...
Il est né dans un couvent où sa mère l'abandonna après avoir vécu "trois mois d'amour vache entre les mains des carmélites ".Son père était missionnaire blanc et sa mère congolaise.( l'union furtive d'un" bouseux irlandais missionnaire catholique " et d'une villageoise congolaise du Kivu). Shocking! Il a été élevé en Angleterre, dans un sanctuaire du Sacré-Coeur, où un Frère Michael l'a initié- entre autre- à la sodomie et a exploité son " oreille de mainate " et sa " mémoire d'éléphant " en lui faisant apprendre le français et un grand nombre de langues africaines. Brillant interprète, marié, par hasard, à une Pénélope blanche, riche et journaliste à succès, pour remercier le sort et Sa Gracieuse Majesté qui lui ont permis d'échapper à un destin de pauvre africain, il met ses dons linguistiques au service de son pays..Je vous recommande le début de ce livre, le récit de la jeunesse de Salvo est un régal de cet humour anglais que j'adore. Peu de mots, mais ils atteignent leur but!
Gentil , Salvo, et reconnaissant. Persuadé également d'agir pour la bonne cause.. Ce qu'il va découvrir va le faire progressivement changer d'avis.
Car ce qu'ils ont oublié , ces bienfaiteurs des peuples africains, c'est que Salvo est lui-même un Africain.
Et c'est là que j'aime John le Carré qui toujours donne à ses personnages une dimension complexe liée à leurs racines. Comme il est lui-même un homme complexe de par son histoire personnelle, telle qu'il l'a un peu dévoilée dans Un pur espion.
L'oeuvre de John le Carré , toujours de nature politique, évolue...
Mais dans ses premiers livres, dont le thème central était la guerre froide, la politique avait un sens, même si elle n'était pas toujours glorieuse.
Puis il est passé à l'accusation , la dénonciation comme dans La constance du jardinier. Il persistait quand même des causes pour lesquelles lutter.
Ici...la politique elle même est fiction, il n'existe plus d'autres valeurs que les valeurs individuelles , et c'est bien peu pour lutter contre de tels personnages corrompus....

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nbocklandt
  21 juin 2018
Je ne connaissais pas cet auteur et ai pris ce livre parce que dans l'émission radio « Le masque et la plume » ils avaient dit qu'il « jouait dans la cour des grands ». J'ai voulu savoir ce que c'était la « cour des grands », et je dois admettre que je suis séduite par son écriture intelligente et fine. Descriptions hors du commun et recherche linguistique indéniable. (Bravo d'ailleurs pour le traducteur !) Voilà un roman d'espionage de qualité, incontestablement. Même si je ne suis absolument pas adepte de ce genre de récits et que je ne l'ai lu qu'à la moitié, j'ai pu m'en faire une image.
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Melcleon
  12 mars 2017
Bruno Salvador, Salvo pour les intimes et "le Zèbre" pour quelques Noirs pur jus, est un métis dont le père, pasteur irlandais expatrié au Congo, aimait l'Afrique, les Africains et une certaine Africaine, une belle Congolaise qui lui a, donc, donné un fils. Celui-ci, enfant, a baigné dans le microcosme multi-ethnique d'une mission où, doué pour les langues, il a assimilé sans vraiment le vouloir la plupart des idiomes parlés dans la partie orientale du Congo, en plus de l'anglais et du français. C'est donc quasi naturellement qu'il embrasse la carrière d'interprète, après la mort de son père alors qu'il avait dix ans et des études "sérieuses" en Angleterre ensuite. Devenu citoyen britannique à part entière, marié à une journaliste un peu excentrique tombée sous son charme hybride, il vient de tomber amoureux d'Hannah, une infirmière d'origine congolaise rencontrée dans un hôpital où il s'est rendu à titre professionnel, quand sa hiérarchie lui propose un travail un peu particulier relevant manifestement de l'espionnage. Il s'agit pour lui de traduire les propos des uns et des autres lors d'une conférence secrète entre Anglais et Africains destinée semble-t-il à mettre fin à la guerre qui sévit depuis des années à l'est du Congo, le pays où lui-même et Hannah sont nés. Mais il doit aussi écouter et transcrire, pendant les interruptions de séance, les conversations officieuses des protagonistes africains, captées grâce à des micros placés un peu partout. Or il surprend un échange, qui n'a rien d'un bavardage poli, entre certains Anglais et celui des Africains qui paraît le plus réticent à l'opération projetée et, aussi, le plus proche de son propre statut d'individu tiraillé entre deux cultures...
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zembla
  19 mars 2012
Bruno Salvador, fils d'un missionnaire et d'une congolaise, est un imminent interprète qui se fait contacter par une organisation gouvernementale. Il doit se rendre a une conférence secrète qui doit décider de l'avenir du Congo. Il se rend vite compte que sous le prétexte de sauver le Congo le but de la réunion est ,en fait, de piller ce pays et de se partager ses richesses. Pour sauver le Congo, il décide de s'engager dans une lutte dangereuse et dont l'issue est incertaine.

Le premier roman de cet auteur que je lis et qui m'est arrivé par hasard dans les mains puisque j'avais demandé a ma fille de me choisir un livre dans une librairie et c'est celui ci qu'elle a choisi (sûrement a cause du zèbre). Je ne sais pas si celui ci est représentatif de sa production habituelle mais il faut reconnaître que le sujet géopolique est très fort et très cynique. L'inconvénient de ce type de sujet c'est qu'il vaut mieux s'y connaître un peu pour ne pas décrocher. Les personnages sont bien campés et par leurs discours coloniaux donnent un éclairage cru et vrai sur le rôle de la politique et de la finance sur l'appauvrissement des pays en voie de développement. On veut bien récupérer leurs richesses mais pas leurs pauvres. Cet Afrique qui se révolte est symbolisé par Bruno Salvador, ce naïf issue des deux cultures qui devant tant de cynisme va finir par essayer de se révolter malgré les risques encourus.
Un livre habilement fait qui, avec une grande qualité littéraire, dénonce le pillage de l' Afrique par les profiteurs.
Ma note 7.5 pour ce roman politique.
Lien : http://desgoutsetdeslivres.o..
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
Bruno_CmBruno_Cm   21 août 2016
Un mot ici sur la psychologie du polyglotte. Lorsqu'on adopte une autre langue européenne, on adopte aussi une autre personnalité, c'est là un fait attesté. Un Anglais qui s'exprime en allemand hausse le ton, sa bouche change de forme, ses cordes vocales s'ouvrent, il délaisse l'autodérision au profit de l'autoritarisme. Une Anglaise qui parle en français s'adoucit et prend une moue coquine, tandis que son compatriote se fait pompeux. J'imagine qu'il en va de même pour moi. Mais les langues africaines ne génèrent pas ces fins distinguos. Fonctionnelles et corsées, y compris le français colonial, ce sont des langues de paysans adaptées au franc-parler et aux altercations si prisées des Congolais. Subtilités et dérobades procèdent moins de la gymnastique verbale que d'un changement de sujet ou, si l'on veut jouer la sécurité, du recours à un proverbe. J'ai parfois conscience, en passant d'une langue à l'autre, d'étrangler ma voix pour obtenir le souffle et la raucité requis. Ou bien, quand je m'exprime en kinyarwanda par exemple, j'ai l'impression d'avoir en bouche un caillou brûlant. Mais au fond, la vérité c'est que dès l'instant où je m'installe dans mon fauteuil je deviens ce que je traduis.
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dorolaviedorolavie   27 août 2018
Un mot ici sur la psychologie du polyglotte. Lorsqu'on adopte une autre langue européenne, on adopte aussi une autre personnalité, c'est là un fait attesté. Un Anglais qui s'exprime en allemand hausse le ton, sa bouche change de forme, ses cordes vocales s'ouvrent, il délaisse l'autodérision au profit de l'autoritarisme. Une Anglaise qui parle en français s'adoucit et prend une moue coquine, tandis que son compatriote se fait pompeux. J'imagine qu'il en va de même pour moi. [...] Mais au fond, la vérité c'est que dès l'instant où je m'installe dans mon fauteuil je deviens ce que je traduis.
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GrouchoGroucho   26 décembre 2014
Question assez anodine formulée de façon anodine. Sauf qu'il l'a posé en kinyarwanda. Cette fois-ci, toutefois, pas besoin d'un Philip pour me lancer des signaux d'alarme.
J'affiche un sourire perplexe et un peu désolé. Pour faire bonne mesure, je hausse les épaules et secoue la tête en signe d'incompréhension.
Haj se rend compte de son erreur, ou du moins le prétend, part d'un grand rire gêné et me donne une claque sur le bras.
A-t-il essayé de me piéger ?
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GrouchoGroucho   26 décembre 2014
- Et qui je me demande, vend ces biens volés à de tels profits sans reverser un centime à leurs propriétaires légitimes ? La réponse, mes amis, vous la connaissez tous ! Les racketteurs du Rwanda ! Les exploiteurs de l'Ouganda, et du Burundi ! Notre gouvernement vénal de Kinshasa, ces nantis beaux parleurs qui cèdent notre patrimoine aux étrangers et nous taxent dessus en prime !
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babycomeback44babycomeback44   14 mars 2013
Les derniers mots de Hannah en swahili résonnent encore à mes oreilles. enserrant mon visage entre ses mains, elle hoche doucement la tête l'air émerveillé et me dit : " Salvo, quand ta mère et ton père t'ont conçu, ils devaient s'aimer très fort. "
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