AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2021322998
Éditeur : Seuil (06/10/2016)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 20 notes)
Résumé :
« Du monde secret que j’ai connu jadis, j’ai essayé de faire un théâtre pour les autres mondes que nous habitons. D’abord vient l’imaginaire, puis la quête du réel. Et ensuite retour à l’imaginaire, et au bureau devant lequel je suis assis à cet instant. » John le Carré

Depuis ses années de service dans le renseignement britannique pendant la Guerre froide jusqu’à une carrière d’écrivain qui l’emmena du Cambodge en guerre à Beyrouth après l’invasion i... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Krout
  02 février 2017
Cadeau du nouvel an. Merciii. Merci qui ? Ca, je garde le secret.
Encore une autobiographie, oui mais de qui ? de David Cornwell ? de John le Carré ?
Tantôt plutôt de l'un, tantôt plutôt de l'autre ou l'un raconté par l'autre par petites touches à fleuret moucheté. Et derrière ces anecdotes de vie se cachent en secret ces grandes questions : en fin de compte, qu'est-ce qu'un homme et qu'est-ce qu'une vie ? Ne seraient-ce pas les souvenirs que l'on fabrique et que l'on garde ?
En somme John le Carré s'est regardé dans le miroir aux espions et nous dit y avoir retrouvé nombre de reflets de David Cornwell. Fascinante construction littéraire que ce kaléidoscope de papier où au fil des 350 pages nous pouvons découvrir pas moins de 37 facettes de la vie mouvementée de cet ancien membre des services secrets britanniques passé à l'écriture. Une vie riche de rencontres multiples, inattendues, interpellantes parfois et de moments en des lieux divers, exotiques, improbables. Nous laisse entrevoir un message caché rien ne vaut l'audace de vivre *.
Ne vous attendez pas à de tonitruantes révélations sur Cambridge Analytica (data brokers de vos données personnelles) ni sur Alexandre Varskoï, 31 ans, membre du Batman groupe de hackers russes qui auraient ... (voir Le Point 2314 du jeudi 12 janvier). N'attendez pas non plus la mise à jour de très anciens secrets toujours profondément enfouis. Et rappelez-vous les grands principes de base des services secrets où sont passés maître les services de sa Majesté : la traque de l'information et la dissimulation par la désinformation qui ont toujours prévalus dans l'oeuvre de John le Carré.
Ce qui me fait penser : avez-vous oblitéré la webcam de votre pc ? Est-il bien sécurisé ? Un livre très plaisant à lire, une approche de la vie avec beaucoup de tact, de pudeur d'un caractère bien trempé se protégeant derrière une parfaite ironie. Des Histoires finement écrites, reprises de cette vie sur le fil du rasoir toute en retenue et discrétion. Quelques pistes de l'écrivain sur sa manière de mélanger des éléments de réalité pris sur le vif à une construction imaginaire, jeu cérébral auquel il a été exposé dès son enfance. Bien calé en fin de bouquin le chapitre le fils du père de l'auteur m'a paru le plus personnel, celui où probablement il se livre le plus.
Un autre chapitre m'a marqué Sur le terrain, une leçon de vie et que dire de la très inspirante Yvette Pierpaoli dont on ne peut qu'admirer la bravoure et l'humanité. Des histoires riches qui méritent le temps d'être détaillées, décryptées. D'autres lecteurs trouveront sans nul doute plus leur bonheur dans d'autres histoires comme celles tournant autour du monde du cinéma et des nombreuses adaptations sur le grand écran des romans de l'auteur ou tentatives avortées. Certains seront plus enclins à celles qui se passent en des endroits lointains et exotiques dans des conditions souvent tourmentées. D'autres encore se délecteront de certaines rencontres improbables avec des puissants de ce monde ou bien seront charmés par la puissance de l'autodérision qui apparaît ci et là. Un kaléidoscope de papier où l'ordre des chapitres n'a finalement pas grande importance et comme au sortir d'un tour complet l'on en arrive à la conclusion : c'est beau. Oui au fond le voilà peut-être le message dissimulé, L'ultime secret officiel livré par John le Carré : C'est beau la vie !
Sur ce je vais le prêter à un cousin éloigné qui l'appréciera grandement car il a parfois été sur le terrain près des opérations combinées avec des militaires et je l'ai souvent remarqué, il est à la fois très bien informé et extrêmement discret. Beaucoup plus que moi qui ne peut vous cacher que comme par hasard il vient de se découvrir un grand intérêt pour les oiseaux et le baguage des pigeons.

* Marrant ces associations spontanées qui me viennent à l'esprit de faire soudain germer le titre L'audace de vivre d'Arnaud Desjardins : faudrait-il y voir un sens caché ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          425
kielosa
  18 avril 2017
Ceux qui s'attendent à des révélations époustouflantes en lisant les mémoires du grand maître du roman d'espionnage (comme moi, je l'admets), seront un peu déçus. Et cela pour deux raisons : primo, John le Carré est trop un gentleman pour divulguer des vérités peu délicates ; secundo, il existe en Angleterre le 'Official Secrets Act' , qui menace de lourdes peines tous ceux qui dévoilent des réalités considérés 'top secret' par les autorités de Sa Gracieuse Majesté. Cette loi dont l'unique avantage est qu'il ne nécessite guère de traduction, est une abomination pour les amateurs d'Histoire. Ainsi, par example, John Costello, pourtant citoyen britannique, à été obligé pour élaborer sa part dans 'Deadley Secrets' (la biographie d' Alexander Orlov) de s'en remettre aux archives américaines. Autre example : ceux qui veulent connaître les dessous de la fuite de Rudolf Hess, le bras droit du Führer, en mai 1941 en Ecosse, en sont réduits à consulter les livres basés sur les archives russes.
Mais d'emblée et honnêtement, le Carré annonce la couleur, en précisant tout au debut de son livre qu'il n'a nullement l'intention d'enfreindre cette fameuse loi.
Cette remarque préliminaire ne devrait pas décourager à lire cet ouvrage, bien au contraire. le Carré y démontre avec éclat ses talents de raconteur-né et les anecdotes qu'il nous sert sont de véritables perles. Il est vrai qu'il a eu une vie peu banale et, du haut de ses 85 ans, il pourrait remplir plusieurs volumes de mémoires. En effet, peu de personnes peuvent se vanter d'avoir rencontré un si large eventail et si varié de personnalités que lui, allant de Fritz Lang et Stanley Kubrick, en passant par Sakharov, Primakov, Simon Wiesenthal, Vaclav Havel, Yasir Arafat, Sir Alec Guinness, Richard Burton, ... a Mrs Thatcher et la reine Elisabeth. Côté français, il convient de noter Jean-Paul Kaufmann et surtout Bernard Pivot. A ce dernier, il dédie un chapitre entier dans lequel il met en exergue les qualités spécifiques et multiples du présentateur célèbre, que le rouge a certainement du monter à la tête de Bernard Pivot en le lisant.
Dans cet opus, on est donc loin de l'histoire de 'L'espion qui venait du froid' , qui a établi mondialement sa réputation en 1964 , ou de 'La Maison Russie' son succès de 1983 ou de 'La petite fille au tambour' de 1989 (un de mes favoris), mais en présence d'un autre le Carré, incontestablement tout aussi captivant. Fruit d'un don d'observation remarquable et d'un style tout à fait personnel, truffé d''humour 'tongue in cheek', si typiquement british.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
LeaTouchBook
  28 décembre 2016
Avis de Grybouille (Chroniqueur sur le blog Léa Touch Book) :
La chronique du p'tit Duc ne respectera pas la chronologie de cette autobiographie. Les pages que vous lirez, pourraient être une énième fiction ou au contraire une accumulation de vérités cachées…
Mais pour vous faire une idée, il va falloir tout lire et surtout bien garder en tête que tous les espions sont des manipulateurs et John le Carré « Cromwell » n'y fait pas exception.
Avec classe et retenue, so british, Mister, ou mystère John le Carré nous emmène dans le beau monde.
Un flirt où l'on s'encanaille, on trompe, on se trompe, on dine, on a fréquenté les mêmes institutions, des personnes du même monde…
Ses premiers pas, en a-t-il seulement conscience, se font à 16 ans.
Son père, Ronnie, l'envoie à Paris pour récupérer ses clubs de golf auprès d'un des concierges de l'hôtel Georges V, du matériel gardé en gage.
Dans l'histoire, un comte et une comtesse du Panama, une soirée dans un restaurant russe de la capitale, des premiers émois.
Une initiation ? Une évaluation ? Et là déjà on pourrait être dans un livre d'espionnage…
D'ailleurs comment devenir un espion ?
« Pour se faire repérer, il fallait être né coiffé. Il fallait être allé dans les bonnes écoles, de préférence privée, et dans une bonne université, de préférence Oxford ou Cambridge… »
Cela n'empêche pas les dérapages, les luttes d'idéologie tel que pour Philby et Blake qui gagnés par les idées communistes trahiront les leurs. Des cas de conscience, comme pour Nicholas Elliot, ami de Philby, impossible de le dénoncer « L'un des nôtres… »
En 1964 à 33 ans, « Cromwell » quitte l'arrière scène et John le Carré prend son envol. L'écrivain est né.
Sa vie est un livre car à chaque étape, à chaque rencontre, l'inspiration le gagne pour ses futurs romans, des personnages, des situations.
Les années 70 à 80, l'Allemagne qui est hantée par le nazisme, mais aussi l'Asie du sud-est, le Moyen-Orient.
Les années 80, l'Union Soviétique et la perestroïka qui trouble les cartes.
Les années 90, retour en Russie, « Les nouveaux parrains du crime… », le Congo.

Le style,
Mister le Carré est connu, reconnu, on ne peut se tromper.
Mais aussi un homme qui a eu ses entrées, un monde où l'on se côtoie, les portes s'ouvrent…
L'histoire,
C'est Son vécu, avec des zones d'ombre certes mais le plus honnêtement que la situation lui permette…
« La vérité vraie, pour autant qu'elle existe, se situe non pas dans les faits mais dans la nuance. »
Les personnages,
John le Carré, « L'espionnage s'est imposé à moi dès la naissance… du monde secret que j'ai connu jadis, j'ai essayé de faire un théâtre pour les mondes que nous habitons. »
Et en « guest star » Boris Eltsine, Margaret Tatcher, Rupert Murdoch, Gorbatchev, Issa Kostoïev, Kaufman, Pivot, Kubrick, Pollack, Guinness et bien d'autres…
Sa mère Olive, son père Ronnie, son frère… Des moments où l'auteur se livre dans Son livre.
Le monde comme terrain de jeu et source d'inspiration.
Ken Follet, Ludlum, Walter Mykel, Jack Higgins, Tom Clancy et bien sur John le Carré ont bercé mes soirées de lecture dans les années…
Alors pour les connaisseurs et ceux qui veulent découvrir comment se construit une légende il est urgent de se procurer cette dernière production d'un des dinosaures du style.
Lien : http://leatouchbook.blogspot..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
puchkina
  30 décembre 2016
John le Carré aka David Cornwell nous livre ici, plutôt qu'une autobiographie classique, des “histoires de sa vie”, c'est à dire des souvenirs épars qu'il refaçonne tels qu'il s'en souvient, en les commentant. Il s'agit surtout d'histoires liées à sa vie professionnelle, d'abord comme espion ou représentant de l'état britannique puis en tant que romancier. Sa vie privée n'est pas abordée sauf pour traiter en fin d'ouvrage de sa fuyante mère et de son escroc de père.
La vie de l'auteur fut riche et mouvementée et le lecteur se régale de ces anecdotes savoureuses ou tragiques liées souvent à de grandes personnalités politiques ou des stars de cinéma. Mais j'aurais aimé avoir plus de détails sur son processus et sa vie d'écrivain. Ici, on n'est plus dans la vie publique que dans le témoignage intime. La pudeur de l'Anglais ou un second tome est-il prévu ?
Commenter  J’apprécie          50
mazou31
  31 décembre 2016
Après lecture, on comprend que tout est révélé dans le double titre : pigeons et histoireS. Histoires au pluriel car ce n'est absolument pas l'histoire de sa vie, une biographie de l'espion devenu écrivain (par ailleurs écrite par Adam Sisman), mais une suite d'histoires chronologiquement décousues , « d'anecdotes vraies racontées de mémoire » illustrant la construction d'un écrivain depuis une enfance chaotique, puis une carrière « diplomatique » et enfin une errance dans « le théâtre du réel » – Cambodge, Liban, Palestine, Congo, Russie, Rwanda… Très peu de confidences personnelles : simple mention de ses deux épouses, échanges tardifs avec une mère longtemps disparue et surtout souvenirs d'un père terrifiant, « escroc de bas vol » fréquemment embastillé. En revanche un florilège d'anecdotes et de rencontres savoureuses et ironiques , parfois arrangées jamais falsifiées affirme-t-il, qui déterminent toute son oeuvre. On croisera entre autres Yasser Arafat, Thatcher, Douche, Cossiga ou Sakharov mais aussi beaucoup d'hommes de culture de Fritz Lang à Bernard Pivot. Alors laissons nous emporter par l'écrivain au style irréprochable, désabusé, sans jamais essayer d'en dégager une synthèse. « D'abord on s'invente, ensuite on finit par croire à sa propre invention » ou « Né dans le mensonge, éduqué dans le mensonge, formé au mensonge par un service dont c'est la raison d'être, rompu au mensonge par mon métier d'écrivain. » : voilà deux citations qui pourraient l'excuser s'il nous prend pour des pigeons ! Un livre riche et extrêmement plaisant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10

critiques presse (4)
LaLibreBelgique   14 octobre 2016
L’écrivain raconte les "histoires de [sa] vie". Sans rien trahir, l’ancien espion de Sa Majesté brosse plusieurs portraits enlevés. Et parcourt un demi-siècle de conflits dont il fut un observateur nuancé.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Telerama   12 octobre 2016
Nul bavardage ni aveux intimes dans les Mémoires du maître de l'espionnage, mais le récit des rencontres ayant nourri ses romans. Remarquable.
Lire la critique sur le site : Telerama
Lexpress   10 octobre 2016
Un passionnant recueil de souvenirs où il lève le voile sur quelques zones d'ombre de son existence et dessine le portrait vif et souvent drôle d'un homme décidé à capturer le "théâtre du réel".
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro   06 octobre 2016
Un exercice littéraire digne d'un illusionniste. Fascinant et irrésistible.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
KroutKrout   31 janvier 2017
dans les derniers jours avant la chute de Phnom Penh : Yvette (Pierpaoli) emmène toute une troupe d'orphelins khmers au consulat français et exige un passeport pour chacun.
"Mais à qui sont-ils, ces enfants ? s'indigne l'officiel consulaire ainsi assiégé.
- A moi. Je suis leur mère.
- Mais ils ont tous le même âge !
- J'ai accouché de plusieurs quadruplés, espèce d'imbécile !"
Mouché, sinon complice, le consul demande à connaître leur nom. Yvette ne se fait pas prier : "Lundi, Mardi, Mercredi, Jeudi, Vendredi..."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          240
IcibachudunIcibachudun   22 juillet 2017
Watching [Bernard] Pivot perform in real time before a live audience that is free-falling under his spell, it's not hard to understand how he has achieved something no other television character on earth has come within shouting distance of imitating. This isn't just charisma. This isn't just energy, charm, deftness, erudition. Pivot has the most elusive quality of them all, the one that film producers and casting directors across the globe would give their eye-teeth for : a natural generosity of spirit, better known as *heart*. In a country famous for making an art form out of ridicule, Pivot lets his subject know from the moment he or she sits down that they're going to be all right. And his audience feels that too. They're his family. No other interviewer, no other journalist of the few I now recall, has left such a deep mark on me.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
IcibachudunIcibachudun   22 juillet 2017
As our glasses of wine get warmer, all eyes gravitate towards the double doors. Is Bernard [Hepton] ill? Has he forgotten? Is he sulking? It is rumoured there was friction on set between Alec [Guinness] and Bernard.
The doors part. With studious unconcern, Bernard makes his entrance, dressed not in the dreary greys and navy blues of the rest of us, but in three-piece suit of shrill green check, set off by orange patent shoes.
As he advances smiling into the room, the melting voice of George Smiley [Alec Guinness] rings out in welcome :
'Oh, Bernard. You came as a frog.'
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
rkhettaouirkhettaoui   04 novembre 2016
Il est plus difficile, en revanche, d’expliquer ma passion inconditionnelle pour la littérature allemande à une époque où, pour de nombreuses personnes, le mot « allemand » était synonyme de mal absolu.
Commenter  J’apprécie          40
IcibachudunIcibachudun   18 juillet 2017
There are times, usually at night, when I wish I'd never given an interview at all. First, you invent yourself, then you get to believe your invention. That is not a process that is compatible with self-knowledge.
Commenter  J’apprécie          30
Videos de John Le Carré (27) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de John Le Carré
Un Traître Idéal (Our Kind of Traitor), film d'espionnage britannique réalisé par Susanna White, sorti en 2016, d'après "Un traître à notre goût" de John le Carré. Avec Ewan McGregor et Stellan Skarsgård. Bande-annonce.
autres livres classés : espionnageVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

L'espion qui venait du froid

"L'espion qui venait du froid" est un roman d'espionnage signé...

Frederick Forsyth
Jack Higgins
Graham Greene
John le Carré

10 questions
46 lecteurs ont répondu
Thème : L'espion qui venait du froid de John Le CarréCréer un quiz sur ce livre