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EAN : 9782070725465
294 pages
Éditeur : Gallimard (04/02/1992)

Note moyenne : 3.52/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Sur le thème de la guerre, une nouvelle vision du monde de J.M.G. Le Clézio qui s'est attaché à en détecter tous les signes par l'intermédiaire d'une fragile jeune fille, Bea B. Sa longue promenade avec Monsieur X. la conduit dans les endroits les plus fascinants et les plus familiers de notre société. Les voitures, les autoroutes, les aérodromes, les grands magasins, les boîtes de nuit, les cantines permettent à la nouvelle Pythie de l'Apocalypse d'exprimer sa visi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Baldrico
  26 septembre 2020
Ce livre a cinquante ans. Et pourtant, par bien des aspects, il résonne comme un livre très contemporain. Un livre à lire aujourd'hui. Un livre étrange, poétique, violent, prophétique.
Comme dans le Livre des fuites, auquel il fait suite, il ne faut pas y chercher de véritable trame narrative. Les personnages, Bea B. et Monsieur X, et la notion de guerre elle-même, y sont protéiformes. Ils se métamorphosent au gré des sujets abordés et des lieux fréquentés.
Le principal point de vue est celui d'une jeune femme, Bea B., qui semble évoluer en marge de la société, sans emploi. Elle est généralement en mouvement, et dans ses pérégrination, elle parcourt des lieux divers, mais presque tous représentatifs de la société de consommation (comme on disait dans les années 60-70), ou de la modernité technique. Elle est un individu, et en même temps elle est capable de représenter l'humanité confrontée à la technique, et même parfois elle s'identifie aux objets de la technique, elle se fond en eux. Car le propos de le Clézio n'est pas simplement une opposition écolo simpliste de la technique contre la nature. La technique est fascinante, ses objets sont beaux: la beauté peut être déshumanisée. Alors la guerre dont il est question, c'est parfois les conflits des humains entre eux, mais c'est surtout la fascination/répulsion pour la modernité, pour les immeubles qui cachent le ciel et sont inhabitables, les rues goudronnées, puantes, constamment embouteillées, les lumières criardes qui détruisent la vue, les bruits inouïs qui induisent des mouvements mécaniques comme dans les boîtes de nuit, les montagnes de déchets, les transports souterrains qui mènent on ne sait où...
Pour produire tous ces artifices, les hommes se font la guerre. Elle a toujours été là, elle est cachée mais omniprésente, elle est en moi. Serait-elle seulement en moi? Mais si elle est en moi elle est en d'autres aussi.
Et le Clézio prophétise sur la destruction et la renaissance, sur la guerre entre la vie et la mort.
Alors dans une période où nous faisons l'inventaire de nos productions et de nos activités, il est saisissant de lire La guerre de le Clézio et de nous demander ce qui vaut vraiment la peine d'être vécu
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chartel
  30 janvier 2010
Plus j'avance dans ma découverte de l'oeuvre de J.M.G. le Clézio, plus je trouve que sa littérature nous dresse le portrait d'une humanité très pascalienne. Les hommes prennent, en effet, l'apparence de vastes colonies de fourmis, et les différents narrateurs ou personnages de ses récits (je signale que je n'ai encore lu que ses premiers livres) ont un regard très distancié, à la manière d'une haute divinité, ou tout bonnement d'un homme lui-même qui regarderait évoluer sous ses pieds d'infimes fourmis, après avoir créé la panique en écrasant volontairement la motte de terre qui constituait l'entrée de la fourmilière.
Mais ce qu'il y a de particulier chez le Nobel 2008, est que les divers récitants s'incluent eux-mêmes dans ces masses grouillantes. La seule chose qui les différencie des autres, c'est qu'eux sont des fourmis conscientes de la vanité de leurs actions, tout comme Le Clézio est conscient de la vanité de son activité d'écrivain.
Dans "La Guerre", cette agitation absurde et continuelle des hommes est justement dénommé « guerre ». Comme l'avait affirmé Nietzsche, le moteur de notre monde étant la volonté de puissance, les hommes aiment à inscrire leurs marques par des actes de destruction, des actes de violence. A tel point que le tableau des temps modernes dressé par Le Clézio est digne des films de Jacques Tati, une société artificialisée, coupée de tout élément naturel, mis à part le ciel et la mer, présents encore pour servir de fond au paysage. Un monde ultra-mécanisé, ultra-motorisé, lancé, brides abattues, dans une course à la production, un monde ne voyant pas plus loin que le bout de son nez, ne sachant pas prendre le temps de l'observation et de la réflexion.
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AngelineBailleul
  28 mars 2020
Il est délicieux de se plonger dans la lecture d'un roman, alors même que l'on ignore encore, au moment où notre regard se focalise sur les premières lignes de la première page de l'oeuvre, quels vont être l'intrigue, les personnages, l'ambiance, la tonalité, ou encore les enjeux de cette histoire. Ainsi, le lecteur peut apprécier le choix des mots, la structure des phrases, le style de l'auteur.
Dans ce parcours initiatique, il découvre un univers rythmé par une violence perpétuelle, et un personnage sauvage et impromptu : Bea B., figure métaphorique et emblématique de l'univers.
Au fil du récit, le lecteur anonyme embrasse et s'approprie les histoires de Béa B., qui raconte ce qu'elle voit (filtré par les verres de ses lunettes de soleil). Ses histoires sont, en réalité, les douleurs que lui a infligées l'Homme : la construction des bâtiments froids aux traits anguleux, les lumières artificielles qui agressent les yeux, le bruit permanent des voix et des moteurs, ou encore le bitume qui recouvre la terre et sur lequel roulent perpétuellement les lourdes automobiles inventées par l'être humain...
La « Guerre » est donc celle que l'Homme a déclenchée en colonisant et s'appropriant de manière barbare, la Mère qui l'a porté en son sein.
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marc_tlse
  21 mai 2020
Démarré deux fois, j'ai pourtant insisté sans jamais parvenir à dépasser un tiers du livre. Beaucoup trop complexe pour moi et donc trop ennuyeux.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
BaldricoBaldrico   19 août 2020
Dans la ville déserte, où les hommes et les femmes sont cachés, tout à coup naît la déflagration immense. Un volcan ouvre sa gueule au centre du port, dresse dans l'air sa colonne de flammes sans couleur. Les pavés volent très haut et retombent en défonçant les toits des maisons. Les fenêtres explosent. Les planchers ondulent sous les pieds, les tympans sont crevés par le poids soudain libéré. Et le bruit arrive en couchant tout sur la terre, le cyclone du bruit, qui survole la ville pareil à une ombre gigantesque, qui vient droit vers la jeune fille, qui va l'ensevelir, la réduire en poudre.
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AlzieAlzie   18 février 2020
La guerre a commencé… Personne ne sait plus où, ni comment, mais c'est ainsi. Elle est derrière la tête, aujourd'hui, elle a ouvert sa bouche derrière la tête et elle souffle. La guerre des crimes et des insultes, la furie des regards, l'explosion de la pensée des cerveaux. Elle est là, ouverte sur le monde, elle le couvre de son réseau de fils électriques. Chaque seconde, elle progresse, elle arrache quelque chose et le réduit en cendres. Tout lui est bon pour frapper. Elle a des quantités de crocs, d'ongles et de becs. Personne ne restera debout jusqu'à la fin. Personne ne sera épargné. C'est cela, c'est l'oeil de la vérité. […]
La guerre a levé son vent qui va tout détruire. [...]
(p. 7, 8)
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BaldricoBaldrico   20 septembre 2020
Au fond, c'est ça que je voulais te demander, est-ce que tu crois que c'est possible? Est-ce que tu crois que c'est possible d'arriver à ne pas s'exprimer? Peut-être que quoi qu'on fasse, on cherche toujours ça, à être SOI, à faire mal aux autres, à dominer le monde. Même si on ne dit rien, on dit quelque chose.
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BaldricoBaldrico   20 septembre 2020
On ne pouvait pas aimer cela. On pouvait aimer l'ombre, ou le soleil, ou les arbres aux feuilles mobiles. Mais on ne pouvait pas aimer ces montagnes. On pouvait parler de l'eau, du silence, des galets ronds sur les plages. Mais on ne pouvait pas parler de ces montagnes. On était sous elles, éternellement sous elles, minuscule moteur de chair qui se déplaçait au pied de ces masses calmes. La mort rôdait autour des grands immeubles, mais elle ne pouvait pas y entrer. Car c'était leur rôle d'être inexpugnables, et de repousser le temps avec leurs flancs gigantesques.
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AngelineBailleulAngelineBailleul   28 mars 2020
"C'est bien d'apprendre des choses, même si on les oublie après. Quand on apprend des choses, on les apprivoise. Sinon, on est gagné par la peur. Je crois que toi, tu n'as jamais peur. Je t'ai vu marcher dans la rue.Tu vas très droit, tu ne regardes personne. Tu as toujours l'air de sortir d'une boîte. C'est sûrement parce que tu es un soldat.
Moi, j'ai tout le temps peur. Quand je suis dans ma chambre, j'ai peur qu'on entre. Quand je me lave la figure, et que j'ai du savon plein les yeux, j'ai peur qu'on vienne par-derrière avec un couteau pour me tuer, et je ne pourrais rien voir. J'ai peur du miroir de l'armoire à glace, et aussi de celui qui est au-dessus du lavabo. J'ai peur des rats. J'ai peur des vêtements pendus aux porte-manteaux [...]
Et quand je suis dehors, j'ai si peur que je n'arrive pas à marcher. Mes genoux se cognent. Je trébuche tout le temps.
Je marche sur un sol de vase. Mes pieds entrent à l'intérieur du trottoir, et je dois faire de grands efforts pour les décoller. Derrière moi, il y a des trous béants qui se referment lentement, et quand je marche, on n'entend pas "toc ! toc ! toc !" mais "flac ! flac ! flac !"."
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Vidéo de J.M.G Le Clézio
Tatiana de Rosnay avec Augustin Trapenard dans 21 CM Après l?océan Indien avec JMG le Clézio, Augustin Trapenard traverse la Manche pour aller rejoindre Tatiana de Rosnay sur les terres de sa mère. L?auteure du best-seller Elle s?appelait Sarah (près de 12 millions d?exemplaires vendus) a choisi de recevoir l?équipe de 21CM à Monk?s House, dans le Sussex au sud de l?Angleterre. https://www.actualitte.com/article/monde-edition/tatiana-de-rosnay-avec-augustin-trapenard-dans-21-cm/89079
Première diffusion ce 13 juin à 22 h 35 sur Canal +.
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