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EAN : 9782070718207
294 pages
Éditeur : Gallimard (04/01/1990)
3.55/5   38 notes
Résumé :
J.H.H (Jeune Homme Hogan), vingt-neuf ans, né à Langson (Vietnam), entreprend autour du monde une déambulation qui est une fuite perpétuelle. Du Cambodge au Japon, de New-York à Montréal et Toronto en passant par la Californie et le Mexique, il se radiographie en radiographiant l'univers et ses villes monstrueuses, ses autoroutes et ses déserts, ses montagnes et ses ports, les grouillantes populations mourant de misère sur des sols pourris. Le mythe moderne, inséré ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Baldrico
  29 février 2020
Vous cherchez du pittoresque? de l'exotique? ou même du récit de voyage?
Passez votre chemin, ou plutôt restez dans votre fauteuil, ou sur votre plage au mois d'août.
Ce livre n'est pas pour les sédentaires.
C'est un livre de mouvement, de dynamique. Il est pour ceux acceptent de se contenter du minimum de repères, de voir les paysages se déformer pour voir l'envers du décor, voir le monde tel que le perçoit celui qui fuit.
Pas d'analyse, mais un point de fuite, le point de vue de celui qui brouille les limites.
Alors oui, quelquefois on saisit le lieu dont il s'agit, mais fugacement, fugitivement. On le découvre disséqué par un regard sans cesse en mouvement qui passe de la trivialité, le plus souvent, au sublime, rarement. Mais même ces catégories sont des repères trop clairs. Il n'y a aucune recherche de vérité, seulement une façon de dire la vie et le mouvement, la mort et le repos dans différents coins du globe. Et le sublime jaillit du trivial, et inversement.
De plus l'auteur entrecoupe son texte d'autocritiques, de rejet de ce qu'il écrit, du ratage en cours. Et le texte prend des virages, des tête-à-queue, des embardées.
Un livre labyrinthe comme celui-là peut paraître rébarbatif, mais si on se laisse porter par la poésie profonde et le mouvement perpétuel, l'on prend un plaisir infini à apercevoir le coeur des choses, à goûter la poésie qui nous fait voir le monde autrement, qui nous invite à la découverte sans cesse renouvelée.
Alors si l'aventure vous tente, n'hésitez pas!
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chartel
  06 septembre 2010
Avec "Le livre des fuites", J.M.G. le Clézio donne, pour la première fois, l'impression d'ouvrir ses récits à d'autres paysages que la ville côtière de ses romans précédents. Bien que, dans "Le déluge", le personnage principal prend la poudre d'escampette, son périple ne le mène pas bien loin. La fuite est comme avortée.
Dans "Le livre des fuites", Jeune Homme Hogan parcours le monde. Il traverse les mers, se perd dans un désert, avance là où le vent le pousse, sans savoir pourquoi. Il sait seulement qu'il ne pouvait rester entre les quatre murs de sa chambre, lieu de tous les mensonges et des fausses apparences. Il ne s'arrêtera que lorsqu'il pourra voir le monde sans filtre trompeur.
Mais ce mouvement incessant, cette fuite, ne sont qu'apparences eux-mêmes. J.H. Hogan est le pantin de l'auteur qui reste assis sur sa chaise, enfermé dans sa chambre. Cette mise en abyme de le Clézio met en évidence toute l'ambiguïté de la littérature, qui veut tout dire, tout montrer de l'univers, mais qui n'arrive pas, malgré des siècles de papiers grattés et de paroles portées, à atteindre son but.
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Guillaume72
  07 avril 2018
Voyagez avec JH Hogan, mais n'entreprenez ce voyage qui si vous aimez le roman moderne, sans quoi vous risquez de vous perdre.
Hogan parcourt le monde et le continents, mais le voyage qu'il entreprend est initiatique. Il ne cherche pas l'exotisme ou à vivre des aventures : il parcourt le monde pour rompre les habitudes du quotidien, pour accéder à une nouvelle forme de conscience.
La meilleure illustration de ce thème est l'épisode qui sa passe à Angkor, au Cambodge. On pourrait s'attendre à une description exotique des temples, mais Le Clézio centre l'attention du lecteur sur une jeune homme qui joue un air de flûte. Cette musique ne porte aucun sens, elle illustre simplement une forme pure d'esthétisme.
Le "récit entrecoupé de poèmes et d'autres écrits revêt un caractère poétique.
On se plait à fuir avec Le Clézio dans ce déplacement incessant à le recherche du sens.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
chartelchartel   06 septembre 2010
Je voudrais bien écrire comme on parle. Je voudrais bien écrire comme on chante, ou comme on hurle, ou simplement comme on allume une cigarette avec une allumette, et on fume doucement, en pensant à des choses sans importance. Mais cela ne se fait pas. Alors, j’écris comme on écrit, assis sur la chaise de paille, la tête un peu penchée vers la gauche, l’avant-bras droit portant au bout une main pareille à une tarentule qui dévide son chemin de brindilles et de bave entortillées.
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BaldricoBaldrico   19 février 2020
Je veux fuir dans le temps, dans l'espace. Je veux fuir au fond de ma conscience, fuir dans la pensée, dans les mots. Je veux tracer ma route, puis la détruire, ainsi, sans repos. Je veux rompre ce que j'ai créé, pour créer d'autres choses, pour les rompre encore. C'est ce mouvement qui est le vrai mouvement de ma vie: créer et rompre. Je veux imaginer, pour aussitôt effacer l'image. Je veux, pour éparpiller mieux mon désir, aux quatre vents. Quand je suis un, je suis tous. J'ai l'ordre aussi, le contre-ordre, de rompre ma rupture, dès qu'elle est advenue. Il n'y a pas de vérité possible, mais pas de doute non plus. Tout ce qui est ouvert, soudain se referme, et cet arrêt est source de milliers de résurrections. Révolution sans profit, anarchie sans satisfaction, malheur sans bonheur promis. Je veux glisser sur les rails des autres, je veux être mouvement, mouvement qui va, qui n'avance pas, qui ne fait qu'énumérer les bornes.
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PiatkaPiatka   16 septembre 2014
Ce qui me tue, dans l'écriture, c'est qu'elle est trop courte. Quand la phrase s'achève, que de choses sont restées au-dehors !
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Jean-DanielJean-Daniel   20 juillet 2020
Ce qui me tue, dans l'écriture, c'est qu'elle est trop courte. Quand la phrase s'achève, que de choses sont restées au-dehors !
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petchpetch   12 décembre 2012
Il existe chez les animaux quelque chose qu'on appelle le réflexe de fuite. Il s'agit de maintenir en permanence entre le monde et soi la distance nécessaire pour pouvoir s'échapper. Si vous approchez, vous rompez cette protection. L'animal est menacé. Il devra reculer un peu, pour rétablir l'indispensable distance. De même pour le sommeil. Le sommeil annule la distance. Celui qui dort est tout près, n'importe qui peut le toucher. C'est pourquoi les animaux ne dorment jamais.
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Vidéo de J.M.G. Le Clézio
#santé #art #CulturePrime
"Un jour on saura peut-être qu'il n'y avait pas d'art mais seulement de la médecine". L'auteur J. M. G. Le Clézio ne croit pas si bien dire. À Montréal, les médecins prescrivent déjà des visites au musée pour certains malades…
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