AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontres
EAN : 9782070726509
352 pages
Gallimard (05/05/1992)
3.81/5   188 notes
Résumé :
Pendant l'été 1943, dans un petit village de l'arrière-pays niçois transformé en ghetto par les occupants italiens, Esther découvre ce que peut signifier être juif en temps de guerre : adolescente jusqu'alors sereine, elle va connaître la peur, l'humiliation, la fuite à travers les montagnes, la mort de son père. Une fois la guerre terminée, Esther décide avec sa mère de rejoindre le jeune État d'Israël. Au cours du voyage, sur un bateau surpeuplé, secoué par les te... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
3,81

sur 188 notes
5
6 avis
4
13 avis
3
8 avis
2
2 avis
1
0 avis

bilodoh
  25 février 2016
Une terrible histoire ! La guerre et l'errance des enfants qui la subissent.

Le récit commence avec une jeune Française pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle apprend alors qu'elle est juive puisque ces parents n'avaient jamais pratiqué cette religion. La famille a dû fuir sa maison et se réfugier en montagne, dans un village occupé par les Italiens. On suit la vie intérieure de la jeune fille, son incompréhension de ce qui se passe, ses rêves de liberté dans la nature, la musique, l'espoir que le temps s'arrête, mais aussi la rébellion contre les contraintes, les émois de l'adolescence puis la peur, celle peut-être d'avoir embrassé son père pour la dernière fois. Avec la capitulation italienne, les Allemands viennent et c'est la fuite à travers les montagnes, puis un autre village en attendant la fin de la guerre, puis Paris, puis la côte et l'attente du bateau qui les mènera vers un pays rêvé, Israël.

En chemin vers cette destination finale, elle rencontre une jeune Palestinienne et c'est l'histoire de celle-ci qu'on découvre ensuite. Une jeune fille qui ne comprend pas ce qui se passe, qui rêve de liberté, mais qui vit la sombre réalité du camp de réfugiés, l'impuissance et la mort lente.
Un roman difficile à cause des émotions traduites avec justesse par Le Clézio. Difficile aussi parce que le récit suit souvent le fil des pensées des jeunes filles, des réflexions qui ne sont pas linéaires, elles vont et viennent avec d'inévitables répétitions.

Un roman qui ne présente pas une position politique, mais qui prend plutôt parti pour les victimes, quelle que soit leur origine.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          514
sabine59
  23 mars 2017
Douloureux et lancinant, ce livre m'a beaucoup marquée. Le style pur, incandescent de l'auteur m'a, une fois de plus, séduite.
Les destins d'Esther, la juive, la petite étoile en fuite, et celui de Nejma,la palestinienne sans maison s'entrecroisent. Sans vraiment pouvoir se rejoindre.
On aimerait pourtant que ces deux adolescentes, qui se sont, par un regard intense sur le chemin du hasard, reconnues un jour, puissent plus tard se retrouver...Il restera de cette rencontre le cahier noir offert par Nejma à Esther.
L'une arrivant en Israël, comme sur une terre de salut, une terre promise.L'autre quittant avec chagrin et incompréhension ce qui était autrefois son pays.Deux figures féminines de l'exil, de la souffrance, du manque.
C'est surtout le parcours d'Esther que l'on suit. Un parcours difficile, avec l'espoir fou comme force intérieure.
Les images du soleil implacable, du désert inhospitalier, de la fatigue du corps cherchant un abri me poursuivent. Tout comme le regard étoilé d'Esther, un regard d'enfant perdue...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          393
lecassin
  21 décembre 2016
Par les temps qui courent, on ferait bien de lire et/ou relire « Etoile errante ». Non pour y trouver des solutions, mais pour se persuader que l'Histoire repasse souvent les plats… Amers, les plats, pour le moins…
Nous sommes en 1943 et Esther fuit, avec sa mère. Elle est juive et elle fuit devant l'horreur du nazisme : un voyage qui les mènera de l'arrière-pays niçois vers l'Italie. A la fin de la guerre elle tentera de rejoindre Israël ; voyage faisant, elle croisera le regard de Nejma, elle aussi jetée sur les routes par la guerre. le contact des deux jeunes filles se réduira à ce regard et à unéchange de noms, mais les marquera toute leur vie. Comme Esther, Nejna est une exilée… dans son propre pays… Elle est Palestinienne.
Comme je le disais plus haut, il n'y a pas de solutions à chercher dans cet opus, un peu décousu de notre Prix Nobel… Un opus qui nous fait toucher la vanité de la guerre, et la difficulté de créer ex nihilo, l'Etat d'Israël.
Il me restera de cette lecture de merveilleux passages comme Le Clézio sait nous les faire sentir ; de magnifiques passages…
« Etoile errante » n'est pas mon roman préféré de l'auteur. Reste une lecture forte sur un thème fort et douloureux, celui de la quête d'identité « impossible » de deux jeunes filles que la guerre et la barbarie des hommes a jetées sur les routes de l'exil, au milieu de l'incurie des politiques.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          352
RanaZou
  27 décembre 2021
Un bijou littéraire !
Esther la Juive et Nejma la Palestinienne, des étoiles errantes : deux destins et un cri de douleur : la guerre. L'exil est un point commun (Israël, terre promise pour l'une et camp de réfugiés pour l'autre). Cependant, Nejma et Esther ne se retrouveront jamais ; il leur restera uniquement ce regard et l'échange de leur prénom sur un cahier.
L'écriture poétique et vibrante de JMG le Clézio nous enchante et sait nous transporter au plus profond de l'âme de Nejma et Esther. de toute beauté !

Commenter  J’apprécie          310
MELANYA
  28 juin 2022
Retour avec J.M.G. le Clézio et son « Étoile errante".
« le drame ne fait qu'empirer ! »
Au cours d'une enquête faite en France, J.M.G. le Clézio, il y a environ trois ou quatre ans, auprès de professeurs et de lecteurs, a été classé comme le plus grand écrivain français vivant.
Cet ouvrage a été publié en 1992 et les événements, que ce soit d'un côté ou de l'autre, ne le rendent que plus actuel. Ici, ce sont les Israéliens et les Palestiniens qui s'enfoncent dans une guerre dont on ne voit pas l'issue.
Nous sommes tout d'abord ramenés en pleine guerre 40/45 : Esther (une jeune adolescente surnommée « Estrellita », » sa petite étoile » par son père), et ses parents, fuient la région de Nice occupée par les Allemands. Ils font partie de tout un groupe d'autres Juifs. le voyage vers l'Italie est horrible. Il y a les montagnes, la neige, le froid, la faim, l'épuisement des vieux, des femmes et des enfants, les marches sans fin, les bagages à porter. Son père part en éclaireur et elle ne le reverra plus. Des patrouilles françaises et allemandes sillonnent les montagnes.
Enfin, ils arrivent en Italie, mais ce n'est pas encore la paix. Ils ne la trouveront qu'une fois montés à bord d'un bateau vers la Palestine et encore... Les Anglais n'acceptent pas cette installation de quantités de Juifs sur le territoire et leur implantation ne sera pas facile. Les Juifs luttent contre eux et contre les Palestiniens pour se faire reconnaître une place.
Un jour, la cause étant gagnée, Esther, du haut d'un camion israélien, remonte une longue file de réfugiés palestiniens qui marchent dans le soleil avec ce qu'ils ont pu emporter sur le dos. A leurs tours ils sont chassés de chez eux et, cette fois ci, ce sont Esther et les siens qui forcent des hommes, des femmes et des enfants à quitter leurs maisons et à abandonner tout ce qu'ils avaient.
Elle croise le regard d'une jeune palestinienne dans lequel elle peut lire la même peur et le même épuisement que celui qui se lisait sur son visage quand elle gravissait les montagnes la peur au ventre.
Son univers et le sentiment de son bon droit vont s'en retrouver pour le moins bousculés.
J.M.G. le Clézio, de sa belle écriture déliée et riche, nous fait pénétrer dans un monde où tout n'est que lutte, souffrance et danger. Chaque partie a ses raisons et elle est certaine de son bon droit. Mais les faits sont là et ce que ce bon droit peut entraîner comme conséquences pour les autres n'est pas toujours très agréable à voir et à supporter.
Le doute peut s'installer en soi et ronger l'âme quand les faits ne sont plus qu'une simple abstraction bien vite chassée de l'esprit, un simple article de journal, de simples chiffres alignés…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210

Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
bilodohbilodoh   24 février 2016
Mon coeur bat lentement, je ne sens plus la peur, je ne sens plus la faim, ni la soif, ni le poids de l’avenir. Je suis libre, je sens en moi la liberté du vent, la lumière. C’est la première fois.


(Folio, p.180)
Commenter  J’apprécie          220
zaboudazabouda   02 octobre 2013
c'etait pour cela qu'Esther aimait bien Mario . un jour , au lieux de lui raconter des histoires , il lui avait raconté un peu sa vie , par bribes . Avant la guerre , il était berger .... il n'avait pas voulu partir à la guerre, il s'était caché dans la montagne. mais les fascistes avaient tué tous ses moutons et son chien , et Mario était entré dans le maquis
Commenter  J’apprécie          80
moussk12moussk12   13 décembre 2016
Aamma Houriya, cette fois-là, a observé un long silence, pour que nous puissions entendre les battements de notre cœur, les bruits légers qui venaient des autres maisons, avant la nuit, la voix des bébés, les aboiements des chiens. Elle savait la valeur du silence.
Commenter  J’apprécie          110
bilodohbilodoh   26 février 2016
Mais en bas, dans les rues du camp, c’est le bruit des voix des gens qui se désespèrent, c’est cela qu’il a entendu, et cela lui lui rongé le coeur, et c’est pour cela qu’il n’a plus voulu vivre. Il est mort jour après jour, comme une plante qui se dessèche

(Folio, p. 225)
Commenter  J’apprécie          90
luis1952luis1952   28 septembre 2015
Esther s'était cachée , parce qu'elle ne voulait pas qu'on la voie, mais Gasparini l'avait tirée par la main et l'avait forcée à marcher au milieu du champ. Les chaumes étaient durs et piquants. Ils traversaient ses espadrilles de corde, ils écorchaient ses orteils. Le soleil éblouissait, il brûlait les paupières, le visage, les mains.
Commenter  J’apprécie          50

Videos de J.M.G. Le Clézio (44) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de J.M.G. Le Clézio
#santé #art #CulturePrime
"Un jour on saura peut-être qu'il n'y avait pas d'art mais seulement de la médecine". L'auteur J. M. G. Le Clézio ne croit pas si bien dire. À Montréal, les médecins prescrivent déjà des visites au musée pour certains malades…
Abonnez-vous pour retrouver toutes nos vidéos : https://www.youtube.com/channel/UCd5DKToXYTKAQ6khzewww2g/?sub_confirmation=1
Et retrouvez-nous sur... Facebook : https://fr-fr.facebook.com/franceculture Twitter : https://twitter.com/franceculture Instagram : https://www.instagram.com/franceculture
autres livres classés : palestineVoir plus
Notre sélection Littérature française Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Voyage au pays des arbres

Quel est le personnage principal ?

Jules
Pierre
Mathis

3 questions
7 lecteurs ont répondu
Thème : Voyage au pays des arbres de J.M.G. Le ClézioCréer un quiz sur ce livre