AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782234087187
Éditeur : Stock (13/03/2019)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 38 notes)
Résumé :
Lisa vit seule à Paris dans un appartement connecté. Dehors, le chant des cigales est aussi accablant que la chaleur, les drones filent entre les immeubles et surveillent les habitants, des créatures virtuelles parlent aux piétons. La jeune femme participe aux projets qui transforment le pays, mais peine à croire en ce nouveau monde à la fois insolite et oppressant. Son voisin Liam, devenu son confident, entretient avec dévotion son jardinium. Quant à Laure, sa mère... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
Harioutz
  17 septembre 2019
Un vrai coup de coeur pour mon premier roman d'Aude le Corff !
La mer monte est à la fois un roman d'anticipation et le scénario d'une catastrophe écologique en cours ...
On y ajoute une bande d'ados prêts à mordre, à belles dents, dans un avenir qu'ils imaginent radieux, une histoire d'amour qui débute, et une disparition violente, et Aude le Corff entraîne le lecteur dans un tourbillon soutenu et vraiment bien écrit.
J'ai particulièrement goûté ses "inventions futuristes" (cf. les passages entre Daphné et Liam), et je me permets de recommander cette lecture à Deleatur, même s'il la trouvera peut-être un tantinet fleur bleue.
Commenter  J’apprécie          1098
hcdahlem
  08 avril 2019
Aude le Corff a trouvé une manière habile de traiter de la question environnementale. Dans «La mer monte», elle confronte le quotidien de Lisa en 2042 aux souvenirs de sa mère Laure.
Nous sommes à Paris, Boulevard des Batignolles. Sortant du métro station Rome, Lisa se hâte de rentrer chez elle pour n'avoir pas à affronter la forte chaleur qui écrase la ville malgré les mesures prises, à savoir «blanchir les toits, les trottoirs, les façades, ventiler, ombrager les différents espaces». Lorsque s'ouvre la porte de son appartement, qui l'a reconnue, elle aura pu apprécier le quai végétalisé, entendre les drones omniprésents, écouter les conseils de créatures virtuelles, admirer les fougères arborescentes, se faire héler par une vendeuse de sandales connectées.
En cette année 2042, son interlocuteur virtuel lui aura résumé les données enregistrées sur sa santé: «Vous avez ri quatre fois, ce qui est bon pour votre santé, et à part trois élévations dues au stress, votre rythme cardiaque est resté stable. Votre tension est normale. Vous n'avez marché que vingt-deux minutes, contre quarante préconisées par le ministère de la Santé, nous vous conseillons demain de sortir à la station Courcelles, et de finir votre trajet à pied afin de ne pas devenir obèse.»
On imagine tout à la fois le bénéfice de ces informations et l'agacement que peut provoquer cette surveillance permanente. Lisa n'a du reste pas envie d'en savoir plus. Pas plus qu'elle n'a envie de rappeler sa mère qui a déjà essayé de la joindre à trois reprises. Elle se fait livrer son repas du soir, et après un passage sous le jet brumisateur, enfile sa tunique d'intérieur avant de s'affaler sur le canapé pour regarder un épisode de sa série préférée en réalité virtuelle avec Topor, son compagnon qu'elle n'appelle plus «robot» depuis bien longtemps.
On imagine le plaisir qu'à pu avoir Aude le Corff à imaginer notre quotidien dans un peu plus de deux décennies, ne se contentant pas des trouvailles techniques, mais aussi de dresser cette évolution de la société vers davantage d'individualisme, la plupart des appartements étant désormais conçus pour des personnes seules. le second sujet qui préoccupe la population, ce sont les effets du dérèglement climatique et l'afflux de réfugiés, venant notamment des côtes françaises: «La maison de mon enfance, sur la pointe nord de l'île de Ré, a subi de nombreux dégâts. le salon a pris l'eau plusieurs fois, elle n'est plus habitable. Un héritage englouti, et tant de souvenirs près du phare des Baleines à présent inaccessible. La plupart des insulaires ont déménagé, la plage sur laquelle je jouais petite n'existe plus, avalée par la mer qui est montée bien plus vite que ne l'avaient prédit les scientifiques. Les digues renforcées n'ont pas résisté longtemps.»
C'est dans cette maison, aujourd'hui rayée de la carte, que sa mère a appris qu'elle ne reverrait pas son fiancé, parti quelques jours plus tôt rendre visite à sa famille en Toscane. Sans davantage d'explications, il déménage en Australie, laissant Laure dévastée.
Un mystère que Lisa va essayer de percer en découvrant les agendas de sa mère, en creusant dans les étapes de sa vie depuis sa naissance durant la canicule de 2003, en passant par les différentes catastrophes naturelles qui ont conduit de «l'ère de la pollution sans conscience à l'ère écologique dure».
Un mystère qui va tenir le lecteur en haleine, qui va illustrer les relations difficiles entre mère et fille, et qui va donner au roman une dimension psychologique supplémentaire. D'autant que l'épilogue est aussi habilement construit que le livre lui-même.
Comme l'ont relevé certains membres du jury du Prix Orange du Livre 2019, il n'est somme toute pas si fréquent que les écrivains s'emparent de problématiques actuelles comme le réchauffement climatique. Aude le Corff relève le pari haut la main.

Lien : https://collectiondelivres.w..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          410
La_Bibliotheque_de_Juju
  05 juin 2019
Quelle bien belle surprise que ce livre !
2042. Lisa vit dans un Paris réinventé à une époque où l'humanité n'a pas eut d'autre choix que de faire face au réchauffement climatique mais également aux avancées de la technologie. Des drones sillonnent la capitale à l'affût d'une cigarette fumée de trop, les ascenseurs indiquent le poids de leurs usagers et tout le monde est équipé de lentilles qui peuplent le métro parisien d'animaux chimériques.
En parallèle, le lecteur découvre le journal de Laure, la mère de Lisa, qui raconte le choc terrible que fut l'exil de son amour de jeunesse dans les années 90 …
Portrait d'une mère abîmée par un grand amour adolescent et de cette fille qui ne connaît pas vraiment celle qui lui a donné la vie. Qui a grandit sans la comprendre.
Aude le Corff offre un roman unique et captivant qui traite à la fois de cette quête d'une mère inconnue, de cette compréhension de celle qui l'a mise au monde, ce monde qui livre ses dernières ressources.
Je ne peux que vous inviter à vous lancer dans cette lecture au message important. A l'orée des genres, il offre une lecture terriblement originale et réussie de bout en bout.
Une belle surprise je vous dis !

Lien : https://labibliothequedejuju..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          484
coquinnette1974
  06 décembre 2019
Je prends enfin le temps de chroniquer La mer monte de Aude le Corff, reçu grâce aux éditions Stock, que je remercie.
Nous sommes en 2042. Des catastrophes naturelles ont frappé le monde et forcé les dirigeants des pays développés à entamer une transition écologique radicale.
Direction Paris où nous découvrons Lisa. Elle a vécu son enfance auprès d'une mère souvent absente et lunatique, qui tenait avec soin son journal. La fillette, qui le lisait en cachette, a ainsi découvert un épisode douloureux pour sa mère : dans les années 1990, son petit ami est brutalement parti au coeur de l'été, sans un mot. Laure ne l'a jamais revu, et Lisa s'interroge encore.
Sa famille s'est toujours montrée silencieuse au sujet de cet abandon et des bouleversements qui ont suivi.
Que lui a-t-on réellement caché ? Elle décide alors d'enquêter...
La mer monte est un excellent roman que j'ai pris plaisir à lire rapidement et qui m'a transporté dans deux mondes. Différents mais complémentaires.
D'un coté, nous suivons Lisa, en 2042. Ce n'est pas dans si longtemps que ça et pourtant... les choses ont bien changées ! Il fait chaud, horriblement chaud.. la vie est différente et ce n'est pas si difficile à croire à ce monde ultra connecté.
Et puis nous revenons, grâce au journal intime de Laure, dans un monde que je connais bien : les années 1990. Laure et moi avons sensiblement le même age, je me suis donc un peu retrouvé dans certains de ses souvenirs. J'ai trouvé ça très intéressant de passer ainsi du présent au passé. On découvre des secrets de famille, des non-dits, un futur proche qui fait un peu (beaucoup...) froid dans le dos.
Ce premier roman d'Aude le Corff est une très bonne surprise, je lui mets avec plaisir cinq étoiles :)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          270
Leoniee
  09 novembre 2019
Lisa est une femme de son temps, 2042. Elle est critique face aux progrès technologiques et aux répressions rendus plus faciles, qui agissent au nom de la santé publique et de la sécurité intérieure.
Parfois cependant, elle profite du confort proposé par des robots domestiques. La vie semble facilitée, elle est aussi plus déshumanisée. En toile de fond, le problème des migrants est à la fois de plus en plus critique et de plus en plus occulté.Lisa recherche des contacts plus humains, notamment avec Liam, son voisin, et se préoccupe de sa mère, Laure, qui ne s'est toujours pas remise du départ soudain et inexpliqué de son petit ami, cinquante ans auparavant.
L'auteure invente un monde qui traduit nos inquiétudes d'aujourd'hui tout en le dotant d'avancées technologiques savamment imaginées, offrant quelques caricatures qui ne manquent pas d'humour.
L'histoire du rapprochement de Lisa avec sa mère est touchante, les pages du journal intime de Laure - lues par Lisa -, le rendent poignant. L'auteure nous livre une réflexion sur la difficulté de vivre avec une dépression, que ce soit pour la malade ou l'entourage. J'aurais aimé d'ailleurs que l'histoire nous en dise un peu plus sur cet aspect, au moment du dénouement.
Lien : https://partagerlecture.blog..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          290

Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
HarioutzHarioutz   17 septembre 2019
Tout au long de ma petite enfance, j'avais considéré ma mère comme une femme sans passé ni passions, dédiée à mon bonheur, mes besoins, en service permanent.

Les autres mères étaient de bonnes machines mais la mienne s'éteignait parfois, m'occultant totalement, alors je piquais des crises, je me roulais par terre, je donnais des coups de pieds.

Elle appelait mon père en pleurant, n'osait pas me punir ou, au contraire, devenait violente à son tour, me rouait de claques et de fessées, me traitait de peste, de petite conne, et ça me rassurait un peu de la savoir vivante et en rage, même si elle me terrifiait, je ne savais pas jusqu'où elle pouvait aller.

Mon père s'interposait, elle criait, puis sanglotait et s'en voulait terriblement de n'avoir pas su se contrôler.

Elle se plaignait de ne pas y arriver avec moi, "elle est trop dure, je n'en peux plus", disait-elle à mon père.
Alors je lui demandais si elle m'aimait et elle détournait le regard, ou me répondait "je ne sais plus", avant d'ajouter, un peu trop tard, "si, si, je t'aime".

Sa fragilité m'exaspérait, mais surtout m'angoissait. De quelle peine secrète souffrait-elle ?
Je voulais comprendre pour trouver un remède, réparer ce qui s'était cassé en elle.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          410
hcdahlemhcdahlem   08 avril 2019
La maison de mon enfance, sur la pointe nord de l’île de Ré, a subi de nombreux dégâts. Le salon a pris l’eau plusieurs fois, elle n’est plus habitable. Un héritage englouti, et tant de souvenirs près du phare des Baleines à présent inaccessible. La plupart des insulaires ont déménagé, la plage sur laquelle je jouais petite n’existe plus, avalée par la mer qui est montée bien plus vite que ne l’avaient prédit les scientifiques. Les digues renforcées n’ont pas résisté longtemps.
L’île a perdu la moitié de sa surface, les marais salants à l’ouest ont été absorbés par la mer, dessinant des îlots reliés par des routes submersibles ou des cordons dunaires truffés de pieux en béton. Cet archipel est devenu un sanctuaire pour les oiseaux migrateurs ; des grues cendrées, des ibis, des cigognes ou des balbuzards pêcheurs occupent les jardins abandonnés, dans lesquels flottent parfois une vieille planche à voile, une poupée, un ballon négligés par les bandes de pillards qui ont écumé l’île à chaque tempête. 
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          211
HarioutzHarioutz   17 septembre 2019
Il y a dix ans, j'étais encore libraire.
Ma grand-mère, bibliothécaire, m'a transmis sa passion pour les livres.
Malheureusement, mon chiffre d'affaires n'a pas résisté aux lentilles connectées qui séduisaient de plus en plus de monde, et j'ai déposé le bilan.

Les librairies ont investi dans les drones solaires et peuvent, comme les autres commerces, livrer leurs clients dans l'heure, mais comment lutter contre l'arrivée de n'importe quelle information directement sur la rétine ?

Tout en disposant d'une vue plus que parfaite, on peut lire un texte ou un poème les mains dans les poches, mais aussi consulter ses messages ou sa liste de courses, le résultat d'une recherche, se repérer facilement dans une ville inconnue.
Et se mêle aux progrès technologiques la culpabilité de consommer, gaspiller, accumuler à outrance.
Vivre simplement dans un décor dépouillé et investir dans les énergies renouvelables, voilà de qui es attendu de tout bon citoyen.
Les lentilles, alimentées grâce au mouvement des yeux et assorties d'un minuscule implant son, remplacent les écrans que nous n'avons plus besoin de transporter avec nous et de recharger.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
HarioutzHarioutz   17 septembre 2019
Liam apparaît derrière son robot et m'accueille avec son grand sourire chaleureux et son accent britannique pour lequel j'avoue avoir un faible.

Il porte une tunique bleue thermorégulatrice qui lui arrive aux genoux et laisse apparaître ses mollets poilus, mais cela n'étonne plus personne depuis qu'une homogénéité s'est instaurée entre les vêtements des hommes et ceux des femmes.

Au début du siècle, une telle tenue aurait paru ridicule en Europe, mais il faisait tellement chaud d'avril à octobre qu'un jour, les fonctionnaires se sont révoltés et ont commencé à venir travailler en jupe, un peu sur le ton de la blague au début, laissant tomber le costume étouffant et le pantalon inconfortable.
Les médias se sont régalés de l'affaire. Mais le soufflé n'est pas retombé, beaucoup ont imité ces précurseurs, et, finalement, les hommes ont majoritairement adopté la tunique et les sandales, qui signent un retour réussi à la mode romaine.

- Entre Lisa, tu vas bien ?

Obéissant, malgré moi, à une directive du ministère de la Santé devenue un usage, je ne tends pas ma joue à Liam.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          112
HarioutzHarioutz   17 septembre 2019
- Dans les rues, les drones policiers tire sur tout ce qui fait un pet de travers.
- Ils paralysent, sans tuer.
- Sauf les migrants.
- Oui, ces drones déployés au-dessus des océans sont impitoyables.

.../...

- J'étais descendue dans la rue quand le ministre de l'Intérieur avait annoncé que nous ne pouvions plus accueillir de réfugiés climatiques. Toi aussi, non ?
- Oui, mais tu vois bien, on a déjà du mal à loger les habitants des côtes et des îles. Tu regardes les infos ? Ca y est, le Marais poitevin est retourné à la mer. Les Vendéens continuent de rappliquer.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          142

Video de Aude Le Corff (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Aude Le Corff
Rencontre avec Aude LE CORFF Le Lycée René Cassin à Tarare reçoit Aude LE CORFF pour parler de son roman "Les arbres voyagent la nuit"
autres livres classés : écologieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Les plus grands classiques de la science-fiction

Qui a écrit 1984

George Orwell
Aldous Huxley
H.G. Wells
Pierre Boulle

10 questions
3426 lecteurs ont répondu
Thèmes : science-fictionCréer un quiz sur ce livre

.. ..