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EAN : 9782848768915
138 pages
Éditeur : Philippe Rey (02/09/2021)
3.93/5   7 notes
Résumé :
L'histoire d'une amitié entre un libraire et l'autrice, construite au fil des lectures. Un destin bouleversant

" Raconter Jacques et témoigner de son destin singulier, si beau et si tragique à la fois, ce serait raconter au nom des libraires, pour eux et pour nous tous qui faisons ensemble société, quel libraire, essentiel parmi les essentiels, il demeure à jamais.
Jacques Allano était libraire en Bretagne, à Saint-Brieuc. Faute de successeur, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  14 septembre 2021
Une grosse boule de chagrin, de désespoir, d'amitié, de compagnonnage de libraires…. Une lecture faite cette nuit d'une traite, la gorge serrée…Un trésor d'empathie, de poésie, d'admiration d'une femme, auteure-poète, ancienne éditrice et « passagèrement libraire « auprès de Jacques Allano…dans une période délicate et tourmentée de « pandémie » pour tous nos amis-Libraires indépendants !
Un HOMMAGE aux LIVRES, à ce métier absolu de Libraire, de l'auteure à son ami, Jacques Allano, libraire à Saint-Brieuc pendant plus de 30 ans. Co-fondateur de la librairie « le Pain des rêves » (en hommage à un autre breton, Louis Guilloux). Revenu en 2019, après avoir pris sa retraite presque 10 ans plus tôt…reprise voulue pour ne pas voir « sa » librairie disparaître ! Tous ses proches, amis, clients l'ont vu profondément heureux de cette reprise, jusqu'au 1er confinement le 16 mars 2020, face à un vide, à une vie désertée par sa substance principale…
Confronté à ses fragilités,des chagrins et cette foudroyante épée dévastatrice le transperçant en lui assénant que ce métier adoré, exercé avec foi et enthousiasme n'était pas « essentiel »…
Blessure insensée vécue par tous nos professionnels de la culture, comédiens, musiciens, peintres, artistes de toutes les expressions…
Mérédith le Dez, pour conjurer le vide trop douloureux de l'absence de son ami, ne sait que faire… sa vie, à nouveau en suspens, avec une raison de vivre et d'agir qui s'évanouit… Elle avait ,pour accepter de seconder Jacques Allano pour reprendre la librairie, mis de côté un projet important de Livre ! Mais ce projet commun de refaire vivre « le Pain des rêves » l'a transportée…portée, avec cet ami-libraire qu'elle connaissait depuis de nombreuses années, qu'elle estimait et avait appris à connaître… Elle se voyait si bien se « former » auprès de lui… pendant des années et prendre sa suite lorsqu'il l'aurait sollicitée. Mais malheureusement, rien ne s'est passé comme prévu !
Et Jacques, l'Ami, le libraire érudit, « à la mémoire encyclopédique, au désordre savant », à l'amour inconditionnel pour ses livres, sa librairie, a tiré sa révérence, quelques jours après la réouverture le 16 mai 2020….
Mérédith le Dez est sous le choc… elle ne peut imaginer que Jacques est parti, elle lui parle quotidiennement , voudrait lui rendre existence et justice pour son parcours exemplaire de Libraire, Un libraire appartenant à la haute lignée des Libraires, défendant la Littérature, des textes confidentiels de qualité…mettant en avant ses coups de coeur, pratiquant une indépendance de goût et de choix, hors des chemins médiatiques… de cette race de Libraires-découvreurs dont nous ne pouvons nous passer JAMAIS, à moins de vouloir vivre dans un monde aseptisé, uniforme, sans âme ,sans caractère, ni relief !

Mérédith le Dez , dans un premier temps, trouve révoltant de raconter « son ami, Jacques »… et puis comme elle ne peut s'empêcher de lui parler chaque jour, de l'apercevoir en permanence près d'elle, l'idée fait son chemin, et elle se décide à prendre « la plume »… pour prolonger la vie de son Ami, mais pas que… aussi celle de tous les oubliés désespérés de ce confinement…violent, cruel, injustifié pour cause de « métier culturel », décrété par les hautes instances comme « NON ESSENTIEL »…
Une brève parenthèse : j'ai eu la joie de rentrer très récemment à Lons-Le-Saunier dans une librairie indépendante, La boite de Pandore, dynamique, appartenant au groupement « Initiales » ; le plaisir de découvrir sur la vitrine un très beau et grand dessin floral, réaffirmant la fonction de la boutique : « Librairie… accompagnée du qualificatif… cette fois acquis, confirmé à tout jamais, « d'ESSENTIELLE » au prix de tant de chagrins et découragements , de « victimes » dont on prendra pleinement et totalement conscience, comme le formule très justement Mérédith le Dez, que progressivement et avec retard, inexorablement…!
Ce texte magnifique l'est doublement car son auteure a eu la très belle idée de mettre en tête de chaque Lettre adressée à son ami, une citation d'un ouvrage qu'ils ont souvent lu et débattu ensemble, entre 2019 et 2020. La chaîne des enthousiasmes et de la passion pour la littérature est bien vivante, ressourçante, communicative, nous reliant dans une même complicité fraternelle… Un livre-hommage, qui poursuit la chaîne amicale des amoureux des livres et de nos passeurs préférés : nos libraires de quartier !
Même si je ne vous ai pas connu, Jacques, MERCI pour tous les trésors que vous avez défendus, offerts à vos clients-amis, au fil de vos années de LIBRAIRE, et Un autre MERCI…à votre amie-collaboratrice, par son livre , de nous avoir permis de vous rencontrer au-delà de son chagrin. Ce qui reste un vrai tour de force… car réalisé avec infiniment de respect et de pudeur !
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Bazart
  13 août 2021
Livre hommage à Jacques Allano, libraire à Saint Brieuc au Pain des rêves dont il était le co fondateur et qui s'est suicidé en mai 2020 suite au premier confinement et à la situation désastreuse des librairies
L'autrice qui a travaillé avec Jacques Allano dans les derniers mois qui ont précédé son suicide raconte l'homme et les difficultés qu'il a connu
Le livre se voudrait le témoin de la noblesse et la difficulté du métier, mais la langue manque de simplicité et Meredith le Dez insiste sur des passages peu clairs et pas assez universels.
du coup on passe un peu à coté de l'homme sans doute exceptionnel qu'était Jacques Allano, dommage !
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gilles3822
  18 septembre 2021
J'habite Saint-Brieuc depuis un an. L'évènement tragique dont il est question avait déjà ébranlé le milieu culturel briochin. le confinement du printemps 2020, très strict, a créé un trou noir fatal, une tombe sensorielle, désocialisation inhumaine pour toute personne douée d'une sensibilité aux contacts, indispensables vecteurs d'humanité. L'auteure a travaillé aux côtés de Jacques Allano, proximité qui dépasse le cadre professionnel. Travailler dans une librairie vous fait rentrer dans un monde multiple dans lequel les rencontres sont le terreau sur lequel éclosent et s'épanouissent des connivences impalpables. L'invisible ici devient visible, il est la réalité, la seule qui vaille, par delà les apparences. Il est difficile voire impossible d'évoquer la mort brutale d'un être proche, trouver les bons mots est un exercice d'équilibrisme entre un larmoiement indécent et un silence teinté d'indifférence. La formule épistolaire permet de renouveler, à chaque opus, les émotions transcrites, d'évoquer l'anecdote qui construit la relation privilégiée, l'instant magique, naissance d'une complicité au hasard des lectures partagées. C'est de cela dont il est question, se projeter ensemble dans une oeuvre, méconnue par l'une, à l'écoute d'un homme secret aux multiples richesses.
L'humilité qui nous manque tant est ici chez elle, le sens du secret et des mondes cachés aussi. J'ai rencontré dans ma vie professionnelle ces femmes et ces hommes passeurs d'univers. Les écouter parler d'un livre méconnu, découvrir un auteur grâce à eux m'ont permis de garder intact mon goût pour la littérature. Ce que je proposai ne les intéressait guère mais l'accueil était au rendez-vous.
Merci à Meredith le Dez pour cet émouvant et sensible hommage à un homme attachant.
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manonlitaussi
  12 octobre 2021
La narratrice, ancienne enseignante de français, éditrice ET écrivain, a travaillé 9 mois dans la librairie de Jacques, passionné de livres, cela va sans dire.
Jacques s'est suicidé après le premier confinement, pas à cause de la situation financière de sa librairie, mais de la solitude et du choc qu'a été cette période.
Jacques n'était pas seulement son “patron”, il était un ami de longue date, un homme qu'elle admirait, un libraire, “un vrai”, qui connaissait la place importante des traducteurs, mettait en avant des livres moins connus, aimait transmettre, un homme de lettres généreux qui a touché plusieurs vies dont celle de l'auteure.
C'est à travers des lettres qu'elle s'adresse à son ami, livrant sa douleur après sa disparition, nous décrivant leur rencontre, leur travail, l'homme qu'il était.
C'est une sorte de confession magnifique, pas de pathos ici, juste la beauté des textes. Avec beaucoup de sensibilité c'est le portrait d'un homme passionné par les livres, qui savait transmettre cet amour qu'elle nous livre et surtout, celui d'un ami.
Un livre qui ne peut que plaire aux amoureux des livres par ses références, les citations qui précèdent chaque lettre, leur douceur, leur poésie et toute la tendresse qui émane de cette belle déclaration d'amitié.
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mankara
  20 août 2021
Avec ce bouleversant hommage à son ami Jacques Allano, Mérédith le Dez signe un livre déchirant et lumineux à la fois, où pointent tour à tour colère et tendresse, sans jamais sombrer dans la complaisance. Ce récit d'amitié - dont la portée, universelle, est servie par une écriture sensible et subtile - célèbre avec beaucoup de délicatesse, la littérature et rend justice aux passeurs, essentiels et discrets, qui nous la transmettent. Un petit bijou.
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critiques presse (1)
Actualitte   06 juillet 2021
Un texte d’admiration pour les libraires et leur profession essentielle, et un chant d’amour à la littérature qui change les vies.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   14 septembre 2021
Mardi 1er décembre 2020

(...)
Cher jacques,

Il y a tous les ces livres qui n'ont absolument pas besoin du coup de pouce du libraire pour se vendre et il y a les autres, plus secrets, plus âpres, plus difficiles, qui exigent une attention particulière, une recommandation, une mise en avant. Aussi quelle joie lorsque l'un d'entre eux , que l'on a défendu avec coeur et conviction, rencontre son public ! Le lectorat de ces singuliers bijoux a beau souvent être clairsemé, il ne s'agit pas de nombre dans cette affaire, mais d'intensité. Avec toi, Jacques, la librairie baignait dans un climat d'ouverture et de mystère qui m'a frappée lorsque j'y mis les pieds pour la première fois il y a une quinzaine d'années. Comme je suis nostalgique du "Pain des rêves" de cette époque, dont tu étais le maître tout à la fois obscur et éclairé ! (p. 58)
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fanfanouche24fanfanouche24   13 septembre 2021
Or les médailliers de mon grand-père et le cabinet de curiosités de son père étaient tout, sauf un pandémonium. Car le monde de la collection était un monde en miniature que l'on rangeait, un monde où l'on nommait, un monde que l'on classait, un monde où l'on ordonnait. ce n'était pas un monde de bruit et de fureur, et s'il y avait des démons, ils ne se trouvaient sans doute pas dans les vitrines, mais dans les têtes de ceux qui les constituaient. --- Alain Gnaedi, Le Pays de l'horizon lointain, Joëlle Losfeld, 2020 (p. 54)
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fanfanouche24fanfanouche24   14 septembre 2021
Jeudi 10 décembre 2020

Cher Jacques

(...)On peut mourir de chagrin. On peut crever de solitude, c'est donc vrai, Jacques. On a beau le savoir, on a beau faire tout pour l'empêcher, c'est elle, la solitude, la mort, qui a le dernier mot.
Tirera-t-on un jour les leçons du confinement, outre ses conséquences économiques, désastreuses, établira-t-on le bilan des ravages psychologiques dont il est responsable ? Des suicides ? Tu es, Jacques, un ami fidèle. Je sais que le dernier soir encore, alors que tu n'étais pas venu travailler à la librairie de la journée, tu es passé voir une vieille dame à qui tu rendais visite presque quotidiennement. Une dame seule à qui tu offrais tes services car elle perdait la vue. Tu étais sensible à son isolement, d'autant plus en cette période.(p. 84)
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fanfanouche24fanfanouche24   14 septembre 2021
Mardi 24 novembre 2020

Cher Jacques,

Tu n'es pas mort à cause de la librairie, Jacques, non. (...)
C'est une autre maladie, bien plus insidieuse, qui t'a rongé. Tu es mort ravagé par le chagrin. Dans la solitude de ce premier confinement qui te privait de tes nourritures essentielles. (...)
Non, Tu n'es pas mort à cause de la librairie, Jacques.Au contraire, elle 'a maintenu la tête hors de l'eau pendant quelques mois. Le ventre ou la caverne, comme je la nomme selon les moments. Qui aspire corps et âme. Qui occupe tout. Une obsession. Un beau monstre. Les remparts des livres t'ont protégé de toi-même tout un automne, tout un hiver. (...)
"Non essentiel". Comme nous avons été heurtés, blessés, l'un et l'autre, à l'instar de tous les libraires. La gangrène s'est installée avec cette flèche humiliante. (p. 35-36)
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fanfanouche24fanfanouche24   13 septembre 2021
Lundi 30 novembre 2020

Cher Jacques (...)
Je me rappelle t'avoir vu plus d'une fois absorbé dans la lecture, à la volée, d'un passage. Comme moi tu aimais cette étroite fenêtre sur un style d'une seule page prise au hasard. (...)
Je souris aujourd'hui en pensant à ces cartons que tu ouvrais, oui, tous en même temps, piochant parmi eux les ouvrages que tu attendais plus que d'autres, au lieu de procéder méthodiquement à la réception des livres, ce qui inévitablement aboutissait au désordre, parfois phénoménal, dont en fin de compte j'héritais, non sans te maudire gentiment, car c'est moi, toujours, qu'il appartenait de rétablir l'ordre et la rigueur. (p. 56)
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