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EAN : 9782848768915
138 pages
Philippe Rey (02/09/2021)
3.62/5   29 notes
Résumé :
L'histoire d'une amitié entre un libraire et l'autrice, construite au fil des lectures. Un destin bouleversant

" Raconter Jacques et témoigner de son destin singulier, si beau et si tragique à la fois, ce serait raconter au nom des libraires, pour eux et pour nous tous qui faisons ensemble société, quel libraire, essentiel parmi les essentiels, il demeure à jamais.
Jacques Allano était libraire en Bretagne, à Saint-Brieuc. Faute de successeur, ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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Une grosse boule de chagrin, de désespoir, d'amitié, de compagnonnage de libraires…. Une lecture faite cette nuit d'une traite, la gorge serrée…Un trésor d'empathie, de poésie, d'admiration d'une femme, auteure-poète, ancienne éditrice et « passagèrement libraire « auprès de Jacques Allano…dans une période délicate et tourmentée de « pandémie » pour tous nos amis-Libraires indépendants !

Un HOMMAGE aux LIVRES, à ce métier absolu de Libraire, de l'auteure à son ami, Jacques Allano, libraire à Saint-Brieuc pendant plus de 30 ans. Co-fondateur de la librairie « le Pain des rêves » (en hommage à un autre breton, Louis Guilloux). Revenu en 2019, après avoir pris sa retraite presque 10 ans plus tôt…reprise voulue pour ne pas voir « sa » librairie disparaître ! Tous ses proches, amis, clients l'ont vu profondément heureux de cette reprise, jusqu'au 1er confinement le 16 mars 2020, face à un vide, à une vie désertée par sa substance principale…

Confronté à ses fragilités,des chagrins et cette foudroyante épée dévastatrice le transperçant en lui assénant que ce métier adoré, exercé avec foi et enthousiasme n'était pas « essentiel »…

Blessure insensée vécue par tous nos professionnels de la culture, comédiens, musiciens, peintres, artistes de toutes les expressions…

Mérédith le Dez, pour conjurer le vide trop douloureux de l'absence de son ami, ne sait que faire… sa vie, à nouveau en suspens, avec une raison de vivre et d'agir qui s'évanouit… Elle avait ,pour accepter de seconder Jacques Allano pour reprendre la librairie, mis de côté un projet important de Livre ! Mais ce projet commun de refaire vivre « le Pain des rêves » l'a transportée…portée, avec cet ami-libraire qu'elle connaissait depuis de nombreuses années, qu'elle estimait et avait appris à connaître… Elle se voyait si bien se « former » auprès de lui… pendant des années et prendre sa suite lorsqu'il l'aurait sollicitée. Mais malheureusement, rien ne s'est passé comme prévu !

Et Jacques, l'Ami, le libraire érudit, « à la mémoire encyclopédique, au désordre savant », à l'amour inconditionnel pour ses livres, sa librairie, a tiré sa révérence, quelques jours après la réouverture le 16 mai 2020….

Mérédith le Dez est sous le choc… elle ne peut imaginer que Jacques est parti, elle lui parle quotidiennement , voudrait lui rendre existence et justice pour son parcours exemplaire de Libraire, Un libraire appartenant à la haute lignée des Libraires, défendant la Littérature, des textes confidentiels de qualité…mettant en avant ses coups de coeur, pratiquant une indépendance de goût et de choix, hors des chemins médiatiques… de cette race de Libraires-découvreurs dont nous ne pouvons nous passer JAMAIS, à moins de vouloir vivre dans un monde aseptisé, uniforme, sans âme ,sans caractère, ni relief !

Mérédith le Dez , dans un premier temps, trouve révoltant de raconter « son ami, Jacques »… et puis comme elle ne peut s'empêcher de lui parler chaque jour, de l'apercevoir en permanence près d'elle, l'idée fait son chemin, et elle se décide à prendre « la plume »… pour prolonger la vie de son Ami, mais pas que… aussi celle de tous les oubliés désespérés de ce confinement…violent, cruel, injustifié pour cause de « métier culturel », décrété par les hautes instances comme « NON ESSENTIEL »…

Une brève parenthèse : j'ai eu la joie de rentrer très récemment à Lons-Le-Saunier dans une librairie indépendante, La boite de Pandore, dynamique, appartenant au groupement « Initiales » ; le plaisir de découvrir sur la vitrine un très beau et grand dessin floral, réaffirmant la fonction de la boutique : « Librairie… accompagnée du qualificatif… cette fois acquis, confirmé à tout jamais, « d'ESSENTIELLE » au prix de tant de chagrins et découragements , de « victimes » dont on prendra pleinement et totalement conscience, comme le formule très justement Mérédith le Dez, que progressivement et avec retard, inexorablement…!

Ce texte magnifique l'est doublement car son auteure a eu la très belle idée de mettre en tête de chaque Lettre adressée à son ami, une citation d'un ouvrage qu'ils ont souvent lu et débattu ensemble, entre 2019 et 2020. La chaîne des enthousiasmes et de la passion pour la littérature est bien vivante, ressourçante, communicative, nous reliant dans une même complicité fraternelle… Un livre-hommage, qui poursuit la chaîne amicale des amoureux des livres et de nos passeurs préférés : nos libraires de quartier !

Même si je ne vous ai pas connu, Jacques, MERCI pour tous les trésors que vous avez défendus, offerts à vos clients-amis, au fil de vos années de LIBRAIRE, et Un autre MERCI…à votre amie-collaboratrice, par son livre , de nous avoir permis de vous rencontrer au-delà de son chagrin. Ce qui reste un vrai tour de force… car réalisé avec infiniment de respect et de pudeur !

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Livre hommage à Jacques Allano, libraire à Saint Brieuc au Pain des rêves dont il était le co fondateur et qui s'est suicidé en mai 2020 suite au premier confinement et à la situation désastreuse des librairies

L'autrice qui a travaillé avec Jacques Allano dans les derniers mois qui ont précédé son suicide raconte l'homme et les difficultés qu'il a connu

Le livre se voudrait le témoin de la noblesse et la difficulté du métier, mais la langue manque de simplicité et Meredith le Dez insiste sur des passages peu clairs et pas assez universels.

du coup on passe un peu à coté de l'homme sans doute exceptionnel qu'était Jacques Allano, dommage !

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Sous le prétexte de rendre hommage à un libraire disparu, l'auteure ne cesse de raconter les évènements de sa vie à elle, de mettre à distance cette disparition et somme toute d'afficher un certain mépris pour les gens qui ne font pas partie du cénacle autour de cette librairie.

Toute personne entrant dans une librairie devrait être hautement respectable et respectée quelles que soient ses lectures, quelle que soit sa provenance et visiblement ce n'est pas le cas puisqu'on n'évite pas le stéréotype du touriste inculte égaré en province. Heureusement que l'auteure et sa suite savent repérer les "vrais" lecteurs, les "vrais" amoureux des livres.

Une caricature des bourgeois intellos de province!

Un livre enflé de prétention, plutôt lourdement écrit, égocentrique et fort ennuyeux. Beaucoup trop de "je" pas assez de "il".

M'est tombé des mains.

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« Il y eut dans cette ville un libraire. Ce libraire n'était pas n'importe quel libraire. Il était un libraire de la haute lignée des libraires. »

C'est à ce formidable libraire avec lequel elle avait eu le bonheur de travailler et d'être amie que s'adressent les lettres de Mérédith le Dez, dans cet intimiste ouvrage au sobre titre et à la couverture délicieusement évocatrice. Jacques Allano, libraire de haute lignée, donc, si attaché à son travail et à sa librairie briochine, « le Pain des rêves », qu'il avait préféré s'arracher à sa retraite plutôt que de la voir, faute de repreneur, fermer définitivement ses portes. Mais ses lettres resteront sans réponse, Jacques est mort. Victime, comme tant d'autres, ce cet ébranlement profond généré par le confinement du printemps 2020 au point de sombrer dans l'une de ses propres failles, il a baissé un rideau définitif et sans appel sur sa vie de libraire, sur sa vie d'homme, laissant ses proches comme ses plus lointain dans un état de douloureuse sidération.

Il faut tout le talent, que je découvre avec plaisir, et toute la douce persuasion de Mérédith le Dez pour passer outre la sensation de gêne des premières pages de son livre : pénétrant de plain-pied au coeur d'un deuil dont l'intensité nous échappe, quelle pourra bien être notre place, humbles lecteurs de passage, dans cette intimité qui n'est pas la nôtre ? C'est pourtant bien au coeur de ses lettres, empreintes d'une douloureuse et pudique affection, que se dessinera l'espace privilégié où se rencontrent ceux qu'unit une seule et même passion, la lecture. Source inépuisable de rencontres, de trouvailles et d'émerveillements, elle est le premier pas vers les liens les plus forts et les plus durables, à plus forte raison lorsqu'elle est guidée par cette poignée de passionnés entièrement dévoués à son partage et à sa transmission. C'est donc à une très jolie réflexion sur cet attachement fort et personnel que chaque lecteur noue avec les livres et ceux qui les aiment et les font aimer, ceux qui en assurent le cheminement jusqu'à leurs appétits insatiables, que nous invite Mérédith le Dez, créant, de fait, entre elle et nous, la proximité qui nous autorise à partager son chagrin et à devenir les discrets témoins de ses derniers adieux à Jacques, « libraire de la haute lignée des libraires », portrait idéal des meilleurs d'entre eux, dont le nôtre, forcément.

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Dans un libraire, l'autrice rend hommage à Jacques Allano, un ami et libraire qui aura tout fait pour sa librairie jusqu'à reprendre du service pendant sa retraite.

C'est l'histoire d'une amitié puissante née de l'amour des livres, ceux de l'autrice, ceux qu'elle a édité et tous les autres. C'est aussi l'histoire d'un deuil et de l'écriture qui participe à ce travail compliqué.

C'est un texte en deux parties aussi touchantes l'une que l'autre. La première fait penser à un discours non préparé où on laisse le coeur parler et ça fonctionne, le lecteur est effectivement touché en plein coeur. Jacques en est le fil conducteur mais on navigue dans les pensées et la vie de l'autrice tout du long de cette partie. C'est aussi une réflexion sur la façon de rendre hommage à son ami.

Après de nombreuses hésitations, elle décide de partir sur des lettres qu'elle destine à Jacques pour lui décrire la vie depuis son suicide. Parle-t-on de récit épistolaire quand il n'y a qu'une personne qui écrit ? Je ne suis pas sûre mais en tout cas choisir ce type de narration privée pour nous raconter Jacques et l'attachement qui les liait est une très bonne idée. Ce choix renforce le côté intimiste du récit tout en restant éloigné de l'aspect intrusif d'une biographie.

Le langage utilisé est souvent très imagé et témoigne de l'amour qu'elle a pour Jacques et pour les livres en général. Les lettres parlent de l'après mais aussi des livres. C'est un peu comme si on était dans la librairie à écouter les conseils de libraires qui vantent des pépites pas assez mises en avant.

L'autrice a écrit de la poésie et ça se sent dans sa façon d'écrire même si ce texte est en prose. C'est un bel hommage et une belle façon de montrer les différentes étapes du deuil. Merci lecteurs.com et Philippe Rey pour cette découverte touchante

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critiques presse (1)
Actualitte   06 juillet 2021
Un texte d’admiration pour les libraires et leur profession essentielle, et un chant d’amour à la littérature qui change les vies.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Mardi 1er décembre 2020
(...)
Cher jacques,
Il y a tous les ces livres qui n'ont absolument pas besoin du coup de pouce du libraire pour se vendre et il y a les autres, plus secrets, plus âpres, plus difficiles, qui exigent une attention particulière, une recommandation, une mise en avant. Aussi quelle joie lorsque l'un d'entre eux , que l'on a défendu avec coeur et conviction, rencontre son public ! Le lectorat de ces singuliers bijoux a beau souvent être clairsemé, il ne s'agit pas de nombre dans cette affaire, mais d'intensité. Avec toi, Jacques, la librairie baignait dans un climat d'ouverture et de mystère qui m'a frappée lorsque j'y mis les pieds pour la première fois il y a une quinzaine d'années. Comme je suis nostalgique du "Pain des rêves" de cette époque, dont tu étais le maître tout à la fois obscur et éclairé ! (p. 58)
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Or les médailliers de mon grand-père et le cabinet de curiosités de son père étaient tout, sauf un pandémonium. Car le monde de la collection était un monde en miniature que l'on rangeait, un monde où l'on nommait, un monde que l'on classait, un monde où l'on ordonnait. ce n'était pas un monde de bruit et de fureur, et s'il y avait des démons, ils ne se trouvaient sans doute pas dans les vitrines, mais dans les têtes de ceux qui les constituaient. --- Alain Gnaedi, Le Pays de l'horizon lointain, Joëlle Losfeld, 2020 (p. 54)
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Jeudi 10 décembre 2020
Cher Jacques
(...)On peut mourir de chagrin. On peut crever de solitude, c'est donc vrai, Jacques. On a beau le savoir, on a beau faire tout pour l'empêcher, c'est elle, la solitude, la mort, qui a le dernier mot.
Tirera-t-on un jour les leçons du confinement, outre ses conséquences économiques, désastreuses, établira-t-on le bilan des ravages psychologiques dont il est responsable ? Des suicides ? Tu es, Jacques, un ami fidèle. Je sais que le dernier soir encore, alors que tu n'étais pas venu travailler à la librairie de la journée, tu es passé voir une vieille dame à qui tu rendais visite presque quotidiennement. Une dame seule à qui tu offrais tes services car elle perdait la vue. Tu étais sensible à son isolement, d'autant plus en cette période.(p. 84)
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Mardi 24 novembre 2020
Cher Jacques,
Tu n'es pas mort à cause de la librairie, Jacques, non. (...)
C'est une autre maladie, bien plus insidieuse, qui t'a rongé. Tu es mort ravagé par le chagrin. Dans la solitude de ce premier confinement qui te privait de tes nourritures essentielles. (...)
Non, Tu n'es pas mort à cause de la librairie, Jacques.Au contraire, elle 'a maintenu la tête hors de l'eau pendant quelques mois. Le ventre ou la caverne, comme je la nomme selon les moments. Qui aspire corps et âme. Qui occupe tout. Une obsession. Un beau monstre. Les remparts des livres t'ont protégé de toi-même tout un automne, tout un hiver. (...)
"Non essentiel". Comme nous avons été heurtés, blessés, l'un et l'autre, à l'instar de tous les libraires. La gangrène s'est installée avec cette flèche humiliante. (p. 35-36)
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Il y a tous ces livres qui n'ont absolument pas besoin du coup de pouce du libraire pour se vendre et il y a les autres, plus secrets, plus âpres, plus difficiles, qui exigent une attention particulière, une recommandation, une mise en avant. Aussi quelle joie lorsque l'un d'entre eux, que l'on a défendu avec cœur et conviction, rencontre son public! Le lectorat de ces singuliers bijoux a beau souvent être clairsemé, il ne s'agit pas de nombre dans cette affaire, mais d'intensité.
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