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Critique de DETHYREPatricia


Livre lu dans le cadre du #Prix des Auteurs Inconnus 2023 dont je suis l'un des jurés de la catégorie blanche.
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Si je devais résumer ce premier livre, je dirais qu'il s'agit d'un livre mettant en exergue plusieurs rencontres dans des contextes différents :

Il y a le passé (de juillet 1939 à août 1944), période au cours de laquelle se forgera l'amitié entre Louise (fille d'un médecin aisé) et Yvonne (fille plutôt déshéritée d'un ami médecin du père de Louise, décédé depuis plusieurs années). Confrontée pour un temps à la découverte d'un milieu social qu'elle ne connaît pas, Yvonne aura bien du mal à y trouver sa place même si rien n'est fait pour l'empêcher. Néanmoins, ces vacances au soleil de Larmor-Plage lui laisseront un souvenir impérissable, de même que la Villa Rouge qui abritera ses premiers émois amoureux.

Car de rencontres, il en sera également question entre Louise et Maxence, issus du même milieu, jusqu'à la perspective de fiançailles.
Yvonne, elle, rencontrera le jeune Jean, pêcheur et ouvrier local, soutien de famille de sa mère, veuve. Défiant les codes très rigoureux de l'époque, elle fera avec lui la découverte de l'amour...
Mais, les bruits de guerre se rapprochant, la famille parisienne quitte son havre de paix breton pour Paris et le destin redistribuera alors ses cartes.

Il y a le présent (qui se situe ici en juillet 1998) également à l'origine de rencontres : Camille, jeune fille qui se cherche, ayant rejeté ses études et vivant de petits boulots fait la connaissance d'une vieille dame (non identifiée au départ) qui, au gré de ses visites hebdomadaires (elle lui livre ses courses) lui racontera l'histoire de Louise et de la Villa Rouge, au cours de cet été 1939.

Grâce à l'amitié de Nathalie (effet miroir amitié Louise et Yvonne), Camille plutôt introvertie, fera également la rencontre de Romain, jeune sapeur pompier d'origine bretonne, mais en poste à Paris (qu'on rapproche d'emblée au personnage de Jean tant il est comme lui dévoué aux autres).
Diverses circonstances permettront aux deux jeunes de découvrir pour l'une et retrouver pour l'autre Larmor-Plage et sa villa Rouge dans le cadre d'une mission d'un genre particulier, et sans doute, le départ d'une autre histoire à écrire à deux...

Ce livre ne comptait pas parmi mes extraits présélectionnés pour mes votes dans cette catégorie, néanmoins, j'ai eu plaisir à le lire dans son entier.

C'est plutôt bien écrit, la narration est fluide, les personnes et les lieux (surtout Larmor-Plage et sa villa Rouge) sont très bien décrits ainsi que certains faits historiques et traditions locales. J'ai relevé, à plusieurs reprises, des phrases et paragraphes écrits sous une forme vraiment poétique et permettant aux lecteurs de se faire une idée des lieux et paysages que les personnages avaient sous les yeux.
L'auteure connaît son sujet et cherche à faire partager son amour des lieux. Et elle y parvient.

Néanmoins, j'ai été gênée par plusieurs choses, sans doute liées au fait qu'il s'agit-là d'un premier roman :

L'alternance entre passé (1939) et présent (1998) fonctionne plutôt bien mais il me semble qu'il aurait fallu vraiment respecter l'alternance des chapitres. Parfois, plusieurs chapitres concernant le passé précèdent juste un seul chapitre sur le présent. Cela créé une disproportion telle qu'elle minimise le poids de ce qui est raconté au présent.

De même, la chronologie des faits n'est pas réellement respectée (ex : on passe sans transition d'un chapitre concernant des faits en 39 à un chapitre en 44). de même, dans des chapitres censés être au présent (1998), il y a la narration de faits couvrant la période 39-44, et même des faits bien antérieurs ou postérieurs. Donc, cela créé une réelle confusion.

Le narrateur est un narrateur omniscient non identifié. de ce fait, on aurait peut-être pu avoir des chapitres complémentaires évoquant l'histoire racontée du point de vue d'un autre personnage (Iris, la mère, Maxence ou Jean, voire Romain) à des moments clairement identifiés dans le temps.

Certains passages manquent vraiment de précisions ou d'éléments de compréhension sur le vécu des personnages et la suite donnée à certains événements (ex : le suicide d'une habitante du N°37 de la rue, dont on ne sait pas vraiment qui elle est et, par ailleurs, rien n'est dit sur la réaction d'Yvonne suite à l'événement), ce qui place le lecteur dans des conjectures.
On a donc parfois le sentiment que l'écriture de certains passages aurait mérité d'être relue à plusieurs reprises et remaniée pour approfondir le propos.

Autre aspect vraiment dérangeant : la description de ce qui est fait et dit dans la superette locale, avec moult détails, beaucoup trop (les échanges avec les clients, les agissements du directeur, le couple de la caissière principale, l'accident de la collègue suite au bris d'une bouteille d'huile, etc.). Cela n'apporte vraiment rien au lecteur ni à la compréhension de l'histoire. Par contre, on aurait aimé connaître le sentiment introspectif de Camille sur ce qu'elle vivait au quotidien et sur la façon dont elle évoluait dans sa réflexion quant à son avenir. Souvent, on a le sentiment d'une écriture de remplissage plutôt que d'aller au fond du propos (ex : ses émois vis-à-vis de Romain, ce que génère chez elle l'histoire racontée par l'habitante du 5e, pourquoi a-t-elle peur des autres ?).
Sans doute, l'auteure a voulu faire de Camille le miroir d'Yvonne dans un autre temps (aspects de personnalité, origine sociale), mais on reste un peu sur notre faim.

Je n'ai pas compris non plus ce que venaient faire là une Germaine Dupré et son enfant Renée (ainsi que l'évocation de sa grand-mère et de son jardin). Ou alors, j'ai raté un épisode ! Un moment donné, on se dit que cela va avoir un lien avec le reste (par rapport au passé, voire par rapport au présent), mais on ne le trouve pas.
Oubli ? Manque de précisions permettant d'éclairer le lecteur ? Juste des personnages secondaires ?

Autre point : on voit que l'auteure connaît des faits historiques et qu'elle s'est documentée sur certains aspects locaux (tant concernant la Bretagne que Paris durant l'occupation et à la Libération, ou encore l'Indochine) mais, encore une fois, ces éléments brièvement évoqués me semblent insuffisamment creusés (comment les personnages ont-ils traversé ces événements, on ne le sait pas : ex : retrouvailles de Thibault à peine ébauchées, quand la vieille dame devenue infirmière en Indochine retrouve un ancien de la bande...).

Quant à évoquer la coupe du monde de football 1998 (comme un miroir aux foules accueillant les Alliés dans Paris le 26 août 1944 ?), cela m'a laissée dubitative.

Donc, à mon avis, un petit livre agréable à lire sur la plage pour qui aime la Bretagne, Larmor-Plage et est nostalgique de sa Ville Rouge, mais un livre pour moi insuffisamment abouti pour réellement me transporter. Il me semble que ce livre aurait mérité d'être relu par des yeux extérieurs, puis posé pendant quelques temps, avant de procéder à une relecture/réécriture plus critique car faite avec du recul et donc plus aboutie tant sur le fond que sur la forme (ex : texte en mode non justifié, chronologie des faits, proportion entre les différentes parties, coquilles d'orthographe, sous-titres avec dates et horaires...).

Néanmoins, habitant pas très loin de Larmor-Plage, ce livre m'a donné envie d'y aller voir sa plage de Toulhars et les différents autres lieux évoqués, donc j'y vois un aspect positif à ma lecture.


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