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EAN : 9782020086912
226 pages
Éditeur : Seuil (30/11/-1)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 48 notes)
Résumé :
Cet ouvrage, riche d'une très belle iconographie, retrace la généalogie d'une figure sociale originale, que le grand médiéviste décide de nommer au risque de l'anachronisme : "intellectuel". Sur fond de révolution urbaine, se détache à partir du XIIe siècle un clerc inédit, à la fois penseur et enseignant, qui se fait "vendeur de mots". Le grand mouvement des traductions, qui fait remonter en Occident,par l'intermédiaire des Arabes, toute une série de textes antique... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
rabanne
  14 juin 2016
J'avais vraiment apprécié la lecture de cet ouvrage étudiante.
"Intellectualis" (lat) signifie au Moyen Age "qui connaît intuitivement" (non rationnellement).
Jacques le Goff définit ainsi "ceux qui font métier de penser et d'enseigner leur pensée" ces intellectuels citadins, qui naissent au XIIe siècle avec les villes (émergence des universités), et pas avant.
A la fois penseur et enseignant, le "clerc" (à prendre dans son sens moderne, c'est-à-dire ni le moine, ni le prêtre) incarne l'universitaire qui invente une nouvelle manière d'étudier et d'enseigner : la "scolastique".
Ce mouvement conduit à l'affrontement entre deux écoles : les maîtres séculiers et les maîtres réguliers. Les penseurs du XIIIe siècle (comme Albert le Grand ou Thomas d'Aquin) veulent concilier Aristote et la Bible, en rendant Aristote intelligible aux Latins, afin d'autonomiser la philosophie...
Un ouvrage pointu d'anthropologie et de sociologie historique, qui nous apprend beaucoup sur le foisonnement intellectuel au Moyen âge et la richesse des échanges culturels (écrits, voyages, débats) à cette époque.
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Kyuss
  28 août 2015
Cette petite synthèse est assez ancienne et accessible. En fait, elle a été écrite durant une période où L Histoire s'affirmait encore comme une science, et cela explique l'intérêt de Jacques le Goff pour l'anthropologie et la sociologie, ainsi que le schéma "systématique" employé dans sa thèse.
Il ne s'agit pas d'une histoire des courants de pensée médiévaux, bien qu'il soient inévitablement évoqués dans ces pages, mais d'une étude sociologique adaptée au temps long, pour déterminer qui étaient les intellectuels à l'époque médiévale. À partir d'une définition de l'intellectuel comme celui qui "recherche et qui enseigne", Jacques le Goff émet l'idée, qui se confirme aujourd'hui, que ces individus sont apparus grâce à l'essor du phénomène urbain, ce qui leur a permis de se regrouper de la même manière que les artisans en confréries, dans le cadre des universités. C'est assez lumineux et admirable je trouve. Cette thèse a été remise en question, probablement étayée, mais je la trouve toujours intéressante, car c'est une bonne introduction à l'étude de ce phénomène.
Un petit plus, l'édition "Point" comporte de nombreuses illustrations.
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BazaR
  01 août 2013
Avantage de ce livre: le fait qu'il élimine quelques idées reçues sur l'emploi de la raison au Moyen-Age. La raison est utilisée au sein de la scolastique, mais elle reste inféodée aux dogmes religieux et ne prend pas souvent le pas sur la foi aveugle. Il faut cependant louer ce courant qui a maintenu l'usage de l'esprit dans un environnement difficile.
Déception: Je comptais comprendre les subtiles différences entre les théories de Duns Scot, Thomas d'Aquin ou Averroes; différences qui entrainaient leurs partisans à s'excommunier les uns les autres. Je suis resté sur ma faim.
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Diabolau
  08 avril 2018
Un petit livre érudit, qui dresse un portrait rapide de la vie intellectuelle de l'Empire Carolingien au début de la Renaissance. La partie la plus développée est celle des XIIème et XIIIème siècles, et ça tombe bien, car c'est après tout la plus intéressante, de Pierre Abélard à St Thomas d'Aquin.
Un livre qui date de 1957 et qui semble avoir plutôt bien vieilli, qui reste assez accessible, mais qu'il vaut tout de même mieux éviter de lire en pensant à autre chose si on ne veut pas passer complètement à côté.
On y apprend beaucoup de choses sur les origines de termes qui ont persisté jusqu'à aujourd'hui, tels que "baccalauréat", "licence", "doctorat", "bizuth" ou "Sorbonne"...
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laulevec
  21 mai 2015
Un des grands spécialistes de la periode
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
BazaRBazaR   15 mars 2014
Rien n'est plus frappant que le contraste entre les images qui représentent au travail l'intellectuel du Moyen Age et l'humaniste.

L'un est un professeur, saisi dans son enseignement, entouré d'élèves, assiégé par les bancs où se pressent l'auditoire.

L'autre est un savant solitaire, dans son cabinet tranquille, à l'aise au milieu de la pièce dégagée et cossue où se meuvent librement ses pensées.

Ici c'est le tumulte des écoles, la poussière des salles, l'indifférence au décor du labeur collectif.

Là tout n'est qu'ordre et beauté, Luxe, calme et volupté.
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DiabolauDiabolau   08 avril 2018
Rien de plus frappant que le contraste entre les images qui représentent au travail l'intellectuel du Moyen-Âge et l'humaniste.
L'un est professeur, saisi dans son enseignement, entouré d'élèves, assiégé par les bancs, où se presse l'auditoire. L'autre est un savant solitaire, dans son cabinet tranquille, à l'aise au milieu de la pièce dégagée et cossue où se meuvent librement ses pensées. Ici, c'est le tumulte des écoles, la poussière des salles, l'indifférence du décor du labeur collectif, là tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté.
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Jnc75Jnc75   15 février 2020
Abelard souffre de n avoir plus d adversaire à sa taille. Logicien il s irrite d ailleurs de voir passer au dessus de tous les théologiens. Il en fait serment: il sera théologien aussi. Il redevient étudiant et se précipite à Laon aux leçons du plus illustre théologien du temps: Anselme.(...)
" Je m approchai donc de ce vieillard qui devait sa réputation plus à son grand âge qu'à son talent ou à sa culture. Tous ceux qui l abordaient sur un sujet dont ils étaient incertains repartaient plus incertains encore. Si l on se contentait de l écouter, il était admirable mais si on le questionnait il se révélait nul. Pour le verbiage il était admirable, pour l intelligence méprisable, pour la raison vide. Sa flamme enfumait la maison au lieu de l éclairer. De loin son arbre tout feuillu attirait les yeux, mais quand on le regardait de plus pret et au plus de soin, on s apercevait qu il n y avait point de fruit. Lorsque je m approchai de lui pour cueillir son fruit, je vis qu il ressemblait au figuier qui maudit le seigneur ou à ce chêne à quoi Lucain compare Pompée
Il se tient de l ombre d un grand nom.
Tel un chêne superbe au milieu des champs.

Edifié, je ne perdus pas mon temps à son école "
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Jnc75Jnc75   16 février 2020
C est bien comme un artisan, comme un homme de métier comparable aux autres citadins que se sent l intellectuel urbain du XII siècle. Sa fonction c est l étude et l enseignement des arts libéraux. Mais qu 'est ce qu un art? Ce n est pas une science , c est une technique. Ars c est la spécialité du professeur comme celle du forgeron ou du charpentier. (...) un artc est toute une activité rationnelle et juste de l esprit appliqué à la fabrication des instruments tant matériels qu intellectuels: c est une technique intelligente du faire.
Ars est recta ratio factibiliul. Ainsi l intellectuel est un artisan; parmi toutes les sciences sont appelés arts cat ils n impliquent pas seulement la connaissance mais aussi la production qui découle immédiatement de la raison , telles que la fonction de la construction, des syllogismes, du discours, des nombres, des mesures, des mélodies, des calculs du cours des astres
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Jnc75Jnc75   01 janvier 2020
Je suis chose légère
Telle la feuille dont l ouragan joué
...
Tel l essuie voguant sans pilote,
Comme un oiseau errant par les chemins d air,
Je ne suis fixé ni par l ancre, ni par les cordes.
....
La beauté des filles a blessé ma poitrine.
Celles que je ne puis toucher, je les possède de coeur.
...
On me reproche en second lieu le jeu. Mais sitôt que le jeu
M a laissé nu et le corps froid, mon esprit s'échauffe.
C est alors que ma muse composé ses meilleurs chansons.
En troisième lieu parlons du cabaret.
...
Je veux mourir à la taverne
Là où les vins seront proches de la bouche du mourant,
Après les choeurs des Anges descendront en chantant :" a ce bon buveur que Dieu soit clément".
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Videos de Jacques Le Goff (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jacques Le Goff
ROMAN DE LA ROSE – Débat sur l’œuvre, animé par Jacques LE GOFF (France Culture, 1974) Un débat tiré de l’émission des « Lundis de l’Histoire », par Jacques Le Goff, diffusée le 6 mai 1974 sur France Culture. Invités : Daniel Poirion, Pierre Badel, Jean Batany et Jean-Charles Payen.
Dans la catégorie : Pouvoir royal: 987-1589Voir plus
>Histoire de France>France : histoire>Pouvoir royal: 987-1589 (87)
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