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ISBN : 2081286688
Éditeur : Flammarion (22/08/2012)

Note moyenne : 3.13/5 (sur 15 notes)
Résumé :
« Tu ne veux toujours pas te baigner ? » Cet été-là, il ne se baignera pas. Sa femme attendra longtemps qu’il se déride ou qu’il parle enfin ; ses deux jeunes enfants se tiendront à distance de ce père absent de leurs jeux.
Cet été-là, il fête son anniversaire en fantôme. Sa maison de famille à la mer, encombrée par les souvenirs, lui pèse. Son amour pour sa femme est encore là, mais semble aussi loin que la marée. Alors il décide de prolonger, pour lui seul,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Tempuslegendae
  15 décembre 2012
Et si Nicolas le GOLVAN avait signé là et las le portrait d'un homme blasé, il n'y a pas loin à se le demander…
Cet été- là, Greg se transformera en pitoyable spectateur, celui de lui-même, de ses proches. Des jeux des enfants, des diners entre amis, de sa vie, tout simplement. Comme dans un film où la bobine s'épuise, les images qui passent et repassent, s'interrogeant sur chaque séquence, souriant parfois aux folles scènes de son passé, pleurant aux plus mélancoliques, le tout bien installé dans son fauteuil de sable, moulé à sa dimension sur une plage bruyante de l'Ile de Ré.
Le joli cadre de Charente-Maritime où le narrateur passe inlassablement tous ses mois de juillet depuis sa tendre enfance s'articule comme une allégorie. Un bout de terre relié au continent par un pont surchauffé d'incessantes fréquentations de vacanciers, un écrin pour une veille cabane de famille renfermant des babioles accumulées au fil des ans, des secrets, des montagnes de souvenirs, le tout ressenti peut-être comme un fardeau.
Cet été- là pourtant, Greg prétextera vouloir rafraîchir ladite cabane pour ne pas devoir franchir le pont avec les siens. En pleine crise de la quarantaine, il regarde sa vie, impuissant, mais ne peut se décider à donner le coup de pied dans la fourmilière nécessaire pour avancer. Son amour pour Mylène et ses enfants est toujours présent mais fatigué, et ses doutes et ses douleurs d'antan le plongent dans une forme de léthargie.
Je sais, chacun cherche à savoir si cet amour las en Ré a toutes les chances de se terminer par une bonne note. C'est au lecteur curieux de le découvrir, c'est à Nicolas le GOLVAN de convaincre de sa plume irréprochable un mal lié à la famille, à l'âge, aux habitudes, aux sentiments peut-être…
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araucaria
  20 novembre 2016
Un livre dans lequel le héros vit une crise au moment de son anniversaire et du passage à la quarantaine. Ceci va le conduire à une introspection, à une remise à plat de son existence et de ses sentiments.
Livre bien écrit, que j'ai lu avec une certaine distance, et un léger malaise, m'interrogeant sur la fragilité d'un couple et des sentiments.
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Nadael
  05 octobre 2012
C'est un rituel annuel, Greg, sa femme Mylène et leurs deux enfants Louis et Rose passent leurs vacances d'été sur l'île de Ré, dans leur maison de famille. Cette « cabane » comme l'appelle Greg appartenait à ses parents. Tout ses souvenirs y sont enfermés ; de sa petite enfance aux escapades amoureuses avec celle qui deviendra sa femme, les premiers pas de son fils sur le sable, l'arrivée de sa fille, les retrouvailles avec les amis, le sable, la mer, le farniente, les barbecues, les soirées arrosées et chaque année ça recommence...
Mais cette fois, une amertume s'empare de Greg ; un sentiment de lassitude – cette maison, son couple –, un bilan de vie – crise de la quarantaine –, le poids d'un passé, des interrogations qui remontent à la surface – son père a brutalement quitté femme et enfants et n'est jamais réapparu, Greg avait neuf ans, l'âge de son fils aujourd'hui –... et lui quel genre de père est-il ?
L'homme n'est plus qu'une ombre auprès de sa famille cet été-là : il observe ce qui l'entoure : sa femme étendue à ses côtés sur la plage, ses enfants qui courent dans les vagues, une femme portant une casquette blanche à visières qui ressemble étrangement à sa mère. Même lorsqu'on fête son anniversaire avec des amis, il ne réagit pas, il semble être en dehors de la vie.
Greg prend alors la décision de rester sur l'île seul. Femme et enfants partis, il peut enfin se laisser aller complètement à ses reflexions, à ses doutes, à ses angoisses. À vélo, à pieds, il parcourt l'île de long en large et fait ainsi défiler sa vie.
La parenthèse qu'il a imposé à sa famille doit se refermer, il est bien obligé de faire des choix et de les assumer. Ce qu'il fait. Mais, pendant ce temps à Paris, sa femme aussi a eu le temps de cogiter...
J'aurais aimé connaître les pensées de Mylène, avoir un autre point de vue. du début à la fin, le lecteur est dans la tête de Greg et sa passivité a tendance parfois à lasser voire agacer. En revanche, l'écriture de Nicolas Golvan est ciselée. Il y a de la musicalité, des images et de la poésie dans ses mots. Un premier roman prometteur.
Lien : http://lesmotsdelafin.wordpr..
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Sharon
  08 septembre 2012
Ce premier roman se singularise des autres romans d'été que j'ai lu récemment. En effet, le narrateur est un homme, et ce choix modifie forcément la donne. Il est un homme qui se laisse porter. Pendant que sa femme et ses deux enfants, Louis et Rose, jouent sur la plage, lui ne se définit que par la négative. Il ne se baigne pas, il ne joue pas avec ses enfants, il ne parle même pas, ne noue aucun lien avec les autres vacanciers. Même ses amis de longue date, Julie et Bertrand, ne parviennent pas à la sortir de cette zone maussade et indéfinissable. Ce n'est pas réellement la crise de la quarantaine, cet anniversaire le touche peu. Ce n'est pas non plus une dépression. C'est une crise d'identité car le narrateur, qui n'est nommé que tardivement, regarde sa vie et la considère sans aspérité, sans tragédie non plus. Quelques retours en arrière nous font découvrir une vie de couple confortable, puisque sa femme a toujours pris les décisions quand lui se défaussait.
Je n'ai pas pu m'empêcher de chercher une autre explication à ces limbes dans lesquels le narrateur flotte. Preuve de son anonymisation, je ne me sens pas autorisée à l'appeler par son prénom. Son fils Louis, si désiré, déjà prénommé avant même sa conception (pour quelles raisons ?) a atteint l'âge que lui-même avait quand son père est parti, un jour, pour un “chantier lointain”, pour ne plus revenir. Notre personnage principal n'a ni su, ni voulu (il en aurait la possibilité) régler ses problèmes d'enfant, aussi essaie-t-il d'être père sans y parvenir complètement. Parvenant à donner le change avec son fils, il reconnaît, au milieu du méandre de ses réflexions, ne pas y être parvenue avec sa fille, moins désirée, moins fantasmée, ajoutant ainsi une fissure de plus à l'édifice fragile de son couple.
Je ne vous dirai pas s'il se trouve ou non, ni quelles seront les conséquences, je vous dirai simplement que j'ai beaucoup aimé ce texte, cette écriture, fine, légère et musicale. Preuve en est que les premiers romans ne sont pas seulement prometteurs, ils peuvent aussi être très réussi.
Lien : http://deslivresetsharon.wor..
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Laocoon
  05 novembre 2012
Oui, le sujet est rebattu mais tout le mérite de ce premier roman est d'avoir su anatomiser, avec une rare acuité, l'instant de la crise de la quarantaine, plutôt que d'en illustrer simplement le désarroi , comme dans de nombreuses autofictions contemporaines. Non, ce n'est pas un roman de circonstance, un roman de plage d'été indien, l'île de Ré n'est pas le simple décor qui donnera au lecteur la nostalgie des vacances passées : l'île,c'est le narrateur, Greg qui, à coups de râteau puérils,endigue ses souvenirs, jusqu'à l'enlisement, jusqu'à l'ensablement dans un lieu qui n'est plus le sien,brise les ponts...Le temps resserré du récit donne sa pleine mesure à l'introspection -ou la rétrospection, selon les âges...- sur nos effarantes lâchetés ordinaires.Le regard et le style de Nicolas le Golvan sont une clairvoyance à surveiller dans les années à venir...
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
NadaelNadael   05 octobre 2012
Je me dis qu'on peut souffrir, on peut encaisser toutes les humiliations du monde, on peut mordre la poussière des villes, s'avilir aux queues des parcs d'attractions, se battre pour une place de cinéma (…) On peut inverser les pôles magnétiques, irrévocablement, on peut ne plus vraiment chercher à s'éviter, il y a ce mamelon qu'on a a surpris au reflet du miroir et tu as soudain tourné le dos, on peut désirer juste une fesse, la lèvre inférieure, objectivement (…) on peut ne jamais se céder le volant, on peut risquer l'endormissement, les bandes rugueuses, les arrêts d'urgences (…) cela n'importe pas tant, cela tient puisque tout s'enchantera une fois les pieds dans le sable. L'été. (…) Notre île est un sanctuaire et nous sommes cette île, parvenus au point zéro de nos vies : la mer. La mer où tout pourrait une nouvelle fois se relever : les murailles, les regards, le désir. 
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NadaelNadael   05 octobre 2012
 Il y avait des fois, comme dans un conte, où je collais mon front au sien, calée contre le mur de la cuisine, adossée, acculée, démunie. Mes mots entraient en elle ; je pouvais suivre leur course dans la fibrillation de ses paupières, leurs replis minuscules, la composition de son souffle et les variations retenues de la lumières à l'arête de son nez. Des mots purement charnels. Oui, nous avons eu parfois des instants de grâce.
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araucariaaraucaria   19 novembre 2016
Ce soir, nous fêtons mes quarante ans. Toute la journée, j'ai dû feindre d'ignorer le calendrier, l'entrain anormal des enfants, je n'ai pas décroché quand Armelle appelait. Quarante ans, ça doit se fêter en grande pompe, quitte à tout truquer.
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NadaelNadael   05 octobre 2012
J'avais passé toutes les premières années de l'éducation de Louis à m'appliquer. Je ne voulais pas manquer le rendez-vous des pères. Un monde à inventer pour moi. Chaque parole que nous avions échangée ensemble me délestait d'un poids immense. À chaque âge de sa petite vie, ma victoire. C'était certain, je deviendrais un jour ce père léger mais nécessaire, liseur d'histoires, colleur d'images, gratteur de croûtes, veilleur de nuits. Je m'étais inventé une figure d'album à découper, un père à la colle forte.
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araucariaaraucaria   19 novembre 2016
Dans notre lopin d'île reposent sans doute des parterres de chiens sous les roses trémières, des secrets de famille plein le jardin, nos aïeux en costume indigène dans les cadres. Il y a longtemps qu'on n'y meurt plus, pas plus qu'on y vit; la maison est un gué où poser ses sacs, allonger son corps et oublier ses lunettes.
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Videos de Nicolas Le Golvan (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Nicolas Le Golvan
Rentrée Littéraire Flammarion 2012 - Conférence avec Nicolas le Golvan .Conférence avec Nicolas le Golvan pour la sortie de son livre, Reste l'été.
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