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ISBN : 2221216288
Éditeur : Robert Laffont (04/01/2018)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 12 notes)
Résumé :
"La jeune femme chantait pour elle-même un air saturé d'émotions. Il y avait du Billie Holiday dans cette mélopée. Elle avait un grain dans la voix qui abrasait la rugosité des jours. Elle prenait pour elle le trop-plein, l'infect et l'insoutenable, et elle le trans formait en chant. Elle prenait ça à sa charge comme pour en libérer l'auditeur. Sa douleur, c'était notre cadeau.
Alors, à genoux au milieu de la foule, j'ai fondu en larmes. Je savais que ce que ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  22 février 2018
Un grand merci à Babelio et aux éditions Robert Laffont...
En plein coeur de la ville, dans ce jardin d'Éden où les clodos sentent l'eau de Cologne et boivent de l'eau plate en lisant de la poésie, Pierre, confortablement installé sur son banc préféré, "Ne m'oublie pas" de Jacque Rel dans les cages à miel, sanglote. Il est comme ça, Pierre, dès que quelque chose le bouleverse, il faut qu'il chiale. Un hypersensible, ce Pierre ! Lorsqu'un homme s'installe à côté de lui, il n'y prête pas attention jusqu'à ce qu'il remarque son accoutrement d'une autre époque. Il faut dire que César de la Mer est un vieil homme excentrique, fantasque, un épicurien fondateur et président de Poséidon. Un président qui chouchoute ses employés, qui prône la beauté, qui encourage l'amusement et vante l'Humain. Et c'est de la sensibilité de Pierre dont de la Mer a besoin...
Bienvenue à Poséidon ! Une entreprise où il fait bon vivre (et accessoirement travailler) et où l'on rencontre les meilleurs jobs. C'est dans ce milieu jusqu'ici inconnu que débarque (en patins à roulettes) Pierre Pierre (ses parents devaient manquer d'imagination !) dont le boulot sera de dégotter un(e) chanteur(se) à la voix vibrante et poignante. Dans ce roman enjoué et intelligent, Arnaud le Guilcher dépeint avec ironie, humour et fracas notre société actuelle, notamment le monde impitoyable du travail. Il nous plonge dans un univers loufoque et utopique où l'on côtoie des personnages farfelus et terriblement attachants : la belle Isis, le chat Mohair qui de la taille d'un moustique à celui d'un éléphant, l'imposante chanteuse à la voix envoûtante ou encore Pierre Pierre, l'hyper-sensible et doux-rêveur. L'auteur manie les mots avec virtuosité et originalité et nous sert des dialogues piquants et touchants. Un roman fantaisiste, décalé et haut en couleur. Une satire sociale intelligente...
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TerrainsVagues
  07 janvier 2018
Du tout au tout ou griller tout le monde dans la file d'attente d'une pal pour les nuls.
A peine né, comment repousser aux calendes Grecques une urgence littéraire en une leçon?
♪J'étais tranquille j'étais peinard
Envouté par l'auteur
le livre m'est rentré dans le lard
Pour l'grand plaisir de l'éditeur
Et y s'est approché de moi
Et y m'a chuchoté tout bas
Si ça t'botte mon pote
J'le carotte
Je déconne pas c'est pas une blague
Viens faire un tour viens terrains vagues
Tu finiras Thomas Vinau
Après avoir lu mon héros
Embarque pour la dérision
Moi j'lui dit, j'laisse béton ♫
Oui, j'ai laissé tomber provisoirement ma lecture en cours pour me jeter sur le nouveau le Guilcher. C'est bien la première fois que ça m'arrive même si ça n'aura duré que l'espace d'une journée, le temps de savourer les 300 pages.
Après "Beyrouth Noir", j'avais besoin de "valeur sure" et après une escapade chez Corto Maltese (merci Acoun) j'attendais impatiemment de me replonger dans la prose Audiardesque d'Arnaud le Guilcher.
Du tout au tout c'est un peu les Bisounours chez les Ewing dans l'univers impitoyable de Dallas puissance dix. Ce sont des doux rêveurs au pays des requins, c'est Candy prise dans les filets de Macron, c'est Canal+ version Rousselet (enfin l'image) vendue à des Vivendi, des Bolloré. C'est TF1 qui s'accapare la culture et qui à grand coups de round up va « aseptiser » les arts, principalement la musique mais aussi le cinéma, l'écriture, la peinture et la sculpture.
A ces réjouissances vous ajoutez un zest (non mettez toute l'écorce), d'ambiance France Télécom à la grande époque des suicides en cascade chez les employés mis sous pression avant d'être mis en bière.
C'est prêt, bon appétit.
" Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible. Rien n'est plus difficile que d'obtenir cette disponibilité".
Non cette citation n'est (malheureusement) pas tirée du bouquin mais le résume en partie. le Lay (Calife de TF1 à l'époque) s'était un peu trop lâché, tellement habitué à faire avaler de la merde à des gens qui ne réagissaient pas mais en redemandaient et en redemandent toujours aujourd'hui…
Arnaud le Guilcher nous fait pénétrer dans le monde de l'entreprise où l'humain n'est plus qu'un concept has been, où l'Homme n'a même plus l'illusion d'exister, un monde où l'entreprise phagocyte tout espoir de vie en dehors d'elle, un monde où tout est lié aux statistiques où tout est formaté, fabriqué, vendu, acheté, vendu, acheté, vendu, vendu, vendu…
Contrairement à "Ric Rac", "Pile entre Deux" ou "Capitaine Frites", il n'y a pas ici de personnages complètement déjantés et attachants comme tout. J'ai eu bien sur plus de sympathie pour certains que pour d'autres mais aucune tendresse particulière pour le "héros".
Les dialogues sont toujours aussi savoureux et les situations naviguent entre surréalisme et monde de l'absurde. J'ai ri, j'ai souri mais sans grands éclats (de petits quand même) contrairement encore une fois à d'autres titres de le Guilcher. D'abord peut être parce qu'il n'y a plus la surprise du ton de l'écriture comme lors de ma découverte de l'auteur. Ensuite parce que le fond du sujet fait que le rire hésite parfois à jaunir tant la satire est réussie au pays du burne out (non non ya pas de faute, vous verrez si vous lisez).
C'est très bien ficelé, avec des idées surprenantes à la Vian qui ne sont pas pour me déplaire.
Cette sorte d'hymne à la voix toujours présent avec les évocations de Billie Holiday, Nina Simone, Amy Winehouse, Piaf, Barbara, Janis Joplin, cette plaidoirie pour l'art, le beau, la liberté arrivera-t-elle à triompher du démon algorh(y)tmé, du dieu statisticien et de l'argent maux de tous les maux ?
Vous le saurez en lisant ce bon bouquin. Aucun risque puisque ce n'est pas du tout ou rien mais du tout au tout même si quelques coquilles étonnantes viennent se glisser parfois au milieu d'une phrase. de mon coté je retourne chez Thomas Vinau et sa poésie pour reprendre le bon moment que j'ai interrompu hier.
"— Les enfants, vous me jurez de ne pas répéter ce que je vais vous dire.
— Promis.
— Je viens de faire comme les vieux bluesmen.
— C'est-à-dire?
— En signant avec une banque, j'ai signé un contrat avec le diable."
J'entends des voix:
https://www.youtube.com/watch?v=PCwtdvwVzho
https://www.youtube.com/watch?v=UUbuv4Uhu9g&list=RDUUbuv4Uhu9g
https://www.youtube.com/watch?v=h1TQRJWLZ3s
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Kittiwake
  10 mars 2018
Drôle et poétique. le bandeau qui revendique l'héritage de Boris Vian , n'est pas exagéré. D'autant que lorsqu'on appelle son héroïne Isis, il y a fort à parier que les similitudes ne sont pas une coïncidence. L'imagination, la poésie, l'ambiance onirique, tout cela rappelle l'univers de l'Ecume des jours, avec l'humour en plus.
Il faut dire qu'il est attendrissant , Pierre Pierre, avec sa manie de fondre en larme dès qu'il est heureux. C'est ce qui lui vaut d'être embauché dans une drôle de boite, où les artistes en tout genre évoluent en patins à roulettes. le fantasque directeur compte bien sur les débordements lacrymaux du jeune homme pour débusquer les talents. Mais voilà, l'entreprise est menacée, et c'est un autre monde qui se profile : celui du travail-torture, où l'employé est pressé comme un citron.
Les situations sont cocasses , les personnes habilement dépeints au point que que l'on hésite entre caricature et portrait réaliste (qui n'y reconnaitra pas tel collègue, tel cadre côtoyé dans la vraie vie). Ajoutons à cela des dialogues désopilants : un sacré bon moment de lecture. Et c'est juste ce qu'il me fallait pour me remettre du livre de Pablo Servigne : Comment tout peut s'effondrer !
« Les humoristes sont comme des enfants qui, en traversant les chambres obscures, chantent pour se donner du courage. » disait un écrivain italien du début du XXè siècle; Ici la chambre obscure, c'est le monde du travail, avec ses dérives monstrueuses que le progrès a fait naitre dans un souci constant de produire. Alors ça fait du bien d'en rire, de s'en moquer et c'est beaucoup plus efficace qu'un traité de développement personnel du style « Se reconstruite après un burn-out ».
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Lolokili
  06 février 2018
Sortez la fanfare et fourbissez les zygomatiques, il est de retour.
Le Guilcher, saison 6.
Nouvelle histoire, nouveau « héros », toujours avec un S à la fin sinon ça fait substance illicite et c'est pas le propos, bien qu'on soit en droit de se demander parfois ce qu'Arnaud doit consommer en plus de son kawa du matin pour décoller à ce point.
Le héros déjà se nomme Pierre Pierre. Oui oui (non, pas Oui-Oui), Pierre c'est son nom, et son prénom c'est Pierre. Et non non, c'est pas un diner de cons, qu'on ne lui jette donc pas la pierre à Pierre.
Parce que Pierre Pierre ce serait presque mon double (comme qui dirait le masculin de Lo Lo). Tout comme lui, la beauté d'une musique, d'un paysage, d'une bafouille, d'un tableau… enfin d'un truc beau quoi, ça m'embrouille direct le système lacrymal (la laideur d'ailleurs c'est pareil, mais en moins bien). C'est dire si ce nouvel opus du timbré de la métaphore m'a éclaboussé les synapses.
Ici comme dans « Pile entre deux » on est sur de la satire sociale, de la dystopie qui pique, de la fable futuriste à réalité augmentée. Une entreprise idéale qui se métamorphose en firme infernale, une chanteuse à carrure de crawleuse teutonne dont la voix fascinante soigne petites et grosses contrariétés du quotidien, un chat dont la densité volumétrique varie de format moustique à équivalent mammouth en fonction du stress ambiant… l'imaginaire de ce type ne connait aucune limite.
C'est intelligent, poétique et barjot, sensible et beau, terrible et désopilant. Une charge légère contre le capitalisme et la culture de masse, dont le souffle surréaliste rappellera certaines œuvres de Vian, ou le Fahrenheit de Bradbury, en plus rigolo.
Il faut vraiment tenter une incursion dans l'univers et les doux délires d'Arnaud Le Guilcher, ça fait un bien fou, parole de Lolo (quelqu'un aurait-il un mouchoir ?)
Ҩ
Toute ma reconnaissance à Babelio (merci Nicolas) pour m'avoir confié ce tout nouveau bébé. Je veux bien d'ores et déjà m'inscrire pour adopter le prochain. J'dis ça j'dis rien.


Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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Iboo
  17 mai 2018
Ce livre attendait dans ma PAL depuis trois mois. Depuis que, emballée par la chronique de Lolokili, je l'avais immédiatement acheté, certaine que, quoi qu'il en soit, je ne serais pas déçue.
Et, déçue par ce roman dont je ne savais rien avant de l'ouvrir, le moins qu'on puisse dire est que je ne l'ai pas été. Par contre, pour être épatée, j'ai été épatée ! Déjà parce que, moi qui suis habituellement versée dans le concret, je n'aurais jamais imaginé possible de me laisser embarquer par une histoire surréaliste.
Quoique... surréaliste, pas tant que ça, finalement. le monde de l'entreprise étant actuellement ce qu'il est, restons tout de même vigilants - un retour en arrière étant exclu, une aggravation est plus que probable.
Imaginatif, poétique, irrésistible, un poil visionnaire et complètement barré, j'ai adoré ! J'en redemande. Et ma découverte d'Arnaud le Guilcher ne fait que commencer, soyez-en certains.
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
LolokiliLolokili   12 février 2018
– Actuellement on est dans le règne de la médiocrité… C’est une matière indescriptible, la médiocrité. Ce n’est pas chaud, ce n’est pas froid. Pas dur, pas mou. Pas humide, pas sec. C’est un marécage… On ouvre sa télévision, son ordinateur, sa radio et elle est là, elle nous accompagne, elle nous façonne. Nous devenons médiocres à son contact… Chansons médiocres, films médiocres, émissions médiocres nous procurent des émotions moyennes… C’est un régime sans partage la médiocrité, mais ça demeure fragile. Il a fallu éduquer le public pendant des décennies pour l’éloigner à ce point de la passion. Vous voyez ?
– …
– Alimenter cette pauvreté, étriquer les champs de vision, tuer l’esprit critique, c’est notre cœur de métier… Vulcain possède mille canaux de distribution et nous les bourrons de nos contenus étriqués. Devant cette hégémonie, les gens pensent que rien d’autre n’existe. Il est capital que cet état de fait demeure.
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LolokiliLolokili   10 février 2018
Votre histoire je vois ça comme les modes des tatouages… Ça va, ça vient. Tous les peigne-culs ont commencé par se tatouer des dauphins, puis des fées Clochette… Après, on a eu le droit à des motifs de tribus samoas, encrés à tour de bras sur le corps de couillons qui n’étaient jamais allés plus loin que Le Touquet ou La Ciotat. Quelques années plus tard, est venue la vogue des idéogrammes chinois… Un joli boulot de gougnafiers… On en a repeint les nuques de wagonnets de connasses qui considèrent que la Chine c’est tout ce qui est à droite de Berlin. Vous n’imaginez pas le nombre d’imbéciles qui sont convaincues d’avoir écrit sur la couenne « La sagesse est l’arme contre la violence » et qui en fait annoncent fièrement « Le restaurant Le Lotus Bleu est fermé pour travaux jusqu’à la fin août »
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TerrainsVaguesTerrainsVagues   06 janvier 2018
— Je te laisse parler "arts" avec Pérol?
— Il s'en fout?
— Oui et non. Je lui ai demandé quel était son peintre préféré... Il a répondu: "Monet avec un Y à la fin".

(...)

— Les gars, si vous avez une photo du Poséidon qu'on aimait bien, mettez la de coté. C'est parti pour plus être tout à fait pareil. Dites moi Maïté, on embaucherait pas quelques types pour me filer la main? (...)
— T'en as parlé à Pérol?
— Bien sur. Il m'a dit qu'il comprenait mon claim et qu'il allait faire un benchmarking avec les autres filiales du groupe. S'il estimait que j'avais besoin d'helpers, il me ferait un feedback.
— Et donc?
— J'attends de savoir ce que ça veut dire...
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marina53marina53   24 février 2018
Il affichait un sourire de circonstance. Son visage était tellement peu habitué à la gentillesse que sa bouche ressemblait à une cicatrice fraichement rouverte. Je m'attendais à en voir couler une petite goutte de pus ou quelques humeurs verdâtres. Rien n'est venu. Ce type me semblait sensible comme une barre à mine. Le planter au sommet d'une boîte travaillant sur l'humain était aussi judicieux que de donner à Judas le premier rôle d'un biopic sur Jésus.
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marina53marina53   23 février 2018
- Tu me demandes de fermer ma gueule puis d'un coup, tu me flattes : "Muriel, vous êtes merveilleuse. Votre voix, Muriel. On va faire de grandes choses ensemble, Muriel. Muriel ceci. Muriel cela." T'en as plein la bouche de Muriel... On dirait l'aigle dans la fable de La Fontaine...
- C'était un corbeau...
- Dans "Le corbeau et le renard", l'oiseau, c'était pas un aigle ?
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Arnaud Le Guilcher parle de ''En moins bien'' et ''Pas mieux''...
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